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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 05:07




Le père d'un jeune Iranien, opéré d'une tumeur au cerveau à Tel-Hashomer, remercie Israël...

12 Octobre 2008 - Guysen Israel News




Le père d'un jeune Iranien, opéré d'une tumeur au cerveau à Tel-Hashomer, remercie Israël pour son hospitalité. '

'Je ne peux assez remercier les Juifs pour tout l'amour et le soutien qu'ils nous ont accordés. Il est important pour moi que vous sachiez que la majorité des Iraniens ne détestent pas Israël'', a-t-il ajouté....


http://www.juif.org/societe-israel/68760,le-pere-d-un-jeune-iranien-opere-d-une-tumeur-au-cerveau-a.php
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 04:37
 




APPEL A L’INITIATION D’UNE ALLIANCE STRATEGIQUE AMICALE ENTRE JUDAÏSME ET ISLAM CONTRE LE SIONISME

 

Ce message s’adresse tant aux Juifs, souvent non sionistes mais conditionnés par le Sionisme, qu’aux Musulmans et autres croyants.

 

Nos deux fois, nos deux religions ont certes chacune leur spécificité et particularités. Il n’y a aucun intérêt à en faire un amalgame. Mais le Judaïsme et l’Islam ont aussi beaucoup en commun et en parallèle, et dans la situation actuelle c’est bien ce qui mérite d’être souligné. In pluribus unum ! Tout deux, le Judaïsme authentique et l’Islam, prônent et cherchent la proximité du Dieu Un, du Saint Créateur! 

 

Historiquement, dans les pays à domination islamique, ce pendant des siècles, les communautés Juives ont généralement bénéficiées de la protection de l’autorité, et la bonne entente entre Juifs et Musulmans régnait.

C’est le Sionisme, ennemi de la Torah, qui est venu gravement perturber ces relations harmonieuses en s’alliant aux grandes puissances en vue de conquérir la Palestine et de la transformer en entité sioniste, dite « avant-poste du monde libre ».

De nos jours, dans la plupart des pays occidentaux, dominés par l’impérialisme américain, soit alliés à l’impérialisme américain se déchaîne la diffamation de l’Islam et la discrimination de Musulmans. Cela rappelle dangereusement la judéophobie et la persécution des Juifs entre les deux guerres mondiales.

Rien que ce fait-là devrait appeler les Juifs non seulement à la vigilance (ils pourraient bien être les suivants, que Dieu nous protège), mais surtout l’esprit de DROITURE et de JUSTICE, et de GENEROSITE HUMAINE devrait faire que nous nous solidariserions avec nos frères et sœurs musulmans des pays occidentaux.

A noter que l’Islamophobie n’est pas uniquement un exutoire de l’extrême droite dépositaire du Nazisme. Elle provient plutôt du fascisme à col blanc, de milieux libéraux, « bien pensants » lié au Néoconservatisme américain et aux lobbys sionistes. Elle se manifeste aussi par la subtilité d’opposer un soi-disant « Islam occidental éclairé » à l’ « l’Islam terroriste ». Cette hypocrisie est utilisée par les ennemis de toutes religions, sauf si celles-ci sont l’opium pour le peuple au service de l’impérialisme.

 

Ensuite, il a bien sûr la cause palestinienne qui devrait unir le Judaïsme de la Torah et l’Islam.

 

L’antisionisme de la Torah devrait s’opposer au Sionisme et à son entité, même si pendant la période de notre Exil et de Dispersion, le  Saint Créateur avait installé en Terre Sainte au lieu de Palestiniens musulmans, d’autres peuples tels des Coréens ou Inuits. La Torah interdit formellement tout autant un pouvoir politique religieux, même régi selon les règles de la Torah, que l’actuel pouvoir de Kofrim (renégats), alliance de sionistes antireligieux et falsificateurs religieux.

Malheureusement le Satan a réussi à tromper et à conditionner un très grand nombre de Juifs par la propagande sioniste.

A quoi sont intéressés les Juifs non contaminés par le Sionisme dans la phase actuelle que nous croyons être celle des souffrances, des douleurs qui annoncent l’avènement du Messie?  C’est bien sûr que cesse au plus tôt la domination de la Terre Sainte par les Sionistes ! Car le Sionisme est l’obstacle principal qui empêche la venue du Messie, qui doit venir et qui est attendu, non seulement pour les Juifs, mais pour la rédemption de toute l’humanité.   

 

A qui doit appartenir la Palestine ? Bien sûr aux Palestiniens qui en grande majorité sont Musulmans. Cela a déjà été reconnu par nos saints Rabbins dans les années ’20 du siècle dernier et a été formulé magistralement par le jeune rabbin allemand Simon SCHWAB en 1934 dans son écrit « Retour au Judaïsme ». Les Rabbins de tous les siècles précédents acceptaient de bon gré la soumission à la domination ottomane en Palestine.

 

En période d’Exil et de Dispersion, les Juifs n’ont aucun intérêt à dominer la Terre Sainte, et non plus les autres parties du monde. Notre vocation divine est d’être « un peuple saint et un royaume de prêtres », une population pilote, exemplaire, au service de l’humanité. Nous devons nous rappeler, plus que jamais, que ce n’est que par et pour la Thora transmise à Moïse au mont Sinaï que nous sommes Juifs.

 

C’est de bon cœur, que nous Juifs devons accepter et promouvoir la souveraineté du peuple palestinien sur l’entièreté de la Palestine historique. Pas une parcelle de la Terre Sainte ne peut rester profanée par les Sionistes.

Vu ainsi, c’est le bon sens même. Il n’y a aucun antagonisme entre le Judaïsme et l’Islam. Le Sionisme est notre ennemi commun.

 

Le Rabbin Samson Raphael HIRSCH formula la Tradition de la Thora ainsi: « Mensch Jissroél », Humain car Juif et Juif car Humain, avec l’obligation de « Thora im Dérekh Erèts », le savoir-vivre Juif.

Fidèles à notre Tradition de Thora, nous avons à nous conduire de façon irréprochable, à sanctifier le Nom Divin dans notre relation avec nos prochains non-Juifs. Nous appelons nos frères et sœurs Juifs induits en erreurs à se détacher du Sionisme, à se retourner contre l’idolâtrie et la malfaisance sionistes, en premier lieu contre la falsification de la Thora nommée Sionisme religieux. Le retour à la Source, c’est le retour à la Thora non falsifiée !

 

Nous devons compatir avec les victimes non juives du Sionisme et soutenir la Résistance islamique palestinienne. Ceci contrairement aux gouvernements arabes qui laissent souffrir Gaza et craignent la Révolution Islamique dans leurs pays. La compassion et la bienfaisance sont des traits indélébiles des enfants d’Abraham, de toute âme Juive qui a été présente au Mont Sinaï lors du Don de la Thora. L’Amalek sioniste est le contraire.

 

Notre proposition d’alliance stratégique amicale entre Judaïsme et Islam contre le Sionisme, resterait incomplète sans faire l’éloge, sans exprimer le soutien à la République Islamique d’Iran, fruit de la Révolution Islamique (1979). Cette Révolution Islamique a fait ses preuves et donne des impulsions spirituelles indispensables, de très haute qualité, aux aspirations des peuples pour leur souveraineté, contre le sionisme, l’impérialisme et toute forme d’injustice.

 

C’est dans ce sens et dans ce contexte que nous formulons cet Appel à initier et à développer l’indispensable alliance stratégique amicale entre Judaïsme et Islam, entre Juifs et Musulmans contre le Sionisme.

Que le Saint Créateur veuille bénir et protéger ceux qui œuvrent  pour accomplir Sa Volonté pour réaliser la Droiture, la Justice et l’Harmonie fraternelle de l’Humanité entière dans la reconnaissance et l’adoration du Dieu Un.

 

Shmiel Mordche BORREMAN

Pour le Collectif de l’Association d’Etude Yechouroun Judaïsme contre Sionisme
Centre Zahra France 17 juiillet 2008

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 04:16
05-10-2008
Présentation de IJAN: Un réseau juif international antisioniste
Klik op de afbeelding om de link te volgen

Announcing the Launch of the

International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN)!

"For the people of this planet to live in safety, justice and peace, the Israeli colonial project must be brought to an end. We joyfully take up this collective task of undermining a system of conquest and plunder that has tormented our world for far too long." – IJAN Founding Charter (October 2008)


Traduction
: Déclenchement d’une campagne pour un réseau Juif international antisioniste. 

Sa charte fondatrice précise « Pour que les peuples de cette planète puissent vivre en sécurité, justice et paix, il faut mettre fin au projet colonial israélien. C’est avec joie que nous prenons sur nous le devoir collectif de miner un système de conquête et de rapine qui a déjà depuis trop longtemps torturé le monde »


A lire dans notre blog multilingue
www.bloggen.be/jesjoeroen. On lira de même à ce sujet  la discussion “Jews who speak out” (Juifs qui se prononcent). Cette discussion, avec entre autres, la personnalité du professeur Norman FINKELSTEIN au cœur du débat, illustre bien notre dicton humoristique « Deux Juifs, trois opinion. Trois Juifs, quatre partis. Et si, que Dieu nous protège, un Juif se retrouve  seul naufragé sur une île, il construit deux synagogues,…une où il ne met pas les pieds ! »

Paradoxalement, mais sans étonnement, des Juifs éloignés de leur Foi et Tradition, se prononcent, et parfois très clairement, contre le Sionisme et ses crimes, tandis que des Juifs traditionnels, croyants et pratiquants, dont la majorité est antisioniste, ne se laissent pas entendre, seuls quelques courageux et perspicaces osent se prononcer.

Nous prions le Saint Créateur que dans cette nouvelle année Juive 5769, Il accorde que les Juifs se retrouvent, s’unissent sur base de l’antisionisme de la Thora, de l’opposition rabbinique au Sionisme et ses méfaits. Qu’Il accorde qu’un nombre grandissant de nos coreligionnaires ose élever la voix et fasse ainsi une sanctification du Nom Divin.

De même Yechouroun - Judaïsme contre Sionisme réitère l’Appel à l’initiation de l’indispensable alliance stratégique entre Judaïsme et Islam contre le Sionisme. Oeuvrons pour que cette idée puisse trouver le cœur des croyants et devenir un moyen d’action efficace qui contribue à la Délivrance Messianique pour le Bien de toute l’humanité.

Consultez aussi le site du Centre Zahra France, notre partenaire : www.centre-zahra.com

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 03:57


Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent,
et où les voleurs percent et dérobent ;
mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille
ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.
Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur.

Evangile de Matthieu 6/19-21


 

 

Les origines de la crise…

 

Une sœur chrétienne m’a fait parvenir il y a quelques jours un petit diaporama, comme il en circule tant sur le Net, intitulé : Adieu « bon sens » !

Ce diaporama rappelait, entre autre, une règle simple, aujourd’hui apparemment oubliée « On ne dépense que ce que l’on possède ».

Je me suis dit : tiens, voilà une phrase pertinente, simple, accessible… et qui explique bien notre situation actuelle… cette fameuse crise qui semble gagner du terrain de jour en jour et rendre l’avenir économique de plus en plus incertain, voir de plus en plus sombre.


Même si les mécanismes techniques sont complexes, la crise économique actuelle repose sur une base simple : Notre économie s’est développée sur le principe de l’endettement généralisé. Aiguillonné par une conception matérialiste du bonheur - ou l’avidité, le désir de puissance ou de paraître et l’égoïsme sont rarement absents, ainsi que les logiques destructrices résumées par la Parole de Dieu sous le terme d’ «usure» -, tout le monde vit à crédit : les particuliers, les entreprises, les institutions étatiques… et même les organismes bancaires. Bref, tout le monde vit au dessus de ses moyens et un fossé s’est peu à peu creusé entre ce que l’on croit posséder et notre richesse réelle, concrète. Notre économie a progressivement basculé dans le virtuel, l’irréel, le rêve.  A plus ou moins longue échéance, ce type de situation finit toujours par une forme de « purge » ou de rééquilibrage. C’est ce que nous commençons à vivre aujourd’hui : le réel refait surface, nous rattrape et nos possessions virtuelles apparaissent pour ce qu’elles sont : des jeux d’écriture, des promesses sans garantie, des investissement dans des « bon plans » totalement éphémères, bref, du vent.


Arrive un temps où nous ne savons plus très bien quelle est la réalité tangible de notre « avoir » et la fiabilité des « lieux virtuels » où nous avons placés nos biens. Le doute nous saisit. L’incertitude se répand. Avec le doute et l’incertitude les mécanismes se grippent, en particulier le mécanisme du crédit. Avec lui, c’est le fondement même de notre vie matérielle qui vacille. Les discours rassurant des élites politiques et financières, saturés d’expressions comme « garantie des fonds », « fiabilité des placements», « solidité du système bancaire », etc. rassurent de moins en moins. Le discours démagogue et édulcorant des pouvoirs du temps du prophète Jérémie, prétendant maîtriser la situation  et traitant perpétuellement d’alarmistes et d’irresponsables les prophètes « de mauvais augures » (Bible ; Jérémie 6/14 ; 7/8 à 15 ; 14/15 ), n’a malheureusement pas pris une ride.

 


 

Que va-t-il se passer ? Bien malin celui qui pourrait répondre à cette question de façon précise, tant la dimension émotionnelle, irrationnelle, est importante dans ce type de situation. Pour s’en tenir à des généralités, il est possible d’affirmer sans trop prendre de risque que nous allons assister à une formidable « mise à plat » de notre économie globale. Les « bulles de vent » vont éclater les unes après les autres et la réalité va reprendre ses droits. Les dormeurs de la Matrice vont se réveiller, parfois de façon douloureuse… car celui qui croyait dormir sur un matelas confortable, se croyant abrités dans le lit du « système », apaisés par l’inconscience que procure la nuit (RA 1/8) du discours officiel raisonnable et rassurant,  va réaliser qu’il est en fait couché à même le sol.

 

Le côté positif de cette crise : elle va nous remettre les pieds sur terre.  L’effritement de nos illusions – le rêve qui cache la nuit (RA II/14)- peut déboucher sur une profonde prise de conscience et une nouvelle évolution décisive pour l’humanité. L’homme qui se met à douter des valeurs auxquelles il croyait – celles de la bourse comme celles plus générales du système auquel il a confié sa vie – est mûr pour rechercher d’autres valeurs, d’autre fondements à son existence. En sortant du rêve, en revenant à la réalité – notre propre réalité intérieure comme celle de la société que nous avons engendrée – nous retrouvons nos capacités à changer vraiment, nos capacités à réinventer le monde.

 

 

 

A ceux qui aiment le plaisir et les biens le tentateur dit:
«Restez dans la vallée grasse, dans les aises de vos maisons!
A ceux qui n’ont pas je prête pour payer le maçon, le tapissier et le jardinier,
pour les musiciens qui égaieront leurs fêtes; j’avance le prix de l’étalon
qui les portera chez leur belle, chez l’ami qui donne un banquet;
si brèves sont vos joies, les échangerez-vous contre les peines d’une folle ascension qui vous précipiteront plus vite encore, maigres et tristes,
dans la fosse sans retour?»
Ceux-là retournent se coucher, s’écriant:«Voilà un langage de sagesse!»

(RA 26/4)

Notes : La citation ci-dessus ne condamne pas la possession de biens matériels en tant que telle ni les plaisirs de la vie; Il faut distinguer entre les ambitions et possessions normales et la tentation des excès, sources d'avidité, d'égoïsme, d'orgueil. Le tentateur ne propose pas le confortable, légitime chez-soi (maison chaude 26/8), mais la maison d'aise, une inutile démesure de place et de luxe - Le Livre dit: Deux chaises pour une jambe, deux lits pour une nuit (V/7)-. Le tentateur propose la vallée grasse, un monde tellement tenté et exploité qu'il ne pense qu'à accumuler les biens superflus et qu'à obtenir des prêts pour les acheter. Dans la tentation des musiciens ce qui est en cause n'est pas la musique, que Dieu aime (30/11 et v.8), mais les spectacles-mirages abêtissants. Le tentateur ne propose pas la mule (26/9), c.-à-d. l'automobile utile et légitime, un grand progrès, mais l'étalon, c.-à-d. le véhicule inutilement puissant et voyant. De même la belle n'est pas l'épouse, mais la maîtresse, la prostituée; le banquet n'est pas le repas, mais le gâchis de nourriture. Ces quelques tentations en impliquent beaucoup d'autres qui, en tant que biens et plaisirs, peuvent ne pas être mauvais en soi, mais qui, en perdant la mesure (Veillée 7), gâtent les natures faibles, et peuvent empêcher l'âme d'éclore ou la tuer.


http://le-jardin.over-blog.net/article-23663027.html
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 02:49



Alerte !
Contrefaçon de dialogue de civilisations !
Avec des criminels notoires,
et des milliardaires des industries
de l'armement ou de Bilderberg.....




Le 23 septembre 2008, la Fondation Appel de la Conscience a remis ses prix 2008 lors d’un dîner de gala rassemblant plus d’un millier de convives à l’hôtel Wasdorf Astoria de New York.


L’Appeal of Conscience Foundation a été créée par le rabbin Arthur Schneier en 1965. C’est une association juive promouvant le dialogue inter-religieux et non la laïcité en faveur de la paix et de la tolérance.

Le rabbin Schneier est représentant suppléant des États-Unis à l’Assemblée générale des Nations Unies et membre du Groupe de haut niveau pour le Dialogue des civilisations institué par le secrétaire général.


La soirée était placée sous le haut patronage du président George W. Bush, du vice-président Dick Cheney, des anciens présidents George H. Bush et Bill Clinton, et des anciens secrétaires d’État Madeleine Albright, James Baker, Lawrence Eagleburger, Alexander Haig, Henry Kissinger, Colin Powell et George Shultz.


La soirée était co-présidée par Stephen A. Schwarzman (pdg du fonds de placement Blackstone Group, membre des Skull & Bones, et propriétaire de l’ex-immeuble 7 du WTC), et le sénateur Serge Dassault (Pdg honoraire de Dassault aviation et directeur du Figaro).


Le rabbin Arthur Schneier a remis :
- le prix de l’homme d’État 2008 à Nicolas Sarkozy, président de la République française ;
- le prix du Service public 2008 à Michael Bloomberg, maire de New York et patron de Boomberg TV, membre du Groupe de Bilderberg ;
- le prix Appel de la Conscience à Jeffrey R. Immelt, Pdg de General Electric, membre du Groupe de Bilderberg.

Le Dr. Henry Kissinger (récipiendaire du Prix Nobel de la Paix pour avoir cessé de massacrer les Vietnamiens sous les bombes et co-fondateur du Groupe de Bilderberg) a prononcé l’éloge du président Sarkozy. John Negroponte (secrétaire d’État adjoint et ancien chef des escadrons de la mort US, membre du groupe de Bilderberg) a prononcé le discours de clôture.

S. Ém. le cardinal Theodore E. McCarrick, archevêque émérite de Washington et conseiller du Center for Strategic and International Studies, a prononcé l’invocation de fin de soirée. Tandis que S. Ém. l’archevêque Khajag Barsamian, primat de l’Église arménienne des États-Unis, et S. Ém. l’archevêque Demetrios Trakatellis, primat de l’Église orthodoxe grecque des États-Unis, prononçaient la bénédiction finale.


Parmi les personnalités présentes,
on relevait :

Josef Ackermann (directeur de la Deutsche Bank, membre du Groupe de Bilderberg) ; le banquier Robert Agostinelli (qui offrit aux Sarkozy leurs vacances à Wolfendoro) ; Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert qui fut témoin au mariage de Nicolas et Carla) ; Lance Armstrong (champion cycliste, président de la Fondation Livestrong) ; Bernard Arnault (Pdg du groupe de luxe LVMH, membre du groupe de Bilderberg) ; l’oligarque Len Blavatnik (Pdg d’Access Industries) ; Philippe Camus (president du Groupe Lagardère, membre du Groupe de Bilderberg) ; Henri de Castries (Pdg d’AXA et membre du Groupe de Bilderberg) ; Jean-Claude Decaux (Pdg de JCDeaux, membre du Groupe de Bilderberg) ; Muhtar Kent (Pdg de Coca-Cola, membre du Groupe de Bilderberg) ; Marie-Josée Droin (chercheuse au Hudson Institute et épouse d’Henry Kravis) ; Henry Kravis (co-Pdg du fonds de placement Kohlberg Kravis Roberts & Co, membre du Groupe de Bilderberg) ; Ralph Lauren (Pdg de Polo Ralph Lauren) ; Anne Lauvergeon (Pdg d’Areva, membre du Groupe de Bilderberg) ; François Maisonrouge (directeur du conseil aux sociétés pharmaceutique au Crédit suisse et administrateur de la Fondation Appel de la Conscience) ; Christophe de Margerie (Pdg de Total, membre du groupe de Bilderberg) ; Jean-Pierre Meyers (héritier de L’Oréal et Netslé) ; Jean-Marie Messier (ancien Pdg de Videndi, actuel associé de Rentalbiliweb, membre du Groupe de Bilderberg) ; Rupert Murdoch (Pdg de News Corporation, membre du groupe de Bilderberg) ; Peter Peterson (ancien secrétaire au Commerce des USA et actuel co-Pdg du fonds de placement Kohlberg Kravis Roberts & Co) ; Felix Rohatyn (ancien ambassadeur des États-Unis en France, président du conseil international de Lehman Brothers, membre du Groupe de Bilderberg) ; Frederick W. Smith (Pdg de FedEx et membre des Skull & Bones) ; Daniel Vasella (Pdg de Vasella, membre de la direction du Groupe de Bilderberg) ; Paul Volcker (ancien président de la Réserve fédérale, membre du groupe de Bilderberg) ; Guy Wildenstein (président de la section US de l’UMP et président de la galerie Wildenstein) ; James Wolfensohn (ancienprésident de la Banque mondiale et actuel Pdg du fonds de placement Wolfensohn & Co., membre du Groupe de Bilderberg) ; Mortimer Zuckerman (ancien président de la Conférence des présidents des principales organisations juives US et actuel Pdg de  Boston Properties, membre du Groupe de Bilderberg).

http://www.voltairenet.org/article158263.html


Eva :

Quel a été le discours de tous ces gens qui ne songent en réalité qu'à rayer de la carte une partie de l'humanité,  en raison notamment de  ses options religieuses ?

Je classe cet article... à la rubrique "choc de civilisations"


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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 02:37






Propagande de haine :
28 millions de DVD anti-musulmans



En deux semaines, 28 millions de foyers états-uniens ont reçu gratuitement un DVD du film de propagande Obsession : Radical Islam’s War Against the West.




Les destinataires résident dans les États où les résultats électoraux sont les plus incertains (notamment l’Ohio, le Michigan, la Florida, le Colorado, la Caroline du Nord, la Pennsylvanie et le Missouri). Il s’agit de les convaincre de l’existence d’un péril islamique et de les inciter à voter pour le candidat républicain, John McCain.


L’opération, dont le coût est estimé à plus de 50 millions de dollars, a été financée par le producteur du film, le rabbin Ephraim Shore.


- Lire l’analyse du film : « 
L’obsession du complot islamique mondial », par Thierry Meyssan (Réseau Voltaire, 26 juin 2007)


http://www.voltairenet.org/article158101.html
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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 04:10


Vers une modernité métisse


Jean-Claude Guillebaud

Après avoir mis à nu sa foi dans "Comment je suis redevenu chrétien"? publié en 2007, Jean-Claude Guillebaud, dans la lignée de "La Trahison des Lumières" de "la Refondation du Monde" de "La Force de conviction" nous entraîne, au fil de son dernier ouvrage, sur les chemins escarpés mais qui méritent d'être empruntés, de ce qu'il appelle "une modernité métisse". Le "commencement d'un monde" ne règle pas son compte à l'Occident; il le remet à sa place comme "une province du monde" avec des accents de vérité dont nos gouvernants pourraient parfois s'inspirer- on pense à certain discours prononcé à Dakar- et il propose à la délibération de tous, citant le philosophe allemand Habermas, la vision qu'on se fait de l'universel.

@qui! : La venue de Benoît XVI en France, l'empressement du pouvoir français à son égard, cette revendication des valeurs de la chrétienté participent-ils, selon vous, de" cette réapparition de la religion comme sujet d'avenir"? Singulier acte de foi alors que la "fille aînée de l'Eglise" s'éloigne chaque jour un peu plus de la pratique religieuse.

Le commencement d'un monde - JC Guillebaud

 


Jean-Claude Guillebaud : Une chose est sûre : la "question religieuse" est devant nous, et non derrière. Cela peut être pour le pire avec la virulence des fondamentalismes de tous ordres qui prennent, aujourd'hui, le relais de fondamentalismes idéologiques (et athées) du siècle dernier. Mais cela peut-être aussi pour le meilleur, c'est-à-dire une exigence de sens, de transcendance et de bienveillance partagée. Pour prendre un exemple américain, le candidat démocrate Barack Obama est sûrement plus fermement chrétien que son adversaire républicain. On avait trop pris
l'habitude, chez nous, de monter en épingle la "droite chrétienne" en Amérique.

Le succès d'Obama nous rappelle qu'il y a aussi, en Amérique, des chrétiens résolument "à gauche", du moins selon les critères américains. Concernant la France, c'est vrai que la pratique a beaucoup diminué. Mais d'une part cette diminution semble bien avoir cessé; la pratique est désormais stationnaire. Et puis, surtout, il faut perdre l'habitude d'évaluer la sensibilité chrétienne d'un pays comme on compte les entrées dans les cinémas. Crise de la pratique et des vocations ne signifie pas disparition annoncée du christianisme.

Des formes nouvelles se cherchent, dans l'Église comme ailleurs. Enfin, je suis frappé par le fait que la Russie, soumise pendant trois quarts de siècle à une éradication volontaire et parfois violente du religieux, la Russie où la plupart des Églises avaient été désaffectées ou transformées en étables dans les années 1920 et 1930, s'est rechristianisée à très grande vitesse depuis 1980. Il y a aujourd'hui 400 monastères en activité et les églises sont pleines.


@! : Votre analyse se fonde, à la fois, sur la fin du primat de l'Occident et le constat qu'un monde nouveau et multiple émerge de façon irrésistible...

J-C. G. : Pendant quatre siècles, la culture européenne, puis euro-américaine, a été hégémonique. Vers la fin du XVIe siècle, elle a commencé à rattraper le grand retard qu'elle avait par rapport aux autres grandes civilisations, par exemple chinoise ou indienne. Les Chinois ont inventé l'imprimerie huit siècles avant nous et les astronomes indiens ont découvert la réalité du mouvement des astres plusieurs siècles avant Galilée. Dès le milieu du XVIIe siècle la culture européenne avait effacé ce retard et même distancé les civilisations concurrentes. Ainsi a-t-elle pu devenir la véritable "organisatrice" du monde. Elle a régné par la conquête coloniale, la supériorité économique et militaire, mais aussi par le rayonnement culturel.

De ce point de vue, on peut dire que le monde entier est déjà bien plus occidentalisé qu'on ne le croit. Même la Chine. Même l'Inde. Mais ce qui s'achève aujourd'hui, c'est cette "séquence" purement occidentale. Les autres civilisations se réveillent et accède, à leur façon, à la modernité. Cette dernière ne pourra plus se confondre avec le seul "Occident". La modernité devra intégrer ces apports venus d'ailleurs.
 
C'est d'ailleurs ce qui se passe dans les faits.

@! : Vous nous proposez en quelque sorte d'entrer joyeusement et de façon volontariste vers cette "modernité métisse" qui correspond au"commencement d'un monde". Et de le faire par le biais de la délibération de tous. Faut-il comprendre, quand on considère l'état de la démocratie dans le monde, qu'il y faudra beaucoup de temps encore et que ce sera au prix d'inévitables et graves convulsions?

J-C. G. : Quand je parle de modernité métisse, je ne veux pas dire par là que l'Occident devra renoncer aux valeurs qu'il porte (droits de l'homme, démocratie, etc.), même s'il est souvent le premier à les trahir. Cela veut dire que ces valeurs, ces concepts, ce rapport au monde seront désormais "pluriels", pourront être enrichis, complétés, transformés par des approches venues de la périphérie. Prenons un exemple simple. Au milieu des années 1980, l'Afrique a élaboré une "Charte africaine des droits de l'homme" qui reprend à son compte le concept occidental de "droits individuels" mais lui ajoute une valeur trop négligée chez nous : la solidarité. Je vois cela comme un enrichissement. Deuxième remarque. Ce que j'appelle une modernité "métisse", ne signifie pas que le monde va s'uniformiser, bien au contraire.

Nous devons garder nos racines particulières, notre identité mais apprendre à l'ouvrir au reste du monde, à refuser la clôture angoissée, le barricadement. Je pense souvent à cette très belle phrase du Portugais Miguel Torga, aujourd'hui disparu : l'universel, c'est le "local" moins les murs. Et puis, voyez comme chez nous, les plus jeunes ont déjà pris l'habitude d'évoquer la "world music" ou la "world littérature", c'est-à-dire des formes "métisses" de création. Dernière remarque : quand je parle de "modernité métisse", cela ne doit pas être confondu avec "société métisse". Si vous prenez le cas du Japon, il s'agit d'une société non métissée, ou très peu, mais d'une modernité qui, elle, l'est beaucoup. Le Japon a su concilier ses traditions avec une modernité venue d'Occident, et qui s'en est trouvée transformée.

Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette "rencontre" inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce "cap des tempêtes", nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.


"Le commencement d'un monde", Jean-Claude Guillebaud, Le Seuil, www.seuil.com




http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/10/09/10873770.html

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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 08:51
Le monde tel que je le rêve ! :

Reçu :

"La photo parle d'elle-même.

On leur doit la Liberté, la Vérité car l'Avenir c'est eux.

à bientôt,

Rachid"

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 14:04





François Marie Arouet, dit Voltaire

Wikipedia.org





Puissent les hommes
se souvenir
qu'ils sont frères

Voltaire

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 18:17
vendredi 27 juillet 2007, par Tariq Ramadan 
  





Tariq Ramadan (Professeur d’islamologie) :

Interview sur l' Express


 

 

" Maurice ne doit pas se laisser noyer par une culture mondiale "

 

 

 

 

 

" Il y a un projet mauricien qu’il faut que vous protégiez contre vents et marées. Vous avez une réalité insulaire. La réalité d’une société qui est vraiment plurielle culturellement, religieusement "

 

Tariq Ramadan, qui à son huitième séjour à Maurice pour une série de conférences, ne cesse d’être présent dans tous les débats internationaux autour de la question islamique. Ses propos ne laissent pas insensible, n’hésitant pas à remettre en cause certaines démarches islamiques. " Les pires ennemis de l’islam, ce sont les musulmans eux-mêmes parce que ce sont eux qui dénaturent parfois le message ", avance-t-il. Personnage controversé en France où l’on dénonce " son double langage ", il affirme que ce n’est pas prouvé. " Ce sont des gens qui ont envie de m’utiliser, moi, parce que je suis l’arbre qui cache la forêt qu’ils n’ont pas envie de voir ". Aux Mauriciens qui lui reprochent sa vision européenne de l’islam, il répond que " lorsque je viens avec une opinion, je ne m’inscris pas contre les traditions... ". Il soutient que Maurice se doit de protéger sa réalité d’une société vraiment plurielle culturellement, religieusement.

 

 

 

 

Tariq Ramadan, vous êtes en première ligne de tous les débats concernant l’islam, vous multipliez les conférences à travers le monde, vous êtes régulièrement présents dans la presse à travers des articles et des interviews. Est-ce que votre message sur la réforme de l’islam est en train de passer ?

 

 

 

Le but de mon engagement, ce n’est pas un message personnel, propre à moi, c’est une réconciliation avec le message premier de l’islam. Ce message a trois dimensions essentiellement. La première, c’est la dimension de l’universalité. C’est-à-dire que la tradition musulmane se réfère à des valeurs universelles et donc la particularité des valeurs universelles, c’est qu’elles sont propres à l’islam mais qu’elles confirment et qu’elles s’appuient sur d’autres valeurs. La question de la dignité humaine, la question de la justice de la liberté, la question de respect et d’intégrité de la personne sont aussi enracinées dans la tradition musulmane que dans d’autres traditions. Je pense qu’en ces temps crispés, à l’heure d’une globalisation qui pousse les uns et les autres à revenir à des immensités tout à fait singulières, rappeler ces dimensions-là est fondamental. Pour moi, il ne s’agit pas de parler de l’islam contre tous les autres, mais de dire en quoi l’islam se nourrit et partage avec tous les autres les dimensions fondamentales.

 

La deuxième dimension, c’est celle de la spiritualité. Il s’agit d’éviter le ritualisme pour en venir au sens des choses. On est à une époque où il est essentiel de savoir pourquoi on fait ce qu’on fait, quelle en est la finalité, qu’est-ce qu’on est en train de faire avec l’être humain. Aux États-Unis, 53 % de la population disent qu’il serait possible dans certaines circonstances de torturer les gens... C’est-à-dire qu’on est dans une situation de régression. Hier, aux États-Unis, on n’aurait jamais pu dire une chose pareille. Il y a de la peur, il y a des craintes et tout à coup maintenant, on admet la torture. La torture est toujours inadmissible. Elle ne peut jamais être admise. Dans aucune circonstance on ne doit pouvoir torturer quelqu’un. C’est contre la dignité humaine. Les peurs sont tellement grandes que finalement on finit par admettre des choses. On a vu ce qui s’est passé dans les prisons en Irak et à Guantanamo. On a vu aussi des extraditions extraordinaires et des prisons cachées en Europe où il y a de la torture. On est en situation de régression. Il faut absolument aujourd’hui pouvoir revenir avec un message qui nous rappelle le fondement des choses. Et pour moi, quelque chose qui est évident, c’est un vrai travail sur soi : de spiritualité, du sens de la vie, pourquoi on fait ce que l’on fait, d’éthique et de morale. Ces choses ne se font pas. Aujourd’hui, on parle de la façon dont on traite l’univers. C’est dramatique ce que le réchauffement de la planète est en train de produire. Tous les éléments sont connectés.

 

La troisième des dimensions est qu’il faut que l’on cesse de nourrir la mentalité de victimes. Beaucoup trop de personnes regardent le monde sous l’angle : "C’est toujours la faute aux autres". Pour les musulmans, c’est la faute aux non musulmans ; pour l’administration Bush, c’est la faute au terrorisme ; pour un certain nombre de chrétiens, c’est la faute aux musulmans. On est tous en train de se renvoyer la balle. Or, on est des citoyens. On a des avantages dans certaines situations. À Maurice, vous avez une démocratie, vous avez des droits. À chacun d’entre nous de se poser la question : à mon niveau, qu’est-ce que je peux faire ? Pour moi, c’est vraiment un message personnel et individuel, de conscientisation personnelle. Pour les musulmans, bien entendu, c’est se réconcilier avec l’universalité de leur message, de servir les gens en rappelant toujours d’une chose : être proche de Dieu, c’est servir les hommes. C’est aussi un message qu’entendent très bien les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les hindous ou les athées. C’est aussi un message de responsabilisation immédiate. Il faut le faire et il faut le faire tout de suite, à votre niveau. Lorsqu’on voit du racisme dans sa rue, il faut agir ; des discriminations dans sa société, il faut agir ; lorsqu’on voit ce qui se passe sur la scène internationale, il faut la dénoncer. C’est un message de responsabilisation personnelle. Est-ce que ce message passe ? Oui. Partout où je vais et chaque fois que je viens à l’île Maurice, il y a une vraie reconnaissance dans ce sens-là. Ce message-là a aussi des adversaires. Il ne faut pas être naïf. On a aujourd’hui sur la scène internationale, des gens qui ont envie de rupture, de polarisation. Il y a des gens qui se font de l’argent grâce à la guerre ; il y a des gens qui se font de l’argent grâce à la peur ; on a des dénégations de spécialistes du terrorisme qui nous expliquent tout et n’importe quoi et qui se font de l’argent ; on a des médias qui se font de l’argent sur les catastrophes. Il y a des gens qui n’ont pas envie que ces discours passent. Sur le terrain, il y a une vraie audience. Oui, les choses avancent. C’est très difficile. On n’est pas dans une situation facile. Il faut continuer.

 

 

 

La dénonciation des prisons cachées, de la situation en Irak entre autres, vous a coûté votre visa pour les États-Unis. Comment avez-vous vécu cela ?

 

 

 

Etre interdit d’entrée aux États-Unis sous l’administration Bush, c’est plus un honneur qu’un déshonneur eu égard à ce que l’on sait de cette administration. Elle a entretenu le mensonge, l’hypocrisie. Elle s’est engagée dans une guerre en Afghanistan qui a tué des milliers de civils. Elle s’est engagée dans une guerre en Irak ; et puis, après le 11-septembre, elle a développé une véritable chasse aux sorcières. Aujourd’hui, ou on est avec Bush ou on est contre. Je sais que l’administration américaine n’est pas contente de mes propos. Mais qui aujourd’hui dans le monde est content de l’administration Bush ? Qui aujourd’hui est heureux de ce que le président des États-Unis fait ? Les gouvernements européens ? Ils ont peur ; ils ne parlent pas, donc ils suivent et tous les autres jusqu’à dans votre pays, à Maurice, j’ai vu des officiels qui sont tout à fait conscients des dérives de l’administration Bush. Qu’ils soient eux mécontents ne me gêne pas, mais que nous soyons en désaccord est le plus important. Parce que je pense qu’il y a un déficit de dignité, de cohérence dans la politique américaine actuelle.

 

 

 

En même temps, lorsqu’on voit ce qui s’est passé à la mosquée rouge ainsi que d’autres activités terroristes, cela bat en brèche le message de paix que prêchez...

 

 

 

Il ne faut pas nier qu’il y a des choses qui aillent très mal. Les pires ennemis de l’islam, ce sont les musulmans eux-mêmes parce que ce sont eux qui dénaturent parfois, comme dans ces cas-là, le message. Il y a des gens qui produisent de la violence, tuent des innocents. C’est regrettable. Le discours de la paix, de l’exigence de l’engagement est le seul message qui peut résister à la radicalisation. Comment allez-vous faire ? Vous allez tuer tout le monde ? Mettre les radicaux en prison ? Il faut un autre message, un message fort : "L’islam c’est ça, ce n’est pas ce qu’ils disent." Il faut être capable de dire aux gens que ce que vous faites ce n’est pas l’islam, c’est contre l’islam. Le meilleur moyen, c’est un vrai discours de l’intérieur qui s’oppose et qui critique les dérives de la compréhension de l’islam. Maintenant on est en face des terroristes, en face des gens qui utilisent l’islam de façon inadmissible. Il faut le dire. Il faut le répéter par un discours constructif pas uniquement par un discours défensif.

 

 

 

Vous insistez dans votre message que le jihad n’est pas synonyme de guerre sainte ?

 

 

 

J’ai un livre publié sur le jihad, Guerre et paix en islam, dans lequel je parle de cela. Je viens de participer, avec le New York Times et le Washington Post qui ont posé à des muslim scholars trois questions dont l’une était sur le jihad...

 

 

 

En France surtout, vous avez une image très controversée. Plusieurs livres vous sont d’ailleurs consacrés. On vous accuse d’avoir un double langage, un pour les musulmans un autre pour les non musulmans ?

 

 

 

C’est ce qu’on dit mais qu’on ne prouve pas. Il y a un autre livre qui a paru récemment qui dit que je n’ai pas de double langage. Moi je n’ai pas de temps à perdre. Si j’ai un double langage, cela devrait se savoir. J’ai diffusé plus de 200 cassettes. Il y a même un livre qui dit que je parle en arabe dans les banlieues. Le problème c’est que dans les banlieues, ils ne parlent pas arabe. Ce sont des gens qui ont envie de m’utiliser, moi, parce que je suis l’arbre qui cache la forêt qu’ils n’ont pas envie de voir. Et cette forêt, c’est qu’aujourd’hui, il y a des Francais de confession musulmane qui sont Français, qui ne s’appellent pas seulement Zidane qu’on accepte quand il met des buts et on rejetterait tous les autres parce qu’ils sont dans les banlieues. Je dis aux Français de confession musulmane : vous avez des droits comme tous les citoyens. Donc pas de mentalité de victime, travaillez, devenez des citoyens. Cela gêne beaucoup de monde. Parce qu’hier, ils étaient dans les colonies en Algérie. Aujourd’hui ils sont en France et sont des citoyens. Il y en a qui n’ont pas envie de cela. Moi, je suis simplement la voix qui fait entendre ça. C’est pourquoi que cela les gêne. Ils n’ont pas envie de comprendre ou d’admettre que l’islam est une religion française ; qu’il y a des Français qui sont des citoyens comme tous les autres et qui ont eu un passé arabe, algérien, marocain. Il y a un vrai problème de reconnaissance de cela. Je gêne tous ceux qui n’ont pas envie de reconnaître la dimension plurielle de la société française. Ils ont juste envie de symbole. Être ministre de la Justice (Rachida Dati, par exemple) c’est bien. On ne veut pas de symbole pour oublier les autres ; on veut des voix qui permettent à tous d’être présents partout.

 

 

 

Comment avez-vous accueilli l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française ?

 

 

 

Je savais qu’il allait être président parce qu’il avait préparé cela depuis très très longtemps. Je pense qu’il est extrêmement habile parce qu’il a réussi en l’espace d’une année à faire imploser le Front national (FN) et se déliter le Parti socialiste (PS) en même temps. Il sait lui que ce n’est plus une question idéologique, c’est une question de pouvoir. La différence entre le PS et lui, elle est minime sur le plan idéologique. Il a utilisé chez les socialistes ceux qu’il savait aimer le pouvoir. Je pense qu’il va surprendre beaucoup de monde. Je ne le sous-estime pas du tout. C’est quelqu’un qui a réussi à placer ses billes dans le monde médiatique, dans le monde financier, dans la grande économie et dans le monde politique. Sur ces chantiers, il a établi des gens qui sont très proches de lui. Il peut parfois déraper par des excès d’émotivité. On l’a vu dans certaines circonstances. Cela ne va pas être facile parce qu’il a une vue sur certaines questions qui est problématique notamment en ce qu’il s’agit de la création du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration.

 

 

 

Vous invitez les musulmans à revenir aux textes fondamentaux. Que voulez-vous dire par là ?

 

 

 

Lorsqu’on revient aux textes fondamentaux, c’est le meilleur moyen pour nous de revenir dans le contexte fondamental et de proposer une nouvelle lecture. Il faut revenir aux fondamentaux, sinon les musulmans ne vous suivront pas. Les musulmans, ils croient dans les textes, ils croient au Coran et ils suivent le Prophète. Vous ne pouvez pas avancer sans les textes. La question est de savoir si vous revenez aux textes par l’intermédiaire des savants du treizième siècle ou si vous revenez aux textes et essayez de les comprendre dans leur contexte. C’est cela revenir aux fondamentaux. Il y a deux façons de le faire : soit revenir pour s’y enfermer littéralement - ce n’est pas mon attitude - soit revenir pour ouvrir les champs d’investigation et essayer de trouver la bonne solution. Il y a des textes qui sont universels, transhistoriques. Il y a d’autres qui demandent de l’interprétation.

 

 

 

Dans certains milieux à Maurice, on estime que vous avez une vision très européenne de l’islam. Qu’en est-il ?

 

 

 

À Maurice, on est habitué à certaines écoles de pensée que je respecte. Dans ces milieux-là, on est habitué à certaines réponses. Quand on vient avec d’autres réponses, on dit que cela vient de l’Europe. Non. Même au Pakistan, même en Inde, en Afrique et dans le monde arabe, il y a plusieurs opinions sur certaines choses. Lorsque je viens avec une opinion, je ne m’inscris pas contre les traditions ; mais je dis : attendez, il y a cette position, mais il y en a d’autres également. Au moins, ayez l’éventail de toutes les solutions. Je respecte les écoles qui sont présentes. Je rappelle d’autres positions sur certaines questions particulières. À partir de là, les gens font leur choix.

 

 

 

Une remarque du ministre britannique Jack Straw à l’effet que le voile gène l’intégration fait débat...

 

 

 

Il ne disait pas le voile, mais le voile intégral. C’était une bonne question posée par la mauvaise personne. C’est devenu une mauvaise question. Jack Straw est un homme politique, un ministre dans le gouvernement britannique. Il pose une question qui est importante. Comment fait-on pour la vie en société ? Cela pose un vrai problème d’autant qu’il y avait le problème d’une enseignante devant des élèves très jeunes. Les enfants pouvaient avoir de la peine à entendre ce qu’elle disait. En tant que musulman, il faut qu’on donne une réponse sur quelle est la vraie prescription islamique. Est-ce la couverture des cheveux sans que la face ne soit couverte ? C’est mon opinion. Je pense que ceux qui vont plus loin doivent vraiment se poser des questions. Au bout du compte, quel rôle social donnez-vous à la femme ? C’est une vraie question qui doit être débattue de l’intérieur. Certains savants sont d’opinion que les femmes ne devraient pas porter le hijab dans une société non majoritairement musulmane parce qu’elles n’étaient pas comprises.

 

 

 

L’appel à la prière a été au centre d’un débat à Maurice. Avez-vous eu l’occasion de suivre cette affaire ?

 

 

 

Dans toutes ces situations on a aujourd’hui des crispations. Ici, il y a eu crispation autour de l’appel à la prière, en Suisse on a eu des crispations autour de la visibilité des minarets. En France, on a eu des crispations autour de la visibilité des foulards. Toutes ces situations elles se crisperont si l’on va vers le conflit et la loi, et elles s’assoupliront si l’on va vers le dialogue et la compréhension mutuelle. Votre situation, elle est passée par les deux étapes. Il y a eu une procédure légale qui a tendu les choses. Des deux côtés il y a eu des gens qui ont polarisé, alors que des deux côtés il fallait calmer les choses et venir à la table de dialogue. C’est ce qu’on a fait après. Il faut commencer par le dialogue et non pas finir. Si le problème c’est le niveau sonore, une fois qu’on l’a baissé, c’est terminé. Lorsque quelque chose dans la tradition de l’autre nous gène il faut le dire, il faut s’asseoir, il faut discuter parce qu’on peut trouver des solutions. Une société plurielle qui s’assume est une société qui dialogue. Une société plurielle qui implose est une société qui ne s’écoute plus ou qui se parle à coup de loi. Le légal est toujours crispant.

 

 

 

Le thème de votre conférence prévue demain (aujourd’hui, NdlR) est l’islam et la démocratie. N’est-ce pas là un terrain glissant pour vous ? À part la Turquie, la démocratie n’est pas légion dans les Républiques islamiques ?

 

 

 

Et le Sénégal et l’Indonésie... On est obsédé par le mode majoritairement musulman parce qu’on pense à l’Arabie. Lorsqu’on pose la question de l’islam et la démocratie, il faut poser la question de principe : est-ce que oui ou non c’est possible ou pas. À mon avis c’est possible d’avoir des processus démocratiques du point de vue islamique sans que cela pose de véritables problèmes. C’est une vraie question que j’ai abordée à plusieurs reprises. J’ai écrit un livre à ce sujet. Même en Turquie on a vu qu’il y a des difficultés avec la présence de l’armée qui joue un rôle. Il n’y a pas d’opposition entre les principes de l’opposition et les principes de l’islam. Et puis il faut que chaque société trouve son modèle et entre dans un processus de démocratisation.

 

 

 

Quel message comptez-vous transmettre aux Mauriciens ?

 

 

 

Le message portera sur ce qui est universel et partagé, de la rencontre du dialogue, de la cohésion et du respect mutuel, de la confiance en soi, de la confiance vis-à-vis des autres. On est dans un monde qui se polarise. Il faut passer à autre chose, construire un autre rapport à soi. Beaucoup de confiance en soi, de respect de l’autre et d’ouverture d’esprit. Un discours orienté vers tous les Mauriciens. On passera parfois par des organisations musulmanes et parfois par des conférences complètement publiques. Il y a un projet mauricien. Qu’il faut que vous protégiez contre vents et marées. Vous avez une réalité insulaire. La réalité d’une société qui est vraiment plurielle culturellement, religieusement. Il ne faut pas perdre cela. Il ne faut pas se laisser noyer par une culture mondiale. Il ne faut pas que la culture de Maurice soit produite à Washington, à Paris ou à Londres. Il faut qu’elle soit produite ici. C’est ici qu’il faut établir la confiance. À l’échelle du monde, Maurice est une localité. Il faut que dans cette localité on ait de vraies initiatives de rencontre, de respect. Il faut protéger. Si cela peut être un espace de paix, un projet pilote de paix et de meilleure connaissance, autant que ce soit ainsi plutôt que le contraire.

 

 

 

En dépit de la mondialisation ?

 

 

 

En résistance à la mondialisation. Le vrai message que Maurice pourrait renvoyer au monde global c’est la réalité du pluriel local.

 

 

 

 

 

 



 

 

" Le jihad n’est pas synonyme de guerre sainte "

 

Nous avons interrogé Tariq Ramadan sur le sens du Jihad, qui, dit-il, n’est pas synonyme de guerre sainte. Il nous a donné la réponse suivante : " D’abord, c’est une question de définition. On dit souvent que c’est la guerre sainte. C’est faux. Cela ne répond à rien dans la traduction à partir de l’arabe. En fait, cela veut dire effort et résistance. Faire un effort et une résistance à quoi ? D’abord, il y a une première dimension personnelle et spirituelle. Chacun d’entre nous a de mauvaises tentations ; il y a de la violence en nous. Nous faisons donc un effort pour résister à cela. C’est un jihad personnel. On prend le contrôle, pourquoi ? On veut être en paix avec soi-même. Le jihad, c’est le chemin, on gère une tension pour aller vers la paix. Ce n’est pas le chemin de la guerre. Sur le plan collectif, lorsqu’on est agressé, résister à l’agression et ou à l’exploitation, cela peut être légitime. Par exemple, résister à des gens qui viennent prendre vos terres, là, c’est la légitime défense. C’est une résistance à l’oppression pour arriver à une situation de justice et de paix. Le jihad, c’est toujours gérer un état de tension par rapport à une oppression pour aller vers la paix. Combattre mon propre égoïsme pour aller vers la paix intérieure. C’est le chemin vers la paix qui passe par un effort, une résistance parce que nous sommes comme ça. Les êtres humains ont besoin de faire des efforts et résister à leurs mauvaises tentations. " 

 

Tariq Ramadan soutient également que le prophète Muhammad n’était pas un belligérant, comme on a voulu le faire accroire. " Je viens d’écrire un livre qui sera partout présent dans mes conférences. Dans cet ouvrage, je présente l’image du prophète où on disait que durant la deuxième période de sa vie, il était belligérant. C’est complètement faux. Au moment où il s’installe à Médine, il y a des gens qui veulent le détruire. Lui, il ne fait que résister à leur volonté de destruction. Il est exactement dans ce jihad-là, celui de la résistance à l’oppression. Alors que cela allait et qu’il n’avait pas besoin de réagir parce qu’il pouvait survivre, il faisait une résistance passive. Comme à la Mecque où il n’a jamais résisté par les armes. Mais à un moment donné, on voulait l’éliminer. Donc il est parti parce qu’il ne voulait pas la guerre. Ils ont fait des alliances avec des tribus alentour pour pouvoir le détruire. Face à cette injustice, il n’avait qu’une seule option : résister par les armes. Il n’y a eu chez lui que la résistance nécessaire face à une répression imposée. C’est comme cela qu’il faut qu’on le comprenne. Ce n’est pas du tout un prophète aux élans de guerrier comme on le présente ".

 

 

 

 

 

 

Paru dans le Mauricien le 26 juillet 2007

 


 

 

 

TARIQ RAMADAN
“L’islam doit être une force de transformation pour le meilleur”

 

 

 


Tariq Ramadan en est à sa huitième visite à Maurice pour une série de conférences sur le thème de la confiance mais aussi pour partager sa conviction que l’islam peut agir pour le mieux dans la construction citoyenne du musulman.

 

 

 

Qu’est-ce qui vous amène aussi régulièrement à Maurice ? 

 



Lorsque j’ai visité l’île Maurice voilà onze ans et demi, cela a été une première rencontre qui a culminé à une découverte mutuelle et, pour les Mauriciens, la reconnaissance d’une certaine approche. Il existe une atmosphère à Maurice que j’apprécie beaucoup. Cette reconnaissance et cet acte d’approche ne pouvaient s’inscrire que dans le long terme. Depuis, cela a été une même ligne et un même message universaliste et d’ouverture sur le monde qui ont primé.

 




En quoi consiste cette approche ?

 



Ma première visite a eu lieu avant le 11 septembre et déjà, à cette époque, il était question de sérénité dans ce qu’on est, du refus de la mentalité victimaire et de l’idée que le message est universel. Aujourd’hui encore après le 11 septembre et ses répercussions et les débats sur les lois et le terrorisme, il s’agit toujours de mettre en avant toutes ces dimensions. Le thème retenu pour cette visite est la confiance car il importe de passer d’une évolution de la peur à une révolution de la confiance. Je tiens aussi à dire que c’est une mauvaise perception que de croire que ceux qui m’entourent à Maurice s’accaparent de ma présence. Ils sont plutôt dans l’ouverture et engagés dans un acte de sacrifice.

 




On a eu à Maurice il y a quelque temps de cela un débat sur l’“azaan”. Comment analysez-vous ce débat ?

 



C’est un cas symptomatique qui démontre comment on peut basculer dans la dérive ou accéder à la pacification. On n’arrivera pas à vivre ensemble à travers l’obsession du droit. Ce n’est possible que par la pacification qui passe par le dialogue. D’ailleurs la résolution de la problématique de l’“azaan” chez vous le démontre : c’est dans la négociation qu’a surgi la solution. C’est ce qu’il faut

promouvoir : négocier dans le dialogue plutôt que contrarier par le droit.

 

 




La société politique mauricienne a la propension d’instrumentaliser la religion à des fins électoralistes. Comment sortir de ce cycle ?

 

 

 

 



Cela ne passera pas par le politique, par cet engagement politique basé sur l’appartenance communautaire. Il faut une politique citoyenne. Le bon angle pour changer les mentalités est un projet social où on réunit

les gens de toutes les confessions. Cela permet de développer une conscience citoyenne qui transcende la conscience ethnique.

 

 




Passons à un autre ordre d’idées ? Comment se porte aujourd’hui, selon vous, “l’axe du mal” ?

 



S’il y a une chose que je combats de ce point de vue, c’est bien la simplification. Le fait, par exemple, que mon visa ait été révoqué m’interdisant d’entrer sur le sol américain sous l’administration Bush est un honneur. Car ils ont démontré par leurs actes en Afghanistan et en Irak qu’ils sont capables de torture et de déni de justice. C’est en tant que citoyen et non en tant que musulman qu’on doit être inquiets de ces actes. Quant à l’Iran, il n’est qu’un bouc- émissaire.

 




Comment en est-on arrivé là ?

 



On sait que des musulmans sont impliqués dans les actes condamnables du 11 septembre. Il fallait condamner sans verser l’instrumentalisation de ces actes. N’ayant pu éviter cela, on bascule dans la guerre contre le terrorisme. Mais c’est une guerre dont l’une des caractéristiques est d’affronter un ennemi insaisissable, toujours en mouvement et non identifiable. Cela a produit des mesures sécuritaires clairement condamnables et une ère liberticide. En même temps, il faut dire qu’on assiste à monde musulman qui ne s’ouvre pas politiquement. Un monde où il n’y a pas de grand effort de démocratisation sauf dans certains cas. Il ne s’agit pas donc de blâmer seulement l’Occident car il n’y a pas eu de travail critique et surtout de travail sur soi. Aujourd’hui, pour moi, il est autant question de rejeter le cloisonnement du monde musulman tout en luttant durant toute ma vie contre l’unilatéralisme des Etats-Unis sur le dossier israélien.

 



Vous évoquez souvent l’impératif d’être citoyen et d’être musulman. Cela n’est-il pas irréconciliable ?

 



Il y a 18 ans que je travaille sur ces questions. J’ai d’abord cherché les zones de conflit. Or, il s’avère que les Constitutions occidentales et a fortiori la Constitution mauricienne n’empêchent aucun citoyen de pratiquer sa conscience musulmane et sa conscience citoyenne. A l’étude de ces conflits possibles, j’ai identifié l’avis de certains savants qui soulèvent la question de l’appartenance à l’armée où, dans le cas d’un conflit armé, des musulmans pourraient être amenés à se battre contre des pays musulmans. Or, il y a une énorme flexibilité dans les lois musulmanes. Les citoyens musulmans ne sont pas plus ou moins démocrates que les autres. Ce sont des démocrates comme les autres. Je ne crois pas qu’il faille construire un problème là, ou qu’un problème de perception. Je dirais qu’avec une bonne compréhension de l’éthique musulmane, on aboutit à un meilleur engagement citoyen.

 




Quelle idée de l’islam que vous vous faites ?

 



Elle est basée sur trois principes. D’abord, l’islam est une religion universelle. Elle produit des valeurs et une éthique qui ne lui sont pas exclusives. En l’islam, on retrouve des valeurs qui sont chez les autres. Les musulmans doivent revenir vers cet universel pour ne pas s’enfermer dans des particularismes et ne pas céder à la tentation d’être victimes. Ensuite, il y a des valeurs transhistoriques. Soit vivre fidèlement sa foi dans toutes les circonstances et au sein de toutes les sociétés. Il y a donc à tenir compte de toute une dimension de l’histoire et de la culture en termes de ce qui est immuable et ce qui participe de la nécessité du changement. C’est en conséquence une question de réforme et l’islam a les outils pour penser le changement en fonction des principes qui sont les siens. Il s’agit d’avoir en tête le texte et le contexte. L’un ne va pas sans l’autre. Une pensée qui reste la même au XVe siècle et au XXe siècle n’est pas fidèle aux principes fondamentaux. Enfin, il faut être une force de transformation pour le meilleur.

 



Comment aborder la question du djihad lorsqu’il y a autant d’interprétations qui sont proposées ?

 



Lorsque l’abbé Pierre dit qu’il est en guerre contre la pauvreté, je dois tout autant pouvoir dire que je suis en guerre contre la pauvreté ou contre les formes nouvelles d’esclavagisme. Lorsque des murs sont dressés entre le Mexique et les Etats-Unis ou autour de l’Europe, c’est une nouvelle forme d’esclavagisme qu’on pratique. On y retrouve à ces frontières des sous-zones où s’installent des individus dont ces pays ont besoin sur le plan économique. Lorsque ces individus franchissent ces murs et vont finir par travailler clandestinement dans les pays qui les repoussent, c’est en fait une exploitation clandestine de ces femmes et hommes.

 



L’islam, le nouvel ennemi de l’Ouest après la fin du communisme ?

 



L’islam est le nouvel ennemi, c’est une évidence sauf que ce n’est plus du tout pareil comme lorsque les pays de l’Ouest étaient confrontés à l’ennemi soviétique. Il ne s’agit plus d’un ennemi de l’extérieur. Le nouvel ennemi a été créé et sa figure est différente de l’ennemi communiste. Toutefois, dans son expression de rejet, on voit revenir les réflexes de stigmatisation et du maccarthysme.

 



Enfin, vous êtes souvent accusé de tenir un double langage. L’un devant les musulmans et un autre devant les non-musulmans. Comment répondez-vous à cette critique ?

 



Lorsque des journalistes me posent cette question, je leur réponds de m’apporter des preuves. C’est en fait une critique tellement grotesque. En France, par exemple, on m’accuse de parler français et arabe dans les banlieues. Or on ne parle pas et on ne comprend pas l’arabe dans les banlieues ! Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre la vérité.

 



Propos recueillis par
Nazim ESOOF

 

 

 

Paru dansL’Express à Maurice le 27 juillet 2007

 
http://www.tariqramadan.com/spip.php?article1165

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