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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 15:49


Paroles et musique de Tony Turner (2002). Ce chant nous a été communiqué par Lucie-Marie Castonguay-Bowers, membre de la First Unitarian Congregation of Ottawa où il a connu un très vif succès. Traduction proposée en français par Jean-Claude Barbier.


Rondelle, peinture de Thierry Moralès vue sur son site http://le-jardin.over-blog.net


Refrain :  Come, join with me in the circle of song
The young and the old, the weak and the strong
Singing with one voice, though we may speak diff’rent tongues
In the circle of song we are one

Venez, entrez avec moi dans la ronde des chants
Que vous soyez jeune ou vieux, faible ou fort
Venez chanter d’une seule voix avec nos différentes langues
Puisque dans la ronde des chants nous sommes Un

Some sing of the past, of battles lost and won
Some sing of their dreams, of a new day in the sun
Some sing out for love and some sing just for fun
But in the circle of song we are one

Certains chanteront le passé, batailles perdues ou gagnées,
Ou encore leurs rêves d’un jour nouveau sous le soleil,
D’autres chanteront l’amour ou simplement par plaisir,
Mais dans la ronde des chants nous sommes Un

Some sing of this land, the country of their birth
Some sing of this land, of the beauty of the earth
Some sing of this land for all that it is worth
But in the circle of song we are one

Certains chanteront leur terre, pays de leur naissance
Certains chanteront leur terre, comme beauté de la Terre entière
Certains chanteront leur terre pour tout ce qui en fait la valeur,
Mais dans la ronde des chants, nous sommes Un

Each of us must leave this place and go back to our homes
Each of us must walk a path that must be walked alone
And each of us will bear the fruit of the seeds that we have sown
In the circle of song, we are one.

Chacun de nous quittera bientôt cette place pour retourner chez lui
Il devra marcher un bout de temps, un chemin qu’il parcourra seul
Et chacun de porter en lui les fruits des graines que nous avons semées.
Dans la ronde des chants, nous sommes Un.


http://afcu.over-blog.org/article-22703354.html

 


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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 15:45





La loi de 1905

 


La loi de 1905 fut un moment fort de l'histoire des libertés en France. Elle sépare l'Etat et les cultes et assure ainsi la liberté de conscience à chacun. On peut désormais être religieux, agnostique ou athée sans être favorisé ou défavorisé. Ce site retrace l'histoire et donne les éléments essentiels.

Depuis le baptême du roi des Francs Clovis, une alliance tumultueuse unit le trône (l'Etat) et l'autel (l'Eglise catholique). Le siècle du "concordat" (1801 - 1905) en est la dernière période. De nombreuses initiatives tenteront d'y mettre fin.

Chef d'œuvre d'Aristide Briand, la loi votée par le Parlement français en 1905 sépare l'Etat et les cultes. Loi "juste et sage" selon la formule de Jaurès, elle a pourtant suscité de nombreuses controverses au Parlement comme dans la société.

Après un début conflictuel, une application "libérale" selon le vœu de Briand a fait progressivement entrer dans les mœurs la séparation de l'Etat et des cultes. L'Eglise catholique, elle-même, finira par en reconnaître la valeur.

La célébration de la loi 1905 a fait l'objet de nombreuses initiatives. Elle suscite divers débats tant sur l'histoire que sur le traitement, aujourd'hui, de la diversité culturelle et des cultes minoritaires. Pour cela il ne faut pas la réviser, mais mieux la connaître et l'appliquer.

 

 



http://www.laicite-laligue.org/index.php?option=com_content&task=section&id=20&Itemid=316


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La Laïcité sur wikipedia

Origines de la laïcité [modifier]

Étymologie [modifier]

Le mot « laïc » est issu du latin laicus, de même sens, lui-même issu du grec laikos, qui signifie « qui appartient au peuple » par opposition aux organisations religieuses.

Le mot fut repris par la langue religieuse, pour différencier les Lévites, voués au service du temple, du reste du peuple Juif. Le terme laïc fut ainsi également utilisé au sein de la religion catholique pour désigner toute personne qui n’est ni clerc, ni religieux (ce qui ne l’empêche pas de se voir confier certaines responsabilités au sein de l’Église, ni d’être croyant).

Origine du concept [modifier]

Le concept de laïcité, en tant que séparation du pouvoir religieux et du pouvoir séculier est ancien ; on pouvait déjà le voir dans l’antiquité gréco-romaine. De même, au Ve siècle, le pape Gélase Ier avait énoncé la doctrine des deux glaives visant à séparer le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle au sein de l’Église.

Le concept moderne de laïcité, lui, émerge lorsque les États décident de tolérer d’autres religions que leur(s) religion(s) d’État. Mais la liberté de culte change de nature : tous les cultes y sont égaux, et subordonnés aux règles de l’État. Si une règle religieuse entre en contradiction avec une règle de l’État, les adeptes de cette religion se trouveront persécutés. La laïcité est donc parfaitement compatible avec une liberté de culte restreinte (indépendamment de tout jugement sur la légitimité d’une telle restriction, qui frapperait par exemple un culte pratiquant les sacrifices humains…)

Les mots de la famille laïcité recouvrent donc deux acceptions :

  • les termes apparus au XIIe siècle et XIIIe siècles (lai, laïc) et ayant pour origine le mot grec laikos (du grec laos, peuple) concernent des classifications au sein de l’Église catholique. Ils signifient « Qui n’appartient pas au clergé ni à un ordre religieux ».
  • les termes apparus au XIXe siècle (laïque, laïcité) sont dérivés du mot laïc et ne désignent plus une réalité propre à l’Église catholique mais un principe de séparation du pouvoir politico-administratif et du pouvoir religieux. Ils signifient « Qui est indépendant vis-à-vis du clergé et de l’Église, et plus généralement de toute confession religieuse. »

Les trois conceptions principales[citation nécessaire] de la laïcité [modifier]

On oppose aujourd’hui trois conceptions de la laïcité.

La conception française [modifier]

Principe [modifier]

La conception française est, dans son principe, la plus radicale des conceptions de la laïcité (comparativement), quoiqu’elle ne soit pas totale. La justification de ce principe est que, pour que l’État respecte toutes les croyances de manière égale, il ne devrait en reconnaître aucune. Selon ce principe, la croyance religieuse relève de l’intimité de l’individu. De ce fait, l’État n’intervient pas dans la religion du citoyen, pas plus que la religion n’intervient dans le fonctionnement de l’État. La laïcité à la française pose comme fondement la neutralité religieuse de l’État. L’État n’intervient pas dans le fonctionnement de la religion, sauf si la religion est persécutée (article 1 de la loi de 1905 : "l’État garantit l’exercice des cultes.").

Ce principe a été énoncé essentiellement en deux temps :

  • d’une part, sous la Révolution française, notamment dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 (qui fait cependant référence à un Être Suprême, voire supra) et qui est reprise par le préambule de la Constitution de 1958, dont l’article Ier rappelle que : La France est une République laïque ;
  • et d’autre part, par la loi du 9 décembre 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État, qui introduit les principes de non-ingérence et de séparation avec les institutions religieuses ; les institutions religieuses ne peuvent avoir d’influence sur l’État et l’État ne peut avoir d’influence sur les Églises ou leurs croyants sauf en tant que citoyen : la séparation est donc réciproque (contrairement à la conception turque, voir infra).

La conception française de laïcité, bien que dans son principe la plus radicale, a été extrêmement marquée dans son application pratique par le fait qu’il s’agit d’un long et périlleux combat anticlérical, consistant non pas à séparer le pouvoir politique du fait religieux en tant que tel, mais à réduire l’influence de l’Église Catholique et des militants politiques chrétiens.

Les dispositions de la loi, dont il est question ici, ont donc fait l’objet d’une négociation entre l’Église Catholique et le législateur[réf. nécessaire]. Il fallait pour l’Église protéger ses privilèges, son patrimoine et ses réseaux et pour l’État composer avec le fait que bon nombre des parlementaires et hommes politiques étaient issus des milieux catholiques pratiquants. Les autres grandes religions monothéistes n’ont pas figuré à la table des négociations et leur influence était d'ailleurs marginale, d’où le déséquilibre de traitement qui existe jusqu’à nos jours entre les diverses religions.

Le principe de laïcité ne s’est appliqué qu’aux citoyens et en France métropolitaine. Dans les colonies et même en Algérie (départementalisée), la population d'origine indigène n'avait pas la pleine citoyenneté et le droit qui s'appliquait faisait une large place aux coutumes locales, y compris en matière de place des cultes, des structures religieuses et de leurs ministres. De cette situation proviennent, d’ailleurs, les problèmes d’intégration en France à partir des années 1960, lorsque les immigrés de ces colonies, qui pouvaient jusqu’alors publiquement exercer leur religion, sont arrivés en France où il était d’usage tacite de se confondre dans la population[1].

Énoncé en 1905, le principe de laïcité ne s'applique pas non plus en Alsace-Lorraine (où le régime du concordat prévaut).

Aujourd’hui, au niveau de l’Europe, les tentatives d’inclusion de la notion de valeurs chrétiennes dans la Constitution européenne tendent à amorcer un mouvement qui trahit toujours cette même lutte d’influence[réf. nécessaire].

Applications concrètes du principe [modifier]

La première et plus importante traduction concrète de ce principe en France concerne l’état civil, auparavant tenu par le curé de la paroisse qui enregistrait la naissance, le baptême, le mariage et la mort des personnes. Depuis 1792, il est désormais tenu par l’officier d’état civil dans la commune (le maire) et tous les actes doivent être enregistrés devant lui (à l’exception du baptême qui n’est pas un acte enregistré).

Les cérémonies religieuses (mariage religieux, baptême, enterrement…) n’ont plus de valeur légale et n’ont qu’un caractère optionnel. Elles sont même interdites avant l'équivalent civil, s'il existe  : par exemple, un mariage religieux ne pourra être effectué (si les participants le souhaitent) que postérieurement à un mariage civil. En dépit du principe affiché, l'État intervient donc dans le culte.

Par principe, la laïcité est un concept étroitement lié à celui de la liberté d’expression et d’opinion. Il est permis à chacun de pratiquer la religion de son choix (ou de n’en pas pratiquer du tout), tant que cette pratique ne va pas à l’encontre des droits d’autrui.

Mais cette liberté est limitée dans certains cas. C’est le cas notamment des fonctionnaires en service qui n’ont pas le droit de porter de signe religieux. Là encore, il ne s'agit pas spécifiquement d'une application du principe de laïcité, le même interdit existant pour d'autres comportements (militantisme politique, etc.)

L’État ne doit ni poser des questions (dans le cadre d'un recensement), ni distinguer entre les personnes sur la base de critères religieux. Ce n'est toutefois pas une application du principe de laïcité, le même interdit existe pour d'autres catégorisations sensibles (origine ethnique, couleur de peau, appartenance politique ou syndicale, etc.). Au niveau collectif, le fait qu'une organisation soit ou non affiliée à une religion ne peut pas non plus entrer en considération : seules les activités cultuelles sont exclues, mais un club sportif dépendant d'une église peut obtenir des subventions aussi bien qu'un club laïc, dans la mesure où il est aussi ouvert aux laïcs. De même, les écoles confessionnelles peuvent participer au "service public de l'éducation" (l'état en paye alors les professeurs et les collectivités territoriales peuvent contribuer à leur bonne marche), ce qui implique notamment qu'elles respectent les programmes officiels, et qu'elle doivent accueillir (service public oblige) tous les élèves qui le souhaitent indépendamment de leur religion et sans prosélytisme dans le cadre des cours. 90 % des écoles privées en France sont catholiques.

Icône de détail Article détaillé : Enseignement privé en France.

Dans le système éducatif français, la formation religieuse (dans le sens « enseignement de la foi ») ne fait pas partie du cursus des élèves ; néanmoins, une demi-journée par semaine est libre justement pour que cet enseignement puisse être assuré (le mercredi), et d'autre part les établissements peuvent disposer d'aumôneries et de groupes de pratiquants actifs, même dans le cadre d'un établissement public, et a fortiori dans les établissement privés : l'exercice du culte est libre même à l'intérieur des établissements publics, à condition de ne pas perturber le fonctionnement ni de se transformer en prosélytisme (impossible d'interrompre la classe pour une prière, d'exiger un menu spécifique à la cantine, ou de squatter la cour de récréation pour une messe, par contre on peut disposer d'une salle libre par ailleurs pour cela). De même, les signes religieux "ostentatoires" sont interdits dans les écoles publiques[2].

Il existe en outre des propositions pour que le fait religieux, un enseignement descriptif des caractéristiques des religions (dogmes, structures, histoire, etc.) soit inscrit au programme, cependant un tel enseignement semble excessivement délicat à mettre en place (en évitant aussi bien l'apologie que la critique choquante) tandis que son utilité ne semble pas suffisante pour réunir assez de suffrages : ces propositions ne se sont pas concrétisées.

Exceptions [modifier]

Pour des raisons historiques, il existe certaines exceptions locales : l'acte de naissance pratique du principe de laïcité est la loi de 1905 qui ne s’appliquait alors pas outre-mer, ni en Alsace-Moselle alors annexés par l'Empire allemand suite à la défaite française de la Guerre franco-allemande de 1870.

  • lors du rattachement de l'Alsace-Moselle au territoire national, après la victoire française de la Première Guerre mondiale, la question s'est posé de l'extension du corpus juridique français à ces régions, qui en avaient été séparé pendant plus de 40 ans. A la demande unanime des députés locaux, elles ont conservé certaines de leurs règles propres, notamment pour les cultes.
Icône de détail Article détaillé : Droit local en Alsace et en Moselle.

Dans ces régions improprement appelées concordataires (le Concordat ne s’applique en principe qu’aux citoyens de confession catholique, les articles organiques régissant les autres cultes), les ministres des cultes sont rémunérés par l’État et réputés personnels de la fonction publique et l’école publique dispense des cours d’instruction religieuse (catholique, luthérienne, réformée ou israélite). Les cultes reconnus sont très encadrés (nomination des évêques par le ministre de l’Intérieur…) ; les actes d’état civil continuent d’être du domaine de l’État. L’Islam n’y est pas un culte reconnu (il n’y avait pas de musulmans en France en 1801), mais on lui applique les mêmes règles (construction de la mosquée de Strasbourg…).

  • À Mayotte (collectivité d’outre-mer), demeure le principe des cultes reconnus. Le préfet nomme un cadi qui applique la charia en matière matrimoniale et familiale. Cette exception est un reliquat du régime colonial.

La conception des États-Unis d’Amérique [modifier]
Icône de détail Article détaillé : Religion aux États-Unis d'Amérique.

Les États-Unis sont une République fortement imprégnée par les valeurs chrétiennes (tradition puritaine pour la Nouvelle-Angleterre, mais aussi baptiste, méthodiste, et catholique). Pourtant, dès l’époque de la Révolution américaine, l’idée de laïcité est un concept incontournable en Amérique, hérité des Lumières.

Ainsi, la Déclaration d'indépendance américaine, rédigée par le déiste Thomas Jefferson en 1776, fait référence à un Dieu créateur qui légitime les droits de l’Homme. Jefferson était farouchement attaché à la séparation des Églises et de l’État, comme en témoigne ses écrits :

« J’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’une affaire entre l’homme et son créateur, dans laquelle personne d’autre, et surtout pas le public, n’avait le droit d’intervenir[3]. »

Dans l’une de ses lettres, Jefferson évoque l’impérieuse nécessité d’un « mur de séparation » entre l’État et les Églises[4].

D’autres pères fondateurs des États-Unis se sont prononcés en faveur de la séparation des Églises et de l’État :



Suite sur


http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 15:18
Vendredi 12 septembre 2008

http://www.laicite-laligue.org/


Cent ans de laïcité, vraiment ?

Publication initiale en décembre 2005.

 

Nous avons fêté le mois dernier le centenaire de la loi de 1905. Les festivités furent bien modestes … Mais qu’importe ; Cela fait bel et bien cent ans que la République est officiellement laïque. L’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 dit que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes. »

 

L’Alsace Moselle, bénéficie, tout comme l’outre-mer, d’un régime dérogatoire au principe de laïcité en vigueur « dans l’intérieur ». Nombreux sont toutefois ceux qui estiment que la laïcité à la Française constituerait un modèle d’égalité entre les cultes.

 

Monseigneur Jean-Pierre Ricard, président de la Conférence des Evêques de France, reconnaissait lui-même devant la Commission Stasi le 24 octobre 2003 que, de la Loi du 2 janvier 1907 à la Loi Debré de 1959, en passant par le Modus Vivendi de 1924, finalement « toute une partie de la loi de 1905 ne concerne pas directement le Catholicisme ». Le culte catholique bénéficie d’avantages particuliers, au point que Jean Arnold De Clermont estimait à Strasbourg le lundi 21 novembre 2005 qu’il y a en vieille France un régime des cultes spécifique au catholicisme. Si chacun regardait comme l’a fait récemment le journal Libération, les seuls à appliquer la loi de 1905, ce sont les communautés protestantes.

Les inégalités en matière cultuelle en droit français sont donc criantes. Dans la réalité, la laïcité, est-ce financer les lieux de culte de certains et laisser les autres prier dans des caves ou dans des lieux de cultes qui tombent en ruines ? La laïcité, est ce mettre en berne les drapeaux de la République lorsqu’un pape décède ? Je ne le pense pas. Mais alors, la France est-elle vraiment laïque ?

 

En Alsace Moselle, les 4 cultes reconnus sont également à l’origine d’inégalités criantes entre d’une part le catholicisme, le protestantisme luthéro-réformé et le judaïsme ; et de l’autre l’islam, les églises protestantes évangéliques libres, l’orthodoxie, et tous les autres cultes … Pourquoi ne pas financer en Alsace Moselle tous les cultes, y compris l’islam, l’orthodoxie, ou encore le protestantisme évangélique ? Ne serait-ce pas cela la véritable laïcité républicaine ?

 

Ce centenaire de la loi de 1905 aurait pu être l’occasion d’une révision de cette loi, toilettage justement proposée par la Fédération Protestante de France.

Si la République veut financer la très emblématique cathédrale d'Évry, de son nom Notre Dame de la Résurrection, elle doit aussi financer par exemple la rénovation de certains temples réformés qui tombent en ruines, et tous les autres lieux de culte … De même, si elle veut rémunérer tel ou tel ministre de culte, qu’elle le fasse pour toutes les confessions…

En 2006, le temps n’est il pas maintenant venu de mettre enfin toutes les religions de France sur un strict pied d’égalité, pour que nous puissions enfin dire en toute honnêteté que oui, la République est bien laïque ?


http://regards-sur-le-monde.over-blog.com/article-22751146.html
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 15:08
Vendredi 12 septembre 2008


Devise de l’État français sur le tympan d’une église.

Devise de l’État français sur le tympan d’une église

. http://fr.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

Lettre à M. Grosdidier
sur la Laïcité de la République

Publication initiale en 2006 :

 

Monsieur le Député,

 

 

    Dans une récente proposition de loi n°3216 (http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion321...) , vous proposez d’intégrer le culte musulman au droit concordataire d’Alsace et de Moselle.  

    Ce droit concordataire alsacien, hérité du concordat de 1801 et des lois organiques qui lui ont succédé, ne semble pas répondre aux attentes du « peuple » alsacien au 21eme siècle. Ayant résidé en alsace, j’ai pu constater combien le nombre de fidèles pratiquants a diminué depuis deux siècles. Il serait pertinent de revoir à la baisse le nombre de postes concordataires.

 

   Le droit concordataire, loin de mettre à égalité les différents cultes, renforce les inégalités. Le protestantisme en est un exemple flagrant : d’un côté les protestants luthéro-réformés, financés par les deniers publics, de l’autre côté les protestants évangéliques, qui doivent s’auto-financer. Quand bien même on intègrerait l’islam au concordat, la discrimination envers le protestantisme évangélique et les autres minorités perdurerait.

 

 

     En tant que partisan d’une république laïque, je pense qu’un régime concordataire n’a pas sa place dans notre pays. La « France de l’intérieur » connaît déjà plusieurs régimes des cultes, dont celui issu du modus vivendi de 1924, spécifique au catholicisme, et particulièrement favorable à ce culte que l’on pourrait quasiment qualifier de religion d’Etat.

 

 

    Si la République veut financer la très emblématique cathédrale d'Évry, de son nom Notre Dame de la Résurrection, ou maintenant les ministres du culte musulman en Alsace, elle doit aussi financer par exemple la rénovation de certains temples protestants qui tombent en ruines, et tous les autres lieux de culte … De même, si elle veut rémunérer tel ou tel ministre de culte, qu’elle le fasse pour toutes les confessions, et sur l’ensemble du territoire…

 
    En 2006, le temps n’est il pas maintenant venu de mettre enfin toutes les religions de France sur un strict pied d’égalité, pour que nous puissions enfin dire en toute honnêteté que oui, la République est bien laïque ?

 

    Recevez, Monsieur le Député, l’expression de mes respectueuses salutations républicaines.

http://regards-sur-le-monde.over-blog.com/article-22751191.html

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 15:00
Lundi 15 septembre 2008


Relations téléspectateurs France 2
7 esplanade Henri de France
75907 PARIS Cedex

 

Madame, Monsieur,

 

J’ai suivi, non sans un certain intérêt, les cérémonies liées à la visite du Pape diffusées sur  votre chaine, ainsi que les journaux télévisés  qui relayaient cette information.

Si je me permets de vous écrire aujourd’hui, c’est que j’ai été déçu de la manière dont l’information a été traitée par votre chaine.

Tout d’abord, j’ai relevé bien souvent que vos journalistes emploient le terme « l’Eglise », comme s’il n’y avait qu’une seule Eglise en France. Que faites vous des différentes Eglises orthodoxes ? Et des Eglises issues de la réforme ? Ce ne sont pas des Eglises également ?

Je suis d’autant plus déçu, que j’ai également relevé qu’à plusieurs reprises était employée l’expression « les Chrétiens » en lieu et place de « les Catholiques ». Je me permets de vous rappeler que parmi les chrétiens, près d’un milliard de croyants ne sont pas catholiques romains, et par conséquent ne suivent pas le Pape.

En tant que Protestant, Réformé, j’ai été désagréablement surpris et déçu de la manière dont l’information a été traitée par certains de vos journalistes, mais aussi par certaines personnes de confession catholique que vous interviewez.  Je tenais à vous le faire savoir.

Par ailleurs, j’ai été au regret de constater dimanche matin que les émissions religieuses des autres confessions (orthodoxie, protestantisme, islam et bouddhisme) avaient été purement et simplement supprimées au profit de la diffusion d’une émission sur la visite du Pape à Lourdes. La République étant laïque, le service public ne se devait il pas de diffuser les émissions de toutes les confessions religieuses ? Pourquoi avoir privilégié ainsi la diffusion d’une émission au profit d’une seule religion, en l’occurrence la religion Catholique ?

Vous remerciant par avance pour l’attention que vous porterez à ce courrier, et dans l’attente de votre réponse ;  je vous prie d’agréer, madame, monsieur, mes respectueuses salutations.


http://regards-sur-le-monde.over-blog.com/article-22838943.html

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 14:54
Mardi 16 septembre 2008
Ci dessous, je retranscris un texte d'un prêtre Anglican, David Keighley; Ce texte a été publié dans la dernière revue de "Evangile et Liberté", mensuel de théologie chrétienne libérale.



Je m'en vais !

J'abandonne les compromis politiques et éthiques qui corrompent le message de mon Jésus.

J'abandonne la théologie masculine autoritaire qui m'étouffe.

J'abandonne l'idée selon laquelle nos doctrines sont absolues et immuables.

J'abandonne la croyance selon laquelle nos textes saints sont sans erreur.

J'abandonne l'idée d'un Dieu intervenant dans le monde de manière surnaturelle et miraculeuse.

J'abandonne toute assurance prétentieuse et toute illusion de posséder la seule vraie foi.

J'abandonne l'illusion d'être au bénéfice d'une révélation divine indiscutable.

J'abandonne la conception névrosée de la religion selon laquelle je serais installé dans la vérité.

J'abandonne l'idée que toutes les autres voies vers Dieu sont de deuxième classe, et que les penseurs hindous, bouddhistes, musulmans et juifs sont dans l'erreur.

J'abandonne la conception selon laquelle Jésus serait, pour tout le monde, l'unique chemin vers Dieu.

J'abandonne mes credo et mes confessions de foi habituelles.

Je ne peux plus rester à un endroit invivable.

Je dois aller là où je pourrai de nouveau chanter la gloire de Dieu.

Je dois aller là où ma foi pourra revivre et me soutenir.

Je dois aller là où les enfants ne me diront plus que mes croyances sont incroyables mais qu'ils peuvent croire ce que je crois moi-même.

Je dois aller là où les enfants ne sont pas occupés à arranger les chaises-longues sur le pont d'un Titanic ecclésiastique en train de couler.

Je ne peux pas renoncer à ma vie avec Dieu, le Dieu de Jésus-Christ qui est mon Seigneur.

Je dois aller là où on ne parle plus de théisme mais où l'on croit toujours en Dieu.

Je m'en vais. Mais où vais-je ? Dieu seul le sait.

David Keighley
prêtre anglican

http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_XVI  (photos)

http://regards-sur-le-monde.over-blog.com/article-22860448.html


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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 00:29
En ce mois de Ramadan

Découvrir l' Islam
La Mecque aujourd'hui, 15 siècles après la mort de Mohamet 
wikipedia.org
La Mecque aujourd'hui, 15 siècles après la mort de Mohamet



Connaître l' islam :
Une foi profonde mariée à une
profonde intelligence critique

Par Tariq Ramadan

samedi 13 septembre 2008, par Tariq Ramadan



La plupart des enseignements religieux classiques concernant le mois de Ramadan insistent sur les règles à respecter ainsi que sur la dimension profondément spirituelle de ce mois de jeûne, de privation, d’adoration et de méditation.

En y réfléchissant de plus près, on s’aperçoit que le mois de Ramadan marie des exigences apparemment contradictoires mais qui, au fond, constituent ensemble l’univers de la foi. Méditer sur ces différentes dimensions relève de la responsabilité de chaque conscience, de chaque femme, de chaque homme et de chacune des communautés de foi, où qu’elle se trouve.

On ne répétera jamais assez l’importance de ce retour à soi pendant le mois du jeûne. Le mois de Ramadan est un mois de rupture : cela est vrai dans nos sociétés plus que partout ailleurs… au cœur des sociétés de consommation où nous sommes habitués à l’accès facile aux biens et à l’avoir et où nous nous voyons emportés par l’individualisme prononcé de nos quotidiens. Ce mois exige de chacun qu’elle/il revienne au centre et au sens de sa vie. Au centre, il y a Dieu et son cœur comme le Coran nous le rappelle « … Et sachez que [la connaissance de] Dieu se trouve entre l’Homme et son cœur ». Au centre, chacun est appelé à renouer un dialogue avec le Très-Haut et le Très-Rapproché... un dialogue d’intimité, de sincérité et d’amour. Jeûner, c’est chercher… avec lucidité, avec patience, avec confiance… la justice et la paix avec soi-même. Le mois de Ramadan est le « mois du Sens »… Pourquoi cette vie ? Et Dieu dans ma vie ? Et ma mère et mon père… vivants ou partis déjà ? Et mes enfants ? Et ma famille ? Et ma communauté spirituelle ? Pourquoi cet univers et cette humanité ? Quel sens ai-je donné à mon quotidien, quel sens suis-je capable de vivre ?

Le Prophète de l’islam (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui) avait prévenu : « Certains ne gagneront de leur jeûne que le fait d’avoir eu faim ou soif »… Il parlait de celles et ceux qui jeûnent aussi mécaniquement qu’ils mangent. Ils se privent de manger avec la même inconscience et la même légèreté qu’ils se sont habitués à consommer. En fait, ils « consomment » le mois du jeûne et le transforment en tradition culturelle, en mode festive, voire en mois de festins et de nuits de Ramadan. Le jeûne de l’extrême aliénation… un jeûne à contre-"Sens" !

En même temps que, chaque année, ce mois nous invite vers ces horizons profonds de l’introspection et du sens, il nous rappelle le sens du détail, de la précision et de la discipline dans la pratique. Le jour précis du début du Ramadan, qu’il faut chercher avec rigueur ; l’heure précise à laquelle il faut s’arrêter de manger avant l’aube ; la prière « à des moments déterminés » ; l’heure précise de la rupture. À l’heure de la méditation profonde avec Dieu et soi, on aurait pu penser qu’on pouvait se laisser aller, que la quête de sens était tellement profonde qu’elle nous permettait de faire l’économie des détails de l’heure et des règles. L’expérience du mois de Ramadan nous dit exactement le contraire : pas de spiritualité profonde, pas de réelle quête du sens sans discipline et rigueur quant à la gestion des règles à respecter et du temps à maîtriser. Le mois de Ramadan marie la profondeur du sens et la rigoureuse précision de la forme.

Il existe une « intelligence du jeûne » qui naît très exactement de ce mariage du fond et de la forme : jeûner avec son corps est une école pour l’exercice de l’esprit. La rupture qu’implique le jeûne est une invitation à une transformation et à une réforme profonde de soi, de sa vie qui ne peut se réaliser que par une rigoureuse introspection intellectuelle (murâqaba). Pour réaliser l’ultime but du jeûne, même après le mois de Ramadan, la foi requiert un esprit exigeant, lucide, sincère, honnête et capable d’une saine autocritique. Chacun doit en être capable pour soi, devant Dieu, dans sa solitude comme dans son engagement parmi les êtres humains. Il s’agit en somme de maîtriser ses émotions, de se regarder en face et de prendre les décisions qui conviennent dans la transformation de son être et de sa vie afin de se rapprocher du Centre et du Sens.

Les musulmans d’aujourd’hui ont plus que jamais besoin de renouer avec cette école de la spiritualité profonde et de l’exercice de l’intelligence rigoureuse et critique. Particulièrement en Occident. À l’heure où la peur s’installe, où la suspicion se généralise, où les musulmans sont tentés par l’obsession d’avoir à se défendre et à s’innocenter, le mois de Ramadan les rappelle à leur dignité autant qu’à leurs responsabilités. Il est urgent qu’ils apprennent à maîtriser leurs émotions, qu’ils dépassent leurs craintes et leurs doutes et qu’ils reviennent à l’essentiel avec confiance et assurance. Il est impératif également qu’ils s’imposent la rigueur et l’honnêteté quant à l’évaluation de leur manière d’agir individuellement et collectivement : l’introspection collective et l’autocritique sont impératives dans toute démarche de transformation des communautés et des sociétés musulmanes.

Au lieu de blâmer « ceux qui dominent », « l’Autre », « l’Occident », etc., il convient de faire sien l’enseignement du mois de Ramadan : vous êtes, au fond, ce que vous faites de vous-mêmes. Que faisons-nous de nous-mêmes aujourd’hui ? Quelle est notre contribution dans les domaines de l’éducation, de la liberté, de la justice sociale, dans la promotion de la dignité des femmes et des enfants ou encore de la protection des droits des pauvres et des marginalisés ? Qu’offrons-nous comme exemples de spiritualité profonde, intelligente et active ? Qu’avons-nous fait de notre message universel de justice et de paix ? Qu’avons-nous fait de notre message de responsabilité, de fraternité humaine et d’amour ? Toutes ces questions dans notre cœur, en nos esprits… et une seule réponse inspirée du Coran et nourrie par l’expérience du Ramadan : Dieu ne changera rien si tu ne changes rien.
http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10338

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 02:55

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Benoît XVI
Pape de l’Église catholique romaine
Image du pape Benoît XVI
Nos ergo debemus sublevare huiusmodi, ut cooperatores simus veritatis (3Jo 1:8




 
Nous vivons un mélange des genres entre religion et politique très significatif avec la visite de Benoît XVI.

La débauche ostentatoire des moyens officiels mis à disposition, l'occupation agressive de l'espace public, le harcèlement médiatique télévisuel, tout fait sens. Ici, le moyen, c'est le but.

Le pape et le président ont en commun une stratégie de « reconfessionnalisation » institutionnelle de la société française.
 
13 septembre 2008

Les deux hommes s'inscrivent à ce sujet dans la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington, bréviaire de la diplomatie des Etats-Unis. Ils tirent de la religion la légitimité à agir pour la domination d'un prétendu "Occident".

Dans cette perspective, la République laïque fait obstacle.

Un changement de cap est nécessaire. Le discours de Latran de Nicolas Sarkozy l'a proclamé sous le nom d'une "laïcité positive".

Cela devrait se traduire par une pseudo "modernisation" de la loi de 1905. Dès lors, juste avant la visite du pape, son Premier ministre, le cardinal Bertone, s'est réjoui : « Certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la IIIe République un modèle de comportements antireligieux. »

Qu'est-ce que cette "laïcité positive" ?

Une reformulation par Benoît XVI de la revendication de l'Eglise romaine à être reconnue comme acteur officiel de l'espace public ! Voici le postulat du cardinal Ratzinger : « La foi n'est pas une chose purement privée et subjective. Elle est une grande force spirituelle qui doit toucher et illuminer la vie publique. »

Nicolas Sarkozy l'a officialisé : "J'appelle de mes vœux l'avènement d'une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité (...) qui ne considère pas que les religions sont un danger mais plutôt un atout. "

C'est ce que demandait le pape : "Un Etat sainement laïque devra logiquement reconnaître un espace dans sa législation à cette dimension fondamentale de l'esprit humain. Il s'agit en réalité d'une "laïcité positive" qui garantit à tout citoyen le droit de vivre sa foi religieuse avec une liberté authentique, y compris dans le domaine public. "

Le domaine public, voilà l'enjeu pour le pape : "L'hostilité à toute forme d'importance politique et culturelle accordée à la religion, et à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques, n'est certainement pas une expression de la laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme.

Joseph Ratzinger avait prévenu : "Une telle séparation, que je qualifierais de "profanité'' absolue, serait certainement un danger pour la physionomie spirituelle, morale et humaine de l'Europe. " *

Car, pour le pape, "l'Europe est un continent culturel et non pas géographique. C'est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. "

La vision est plus large encore. C'est l'Occident qui est en cause. "L'Occident est menacé depuis longtemps par le rejet des questions fondamentales de la raison et ne peut en cela que courir un grand danger", déclare le pape.

Nicolas Sarkozy partage ce credo. Le "premier risque" dans le monde, a-t-il déclaré trois mois après son élection, c'est celui d'une "confrontation entre l'islam et l'Occident". Foin de la réalité étatique de l'ordre international, et tant pis pour cinq millions de musulmans français. Bien sûr, cette thèse ne proclame une identité que pour mieux désigner des adversaires.

L'islam d'abord.

Cette lecture d'un Occident menacé par l'islam, Benoît XVI l'a aussi exprimée de manière particulièrement provocante dans son discours de Ratisbonne en 2006. Au prétexte d'une réflexion sur la foi et la raison, le pape utilise un dialogue entre l'empereur byzantin Manuel II Paléologue et un savant perse sur "le christianisme et l'islam, et leur vérité respective". Il citait ainsi l'empereur chrétien : "Montre-moi donc ce que Mohammed (le Prophète) a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d'inhumain, par exemple le fait qu'il a prescrit que la foi qu'il prêchait, il fallût la répandre par le glaive. "

Cette référence très douteuse prononcée au lendemain de l'anniversaire des attentats du 11 Septembre est un programme politique. Et une mystification. Elle fait en effet l'impasse sur les siècles de violence impulsée par l'Eglise, des croisades à l'Inquisition en passant par les dragonnades, la chouannerie et la résistance à la loi de 1905.

Face au tollé soulevé par ce discours, Benoît XVI en avait minimisé la portée, prétextant une réflexion anodine.
 
Pourtant, son secrétaire particulier, l'abbé Gaenswein, en confirmait un an plus tard la portée très politique : "Je tiens le discours de Ratisbonne, tel qu'il a été prononcé, comme prophétique. On ne peut pas éluder les tentatives d'islamisation de l'Occident. Et le danger pour l'identité de l'Europe, qui y est lié, ne doit pas être ignoré. " Tel est l'arrière-plan de la croisade du pape dans la France de Nicolas Sarkozy.

Le pape est bien un chef politique autant qu'un chef religieux. Toute l'Amérique latine progressiste en fait l'expérience amère dans sa lutte pour le droit au divorce ou à l'avortement et par la mise au ban de la théologie de la libération. L'Italie, l'Espagne et la Pologne le paient d'intrusions permanentes dans leurs élections.

La France ne sera pas épargnée si l'hébétude du spectacle clérical éteint la vigilance laïque. La laïcité prétendument positive est une tromperie. Elle rétablirait les privilèges de préconisation publique et de pressions privées de l'Eglise. C'est d'une laïcité étendue à de nouveaux domaines de l'espace public (hôpitaux, services publics, etc.) que la France a besoin.

Plus que jamais : l'Etat chez lui, l'Eglise chez elle !


www.jean-luc-melenchon.fr


http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-09-13%2017:16:52&log=invites



Précédent texte, extraits :

Le Pape est l’homme de la « laïcité positive ». C’est-à-dire du droit pour la religion d’entrer dans la sphère publique et d’y être reconnue comme partie prenante. C’est donc le contraire de la laïcité définie en France depuis la troisième république notamment par la loi de 1905. A l’occasion de sa visite au Vatican et de son discours au Latran lors de son intronisation comme chanoine de cette paroisse, Nicolas Sarkozy a donné son accord à cette nouvelle définition de la laïcité. C’est à un projet de reconfessionalisation de la société française qu’il a souscrit. Je le montre dans le livre que j’ai publié à ce sujet. Le pape et le président ont une étroite connivence intellectuelle sur le sujet. Et les deux inscrivent leur approche dans les mots et la logique de la théorie du "choc des civilisations". J’y reviendrai de manière plus approfondie dans une prochaine note. C’est dans ce contexte que s’effectue la visite du pape

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=617#respond




Chef politique :


Le pape est un chef poliEn cliquant sur l'image, téléchargez le bon de commande du livre de Jean-Luc Mélenchon.tique, n’en déplaise aux naïfs et aux malins qui voudraient en faire une pure figure de la contemplation métaphysique.


Le pape est un chef politique. En attestent encore récemment par exemple ses prises de positions et interventions publiques dans la campagne électorale espagnole.



C’est le cas encore au quotidien en Amérique latine où les églises catholiques mènent des campagnes acharnées contre le droit à l’avortement et le divorce sans hésiter à entrer très directement dans l’arène électorale. Naturellement je mets de côté les cas extrême où les prélats participent à des coups d’Etat comme au Venezuela ou menacent de mort des ministres comme en Argentine. Mais je crois utile de ne pas les oublier au moment où sont montrés du doigt comme sectaires et passéistes tous ceux qui osent rappeler la face obscure de l’église.





Plutôt que d’intervenir dans des édifices du culte, ou même sur leurs parvis, le pape a tenu à occuper  en grand l’espace public. Il fera plusieurs déplacements en "papamobile" dans le cœur de Paris, conduira une procession nocturne, appelée « chemin de lumière » sur les quais de la Seine et célèbrera le lendemain une messe géante sur l’esplanade des Invalides. Non seulement tout cela conduit à privatiser des lieux publics au bénéfice d’un culte particulier, mais cela entraîne une débauche sans précédent de moyens publics. Et sans aucune comparaison avec la visite des quarante chefs d’Etat pour l’Union pour la Méditerranée, par exemple. Le ministère de l’intérieur a annoncé que 6 000 policiers seraient spécialement mobilisés pour l’occasion, dont 3 500 rien que pour sécuriser les trajets du pape en "papamobile" dans Paris. Et comme Sarkozy n’est pas à une faveur près, les deux «papamobiles» blindées, pesant quatre tonnes chacune, arriveront à Paris par un avion Hercules C-130 affrété par l’armée de l’air française !. Et ce n’est pas tout : « Le Figaro » rapporte que pour sécuriser la suite de la visite du Pape à Lourdes, un avion radar Awacs survolera l’espace aérien et que des chasseurs et rampes antimissile seront déployés autour de l’aéroport de Tarbes pour créer une bulle virtuelle de vingt kilomètres autour de Lourdes. Rien de moins. La liste des moyens publics civils qui seront aussi mobilisés pour l’occasion  semble d’ailleurs illimitée. Ainsi la RATP s’est docilement pliée aux exigences de l’évêché et de la nonciature apostolique: elle augmentera la fréquence et l’amplitude horaire des lignes convergeant vers la procession nocturne du vendredi et la messe en plein air du samedi. La télévision n’est pas en reste : TF1 et France 2 vont rivaliser d’émissions spéciales en retransmettant notamment la messe du samedi matin. France 2 va même plus loin et diffusera une émission spéciale dès le vendredi pour retransmettre l’arrivée du pape à Paris et sa réception à l’Elysée par Sarkozy. Car c’est là une autre faveurs/ que lui a accordé Sarkozy qui lui présentera à cette occasion les principaux membres du gouvernement. Le mépris de la laïcité de l’Etat sera enfin aggravé par la participation annoncée des autorités de l’Etat à la messe du samedi matin.


Tout ce que fait le pape, la débauche de moyens et d’occupations d’espace public à laquelle sa présence donne lieu d’une façon extraordinairement ostentatoire converge pour marquer les esprits et banaliser la présence publique de l’église.  Ici le moyen c’est le but. La cible du Pape est politique et pas seulement religieuse.



(..) «  l’Eglise est par essence une société inégale » et que «  la multitude n’a pas d’autre devoir que celui de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs » Pour lui « la religion est la règle suprême et la souveraine maîtresse quand il s’agit des droits de l’homme et de ses devoirs ». Cela fera dire à Aristide Briand qu’il y avait « une incompatibilité radicale entre l’Eglise traditionaliste et l’Etat démocratique » et qu’il fallait engager « une libération totale et définitive ». L’église était donc loin d’être une victime de la République comme le Pape ou Nicolas Sarkozy se plaisent aujourd’hui à la présenter.
Et nous allons devoir supporter pendant quatre jours l’insupportable revanche que le cléricalisme ultramontain n’a jamais cessé de vouloir prendre sur la patrie de la liberté de conscience.



http://www.jean-luc-melenchon.fr/

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 16:47
samedi 13 septembre 2008, par Tariq Ramadan

DECOUVRIR : :





En ce mois de Ramadan

Une foi profonde mariée
à une profonde
intelligence critique



La plupart des enseignements religieux classiques concernant le mois de Ramadan insistent sur les règles à respecter ainsi que sur la dimension profondément spirituelle de ce mois de jeûne, de privation, d’adoration et de méditation.

En y réfléchissant de plus près, on s’aperçoit que le mois de Ramadan marie des exigences apparemment contradictoires mais qui, au fond, constituent ensemble l’univers de la foi. Méditer sur ces différentes dimensions relève de la responsabilité de chaque conscience, de chaque femme, de chaque homme et de chacune des communautés de foi, où qu’elle se trouve.

On ne répétera jamais assez l’importance de ce retour à soi pendant le mois du jeûne. Le mois de Ramadan est un mois de rupture : cela est vrai dans nos sociétés plus que partout ailleurs… au cœur des sociétés de consommation où nous sommes habitués à l’accès facile aux biens et à l’avoir et où nous nous voyons emportés par l’individualisme prononcé de nos quotidiens. Ce mois exige de chacun qu’elle/il revienne au centre et au sens de sa vie. Au centre, il y a Dieu et son cœur comme le Coran nous le rappelle « … Et sachez que [la connaissance de] Dieu se trouve entre l’Homme et son cœur ». Au centre, chacun est appelé à renouer un dialogue avec le Très-Haut et le Très-Rapproché... un dialogue d’intimité, de sincérité et d’amour. Jeûner, c’est chercher… avec lucidité, avec patience, avec confiance… la justice et la paix avec soi-même. Le mois de Ramadan est le « mois du Sens »… Pourquoi cette vie ? Et Dieu dans ma vie ? Et ma mère et mon père… vivants ou partis déjà ? Et mes enfants ? Et ma famille ? Et ma communauté spirituelle ? Pourquoi cet univers et cette humanité ? Quel sens ai-je donné à mon quotidien, quel sens suis-je capable de vivre ?

Le Prophète de l’islam (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui) avait prévenu : « Certains ne gagneront de leur jeûne que le fait d’avoir eu faim ou soif »… Il parlait de celles et ceux qui jeûnent aussi mécaniquement qu’ils mangent. Ils se privent de manger avec la même inconscience et la même légèreté qu’ils se sont habitués à consommer. En fait, ils « consomment » le mois du jeûne et le transforment en tradition culturelle, en mode festive, voire en mois de festins et de nuits de Ramadan. Le jeûne de l’extrême aliénation… un jeûne à contre-"Sens" !

En même temps que, chaque année, ce mois nous invite vers ces horizons profonds de l’introspection et du sens, il nous rappelle le sens du détail, de la précision et de la discipline dans la pratique. Le jour précis du début du Ramadan, qu’il faut chercher avec rigueur ; l’heure précise à laquelle il faut s’arrêter de manger avant l’aube ; la prière « à des moments déterminés » ; l’heure précise de la rupture. À l’heure de la méditation profonde avec Dieu et soi, on aurait pu penser qu’on pouvait se laisser aller, que la quête de sens était tellement profonde qu’elle nous permettait de faire l’économie des détails de l’heure et des règles. L’expérience du mois de Ramadan nous dit exactement le contraire : pas de spiritualité profonde, pas de réelle quête du sens sans discipline et rigueur quant à la gestion des règles à respecter et du temps à maîtriser. Le mois de Ramadan marie la profondeur du sens et la rigoureuse précision de la forme.

Il existe une « intelligence du jeûne » qui naît très exactement de ce mariage du fond et de la forme : jeûner avec son corps est une école pour l’exercice de l’esprit. La rupture qu’implique le jeûne est une invitation à une transformation et à une réforme profonde de soi, de sa vie qui ne peut se réaliser que par une rigoureuse introspection intellectuelle (murâqaba). Pour réaliser l’ultime but du jeûne, même après le mois de Ramadan, la foi requiert un esprit exigeant, lucide, sincère, honnête et capable d’une saine autocritique. Chacun doit en être capable pour soi, devant Dieu, dans sa solitude comme dans son engagement parmi les êtres humains. Il s’agit en somme de maîtriser ses émotions, de se regarder en face et de prendre les décisions qui conviennent dans la transformation de son être et de sa vie afin de se rapprocher du Centre et du Sens.

Les musulmans d’aujourd’hui ont plus que jamais besoin de renouer avec cette école de la spiritualité profonde et de l’exercice de l’intelligence rigoureuse et critique. Particulièrement en Occident. À l’heure où la peur s’installe, où la suspicion se généralise, où les musulmans sont tentés par l’obsession d’avoir à se défendre et à s’innocenter, le mois de Ramadan les rappelle à leur dignité autant qu’à leurs responsabilités. Il est urgent qu’ils apprennent à maîtriser leurs émotions, qu’ils dépassent leurs craintes et leurs doutes et qu’ils reviennent à l’essentiel avec confiance et assurance. Il est impératif également qu’ils s’imposent la rigueur et l’honnêteté quant à l’évaluation de leur manière d’agir individuellement et collectivement : l’introspection collective et l’autocritique sont impératives dans toute démarche de transformation des communautés et des sociétés musulmanes.


Au lieu de blâmer « ceux qui dominent », « l’Autre », « l’Occident », etc., il convient de faire sien l’enseignement du mois de Ramadan : vous êtes, au fond, ce que vous faites de vous-mêmes. Que faisons-nous de nous-mêmes aujourd’hui ? Quelle est notre contribution dans les domaines de l’éducation, de la liberté, de la justice sociale, dans la promotion de la dignité des femmes et des enfants ou encore de la protection des droits des pauvres et des marginalisés ? Qu’offrons-nous comme exemples de spiritualité profonde, intelligente et active ? Qu’avons-nous fait de notre message universel de justice et de paix ? Qu’avons-nous fait de notre message de responsabilité, de fraternité humaine et d’amour ? Toutes ces questions dans notre cœur, en nos esprits… et une seule réponse inspirée du Coran et nourrie par l’expérience du Ramadan : Dieu ne changera rien si tu ne changes
rien.

http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10338

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 16:35


Indian Muslims

Muslim-Christian dialogue can succeed
only by recognizing realities : Tariq Ramadan


By TwoCircles.net staff reporter,

mardi 8 juillet 2008
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New Delhi : Eminent theologian and writer Tariq Ramadan delivered a lecture on ‘Christianity and Islam : Values and History’ on 3rd July at Jamia Millia Islamia (JMI). The programme was organized under JMI’s Outreach programme.

Prof Ramadan’s talk focused on the similarities and differences between the two great religions of the world and the need to rise above differences and look at ways to live with harmony and trust. He stressed the need for honest self-appraisal, critical thinking and a commitment to the principles of one’s own religion while also showing respect for other traditions, beliefs and practices.

A Swiss Muslim, academic and theologian, Ramadan spoke passionately for the need to re-visit and re-appraise old, contentious issues. He advocated the studying and re-interpretation of Islamic texts, and emphasized the heterogeneous and diverse nature of Islamic society. He stressed that Muslims in Europe have to establish a new “European Islam” and emphasized the necessity for their engagement in European society.

A measure of his popularity was found in the lively Q&A session that followed his talk and the group of, mostly young, admirers, who besieged him at the tea that followed. Widely read in India, Ramadan is the author of 15 books on Islam, most readable among them if the biography of the Prophet, In the Footsteps of the Prophet : Lessons from the Life of Muhammad. His other books include Western Muslims and the future of Islam and To Be a European Muslim., Islam, the West, and the Challenge of Modernity.

Ramadan has taught Religion and Philosophy at the University of Fribourg and the College de Saussure, Geneva and later at St Anthony’s College, Oxford. In September 2005 he was invited to join a task force by the Government of UK. He is also guest professor of Identity and Citizenship at Erasmus University, Rotterdam and an advisor to the EU on religious issues.

He was introduced to the audience by JMI vice-chancellor Prof. Mushirul Hasan.

Addressing the audience, Ramadan said he had been among Christians for a number of years in order to comprehend this topical theme and traversed the space from experience to the text (Qur’an) and, then, it dawned upon him what he was going to convey.

Ramadan said we should admit that we can commit mistakes in understanding the text, whether from Qur’an or from Bible, and that whatever the Jews and Christians opine about us that ideology is based on their reading of Torah and Bible. He said usually we compare our ideals with others’ reality which is not correct, though we can compare our text with others’ text, our values with others’ values and our situation with others’ situation. He advised that we should study history because it makes a man humble and deepens the understanding of a mind. Knowing history we can understand the text properly, saying that all religions may be great or may not be so.

Ramadan said dialogue requires understanding other peoples’ psyche because we cannot understand other people without understanding it. Referring to truce of Hudaibiyyah, he said the Prophet of Islam (S.A.W.) was adept in understanding peoples’ psyche and their nature. He said we need to admit the mental trauma caused to others and ourselves as well as the excesses committed in past so that the dialogue may proceed. Citing the period of Ottoman Empire as an example, he said we should admit that the non-Muslim were required in that period to wear a particular type of dress and that excesses were committed against Ahl-e-Zimmah (non-Muslims living in a Muslim country).

He said three things are essential for a dialogue : intellectual empathy, deep faith and rationality and spirituality. He said it may be incorrect to ask any person to observe veil, it is equally wrong for a state to force anyone to not observe veil. He said the first thing required for coming out of the present situation is humility, education, self-knowledge and patient ears for others. Second point is dialogue that requires removing non-confidence from the mind of the other partner of dialogue. Third point is recognizing that all points are important and the fourth one is attachment of scholars participating in the dialogue with their own community. He said the last condition is working together and this requires respecting others’ nature and dignity as well as sense of justice.

SOURCE : Indian Muslims

http://www.tariqramadan.com/spip.php?article10291
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  • : Eva pour la communion des civilisations
  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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