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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 16:30

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Benoît XVI en Turquie

Le spectre des croisades

Le pape veut délivrer un message de paix mais sans renoncer à ses critiques sur la violence de l’islam.

Saura-t-il éviter le piège du « choc des religions » ?


 

Bien avant de quitter le Vatican, Benoît XVI savait que son voyage ne serait pas de tout repos. Il y a une semaine, le 22 novembre, une centaine de « loups gris » occupaient l’église Sainte-Sophie pour protester contre sa venue. Au même moment, la formation islamiste Saadet mais aussi des nationalistes anti-européens décidaient de manifester au moment de sa visite à l’appel de : « Non au pape. Allah seul est grand » ; « Non aux croisés » ; « Ce pape faux et ignorant n’est pas le bienvenu ». Nul doute que le pape avait aussi en mémoire, avant de s’envoler vers l’ancienne Constantinople, la tentative d’assassinat contre le pape Jean-Paul II en 1981. L’homme qui avait voulu l’abattre était un « loup gris » turc nommé Mehmet Ali Agça.

Malgré tout, le souverain pontife a maintenu son voyage. Ce déplacement, explique-t-on au Saint-Siège, était programmé de longue date. Comme une démarche anodine : le chef des catholiques, jadis baptisé « patriarche d’Occident », devait tout simplement se rendre à Cons-tantinople pour rencontrer son homologue orthodoxe Bartholomée Ier, patriarche de cette ville et appelé autrefois « patriarche d’Orient ». Titre évidemment disproportionné puisque les orthodoxes en Turquie représentent seulement 32 000 âmes. Benoît XVI tenait pourtant à cette reprise du dialogue (le schisme entre les deux Eglises remonte à 1054 !), amorcée par son prédécesseur Jean-Paul II. Et les diplomates du Saint-Siège se réjouissaient en imaginant la photo officielle des deux « patrons » des deux Eglises dissidentes depuis près d’un millénaire.


Mais un vrai frisson a commencé à parcourir les chancelleries occidentales après la « gaffe de Ratisbonne » du 12 septembre : Benoît XVI avait alors déploré l’utilisation de « l’épée » par Mahomet pour imposer sa religion. Malgré les mille regrets et mille démarches vaticanes qui ont tenté par la suite d’atténuer le coup fatal porté au dialogue avec l’islam, un ressentiment est resté. En Turquie spécialement, à 99% musulmane, où une partie de la population voit l’arrivée du souverain pontife comme une provocation, à quelques mois des élections, et où les islamistes modérés à la Erdogan sont mis au pied du mur par les extrémistes. D’ailleurs l’alliance entre les « nationalistes » anti-européens du Parti de la Grande Union et les fanatiques de Saadet, qui ont appelé à manifester ensemble contre le pape, n’est pas un rapprochement dangereux seulement pour le sort électoral de Recep Erdogan mais aussi pour l’avenir de la négociation sur l’entrée de la Turquie en Europe. Benoît XVI est donc dans un imbroglio politique qui n’a pas grand-chose à voir avec sa fonction religieuse. On pourrait presque dire que sous sa houlette et, sans qu’il l’ait voulu explicitement, son magistère tend de plus en plus à ressembler au magistère des imams, qui, eux, ont toujours mélangé le religieux et le politique.
…
La curie continue de soutenir qu’elle a confiance dans la capacité des autorités turques à maîtriser l’ordre public. « Il ne faut pas surévaluer ces épisodes d’intolérance », souligne le porte-parole du pape, padre Lombardi. Benoît XVI ne verra aucune autorité politique (le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et celui des Affaires religieuses ont boycotté son voyage). Les organisateurs ont tout fait pour lui éviter les contacts avec la foule. Jusqu’à la fin du périple, il devrait se contenter de passer en voiture blindée dans une Istanbul déserte.
 

Reste une inconnue. Quelles seront les réactions en Turquie et ailleurs face aux propos tenus par le pape ? Certes, il enrobera ses propos, mais le fond de son discours (en particulier sur la violence) restera le même. « Il plaidera en fait pour le dialogue, j'en suis sûr, dit pourtant le cardinal Achille Silvestrini, dans la lignée de Jean-Paul II. » Mais le « pape polonais » avait l’art de mettre à l’aise ses interlocuteurs, avec sa grande chaleur, sa communicabilité et sa gestualité. Même si les résultats ne furent pas à la hauteur de ses efforts. Le « pape allemand », lui, n’a ni chaleur ni communicabilité, et pratique l’art subtil de mettre les points sur les « i ». De dire donc ce qu’il croit. Or il croit sincèrement que les conditions du dialogue avec l’islam, même s’il faudra des siècles pour y parvenir, exigent le renoncement préalable à toute violence.

Peut-être ne se rend-il pas vraiment compte que les temps historiques, et non bibliques, que nous vivons risquent de l’impliquer dans une espèce de croisade. Qui est en plus une aubaine pour les fondamentalistes islamiques anti-européens.

 

 

Marcelle Padovani
Le Nouvel Observateur

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2195/dossier/a325746-le_spectre_des_croisades.html

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 16:20

http://www.tariqramadan.com/spip.php?article988#forum32214


A tous les "Grands Chefs"
(Sagesse indienne)

par le Chef Seattle



Ce discours serait la réponse du Chef Seattle en 1854 au gouvernement américain qui lui proposait d’abandonner sa terre aux blancs et promettait une réserve pour le peuple indien.
 
Ce texte serait un faux... à méditer tout de même
 
 
« Le Grand Chef de Washington nous a fait part de son désir d’acheter notre terre.
 Le Grand Chef nous a fait part de son amitié et de ses sentiments bienveillants. Il est très généreux, car nous savons bien qu’il n’a pas grand besoin de notre amitié en retour. 

Cependant, nous allons considérer votre offre, car nous savons que si nous ne vendons pas, l’homme blanc va venir avec ses fusils et va prendre notre terre. 

. Mais peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? Etrange idée pour nous !
 Si nous ne sommes pas propriétaires de la fraîcheur de l’air, ni du miroitement de l’eau, comment pouvez-vous nous l’acheter ?
 

 Le moindre recoin de cette terre est sacré pour mon peuple. Chaque aiguille de pin luisante, chaque grève sablonneuse, chaque écharpe de brume dans le bois noir, chaque clairière, le bourdonnement des insectes, tout cela est sacré dans la mémoire et la vie de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte les souvenirs de l’homme rouge. 

 Les morts des hommes blancs, lorsqu’ils se promènent au milieu des étoiles, oublient leur terre natale. Nos morts n’oublient jamais la beauté de cette terre, car elle est la mère de l’homme rouge ; nous faisons partie de cette terre comme elle fait partie de nous.   

Les fleurs parfumées sont nos sœurs, le cerf, le cheval, le grand aigle sont nos frères ; les crêtes des montagnes, les sucs des prairies, le corps chaud du poney, et l’homme lui-même, tous appartiennent à la même famille.

 Ainsi, lorsqu’il nous demande d’acheter notre terre, le Grand Chef de Washington exige beaucoup de nous. 

 Le Grand Chef nous a assuré qu’il nous en réserverait un coin, où nous pourrions vivre confortablement, nous et nos enfants, et qu’il serait notre père, et nous ses enfants.

 Nous allons donc considérer votre offre d’acheter notre terre, mais cela ne sera pas facile, car cette terre, pour nous, est sacrée

 L’eau étincelante des ruisseaux et des fleuves n’est pas de l’eau seulement ; elle est le sang de nos ancêtres. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir qu’elle est sacrée, et vous devrez l’enseigner à vos enfants, et leur apprendre que chaque reflet spectral de l’eau claire des lacs raconte le passé et les souvenirs de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père.

 Les fleuves sont nos frères ; ils étanchent notre soif. Les fleuves portent nos canoës et nourrissent nos enfants. Si nous vous vendons notre terre, vous devrez vous souvenir que les fleuves sont nos frères et les vôtres, et l’enseigner à vos enfants, et vous devrez dorénavant leur témoigner la bonté que vous auriez pour un frère.

L’homme rouge a toujours reculé devant l’homme blanc, comme la brume des montagnes s’enfuit devant le soleil levant. Mais les cendres de nos pères sont sacrées. Leurs tombes sont une terre sainte ; ainsi, ces collines, ces arbres, ce coin de terre sont sacrés à nos yeux. Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos pensées. Pour lui, un lopin de terre en vaut un autre, car il est l’étranger qui vient de nuit piller la terre selon ses besoins. Le sol n’est pas son frère, mais son ennemi, et quand il l’a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s’en soucie pas.

 Vous devez enseigner à vos enfants que la terre, sous leurs pieds, est faite des cendres de nos grands-parents. Afin qu’ils la respectent, dites à vos enfants que la terre est riche de la vie de notre peuple. Apprenez à vos enfants ce que nous apprenons à nos enfants, que la terre est notre mère. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. Lorsque les hommes crachent sur la terre, ils crachent sur eux-mêmes.

Nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées comme le sang qui unit une même famille. Toutes choses sont liées.

 Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même.

 Mais nous allons considérer votre offre d’aller dans la réserve que vous destinez à mon peuple. Nous vivrons à l’écart et en paix. Qu’importe où nous passerons le reste de nos jours. Nos enfants ont vu leurs pères humiliés dans la défaite. Nos guerriers ont connu la honte ; après la défaite, ils coulent des jours oisifs et souillent leur corps de nourritures douces et de boissons fortes. Qu’importe où nous passerons le reste de nos jours ? Ils ne sont plus nombreux. Encore quelques heures, quelques hivers, et il ne restera plus aucun des enfants des grandes tribus qui vivaient autrefois sur cette terre, ou qui errent encore dans les bois, par petits groupes ; aucun ne sera là pour pleurer sur les tombes d’un peuple autrefois aussi puissant, aussi plein d’espérance que le vôtre. Mais pourquoi pleurer sur la fin de mon peuple ? Les tribus sont faites d’hommes, pas davantage. Les hommes viennent et s’en vont, comme les vagues de la mer. 

 Même l’homme blanc, dont le Dieu marche avec lui et lui parle comme un ami avec son ami, ne peut échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères malgré tout ; nous verrons. Mais nous savons une chose que l’homme blanc découvrira peut-être un jour : notre Dieu est le même Dieu. Vous avez beau penser aujourd’hui que vous le possédez comme vous aimeriez posséder notre terre, vous ne le pouvez pas. Il est le Dieu des hommes, et sa compassion est la même pour l’homme rouge et pour l’homme blanc. 

La terre est précieuse à ses yeux, et qui porte atteinte à la terre couvre son créateur de mépris. Les blancs passeront, eux aussi, et peut-être avant les autres tribus. Continuez à souiller votre lit, et une belle nuit, vous étoufferez dans vos propres déchets.

 Mais dans votre perte, vous brillerez de feux éclatants, allumés par la puissance du Dieu qui vous a amenés dans ce pays, et qui, dans un dessein connu de lui, vous a donné pouvoir sur cette terre et sur l’homme rouge. Cette destinée est pour nous un mystère ; nous ne comprenons pas lorsque tous les buffles sont massacrés, les chevaux sauvages domptés, lorsque les recoins secrets des forêts sont lourds de l’odeur d’hommes nombreux, l’aspect des collines mûres pour la moisson est abîmé par les câbles parlants.

 Où est le fourré ? Disparu. Où est l’aigle ? Il n’est plus. Qu’est-ce que dire adieu au poney agile et à la chasse ? C’est finir de vivre et se mettre à survivre.

 Ainsi donc, nous allons considérer votre offre d’acheter notre terre. Et si nous acceptons, ce sera pour être bien sûrs de recevoir la réserve que vous nous avez promise. Là, peut-être, nous pourrons finir les brèves journées qui nous restent à vivre selon nos désirs. Et lorsque le dernier homme rouge aura disparu de cette terre, et que son souvenir ne sera plus que l’ombre d’un nuage glissant sur la prairie, ces rives et ces forêts abriteront encore les esprits de mon peuple. Car ils aiment cette terre comme le nouveau-né aime le battement du cœur de sa mère. Ainsi, si nous vous vendons notre terre, aimez-la comme nous l’avons aimée. Prenez soin d’elle comme nous en avons pris soins.

 Gardez en mémoire le souvenir de ce pays, tel qu’il est au moment où vous le prenez. Et de toute votre force, de toute votre pensée, de tout votre cœur, préservez-le pour vos enfants et aimez-le comme Dieu vous aime tous.

 Nous savons une chose : notre Dieu est le même Dieu. Il aime cette terre. L’homme blanc lui-même ne peut pas échapper à la destinée commune. Peut-être sommes-nous frères, nous verrons. »



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Photo du haut http://fr.images.search.yahoo.com/images/view?back=http%3A%2F%2Ffr.search.yahoo.com%2F
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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 07:36






Israël : La paix maintenant va entamer une campagne pour la formation d'un ''gouvernement...

Il y a 12 heures - Guysen Israel News
Israël : La paix maintenant va entamer une campagne pour la formation d'un ''gouvernement de paix''. L'ONG d'extrême gauche aspire à la création d'un cabinet composé de Kadima, du Parti travailliste, des retraités et de Meretz, qui pourra mener à bien les négociations de paix avec les Palestiniens et la Syrie....
Articles connexes


http://www.juif.org/politique-israel/65780,israel-la-paix-maintenant-va-entamer-une-campagne-pour-la-formation.php

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 07:03
 Cette catégorie
Culture et Tolérance
"

 est l'occasion de connaître pour mieux se reconnaître
et au bout du compte s'accepter. Que nous soyons croyants ou non-croyants, chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes,...,  athées, agnostiques,..., le principal est de pouvoir Vivre Ensemble.
Ce sera l'âme de cette rubrique.
Et commençons par l'actualité du moment, le Ramadân.
Cet événement religieux qui touche plus d'un milliard d'humains mérite d'être connu pour mieux se comprendre.


Ramadân
 رَمَضَان

    Le Ramadân est le neuvième mois du calendrier lunaire islamique. C'est un des cinq piliers de l'islam avec la profession de Foi en Allah, la prière, le pèlerinage Hajj, et l'aumône Zakât.

    La période du Ramadân est une période pour les musulmans de jeûne, le Swan en arabe qui dure un mois. C'est un engagement spirituel entre Dieu et tout croyant musulman afin d'éprouver sa foi religieuse. Entre le lever et le coucher du soleil, le croyant s'engage à ne pas manger, ni boire, ni avoir de rapports sexuels, ni fumer, ... Il se donne entièrement à sa foi et ne doit pas se mettre en colère, ni jurer. Il utilise ces moments de jeûne pour penser et prier pour les personnes souffrant de malnutrition. C'est une période de recueillement, de compassion envers les personnes les plus pauvres.

    Le premier jour du Ramadân n'est pas le même pour tous, selon là où les musulmans se situent soit ils observent la lune, lorsque le croissant de lune est aperçu ou soit ils se fient à un calcul précis , après le trentième jour du mois de Châban.

    Le Sahur,le premier repas est servi avant l'aube et l'Iftar à la rupture du jeûne. Le 27éme jour du Ramadân Laylat al-Qadr la Nuit du Destin, est très important pour les musulmans car c'est le jour ou le Coran a été révélé au prophète Mouhammad ou Mahomet. L'Aïd-al-Fitr est le dernier jour du Ramadân.

    Le  jeûne dans la Foi n'est pas une obligation que chez les musulmans. Moussa chez les musulmans ou Moïse chez les juifs, Aïsa chez les musulmans ou Jésus chez les chrétiens étaient des prophètes et avaient l'habitude de jeûner 40 jours.

Comme quoi l'histoire religieuse continue et se poursuit.




Fin de Jeûne: La Chorba.

La Chorba est une soupe très parfumée et revigorante.

Ingrédients

1 cuillère à soupe d'huile d'olive
200 grammes de viande de mouton coupée en dés.
1 gros oignon ou 2 petits
1 petit verre de pois chiches mis à tremper la veille.
200 grammes de pommes de terre
2 carottes
2 courgettes
2 branches de céleri
De la coriandre fraiche
1 cuillère à soupe et demi de concentré de tomates
1 pincée de piments doux
Sel, poivre
100 grammes de vermicelle
1 pincée de sel
1 petite pincée de poivre

Préparation :


Faire revenir l'oignon émincé dans l'huile. Puis rajouter les morceaux de viande et les faire dorer sur tous les côtés en remuant bien. Diluer le concentré de tomates dans un peu d'eau et ajouter. Ajouter un petit bouquet de coriandre. Ajouter un litre et demi d'eau, amener à ébullition. Ajouter le sel, le poivre et les piments doux, puis les pois chiches, le céleri, les carottes et les courgettes coupés en petits dés. Mettre un couvercle et faire cuire à feu doux pendant une demi-heure. 5 minutes avant de servir, jetez les vermicelles dans la soupe

On peut aussi rajouter des navets comme légumes et une pointe de safran comme épices

Bon appétit - Saha Ftourkoum - Bsahatkoum

http://www.journal-d-un-trentenaire.com/10-index.html

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 17:28

13/09/08


Le Pape en France. Religions du Livre.
Les racines culturelles de l'Europe,
par Luc Collès

 

Le voyage du Pape en France est l'occasion d'évoquer "les héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe".

 

Cet article présente des arguments en faveur d'une explicitation des héritages culturels, religieux et humanistes de l'Europe, qui fondent les valeurs que celle-ci entend promouvoir. En reconnaissant en particulier sa dette culturelle à l'égard des trois religions du Livre, l'Europe, qui se réclame de son expérience historique pour développer chez elle un espace multiculturel et multilatéral, manifesterait son approche sereine du passé et sa conviction que la connaissance de celui-ci n'hypothèque en rien l'avenir. En outre, en affirmant que les trois religions du Livre sont constitutives de la culture européenne, elle exprimerait son souhait que, à titre programmatique, on se préoccupe davantage de l'inculture des jeunes, due en partie à l'ignorance des traditions religieuses, pour que, prenant conscience de la richesse de notre héritage, chacun puisse se l'approprier individuellement et collectivement dans un esprit d'ouverture à l'altérité.

En visite officielle à Rome l'hiver dernier, Nicolas Sarkozy avait insisté sur les racines chrétiennes de la France. Son attitude avait suscité beaucoup de critiques du côté laïque. La visite du pape Benoît XVI ce week-end et son plaidoyer pour une laïcité ouverte ranime le débat sur la laïcité. Certains réaffirment l'idée selon laquelle toute référence à une religion serait en contradiction avec des législations nationales qui prévoient la séparation des Etats et des confessions.

Attitude surprenante dans un pays, la France, où, en 1996, la réforme décidée par le ministre de l'Education nationale, François Bayrou, engageait l'introduction de la culture religieuse dans les programmes du collège et du lycée. Deux objectifs étaient alors particulièrement visés : un meilleur accès au patrimoine culturel européen et une prise en compte de l'aspect multiculturel et religieux de la société française. De même, en novembre 2001, le ministre de l'Education nationale, Jack Lang, sollicitait le philosophe Régis Debray pour la rédaction d'un rapport sur L'enseignement du fait religieux dans l'école laïque. A la base de ces préoccupations, il y avait un constat navrant : aujourd'hui, l'inculture religieuse des jeunes est telle que des pans entiers de notre patrimoine ne sont plus reconnus, décodés, compris. Ainsi voit-on des enfants confondre une Vierge de Botticelli avec une simple " meuf ".

Contre toute forme d'amnésie, je souhaiterais rappeler que les héritages de l'Europe ont été d'abord nourris par les civilisations grecque et romaine, ensuite marqués par les religions du Livre et par les courants philosophiques des Lumières et du Romantisme. Car il me paraît essentiel d'ancrer les valeurs que l'Europe prétend défendre dans le terreau fertile de l'histoire qui les a constituées, une histoire dont on ne saurait sélectionner les données pour gérer le présent et pour construire l'avenir.

Il ne s'agit donc pas de vouloir se référer à une transcendance, ce qui " correspond à la manière philosophique de concevoir un 'Absolu' immatériel et transcendant, 'délié' des contingences de l'histoire ", représentation qui, selon Philippe Bacq (« Nommer Dieu ? » dans La Revue Nouvelle de février 2003), serait sous-jacente à la requête des Eglises et qui conduirait à l'exclusion de la différence dans une société sécularisée. Il s'agit plutôt d'évoquer brièvement les événements historiques qui ont contribué à forger la culture et les valeurs européennes et qui déterminent aujourd'hui un espace de significations marqué par le pluralisme.

Rappelons d'abord l'importance de la connaissance du passé pour comprendre les civilisations et le système de valeurs et de références qu'elles développent. Comme le faisait remarquer une de mes collègues, Clémentine Faïk-Nzuji, à propos de l'Afrique, " si nous admettons que le thérapeute remonte à la petite enfance du patient pour y déceler les causes de ses traumatismes, nous devrions de même admettre que pour une société humaine, c'est dans son histoire, qui couvre plusieurs générations, qu'il faut rechercher les causes de ses déséquilibres " et  j'ajouterai " de ses réussites ". Une telle connaissance doit donc être aussi complète que possible et porter aussi bien sur les zones d'ombre que sur les zones de lumière. Les exemples qui illustrent ce type de démarche ne manquent pas. Ainsi, l'Allemagne a accepté de revisiter son passé et de faire contrition pour les crimes commis sous le nazisme, ce qui en a fait un partenaire honorable et honoré de l'aventure européenne. La connaissance du passé tel qu'il est devient de cette manière un facteur d'apaisement, pourvu toutefois qu'elle s'établisse dans des conditions sereines : il ne convient pas que le thérapeute se transforme en justicier et accable son patient de reproches au moment où celui-ci accepte de se confronter à sa fragilité ! C'est pourquoi on comprend mal la dérision dont ont parfois fait l'objet les actes de repentance exprimés par le pape Jean-Paul II à l'égard du peuple juif, des protestants et des scientifiques symbolisés par Galilée, alors que, par ce biais, l'Eglise catholique admettait n'avoir pas été toujours à la hauteur des valeurs dont elle s'affirmait dépositaire.

En second lieu, il importe de souligner que, nonobstant l'usage ou, en l'occurrence, le non-usage, qui en est fait, l'histoire n'est pas vouée au service de la morale - les " leçons de l'histoire " sont rarement écoutées -, à l'édification du Prince ou à la promotion des idéologies et des intérêts; elle ne doit pas être confondue avec les reconstructions de la mémoire qui entretiennent avec le passé une relation affective et militante et il ne lui revient pas de sélectionner dans le passé qu'elle reconstitue les éléments dont la signification sera revue en fonction des exigences du temps présent. Au contraire, l'histoire se veut responsable d'un savoir " scientifique ", c'est-à-dire universellement acceptable, dans la mesure où elle est régie par " la possibilité d'établir un ensemble de règles permettant de contrôler des opérations proportionnées à la production d'objets déterminés ", pour reprendre les termes de Michel de Certeau. Elle est en même temps consciente des limites de son objectivité : les choix de l'historien pèsent inévitablement sur la définition de la matière à analyser, sur les critères utilisés, sur les interprétations qui sont avancées ; aussi peut-on affirmer avec Alexandre Faivre que " l'objectivité en histoire est le fruit d'intersubjectivités partagées, corrigées et rectifiées ".

Le rôle des religions du Livre dans l'élaboration de valeurs fondatrices de l'Europe - importance de l'individu, égalité, justice, mise à distance du sacrifice -, fait partie de l'histoire de l'Europe, comme en font partie la Renaissance, qui, à travers une relecture des auteurs antiques, a distingué les domaines du sacré et du profane, et les Lumières qui ont laïcisé les valeurs d'égalité des personnes, de liberté, de respect de la raison, de justice. Ces étapes de notre cheminement méritent dès lors d'être reconnues, car elles n'impliquent aucune restauration d'un ordre ancien. L'évocation de la valeur patrimoniale des trois religions du livre ne constitue en rien une apologie de celles-ci. En revanche, l'identité européenne n'est pas compréhensible si on ne tient pas compte de la révélation monothéiste qui se produisit au Moyen Orient. Les religions révélées n'ont pas cessé de diffuser en Europe la foi dans le Créateur et, parallèlement, ont agi comme un ferment civilisateur. Elles ont ainsi contribué à la naissance de cultures très riches dans chacune des nations européennes où elle ont été présentes. Dans sa Grammaire des Civilisations, Fernand Braudel a bien montré que le christianisme a été et reste une des composantes majeures de la pensée européenne, et même de la pensée rationaliste qui s'est constituée contre lui et à partir de lui. Athée, un Européen est encore tributaire d'une éthique et de comportements psychiques puissamment enracinés dans une tradition chrétienne.

Largement diffusé dans l'Empire romain, le christianisme en est devenu la religion officielle trois siècles après la naissance du Christ. Au moment des grandes migrations germaniques des IVe-VIIIe siècles, il s'affirme comme la civilisation du monde antique qu'il a assumée. Du Xe au XIIIe siècle, l'Eglise entière est entraînée par un mouvement puissant qui est aussi celui de la poussée économique, de la montée sociale d'une Europe active. Après la guerre de Cent Ans, qui a constitué un repli brutal sur tous les plans, les XVIe et XVIIe siècles vont vivre sous le signe de passions religieuses et de querelles spirituelles. Au XVIIIe siècle, l'élan matériel accompagne un mouvement scientifique et philosophique qui se dresse contre l'Eglise, au nom du progrès et de la raison.

Mais, même à partir de ce moment, la pensée européenne ne se conçoit que dans le cadre d'un dialogue avec le christianisme. Cette perspective est essentielle pour la compréhension de l'humanisme, aspect fondamental de la civilisation occidentale. Orientée à la fois vers l'étude et l'action, cette forme d'éthique exalte la grandeur du génie humain et la puissance de ses créations. Dès ce moment, la foi éventuelle doit s'accommoder de la confiance en l'homme. La Renaissance s'écarte du christianisme du Moyen Age en ce sens que, désormais, c'est sur la terre que l'homme doit organiser son royaume. Pour reprendre les termes de Nietzsche, cette conviction nouvelle préside à la mise en place de toutes les forces positives de la culture moderne : libération de la pensée, victoire de la formation intellectuelle sur le privilège de la naissance, enthousiasme pour la science, délivrance de l'individu.

C'est dans ce climat que la Réforme s'oriente vers le droit au libre examen et la critique historique des textes sacrés. C'est aussi l'esprit humaniste qui est à la base de la Révolution française, la seule à avoir eu un sens européen et mondial, avant la Révolution russe de 1917. Aujourd'hui encore, cet humanisme donne à l'Européen une attitude d'ouverture à l'universel avec une vision intégrale de l'homme dans un climat de liberté et de coopération entre créateurs, qu'il s'agisse de responsables religieux, d'artistes, de chercheurs scientifiques, d'artisans ou de simples citoyens. Pour les chrétiens, cet humanisme n'est nullement incompatible avec leur foi puisque c'est en raison du fait qu'il a été créé à l'image de Dieu que l'homme est appelé à transcender l'univers en devenant créateur à son tour.

De même, le judaïsme n'est pas seulement une religion, c'est aussi une culture. Les juifs, notamment en Allemagne, ne restèrent pas indifférents à l'humanisme et à la Réforme ; en Italie, ils participèrent à la Renaissance. Spinoza et certains marranes remirent en cause l'édifice du judaïsme rabbinique. C'est sur cet arrière-plan de crise que le judaïsme européen allait voir le jour, sous la houlette de Mendelssohn. Le judaïsme est devenu une religion d'Europe après avoir reçu le legs spirituel et intellectuel de l'hellénisme ; il put, dans ces conditions, maintenir et développer sa tradition philosophique médiévale jusqu'à l'époque moderne.

Quant à l'islam, c'est par une révolution culturelle qu'il a pénétré en Europe. L'Espagne du IXe au XIIIe siècle a pu réaliser la féconde symbiose des trois cultures : juive, chrétienne et musulmane. A l'université de Cordoue s'élabora, pour toute l'Europe, la science moderne, expérimentale et mathématique. Alain de Libera (Le monde diplomatique, juillet 2002) a souligné l'occultation des sources arabes de la pensée européenne, qui, selon lui, est l'effet d'un discours xénophobe qui cherche à faire croire que les Arabes ont été, sont et seront toujours étrangers à l'Occident : " Ce qui n'est jamais entré dans la culture occidentale latine ou chrétienne et qui reste scolairement et socialement occulté, c'est, par exemple, la philosophie politique, le laïcisme, le rationalisme réformateur de l'islam et de la pensée arabo-musulmane, dont les ancêtres sont, pourtant, des penseurs de l'Andalousie médiévale, comme Ibn Badjdja (Avempace), Ibn Toufayl (Aboubacer) ou Ibn Rouchd (Averroès) ». Si l'on souhaite construire " une société sécularisée, pluraliste, dans laquelle on déploierait une référence, non pas à une transcendance, mais à l'apport des religions, comme quelque chose d'ouvert et d'inachevé " il s'agit de reconnaître la place de l'islam non seulement dans l'histoire de l'Europe occidentale, mais aussi dans celle des Balkans, partie intégrante de l'empire ottoman du XVIe au XIXe siècle..

En définitive, si je souhaite que les religions du Livre soient explicitement reconnues comme constitutives de la culture européenne, c'est pour que, à titre programmatique, on se préoccupe davantage de l'analphabétisme religieux des jeunes, mais aussi et surtout pour prévenir tout retour aux utopies rêvant " d'hommes nouveaux " privés de racines, ethttp://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/09/13/10564274.html.

Luc Collès -UCL et IFER de Dijon

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/09/13/10564274.html

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 00:32






Ce qu'en disent Jésus et Mahomet

Pouvoir et violence



Un combat biaisé !

A ma droite, un guide spirituel ultrapacifique (« Aimez-vous les uns les autres ») au point de tendre « l'autre joue » (Mt 5, 38-45) et de se laisser crucifier à 33 ans pour le salut du monde.

A ma gauche, un prophète qui se présente d’emblée comme chef d’Etat et chef de guerre.

Le premier, en proclamant le fameux « rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21), a clairement renoncé à la tentation du politique et n’a de prétention que la gouvernance des coeurs.

Le second, administrateur d’une cité (Médine) et tacticien rompu aux pratiques alors courantes de la razzia et de la ruse bédouine, est un guide spirituel d’un tout autre genre. Pour le Prophète, à l’heure de la fondation de l’islam, la guerre (qitâl) est un mal nécessaire : « Le combat vous est prescrit alors que vous l’avez en aversion »
(II, 216).

De quoi alimenter la problématique de la « guerre sainte » (djihad, dont la version introspective – le « grand djihad » – aura moins de publicité).

Pourtant le Coran ordonne de s'en tenir à une attitude défensive : « Combattez sur le chemin de Dieu ceux qui vous combattent et n'agressez point. Dieu n'aime pas les agresseurs » (sourate V).

Il est tout aussi impératif de « risquer la paix », pour peu que les ennemis y semblent disposés : « S'ils virent de l'aile vers la paix, force à toi de virer de l'aile vers la paix. Et s'ils rusent pour te tromper, dis seulement : Dieu me suffit, Il est le meilleur des refuges. 

Incompris le Prophète ?

 

 

Marie Lemonnier
Le Nouvel Observateur

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2195/dossier/a325805-pouvoir_et_violence.html

 


L'opinion d'Eva :



Jésus
a aussi fait des "saintes colères", par ex devant les marchands du Temple. Sainte violence, en quelque sorte !

Par ailleurs, tendre l'autre joue n'est pas être passif. C'est désarmer l'autre, en lui expliquant le sens de la réponse. 

Cela, c'est dans le Nouveau Testament.

Dans l'Ancien, il y a partout des guerres terribles. Offensives !

Islam : Quand j'ai lu le Coran, j'ai eu une impression de paix, de poésie.

A mon sens, Mme Lemonnier n'explique pas suffisamment : Le djihad musulman, c'est d'abord la guerre contre soi, contre ses "mauvais penchants", un effort, donc.

La guerre est défensive, dans l'Islam.

Ceci n'engage que moi. C'est mon interprétation,

Eva

 

 

 

 

 

 

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 00:19
L'Aurore, l'une des grandes figures poétiques du livre, son commencement et sa fin.
L'Aurore, l'une des grandes figures poétiques du livre, son commencement et sa fin. Wikipedia.org



ZARATHOUSTRA .
..ZARATHOUSTRA !!!

Zarathoustra demeure le pionnier de toutes vie nouvelle lorsque l'homme agit en responsable de la création.

Son oeuvre se déploie selon quatre thèmes fondamentaux :

1)Une vision nouvelle de Dieu -monothéiste et source de grandeur

2) Une vision nouvelle du monde, conçu comme le champ de bataille entre l'homme et ce qui s'oppose à son humanisation
 
3) Une manière nouvelle de vivre les rapports avec le divin puisque les hommes ne communiquent plus avec les dieux par des rites ou des sacrifices sanglants mais rencontrent Dieu en eux-mêmes quand ils vivent divinement leur vie d'homme 
 
4) Une maniére nouvelle de vivre les rapports avec la nature, en respectant toute vie, celle des animaux,  celle des végétaux - Paul du BREUIL, ZARATHOUSTRA, Ed Payot 1978

Tout est dit dans ces quelques lignes extraites de l'ouvrage cité ci-dessus !!!

Si ce n'est d'ajouter une notion importante pour  ZARATHOUSTRA : L'homme est responsable de l'univers entier !


http://hadria.riviere.over-blog.com/ (superbe blog !)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ainsi_parlait_Zarathoustra

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 00:14




Entre Bible et Coran

Pour en finir
avec le goût du sang



Des Evangiles, les chrétiens ont cru tirer la justification des croisades. Au nom du Coran, les fous d’Allah posent des bombes... Pour sortir de la tragique impasse du « choc des civilisations », Jean-Claude Guillebaud fait le point sur le dialogue des religions


 

Cette grande affaire des relations entre l’Islam et l’Occident chrétien (ou postchrétien) fait songer à certaines tempêtes maritimes : en surface les clapots sont très forts, mais un calme relatif se fait dès qu’on s’enfonce à une certaine profondeur. A la surface de l’actualité quotidienne, il y a l’abjection du terrorisme, l’imbécillité meurtrière des fatwas, le spectacle des frustes assassins d’Alger, de Bagdad ou de Londres, celui du petit peuple vociférant dans les rues d’Amman ou celui des illuminés de Dacca qui réclamaient en 1994, on s’en souvient, la pendaison de Taslima Nasreen. A tout cela, on doit ajouter la peur grandissante des chrétiens d’Orient (lire l’interview d’Antoine Sfeir p. 24), ceux de Bethléem ou d’Irak, que la haine islamiste conduit peu à peu à l’exil. Tant de bêtise meurtrière, tant de défilés assassins, tant de tracts vengeurs semblent justifier, en effet, des analyses sans nuances.
A cette sinistre effervescence criminelle répond donc, notamment du côté chrétien, une diabolisation qui, soyons clair, vise parfois non seulement l’islamisme mais l’islam lui-même. On songe au mépris rageur exprimé en 2002 par la journaliste italienne Oriana Fallaci, récemment disparue (et qui a fait don de ses archives au Vatican !), ou aux condamnations, à peine moins sévères, régulièrement exprimées par ces intellectuels qui considèrent l’islam comme une forme contemporaine de fascisme, voire de nazisme. Chez nous, cette dénonciation abrupte n’est pas seulement le fait de philosophes ou d’essayistes qui, comme Pascal Bruckner ou André Glucksmann, ont soutenu l’intervention américaine en Irak et appellent les Occidentaux à la résistance contre le « péril vert ». Elle ne se réduit pas non plus aux réquisitoires des défenseurs de la laïcité républicaine et de la liberté d’expression, comme l’essayiste Caroline Fourest ou le professeur de philosophie Robert Redeker, récemment menacé de mort par des islamistes anonymes. Elle s’exprime aussi, mais différemment argumentée, chez certains chrétiens comme le catholique Jean-Claude Barreau, qui fit scandale voici une dizaine d’années avec un pamphlet contre l’islam, ou le protestant Alain Besançon, dont les analyses, dit-on, auraient influencé la raideur doctrinale du nouveau pape.

 

Ces chrétiens-là opposent volontiers le personnage de Jésus à celui de Mahomet (voir encadrés ci-après). Il est vrai que, dans l’imaginaire collectif comme sur le plan de l’histoire, tout les distingue. Le premier est un crucifié, « agneau de Dieu », victime emblématique de la violence des hommes et doux parmi les doux. Le second est un guerrier qui leva des armées et qui, de La Mecque à Médine, posa les bases de la prodigieuse expansion de l’islam au viie et viiie siècle, y compris par les armes et la ségrégation juridique des vaincus. Au premier examen, le message de l’un paraît aussi pacifique que celui du second semble belliqueux.
A cette opposition des deux figures fondatrices, on ajoute généralement un distinguo concernant le statut des textes sacrés eux-mêmes, c’est-à-dire le Coran et le Nouveau Testament. Du côté chrétien, on entend dire et répéter que la sacralité inaugurale du texte coranique, le fait qu’il soit considéré comme dicté par Dieu, distingue radicalement l’islam des autres religions monothéistes et bloque son adaptation à la modernité. Dans le christianisme, en effet, le statut des récits évangéliques, d’ailleurs contradictoires entre eux, rend impossible une interprétation littérale et présuppose l’exégèse, la réinterprétation et la contextualisation permanente. C’est l’irréductibilité de cet « obstacle théologique » propre à l’islam que certains responsables de l’Eglise voudraient à nouveau souligner.
 

A leurs yeux, cette particularité du Coran, texte immuable, serait sociologiquement désastreuse dans nos sociétés développées, devenues multiconfessionnelles, et qui abritent de fortes minorités musulmanes en quête d’intégration. A s’en tenir à la lettre du Coran et à la charia qui s’en inspire, ces minorités seraient théologiquement empêchées d’adhérer aux règles démocratiques les plus ordinaires, par exemple celles qui touchent à la condition féminine, au droit d’expression ou encore à cette barbarie ancestrale qu’est la lapidation des femmes adultères. Pour cette raison théologique, un auteur protestant, Jacques Ellul (dont les livres sont aujourd’hui réédités), s’en prenait violemment dans les années 1980 (déjà !) à la jobardise de ces intellectuels occidentaux désenchantés, souvent venus de l’extrême-gauche, et que fascinaient les richesses spirituelles supposées de l’islam. « Nos intellectuels, écrivait-il, y trouvent un renouveau de possibilité d’un sens et d’une vérité » qui leur permet de « sortir de la monotone querelle hégélienne ? » (1).
Aujourd’hui, pourquoi le cacher, de nombreux chrétiens raisonnent à nouveau de cette façon et considèrent que, dans son discours de Ratisbonne, le pape n’a fait qu’« exprimer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas  ». C’est peu de dire que ce voyage pontifical se situe dans un moment de tension aiguë. A ces condamnations sans appel, les musulmans ont beau jeu de répondre en invoquant les croisades, cette « ratonnade » étalée sur quatre siècles, ou encore la théorie de la « guerre juste », élaborée par saint Augustin au ive siècle, après la conversion de l’Empire romain au christianisme, et alors que les « Barbares » menaient leurs assauts jusqu’à Rome.
Symétriquement opposée quelques siècles plus tard au djihad, cette idée chrétienne de « guerre juste » servit souvent, de siècle en siècle – et jusqu’à aujourd’hui dans la bouche de George W. Bush à propos de l’Irak –, à justifier des entreprises bien moins respectables. Les mêmes musulmans font aussi valoir, à bon droit, que le fondamentalisme – y compris dans sa version agressive – n’est pas l’apanage de l’islam. Toutes les grandes religions, monothéiste ou non, en sont aujourd’hui affectées.
A la surface de l’actualité, la querelle entre chrétiens et protestants est donc si brutale qu’elle semble s’apparenter, en effet, à un « choc de civilisations ».
Mais on aurait tort de s’en tenir là. Quand on reprend l’analyse à un autre niveau, force est de constater que les choses ne sont pas et n’ont jamais été aussi tranchées. On peut même dire qu’une extraordinaire ambivalence – hostilité déclarée mais dialogue continué – présida depuis l’origine aux rapports entre chrétiens et musulmans. Ironie de l’histoire, la Turquie, où Benoît XVI s’aventure aujourd’hui, est justement l’un des endroits au monde où cette ambivalence fut et demeure la plus saisissante. Côté affrontement, c’est à proximité du Bosphore, à quelques dizaines de kilomètres d’Istanbul (qui s’appelait alors Constantinople) qu’eurent lieu, dans une optique de Reconquista chrétienne, les premiers massacres d’envergure entre chrétiens et musulmans. Ces horreurs réciproques ont laissé des traces encore vives dans la mémoire collective.
En septembre 1096, après l’appel à la première croisade lancée l’année précédente par le pape Urbain II, les foules désordonnées conduites – en avant des armées officielles – par le prédicateur Pierre l’Ermite, hommes, femmes et enfants furent exterminées par les cavaliers du Turc Kilidj Arslan, dont les troupes menaçaient la capitale de l’Empire byzantin. Ce sont des dizaines de milliers de corps en décomposition, dispersés à flanc de colline entre le Bosphore et la ville de Nicée (aujourd’hui Iznik), que découvrirent quelques mois plus tard les armées croisées « officielles » conduites par Godefroi de Bouillon. Les ossements de ces malheureux étaient si nombreux qu’on fera encore mention de leur présence, deux siècles après, dans certains récits de voyageurs. Ils avaient servi à édifier des murettes entre les champs cultivés...
Soucieuses de revanche, les armées de Godefroi ne furent pas en reste en matière de sauvagerie. Lors du siège de Nicée, en 1097, elles entreprirent de projeter par-dessus les remparts les têtes tranchées de leurs prisonniers musulmans afin de démoraliser les assiégés. Nicée prise, les croisés vainquirent ensuite le gros des armées turques à Dorylée (aujourd’hui Eskisehir), puis à Antioche et enfin à Jérusalem, où ils se livrèrent, en 1099, à des massacres insensés dont les musulmans d’aujourd’hui, neuf siècles plus tard, ne peuvent parler sans frémir de rage. Dès cette époque, pourtant, ces violences n’interdirent pas que se nouent assez extraordinairement entre les musulmans sur la défensive et les chrétiens venus d’Occident d’étranges liens marqués par une fascination réciproque. Détail oublié : les royaumes chrétiens créés en Orient, à Tripoli, à Edesse ou à Jérusalem, par les croisés firent ainsi durablement alliance (pendant soixante années !) avec les musulmans de Damas. Quant aux chrétiens de la deuxième génération, ces fils des croisés demeurés sur place – l’équivalent des pieds-noirs, les « poulains » –, ils s’habillaient à l’orientale, parlaient l’arabe et s’intéressaient beaucoup à l’islam, dont ils admiraient le raffinement. L’adversité militaire en Orient n’empêcha donc pas, de siècle en siècle, une réelle connivence culturelle et même religieuse entre les uns et les autres. Une anecdote entre mille : l’empereur germanique Frédéric II, héros de la sixième croisade (xiiie siècle) et maître de Jérusalem, exigea qu’y soient maintenues et même encouragées les prières des muezzins, qu’il jugeait sublimes.
En Turquie même, la liquidation de l’Empire byzantin après la chute de Constantinople en mai 1453 et l’extension de l’Empire ottoman n’anéantit pas cette paradoxale attirance. On peut même dire qu’elle survécut à tous les conflits, à toutes les brouilles, à toutes les violences. Pendant près de cinq siècles, par exemple, les pèlerins chrétiens marchant vers Jérusalem à travers l’Anatolie furent accueillis et traités avec aménité par les autorités ottomanes et les musulmans locaux. Aujourd’hui encore, dans la Turquie moderne, une association musulmane regroupe des familles désireuses d’héberger des marcheurs chrétiens en route vers la Terre sainte. Ces rencontres privées donnent parfois lieu à des échanges théologiques approfondis.
On reste là, malgré tout, au stade de l’anecdote. En revanche, c’est à cette même attirance, maintenue envers et contre tout, qu’il faut rattacher la très longue histoire du dialogue proprement théologique entre chrétiens et musulmans. L’histoire de ce « débat » va du vif intérêt marqué au xiiie siècle par saint Thomas d’Aquin pour les écrits d’Ibn Ruchd, dit Averroès (1126-1198) jusqu’au travail théorique des grands érudits islamophiles contemporains que furent Louis Massignon, Jacques Berque, Henry Corbin ou son élève Christian Jambet. C’est dans cette même perspective « dialoguante » qu’il faut interpréter l’engagement des sept moines trappistes de Tibérine, assassinés par les islamistes algériens en mai 1996. L’un d’eux, Christian de Chergé, pressentant le pire, avait rédigé un an auparavant un texte incroyable dans lequel il interdisait par avance que la responsabilité de son possible assassinat soit imputée à l’islam lui-même et aux musulmans en général.
De la même façon, l’évêque d’Oran, Pierre Claverie, tué le 1er août 1996, avait déclaré peu avant sa mort : « L’autre (c’est-à-dire le musulman) est peut-être porteur d’une vérité qui me manque. » Ce texte étincelant a fait, via internet, le tour de la chrétienté. C’est aussi dans cette optique qu’on doit comprendre l’engagement obstiné de certaines associations chrétiennes comme la communauté italienne de Sant’ Egidio créée en 1968 dans la foulée de Vatican II et qui organisa d’innombrables rencontres avec l’islam.
Aujourd’hui, en Europe, de nombreux chrétiens suivent avec une attention particulièrement bienveillante le travail interprétatif engagé par une nouvelle génération d’intellectuels musulmans. Utilisant les instruments fournis par les sciences humaines, ces derniers procèdent à une relecture non seulement du texte coranique, mais aussi des grands commentaires exégétiques. Ils s’efforcent de distinguer du texte lui-même les « ajouts », le plus souvent disciplinaires et rigoristes, imputables aux oulémas. Il en va ainsi pour les questions touchant au statut de la femme, à la sexualité ou à la consommation d’alcool. Pour ce qui concerne la France et pour ne citer que quelques noms, c’est tout le sens des travaux d’auteurs comme Abdelwahab Meddeb, Malek Chebel, Rachid Benzine ou le Tunisien Abdelmajid Charfi.
Ce dernier, qui écrit ses livres en arabe, ne se contente pas de plaider pour une ouverture de l’islam à la modernité, il entend démontrer que cette adaptation est compatible avec le contenu  prophétique, et non normatif, du texte coranique. Il invite chacun à distinguer « l’esprit » de la Révélation des formulations sociales et politiques qu’en donnèrent, au fil des siècles, les jurisconsultes et les oulémas. Qu’il s’agisse du djihad, des prescriptions alimentaires, du rituel de la prière, des femmes et de la question du voile, Charfi ne craint pas de « heurter de front la lecture majoritaire des textes fondateurs ». Un croyant, ajoute-t-il, peut parfaitement s’émanciper de cette lecture, sans devenir pour autant un apostat ni mériter le qualificatif ambigu de mubtadi (novateur).
Or ces réformateurs intrépides participent à de nombreux dialogues organisés à l’initiative de groupes chrétiens, catholiques ou protestants. Du côté chrétien, certaines individualités comme Christian Delorme, ancien curé des Minguettes, dans la banlieue lyonnaise, jouent depuis vingt ans un rôle aussi décisif que discret en la matière. Chez les musulmans, le philosophe algérien Mustapha Cherif, premier musulman à être reçu par le pape le 11 novembre dernier après la controverse de Ratisbonne, œuvre dans le même sens. Il fut l’un des fondateurs, en 1993, du groupe d’amitié islamo-chrétienne, groupe qui fait preuve, ces dernières années, d’un nouveau dynamisme. Sous les clapots désastreux de l’actualité, la réalité du dialogue est finalement plus paisible et plus prometteuse qu’on ne l’imagine.

(1) « Islam et judéo-christianisme », PUF, 2004.

 

 

Jean-Claude Guillebaud
Le Nouvel Observateur

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 00:08

Benoît XVI souligne le "rôle éminent"
joué par les Juifs de France
NOUVELOBS.COM | 12.09.2008 | 19:00

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080912.
OBS1103/benoit_xvi_souligne_le_role_eminent_joue_par_les_juifs_.html

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France était aux côtés de Carla et Nicolas Sarkozy pour accueillir Benoît XVI

Le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France était aux côtés de Carla et Nicolas Sarkozy pour accueillir Benoît XVI (AP)

Au premier jour d'une visite de quatre jours en France, le pape Benoît XVI a souligné, vendredi 12 septembre, "le rôle éminent" joué par les Juifs de France dans l'histoire de France, en rencontrant les représentants de la communauté juive de Paris.
"Je ne peux omettre, en une occasion comme celle-ci, de mentionner le rôle éminent joué par les Juifs de France pour l'édification de la Nation tout entière, et leur prestigieuse contribution à son patrimoine spirituel", a souligné le pape.

Bénédiction

"Ils ont donné, et continuent de donner, de grandes figures politiques, intellectuelles et artistiques", a-t-il ajouté.
"Je forme des vœux respectueux et affectueux à l'adresse de chacun d'entre eux, et j'appelle avec ferveur sur toutes vos familles et sur toutes vos communautés une Bénédiction particulière du Maître des temps et de l'Histoire", a-t-il dit.
"Il a une attitude d'humilité, c'est un homme très simple, il nous a reçus comme des amis, j'ai été sincèrement séduit", a déclaré le grand rabbin Joseph Sitruk, parlant d'un "rapprochement historique entre le judaïsme et l'Eglise", à l'issue de la rencontre avec le souverain pontife.

"laïcité positive"


Interrogé sur la laïcité, le grand rabbin a estimé que "la venue du pape tombait à point pour rappeler qu'on peut être un Français laïc et croire en Dieu".
Pour sa part, le président du Consistoire central israélite de France, Joël Mergui, a parlé d'une rencontre "courte et intense" traduisant selon lui "une volonté réciproque de poursuivre le dialogue entre les juifs et les catholiques sur des sujets de société comme la famille et les préoccupations quotidiennes."
Au sujet de la "laïcité positive", le président du Consistoire a assuré que c'était un "concept de plus en plus admis dans la société". "Différentes identités se côtoient et ont tout intérêt à se respecter", a-t-il ajouté, estimant par ailleurs qu'il était nécessaire de mener une "action en direction des nouvelles générations".

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080912.OBS1103/
benoit_xvi_souligne_le_role_eminent_joue_par_les_juifs
_.html
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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 23:36

 

 

Abd el Kader al Djazaïri (1808-1883)

 

 

L'homme qui appela au djihad contre l'agression étrangère,
c'est aussi celui-là même qui sut chanter l'amour;
et l'amour proclamé par l'émir c'est l'amour de Dieu,
l'amour du prochain, l'amour de la vie, l'amour de l'humanité
mais aussi l'amour paternel et l'amour sentimental.
N'écrit-il pas ces vers qui rappellent le mystique Ibn Arabi.

. . . Je professe la religion de l'amour
Et quelque direction que prenne ma monture
L'amour est ma religion et ma foi ...

 

http://www.oasisfle.com/culture_oasisfle/emir_abdelkader.htm




Grandes figures. Découvrir :

Abd el Kader al Djazaïri (1808-1883)
Un mystique ?
La religion de l'Amour ?
Djihad défensif
Il sauva des Maronites et des Européens




L'homme qui appela au djihad contre l'agression étrangère, c'est aussi celui-là même qui sut chanter l'amour; et l'amour proclamé par l'émir c'est l'amour de Dieu, l'amour du prochain, l'amour de la vie, l'amour de l'humanité mais aussi l'amour paternel et l'amour sentimental. N'écrit-il pas ces vers qui rappellent le mystique Ibn Arabi.

. . . Je professe la religion de l'amour
Et quelque direction que prenne ma monture
L'amour est ma religion et ma foi ...

L'émir Abd el-Kader (1808-1883), héros de la lutte algérienne contre la colonisation française au XIX°siècle, a depuis jeudi une place à son nom à Paris dans le Vème arrondissement non loin de l'Institut du Monde arabe et de la Grande Mosquée.

En présence d'un des arrières petit-fils de ce grand combattant, penseur musulman et humaniste qui organisa un Etat arabe fondé sur l'islam, le maire de Paris Bertrand Delanoë a salué «un personnage magnifique» à travers lequel la capitale veut «rendre hommage au peuple algérien».

Cette place, située au croisement des rues Poliveau, des Fossés Saint-Marcel et Geoffroy Saint-Hilaire, permet d'inscrire le nom de ce «nationaliste algérien (...) dans l'éternité de Paris», a-t-il ajouté. C'est le 16 mai que le Conseil de Paris a décidé de ce geste qui prend une importance toute particulière au moment où Alger exige de la France une «repentance» pour la colonisation. Paris compte deux autres lieux portant les noms de grands dirigeants du Maghreb: la place Mohammed V, l'ancien roi du Maroc, inaugurée en 2002, et l'esplanade Habib Bourguiba, le leader de l'indépendance tunisienne, inaugurée en 2004.

Né à La Guetna, près de Mascara, en mai 1808, alors que l'Algérie est ottomane, l'Emir Abd el-kader a reçu une solide éducation scientifique, philosophique et religieuse. Dès 1832, après le départ du dey d'Alger, il conçoit, puis fonde un Etat en Algérie, et conduit le combat contre le colonisateur français. Bien que désigné en 1834 «sultan des Arabes», ce n'était pas un homme de pouvoir, et il refusa la fonction de vice-roi que l'empereur Napoléon III voulut lui donner pour la partie non-ottomane du Proche-Orient.

En 1831, la transformation de la plus grande mosquée d'Alger en cathédrale le révolta. La violence contre le vaincu lui faisait horreur. «Tout Arabe ayant un Français ou un chrétien en sa possession est tenu pour responsable de la façon dont il est traité [...]. Au cas où le prisonnier se plaindrait du plus petit sévice, l'Arabe qui l'a capturé perdrait tout droit à récompense», disait-il. Vaincu en 1847, après des combats terribles en 1845 contre les troupes du maréchal Thomas-Robert Bugeaud, il est interné en France, alors que son ennemi, le duc d'Aumale, qui se glorifiait d'avoir détruit sa «smala» (ensemble des tentes d'un chef combattant, avec ses soldats et ses richesses) lui avait promis la «terre d'Islam».

Il demeure à Toulon - où il dispose aussi d'une rue, octroyée sous Vichy, en 1942 -, Pau, puis Amboise, où il approfondit ses liens avec les intellectuels français. Sans rien renier de lui-même, il devient alors l'ami de la France. Napoléon III, qui le respecte et dont il devient l'ami, le libère.En 1853, Abd el-Kader se retire en Turquie puis en Syrie, où, en 1860, il sauve les chrétiens du massacre et lance un dialogue interreligieux, aux accents très modernes. Il meurt à Damas le 25 mai 1883.

L'enseignement de l'émir est un modèle de tolérance : tout individu en prière, qu'il soit juif, musulman, chrétien ou même idolâtre prie un seul et même Dieu unique. C'est la théorie du wahdat al-wujud, de l'unicité absolue de l'essence divine, qu'il développe notamment dans son œeuvre majeure, Kitâb al-mawâqif (Le Livre des haltes, des stases, des états et des étapes) : "Dieu est l'essence de tout adoré et tout adorateur n'adore que Lui." Mais il va plus loin encore qu'aucun homme de foi ou de religion avant lui : toutes les prières, enseigne-t-il, s'adressent au Dieu unique, seule la forme diverge car chaque peuple a reçu la parole divine selon le mode spécifique qui lui correspondait :


Pour qui le veut le Coran [...]
Pour qui le veut la Torah
Pour tel autre l'Évangile
Pour qui le veut mosquée où prier son Seigneur
Pour qui le veut synagogue
Pour qui le veut cloche ou crucifix
Pour qui le veut Kaaba dont on baise pieusement la pierre
Pour qui le veut images
Pour qui le veut idoles
Pour qui le veut retraite ou vie solitaire
Pour qui le veut guinguette où lutiner la biche.


L’éducation religieuse qu’il reçut fit de lui un musulman mystique et un théologien. Mais les circonstances le transformèrent en guerrier. Devenu soldat pour défendre la terre d’Islam, sa tentative de créer un État indépendant devait laisser un souvenir prestigieux: il est célébré aujourd’hui comme le fondateur de la nation algérienne.
Proclamé "sultan des Arabes" par quelques tribus de l’Oranie le 22 novembre 1832, Abd el-Kader s’imposa par une victoire sur les milices de l’ancien bey turc et mena avec bravoure, pendant quinze ans, la guerre sainte contre les Français. Jusqu’en 1838, toutefois, ceux-ci l’aidèrent à asseoir sa souveraineté sur les deux tiers de l’Algérie. Les généraux français, Desmichels puis Bugeaud, après l’avoir combattu, crurent devoir négocier avec lui dans l’espoir d’instaurer un protectorat.
Abd el-Kader en profita pour étendre son autorité dans les provinces d’Oran, d’Alger, du Titteri et jusque dans le Constantinois et organiser un État arabe. Les fondements en furent essentiellement islamiques et les dirigeants recrutés parmi l’aristocratie religieuse, ce qui entraîna l’opposition de la noblesse d’origine militaire, les jawada , et la méfiance des tribus kabyles, jusque-là quasi indépendantes. Abd el-Kader commença pourtant à unifier son État en supprimant la distinction traditionnelle entre tribus makhzen privilégiées et tribus sujettes exploitées, puis en percevant partout comme impôt la zakkat (dîme coranique). Il le fortifia en le dotant d’une armée de 10 000 volontaires rétribués, d’une ligne de places fortes et d’une capitale, Tagdempt.
Lorsqu’il crut que le temps jouait en faveur des Français, il reprit la lutte en novembre 1839 et envahit la Mitidja, où étaient déjà installés des colons. Une grande guerre s’engagea, au cours de laquelle il tenta par la mobilité de ses troupes de suppléer à leur infériorité numérique. Vaincu au terme de quatre années de combats, affaibli par la soumission de nombreuses tribus, il dut se réfugier au Maroc à la fin de 1843, mais il réussit à entraîner le sultan ‘Abd al-Rahman dans la guerre contre les Français. Après les bombardements de Tanger et de Mogador et la défaite de l’armée marocaine à la bataille de l’Isly (14 août 1844), le sultan se résigna à la paix. Abd el-Kader, déclaré hors la loi au Maroc, se cantonna près de la frontière algérienne puis, profitant de nouveaux mouvements insurrectionnels déclenchés par la confrérie des Taibiyya en 1845, il reparut en Algérie. Ses succès (Sidi Brahim, 23 sept. 1846) firent craindre aux Français son triomphe définitif. L’armée française, forte de 106 000 hommes répartis en dix-huit colonnes opérant simultanément, parvint à le rejeter de nouveau au Maroc. Le sultan, qui redoutait désormais en lui un compétiteur, le fit pourchasser. Alors l’émir des Croyants préféra se rendre aux Français, le 23 décembre 1847.
Manquant à la promesse qui lui avait été faite de le transporter avec les siens à Alexandrie, le gouvernement de Guizot, puis ceux de la IIe République, tout aussi méfiants, le retinrent prisonnier en France. Mais de nombreux Français lui témoignèrent égards et amitié. Le prince-président Louis-Napoléon, homme généreux, fut de ceux-là: le 16 octobre 1852, il vint lui-même annoncer à l’émir sa mise en liberté et un traitement digne de son rang pour s’établir à Brousse en Turquie.
Ces cinq années de séjour forcé en France révélèrent cependant à Abd el-Kader ce qu’étaient la civilisation et la religion chrétiennes et expliquent peut-être qu’il ait pu songer plus tard à un rapprochement islamo-chrétien.
Dans la troisième partie de son existence, qui se déroula tout entière dans le Proche-Orient, de 1852 à 1883, Abd el-Kader se consacra presque exclusivement à l’étude et à la méditation religieuses. Cette orientation répondait à une vocation profonde; dès sa jeunesse, il avait manifesté le goût de l’oraison et de l’exercice mystique. À Brousse, il rédigea un traité de philosophie religieuse à l’usage des chrétiens qu’il intitula Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent. Installé à Damas, où il vécut de 1855 jusqu’à sa mort, il prit figure de maître spirituel: son enseignement y fut recueilli. Une partie de ses propos et de ses commentaires écrits a été publiée sous le titre Le Livre des haltes (mystiques), très partiellement traduit en français. Cet ouvrage, dont la splendeur littéraire frappe, révèle la profondeur du mysticisme de l’émir. Il s’y affirme disciple d’un des plus grands soufis de l’Islam, Ibn ‘Arabi, le Shaykh al-akbar (ce qu’on a pu traduire par Doctor maximus de la gnose islamique). Ainsi s’explique la volonté d’Abd el-Kader d’être inhumé à Damas près de la tombe d’Ibn ‘Arabi.
Bien qu’il se tînt désormais à l’écart des affaires politiques, Abd el-Kader s’occupait activement de la colonie des muhajirin (émigrés pour la foi) algériens qui affluaient à Damas. Cela l’obligea à solliciter parfois l’aide de l’empereur Napoléon III. Mais s’il intervint, en juillet 1860, lors des émeutes antichrétiennes de Damas, ce fut seulement, expliqua-t-il, "par devoir de religion et d’humanité".
En prenant sous sa protection et celle de ses Algériens plusieurs milliers de maronites et d’Européens, il leur permit d’échapper aux massacres.
Ce geste, qui eut un grand retentissement en Europe, attira à nouveau l’attention sur lui. Il fut décoré de l’ordre de Pie IX et reçut la grand-croix de la Légion d’honneur.
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  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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