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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 05:20
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De l'identité - identités multiples ?  

 

     A l'heure où, en France, le débat controversé sur l'Identité nationale "part dans tous les sens", il est naturel à chacun des poser des questions... Questions qui interpellent tout au long de la vie :  illusoire de vouloir réduire l'identité d'une personne selon un critère unique ou des critères qui seraient définis  et figés par loi ou décret. Chacun le ressent bien : l'identité présente de multiples facettes. Cette richesse d'une identité multiple et diverse, que chacun acquiert au cours de son existence, fait de tout être humain une personne unique. Nul besoin d'aller débattre pour cela, dans les préfectures sous la houlette du Pouvoir en place !

 

     Dans un essai "Les identités meurtrières",  paru en 1998 mais plus que jamais d'actualité, Amin Maalouf Amin Maalouf0194livre ses réflexions  pleines de sagesse et de lucidité, d'inquiétude mais aussi d'espoir.

 

 


      Voici l'introduction de son livre ci-dessous.

                                                                

 

 

 

 



 

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Les Identités meurtrières

 


Identités meurtrières0193 bis     Depuis que j’ai quitté le Liban en 1976 pour m’installer en France, que de fois m’a-t-on demandé, avec les meilleures intentions du monde, si je me sentais «plutôt français » ou «plutôt libanais ». Je réponds invariablement: «L’un et l’autre ! » Non par quelque souci d’équilibre ou d’équité, mais parce qu’en répondant différemment, je mentirais. Ce qui fait que je suis moi-même et pas un autre, c’est que je suis ainsi à la lisière de deux pays, de deux ou trois langues, de plusieurs traditions culturelles. C’est précisément cela qui définit mon identité. Serais-je plus authentique si je m’amputais d’une partie de moi-même ?

   A ceux qui me posent la question, j’explique donc, patiemment, que je suis né au Liban, que j’y ai vécu jusqu’à l’âge de vingt-sept ans, que l’arabe est ma langue maternelle, que c’est d’abord en traduction arabe que j’ai découvert Dumas et Dickens et Les Voyages de Gulliver, et que c’est dans mon village de la montagne, le village de mes ancêtres, que j’ai connu mes premières joies d’enfant et entendu certaines histoires dont j’allais m’inspirer plus tard dans mes romans. Comment pourrais-je l’oublier ? Comment pourrais-je jamais m’en détacher ? Mais, d’un autre côté, je vis depuis vingt-deux ans sur la terre de France, je bois son eau et son vin, mes mains caressent chaque jour ses vieilles pierres, j’écris mes livres dans sa langue, jamais plus elle ne sera pour moi une terre étrangère.

  

  Moitié français, donc, et moitié libanais ? Pas du tout ! L’identité ne se compartimente pas, elle ne se répartit ni par moitiés, ni par tiers, ni par plages cloisonnées. Je n’ai pas plusieurs identités, j’en ai une seule, faite de tous les éléments qui l’ont façonnée, selon un « dosage » particulier qui n’est jamais le même d’une personne à l’autre.

  

   Parfois, lorsque j’ai fini d’expliquer, avec mille détails, pour quelles raisons précises je revendique pleinement l’ensemble de mes appartenances, quel qu’un s’approche de moi pour murmurer, la main sur mon épaule: « Vous avez eu raison de parler ainsi, mais au fin fond de vous-même, qu’est-ce que vous vous sentez? »

 

  Cette interrogation insistante m’a longtemps fait sourire. Aujourd’hui, je n’en souris plus. C’est qu’elle me semble révélatrice d’une vision des hommes fort répandue et, à mes yeux, dangereuse. Lorsqu’on me demande ce que je suis « au fin fond de moi-même », cela suppose qu’il y a, « au fin fond » de chacun, une seule appartenance qui compte, sa « vérité profonde » en quelque sorte, son « essence », déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus; comme si le reste, tout le reste — sa trajectoire d’homme libre, ses convictions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme —, ne comptait pour rien. Et lorsqu’on incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourd’hui, ce qu’on leur dit par là c’est qu’ils doivent retrouver au fond d’eux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres.


    Quiconque revendique une identité plus complexe se retrouve marginalisé. Un jeune homme né en France de parents algériens porte en lui deux appartenances évidentes, et devrait être en mesure de les assumer l’une et l’autre. J’ai dit deux, pour la clarté du propos, mais les composantes de sa personnalité sont bien plus nombreuses. Qu’il s’agisse de la langue, des croyances, du mode de vie, des relations familiales, des goûts artistiques ou culinaires, les influences françaises, européennes, occidentales se mêlent en lui à des influences arabes, berbères, africaines, musulmanes... Une expérience enrichissante et féconde si ce jeune homme se sent libre de la vivre pleinement, s’il se sent encouragé à assumer toute sa diversité ; à l’inverse, son parcours peut s’avérer traumatisant si chaque fois qu’il s’affirme français, certains le regardent comme un traître, voire comme un renégat, et si chaque fois qu’il met en avant ses attaches avec l’Algérie, son histoire, sa culture, sa religion, il est en butte à l’incompréhension, à la méfiance ou à l’hostilité.


   La situation est plus délicate encore de l’autre côté du Rhin. Je songe au cas d’un Turc né il y a trente ans près de Francfort, et qui a toujours vécu en Allemagne dont il parle et écrit la langue mieux que celle de ses pères. Aux yeux de sa société d’adoption, il n’est pas allemand ; aux yeux de sa société d’origine, il n’est plus vraiment turc. Le bon sens voudrait qu’il puisse revendiquer pleinement cette double appartenance. Mais rien dans les lois ni dans les mentalités ne lui permet aujourd’hui d’assumer harmonieusement son identité composée.


  J’ai pris les premiers exemples qui me soient venus à l’esprit. J’aurais pu en citer tant d’autres. Celui d’une personne née à Belgrade d’une mère serbe mais d’un père croate. Celui d’une femme hutu mariée à un Tutsi, ou l’inverse. Celui d’un Américain de père noir et de mère juive...

   Ce sont là des cas bien particuliers, penseront certains. A vrai dire, je ne le crois pas. Les quelques personnes que j’ai évoquées ne sont pas les seules à posséder une identité complexe. En tout homme se rencontrent des appartenances multiples qui s’opposent parfois entre elles et le contraignent à des choix déchirants. Pour certains, la chose est évidente au premier coup d’oeil; pour d’autres, il faut faire l’effort d’y regarder de plus près.


   Qui, dans l’Europe d’aujourd’hui, ne perçoit pas un tiraillement, qui va nécessairement augmenter, entre son appartenance à une nation plusieurs fois séculaire — la France, l’Espagne, le Danemark, l’Angleterre... — et son appartenance à l’ensemble continental qui se construit ? Et que d’Européens ressentent aussi, du Pays basque jusqu’à l’Ecosse, une appartenance puissante, profonde, à une région, à son peuple, à son histoire et à sa langue ? Qui, aux Etats Unis, peut encore envisager sa place dans la société sans référence à ses attaches antérieures — africaines, hispaniques, irlandaises, juives, italiennes, polonaises ou autres ?

 


  Cela dit, je veux bien admettre que les premiers exemples que j’ai choisis ont quelque chose de particulier. Tous concernent des êtres portant en eux des appartenances qui, aujourd’hui, s’affrontent violemment ; des êtres frontaliers, en quelque sorte, traversés par des lignes de fracture ethniques, religieuses ou autres. En raison même de cette situation, que je n’ose appeler « privilégiée », ils ont un rôle à jouer pour tisser des liens, dissiper des malentendus, raisonner les uns, tempérer les autres, aplanir, raccommoder... Ils ont pour vocation d’être des traits d’union, des passerelles, des médiateurs entre les diverses communautés, les diverses cultures. Et c’est justement pour cela que leur dilemme est lourd de signification : si ces personnes elles-mêmes ne peuvent assumer leurs appartenances multiples, si elles sont constamment mises en demeure de choisir leur camp, sommées de réintégrer les rangs de leur tribu, alors nous sommes en droit de nous inquiéter sur le fonctionnement du monde.


    « Mises en demeure de choisir », «sommées », disais-je. Sommées par qui ? Pas seulement par les fanatiques et les xénophobes de tous bords, mais par vous et moi, par chacun d'entre nous. A cause, justement, de ces habitudes de pensée et d’expression si ancrées en nous tous, à cause de cette conception étroite, exclusive, bigote, simpliste qui réduit l’identité entière à une seule appartenance, proclamée avec rage.


    C’est ainsi que l’on « fabrique » des massacreurs, ai-je envie de crier ! Une affirmation un peu brusque, je l’admets, mais que je me propose d’expliciter dans les pages qui suivent.

 

 

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Amin Maalouf, né à Beyrouth en 1949, est un écrivain franco-libanais.

                 Scriptorium

Scriptorium

    Il s’interroge sur la notion d’identité, sur les passions qu’elle suscite, sur ses dérives meurtrières. Diverses questions se posent :


- Pourquoi est-il si difficile d’assumer en toute liberté ses diverses appartenances ?


- Pourquoi faut-il encore, au début du XXIe siècle, que l’affirmation de soi s’accompagne si souvent de la négation d’autrui ?


- Nos sociétés seront-elles indéfiniment soumises aux tensions, aux déchaînements de violence, pour la seule raison que les êtres qui s’y côtoient n’ont pas tous la même religion, la même couleur de peau, la même culture d’origine ?


- Y aurait-il une loi de la nature ou une loi de l’Histoire qui condamne  les hommes à s’entre-tuer au nom de leur identité ?           

 

   Refusant cette fatalité que l’auteur a écrit " Les Identités meurtrières", un livre d'une grande humanité à lire d'urgence, si ce n'est déjà fait.


     Amin Maalouf a publié de nombreux ouvrages, romans, essais, et des livrets d'opéra !.

En 2004,son livre " Origines" a obtenu le Prix Méditerranée : il y raconte ses origines familiales, du Liban à Cuba.

 >>> Un lien parmi beaucoup d'autres : Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Amin_Maalouf

 

 

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 BIBLIOGRAPHIE


>>> 7 romans


- Léon l'Africain (1986), prix de l’Amitié franco-arabe 1986, biographie romancée de Hassan el-Wazzan, dit Léon l'Africain, commerçant, diplomate et écrivain arabo-andalou

- Samarcande (1988), qui met en scène le poète et savant Omar Khayyam

- Les Jardins de lumière (1991), biographie romancée du prophète Mani

- Le premier siècle après Béatrice (1992)

- Le Rocher de Tanios (Prix Goncourt 1993)

- Les Échelles du Levant (1996)

- Le Périple de Baldassare (2000). Un marchand génois, installé en Orient, part à la recherche d'un livre mythique qui est censé révéler le nom caché de Dieu, encore dit « le centième nom » (Prix Jacques Audiberti-ville d’Antibes 2000).


>>> 4 essais

 

- Les croisades vues par les Arabes, éd. Jean-Claude Lattès, 1983 - rééd. J’ai Lu (ISBN 2-290-01916-X))

- Les Identités meurtrières, éd. Grasset et Fasquelle, 1998. (ISBN 2-253-15005-3)

- Origines (Prix Méditerranée 2004), éd. Grasset et Fasquelle, sur ses origines familiales, du Liban à Cuba

- Le Dérèglement du monde (sous-titre : Quand nos civilisations s’épuisent), éd. Grasset et Fasquelle, 2009.

 

 

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http://salam-akwaba.over-blog.com/article-de-l-identite--40970664.html

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 01:02



lundi 16 novembre 2009

Pour un dialogue des cultures

Dans l’univers de l’après-guerre froide, après la chute du Mur de Berlin, de larges pans de l’opinion occidentale, comme de ses intelligentsias, ainsi que certains de ses gouvernements trouvent opportunément dans le « péril vert » islamique un ennemi de substitution au « péril rouge » du communisme, suite à la désintégration de l’Union soviétique, car, certains en Occident ne conçoivent pas un monde de désarmement et de dialogue.

En quelques années, l’Islam est devenu la bête noire de l’Occident. Le phénomène de l’extrémisme religieux, qui est apparu dans certains pays islamiques, a eu pour conséquence de faire accréditer les violences comme étant des pratiques islamiques alors que l’Islam en est totalement innocent. C’est pourquoi, on ne saurait insister assez sur la nécessité de convier le monde islamique, eu égard à son importance quantitative et qualitative, à contribuer à l’édification de l’ordre nouveau et à le consolider afin de lui assurer crédibilité et durée. Il faut souligner que cette méfiance à l’égard de l’Islam n’est certes pas nouvelle. Les musulmans sont confrontés depuis longtemps en Occident, de la façon la plus directe et la plus brutale, à l’image dépréciée, négative, hostile que leur renvoient de très larges secteurs de l’opinion, des médias et de l’establishment politique, intellectuel ou religieux de ces sociétés. Cette hostilité hésite de moins en moins à s’exprimer de la façon la plus violente et où « incontestablement », le 11 septembre 2001 a libéré la parole sur l’Islam (et où) on dit désormais ce qu’on n’osait même pas penser il y a quelques années » (Alain Gresh 2004, page 29).

 

Enfin, lorsque des stratégies militaires, maintenant que l’URSS a disparu, s’interrogent sur le risque que constituerait un Islam doté d’engins nucléaires pour la sécurité de l’Europe au XXIe siècle, presque tout le monde s’accorde à dire que l’accès de l’Iran au nucléaire militaire n’est pas acceptable. Mais en quoi le nucléaire iranien est-il menaçant ? Il y a en fait deux réponses qui n’induisent pas la même politique. La première consiste à dire que le problème, c’est le régime : une République islamique serait tentée de se servir de la bombe contre Israël ou bien d’utiliser la sanctuarisation induite par la possession de l’arme pour protéger des groupes terroristes sur son territoire. La seconde considère que la dissuasion fonctionnera quel que soit le régime et que le problème est plutôt l’effet de la prolifération qu’entraînera l’achèvement du programme nucléaire iranien, car l’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Turquie seront amenées à se nucléariser. L’Iran a été signataire (contrairement à l’Inde, au Pakistan et à Israël) : son retrait signifiera la mort du traité. Le régime en ce cas importe peu.

 

Or, selon l’hypothèse retenue, la stratégie à suivre est très différente : dans le premier cas, il faut pousser à un changement de régime, dans le second, c’est l’Iran en tant que puissance régionale nucléaire qui pose problème. De là, un choix s’impose : faut-il viser d’abord le régime ou bien le programme ? Durant la guerre froide (1947-1991) l’« ennemi total » était une idéologie : le communisme, qui avait pris corps dans un Etat concret, l’URSS. L’adversaire était circonscrit, cerné, enfermé derrière le rideau de fer ou le Mur de Berlin qui rendaient son accès à l’Occident presque impossible. Certes, ce régime soviétique a créé également les camps de concentration du Goulag, aboli les libertés collectives telles qu’elles sont reconnues dans le monde libre est adopté la bureaucratie administrative…

 

En dépit d’un demi-siècle environ de guerre froide entre les deux superpuissances et ce qu’elle a entraîné de différends idéologiques parmi les peuples du tiers-monde, allant parfois jusqu’aux conflits armés, cette expérience d’un certain équilibre entre les deux super grands demeurera néanmoins parmi les plus importantes phases de l’histoire de l’humanité grâce à des critères mondialement reconnus. Durant cette phase, l’Est et l’Ouest s’imposaient le respect mutuel grâce à une sorte de parité en moyens destructifs de dissuasion pour la maîtrise et le développement desquels ils poursuivaient une course sans merci. Parallèlement, les pays du tiers-monde tiraient avantage de l’affrontement des deux blocs en balançant tantôt vers l’un ou l’autre, tantôt vers le non-alignement.

 

L’entrée de l’économie mondiale dans une phase de dépression, la régression de l’influence des organisations politiques à caractère régional et le recul de la solidarité Nord-Sud n’ont pas entamé la pertinence des critères qui ont gouverné le monde durant la guerre froide et qui sont restés les mêmes, à savoir le recours obligé à l’aune de l’équilibre des forces en présence entre l’Est et l’Ouest pour l’évaluation de tout événement en perspective. La situation dans laquelle se trouvait le monde islamique durant les trois dernières décennies se caractérise donc par une nouvelle conscience anti-islamique qui s’est indiscutablement forgée.

 

Par ailleurs, le soutien massif des médias occidentaux à Israël a fait apparaître les causes politiques arabes, même les plus légitimes (en particulier la lutte des Palestiniens) comme dévoyées par le terrorisme. Enfin, l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990 et la découverte du programme nucléaire de Baghdad ont renforcé l’image de l’Arabe qui trahit l’Occident. Dans de nombreux documents officiels occidentaux, les problèmes se mêlent sans méthode pour montrer une région méditerranéenne en croissante instabilité. L’absence de démocratie dans certains Etats de la rive sud est parfois désignée comme l’une des causes de cette instabilité, mais il n’est jamais fait mention de politiques économiques excluantes du Nord, du système de Bretton-Woods ou de la suprématie militaire occidentale.

 

Voici par exemple, comment une résolution du Parlement européen explique l’aggravation de l’instabilité en Méditerranée : « L’expansion du fondamentalisme islamique, la nature endémique du conflit arabo-palestinien, l’affrontement entre les différentes nationalités et groupes, l’effet cumulé des problèmes écologiques, la dépendance économique, la dette, l’existence persistante des régimes politiques opposés au développement de la démocratie et des droits de l’homme, le chômage, l’explosion démographique et les migrations ont aggravé grandement la déstabilisation du sud et du sud-est de la Méditerranée. » Toutes ces spéculations désordonnées pour expliquer le « grand chaos du Sud » et mettre l’Occident hors de cause ont soudain trouvé une sorte de corps de doctrine lorsque, au cours de l’été 1993, le prestigieux professeur américain Samuel Huntington a publié un retentissant article. « Mon hypothèse, écrit-il, c’est que la source fondamentale du conflit dans le monde à venir ne sera pas principalement idéologique ou économique.

 

La grande division de l’humanité aura pour source dominante la culture. L’Etat-nation demeurera l’acteur le plus puissant des affaires mondiales, mais les conflits principaux de la politique globale auront bien entre nations et groupes de différentes civilisations. » Le Pr Huntington prétend qu’une civilisation est « le plus grand rassemblement de personnes d’une même culture ». Et il en définit huit : occidentale, confucéenne, japonaise, islamique, hindoue, slavo-orthodoxe, latino-américaine et « probablement » africaine. Il publia en 1996, un livre ayant pour titre Le choc des civilisations. Dans l’après-guerre froide, expliquait Hungtington, une guerre des cultures est en train de prendre la place des conflits interétatiques classiques.

 

La civilisation occidentale sera, pour sa part, prise en otage, gravement menacée par des civilisations hostiles. Les intégrismes religieux et les différences culturelles découperont le monde en plusieurs aires culturelles, en conflits entre elles. Les thèses de Hungtington ont été en général fort durablement contestées en raison de leurs simplifications et de l’appel de l’auteur à un sursaut politique et militaire de l’occident pour résister en particulier à l’islam et au confucianisme. Selon l’éminent professeur, une alliance islamico-confucéenne est en train de se constituer à travers les réseaux de commerce des armes entre des pays comme l’Iran et la Corée du Nord. Dans la recherche de paradigmes pour expliquer les relations internationales en cette après-guerre-froide, Francis Fukuyama et sa désormais célèbre « fin de l’histoire » avait précédé Hungtington dans le Star System intellectuel américain. L’islam en particulier pose un problème à l’Occident, ce n’est pas nouveau. Le contentieux est ancien.

 

Comme l’explique Joseph Maïla : « Il tient, au départ, dans cette proximité-rivalité entre Europe et Islam, qui fut guerrière comme à l’époque des croisades, de grande richesse intellectuelle et d’échanges, comme en Andalousie à l’époque de l’Espagne musulmane, mais qui a été entièrement dominée par la pénétration occidentale à partir du XIXe et surtout au XXe siècle après la chute de l’Empire ottoman. Depuis lors, la culture musulmane n’en finit pas de jeter ce regard mitigé, où se mêlent une attraction forte pour la société d’idées, de progrès et de consommation qu’est devenu l’occident et une méfiance grandissante à l’égard d’une civilisation suspectée de domination. La toute-puissance des Etats-Unis, leur manière de traiter la question palestinienne, les séquelles de la guerre d’Afghanistan et celle d’Irak rappellent que, dans le nouvel état des relations internationales, les pays musulmans font l’objet d’une attention suspecte et qu’ils sont perçus comme une source principale de menaces. »

 

Quel impact provoquent toutes ces théories et spéculations paranoïaques qui, au lieu d’en appeler au dialogue, à la coopération, à la réforme du système international et à l’exploration du consensus entre Etats, cultures et peuples proposent de se préparer à la confrontation ? En ces années 1990, une course aux armements a commencé, après qu’on eut annoncé solennellement la fin de la guerre froide et promis, non moins solennellement, les dividendes de la paix. La course effrénée, pour plus d’accumulation, a asservi l’homme à la matière au lieu de mettre la matière au service de l’homme. L’excessif attachement au positivisme laïque a dépouillé l’homme occidental de sa dimension spirituelle et, partant, de son espérance. La civilisation matérialiste qui gouverne l’ordre actuel tend à devenir gravement hédoniste, elle a favorisé la satisfaction des désirs, des pulsions et des instincts.

 

Plutôt que de se laisser entraîner dans une escalade de la terreur nucléaire, que tous les lobbies des industries d’armement réclament à grands cris, l’Europe ne devrait-elle pas refuser la vision xénophobe et simplificatrice du « choc des civilisations » et proposer comme modèle politique le « dialogue des cultures ».

   

Références bibliographiques :

 

- Le Croissant et le Chaos d’Olivier Roy
- Entre violence et paix de Jean-Yves Calvez
- L’Islam en débat d’Alain Roussillon

                  

    

M. Mourad Zouaoui

http://dz-controverses.blogspot.com/

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 04:21

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Christian Delorme (prêtre catholique, diocèse de Lyon)



A propos du dialogue interreligieux :


  • nettoyer l’histoire :


    - comprendre les mécanismes qui ont conduit à tant de guerres,

    - savoir reconnaître et mettre en évidence ce qu’il y a eu de positif.
  • accueillir le présent :

    - savoir analyser ensemble le monde qui est le nôtre.

  • vouloir un avenir commun :

    notre monde est devenu un village planétaire, nos cultures doivent vivre ensemble.

                  

                  Nous vivrons ensemble
                ou nous périrons ensemble.


 
                            http://www.larcenciel.be/spip.php?article179

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 22:40

Le Matrimandir, centre et lieu de méditation d'Auroville



Auroville (La cité de l'Aurore) est située à une dizaine de kilomètres au nord de Pondichéry dans le Tamil Nadu en Inde. Cette ville a été créée par Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connue sous le nom de La Mère, compagne spirituelle de Sri Aurobindo, penseur indien de l’homme nouveau. Elle a pour vocation d'être « le lieu d'une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités » http://www.auroville.org/vision/tobeatrueavlian.htm.



Sommaire

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La ville [modifier]



Auroville est construite d'après les plans conçus par l'architecte français Roger Anger. Lors de son inauguration, le 28 février 1968, en présence du président de la République indienne et de représentants venus de 124 pays, chacun versa une poignée de terre de son sol natal dans une urne en signe de fraternité universelle.

Au centre d'Auroville se trouve le Matrimandir, considéré comme l'âme de l'endroit par La Mère.

Le projet originel de la ville prévoit 4 zones (internationale, culturelle, industrielle, résidentielle) aménagées autour du Matrimandir, occupant 25 km2 (actuellement 10 km2 sont réalisés). La ville est supposée avoir la forme d'une spirale galactique une fois sa construction achevée. Auroville devait à l'origine accueillir 50 000 habitants. Mais, en 2008, la communauté ne regroupait que 2 018 Aurovilliens dont 1 570 adultes, invités ponctuellement à se réunir pour prendre une partie des décisions, l'unanimité étant requise. Dans ce petit bout de monde, on ne suit ni hiérarchie, ni chef, ni gourou. Par une loi non écrite, l'ancienneté confère toutefois une certaine autorité morale, voire quelques privilèges.

Auroville se compose de l'agglomération d'environ 80 villages répartis dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres, qui abritent une communauté internationale d'environ 2 000 résidents dont les 2/3 de 33 nationalités différentes.

À leur arrivée, hommes et femmes trouvèrent un site aride, sans eau. Ils creusèrent des puits et, pour faciliter le pompage, installèrent des éoliennes, un réseau d'évacuation et d'adduction d'eau, développèrent des activités artisanales et un centre de traitement informatisé…

Sur le papier, tout a l'air simple. Impossible cependant de se repérer pour le néophyte. Les chemins en terre forment un labyrinthe qu'aucun panneau indicateur ne renseigne.

La Mère parlait du projet en ces termes : « Il doit exister sur Terre un endroit inaliénable, un endroit qui n'appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… »[réf. nécessaire].


Quelques communautés et leurs centres d'activités :

  • Forecomers (agriculture et technologies de substitution)
  • Aurelec (informatique)
  • Fertile (reboisement et agriculture)
  • Nine Palms (reboisement et agriculture)
  • Meadows (reboisement et agriculture)
  • Fraternity (communauté artisanale travaillant avec les villageois tamouls)
  • Aspiration (éducation, santé et activité du village)

L'Unesco soutient le projet depuis le début. En 1988, le parlement indien a accordé à ce grand village de 20 km² un statut unique dans le pays. Depuis, Auroville bénéficie d'une liberté d'action privilégiée et ses habitants étrangers d'un statut préférentiel pour leur visa (un an renouvelable contre six mois pour les touristes).

Quarante ans en arrière, personne ne se serait battu pour ce plateau aride, raviné par les moussons et balayé par les vents de sable. Plus de deux millions d'arbres et d'arbustes ont été plantés en quatre décennies : le désert s'est mué en un paradis tropical.
La reforestation n'est pas le seul domaine en pointe à Auroville. Les équipes du CSR, son Centre de recherche scientifique, s'intéressent activement aux énergies renouvelables, au recyclage et à la purification de l'eau (fontaine Mélusine), aux constructions écologiques ainsi qu'aux véhicules hybrides et électriques... depuis plus de vingt ans. Autant de travaux taxés d'utopiques ou d'avant-gardistes hier et qui concernent les laboratoires de toute la planète de nos jours.

À Auroville, on ne croise aucun panneau publicitaire, aucun vendeur de gadgets électroniques, de vêtements à la mode. Tout juste une banque en périphérie et quelques supérettes. La simplification de la vie quotidienne passe aussi par l'absence de tentations. Mais si la Mère rêvait d'atteindre cet idéal, la réalité est plus nuancée. Éducation, soins médicaux de base, culture et activités sportives sont effectivement gratuits. Pour le reste, ceux qui n'ont pas de revenus touchent une maintenance de 5 000 roupies (environ 74 euros) par mois. De l'argent virtuel, débité pour les achats effectués à Auroville, les factures d'électricité ou de restauration. Impossible néanmoins de se contenter de cette somme: le nouvel arrivant doit pourvoir aux frais de location, puis de construction de son logement; ce pécule ne peut suffire à qui souhaite voyager ou payer des études supérieures à ses enfants. Pour pallier ce problème, certains ont fait le pari d'une unité commerciale à Auroville même : hébergement des invités, fabrication d'encens, de produits "bio", d'objets artisanaux, etc... (une partie des bénéfices commerciaux est reversée à la communauté).

Constructions majeures d'Auroville [modifier]

L'un des plans d'origine d'Auroville

Quelques constructions [modifier]
  • Visitors center (Centre des visiteurs) : constructions d'une grande ampleur architecturale afin d'accueillir les visiteurs. On y trouve plusieurs photos d'Auroville à l'origine, des livres et une restauration. Également, un amphithéâtre où se tiennent des spectacles.
  • Bharat nivas (Maison de l'Inde) : culture d'Auroville. Cela consiste en divers amphithéâtres, cinémas, bibliothèque, etc.
  • Pour tous : le plus grand supermarché d'Auroville.
  • Language laboratory (Laboratoire des langues) : lieu commun d'échanges pour l'étude et l'apprentissage des langues dans des cours par l'écrit, l'audio, l'oral, ordinateur, etc.
  • Cuisine solaire : cuisine vaste et peu chère (25 roupies/repas soit environ 50 centimes d'euro) pour Aurovilliens et les résidents. Néanmoins, elle représente un coût un peu plus élevé (80 roupies/repas soit environ 1,5 euro) pour les personnes voulant y manger et devant réserver.
  • New Creation Corner (Angle des nouvelles créations) : restaurant à côté du réfectoire New Creation. Il s'agit d'un restaurant classique, avec des kelneroj, entraînant de fait une augmentation des prix (environ 100 Rpj/repas soit environ 2 euros). La monnaie et les cartes bancaires sont acceptées.

Le Pavillon Tibétain [modifier]

Claude Arpi est le directeur du Pavillon Tibétain de la cité internationale d'Auroville [1] L’architecture du Pavillon Tibétain a été conçue sur les plans du Mandala du Kalachakra et ses différentes pièces sont disposées symétriquement autour d’une cour centrale. Le 14e Dalaï Lama a inauguré le Pavillon, en présence de Claude Arpi, le 20 janvier 2008. [2] Le Dalaï Lama a déclaré à cette occasion : « Actuellement nous avons vraiment besoin d'un effort pour promouvoir l’esprit humain authentique, d’un respect de tout être humain sans distinction de race, de culture, d’origine, de religion, c’est ce qui est important ».

Charte d'Auroville [modifier]

Charte lue par la Mère à l'inauguration d'Auroville.

1. Auroville n'appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l'Humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.

2. Auroville sera le lieu de l'éducation perpétuelle, du progrès constant, et d'une jeunesse qui ne vieillit point.

3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s'élancer vers les réalisations futures.

4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

http://www.auroville.org/vision/maonav_selected.htm

Remarques [modifier]

  • Dans cette société prônant l'égalité entre les hommes sans distinction de classe sociale et où la notion d'argent devait être bannie, les habitations reflètent malgré tout les disproportions de niveaux de vie.
  • Actuellement, pour devenir membre d'Auroville, il faut faire ses preuves pendant deux ans[3], il faut un visa indien de type X (signifiant extensible, renouvelable et permettant de résider en Inde), ainsi que l'argent nécessaire pour vivre au moins un an sans être rémunéré pour son travail. [4]

 

Voir aussi [modifier]

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Auroville.

Articles connexes [modifier]

Références [modifier]

Bibliographie [modifier]
  • Monique Patenaude. "Made in Auroville, India", roman français, Les Editions Triptyque, 2004.
  • Émission de France Inter Interception du dimanche 18 mai 2008 "Auroville idéale" [1] par Angélique Bouin et Valérie Cantié
  • Documentaire avec Jean-Pierre Elkabbach, pour 5 colonnes à la une [2]

Liens externes [modifier]
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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 17:28

Le Recteur de la Mosquée de Paris

En défense de l’islam d’émancipation !
publié par Christian DELARUE (Resp nat ATTAC et MRAP) Avant-hier 11H51

!

http:// amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article734

Pour une alliance altermondialiste avec les musulmans critiques du capitalisme, de l’impérialisme mais aussi féministes et laïcs.

**

La question de l’alliance avec les musulmans, les individus qui se définissent principalement ou secondairement par leur religion, se pose différemment à l’égard des musulmans vivant en Europe ou de ceux musulmans vivant sous l’autorité d’Etats islamiques et/ou de sociétés subissant le néocolonialisme et l’impérialisme. La situation, notamment celle liées aux libertés et à l’égalité ou à l’accès aux droits, étant différente le niveau d’exigence est aussi différent. Refuser, par exemple, un soutien aux musulmanes voilées en lutte au sud contre l’impérialisme pour ce seul prétexte serait faire preuve de sévérité en matière de solidarité anti-impérialiste.

Il en va différemment en France et en Europe ou la défense d’un islam "light" (1) se comprend mieux. Il y a de nombreux musulmans de gauche, qui semblent trop "intégrés" pour Vincent GEISSER , mais qui néanmoins appuient le mouvement altermondialiste, laIc et féministe. En Europe ils sont nombreux on peut donc s’appuyer sur eux pour changer l’Europe et le monde. Ils sont une force essentielle pour enclencher
la dynamique européenne à construire.


Il ne s’agit donc pas ici des élites de droite que vise, semble-t-il, Vincent GEISSER . Que les racines critiques puisent chez tel ou tel auteur dans le compromis néocolonial des années 50/60 ne nous semblent pas aujourd’hui déterminant. Les parcours militants peuvent évoluer. D’autant que le fait n’est pas avéré pour la jeunesses étudiante qui lutte à la fois contre l’islam réactionnaire et oppressif (qui s’est développé depuis la perte d’influence du socialisme bureaucratique) et contre l’impérialisme . Pour les plus âgés, ce qui compte ce sont leurs positions et pratiques sociales et politiques aujourd’hui et non une aléatoire collusion datant des années 1950/60.


Se dégager des logiques de camp qui verrouillent la compréhension des dynamiques.

Comme à l’accoutumée désormais il est difficile de prendre une position qui n’entre pas dans la logique de camp Occident contre Orient dite communément "choc des civilisations". En France deux organisations idéologico-politiques impriment leur diktats sur le devoir de choisir son camp : Riposte laïque contre les Indigènes de la République. Les anti-islam et anti-musulmans d’un côté contre les pro-islam et les pro-musulmans de l’autre. Ce n’est pas ainsi que le débat se pose. D’ailleurs même au sein de ces organisations maximalistes tous ne le posent pas en ces termes et c’est heureux.


Dès lors on ne s’étonnera pas qu’il faille distinguer d’emblée l’islam et ses croyants - les musulmans - pour souligner ensuite la diversité de l’islam et des musulmans. Au regard du contexte ce n’est pas une clause de style mais une nécessité visant à préserver les musulmans d’une stigmatisation globalisante. Car le procédé est désormais connu depuis l’affaire Redeker : on critique sévèrement cette religion dans sa globalité (ce qui est de droit mais pas la stratégie politique ici préconisée) puis on rapporte le jugement extrêmement négatif à l’ensemble de la communauté musulmane. Le procédé devient alors clairement odieux. C’est une islamophobie qui n’a rien à voir avec une critique raisonnée de l’islam ou des pratiques de certains musulmans réactionnaires.


Le second niveau de remarques plus en prise avec un souci de stratégie altermondialiste revient à distinguer un certain islam réactionnaire aux pratiques rétrogrades de l’islam pacifiste, laïc et favorable à l’égalité entre hommes et femmes. Dans la foulée immédiate de cette distinction, l’altermondialisme se doit de respecter et de défendre les musulman(e)s d’Europe éloigné(e)s de l’islam de protection vestimentaire de la femme (voile ou burka) ou de l’islam pro-affichage ostensible. Les pratiquants de cet islam sobre et pacifiste doivent pouvoir trouver leur place dans le travail et hors du travail, autrement dit dans toutes les sphères de la société française ou européenne. Ils doivent être reconnus comme des égaux et des camarades (principe adelphique). Ces musulmans et musulmanes doivent aussi pouvoir disposer de lieux de prière comme toutes les religions présentes sur le territoire national ou européen afin d’en finir avec "l’islam des caves".


Ni burka ni voile : contre l’islam d’oppression quelle pédagogie en défense de l’islam d’émancipation ?


Fin du tabassage des femmes au foyer et construction de mosquées.

Or cet Islam et leurs pratiquants sont stigmatisés par Vincent Geisser comme étant un islam "light". Les Indigènes de la République n’ont que des critiques contre cet "islam compatible" avec la mentalité dite "catho-laïque" c’est à dire d’affichage discret. Leur pratiquants sont qualifiés de "bountys" ainsi que le dit Pierre Tévanian : ils sont noirs dehors et blancs dedans. Ils sont des traitres à l’islam perçu comme "authentique", celui qui voile les femmes et autres contraintes plus oppressantes encore. Or l’islam qui voile les femmes suscite au mieux de la gêne polie au pire de l’exclusion. On ne saurait donc encourager de telles pratiques.


Cet islam fondamentaliste est diffusé par un appareil intégriste et patriarcal international qui s’est beaucoup développé depuis la perte de crédibilité du socialisme autoritaire et dictatorial. Cet appareil intégriste pèse de tout son poids sur les jeunes filles pour assurer tôt leur soumission. Beaucoup de religions procèdent ainsi.

Et les mères participent de la reproduction du système patriarcal. Ce qui ne rend nullement aisé la tâche des féministes de par le monde. En tout cas la gauche tiers-mondiste n’a pas à défendre cet islam-là pour lutter contre le néocolonialisme et l’impérialisme du Nord. Au contraire, le mouvement d’émancipation a pour racine le questionnement et la confrontation sur les pratiques religieuses et les mécanismes d’identification culturelle. Le propos vaut contre l’Occident comme contre l’Orient .

L’émancipation passe par une mise à distance des mécanismes d’identification assignés très tôt par la tradition de la communauté d’appartenance.


Au regard de ces développements, il faut défendre

1 - la laïcité des institutions,

2 - la loi de mars 2004 contre les signes religieux ostensibles (et non pas les signes visibles mais discrets) à l’école, avec extension au personnel civil encadrant les sorties scolaires. Proposer son extension en Europe. Quid de l’université ?

3 - l’accès par concours à tous les résidents de longue durée à la fonction publique (les 3 FP) mais sans signes religieux ostensibles (principe de neutralité de l’auxiliaire jusqu’aux échelons de commandement).

4 - l’interdiction du voile couvrant tout le corps y compris le visage lors de présentation aux guichets des institutions publiques ou des entreprises privées. Proposition faite à Mr Gérin (3).

5 - le principe de libre accès aux soins par les femmes musulmanes sans autorisation du mari vérifiant la qualité du soignant.

6 - l’application des règles contre l’excision, le mariage forcé, le tabassage des femmes au foyer et le viol conjugal.

7 - l’extension de ces règles qui est demandée par les féministes. Il importe d’être plus offensif sur cette exigence.

8 - la possibilité de lieux de prière pour les musulmans afin de sortir de l’ "l’islam des caves". La question de "qui finance ?" reste problématique. Y contrôler l’emprise éventuelle des secteurs les plus radicaux n’est pas à exclure mais avec prudence.

Christian DELARUE

CA ATTAC / BE MRAP

1) Islam light : un produit qui se vend bien Vincent Geisser

NB : Mon désaccord avec Vincent GEISSER ne signifie pas approbation des mesures politico-policières prise à son encontre.

2) La dynamique européenne à construire.

http:// www.france.attac.org/spip.php?article9264

3) Burka et néo-socialisme. C Delarue à A Gérin

http:// amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article713



http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4914
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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 08:39

publié par roland (Dazibaouebmaster) le 07/07/2009 16H43

Aymeric Chauprade Interview d’Aymeric Chauprade

Éditeur de science politique et d’histoire depuis 1994 et professeur de géopolitique depuis 1999, Aymeric Chauprade est également consultant international pour de grands groupes français ou pour des États sur les contentieux géopolitiques.
Il a publié plusieurs ouvrages, notamment « Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire » (Éd. Ellipses), devenu un manuel de référence, et plus récemment « Chronique du choc des civilisations » (février 2009, Éd. Dargaud), qui a provoqué son éviction brutale de sa chaire de géopolitique.
6 juillet 2009

Hugues Wagner : On vous a accusé d’être un partisan de la théorie du complot alors que vous n’êtes pas réputé comme tel. Que s’est-il passé ?

Aymeric Chauprade : Tout est parti d’un article de Jean Guisnel dans l’hebdomadaire français Le Point du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j’ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J’ai voulu montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans « Chronique du choc des civilisations » – qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre –, je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J’expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon « crime » est d’avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle.

Je suis un scientifique, j’ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d’être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n’en pensent pas moins), je peux vous dire que j’ai des doutes plus qu’importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d’imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n’importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c’est quasiment un crime contre l’humanité que d’imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.

Hugues Wagner : Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?

Aymeric Chauprade : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu’une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c’est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j’ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j’étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de « l’Occident contre les autres » que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.

Hugues Wagner : Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège royal militaire supérieur du Maroc, où vous enseignez ?

Aymeric Chauprade : Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j’ai eues. Pas seulement l’immense majorité des officiers français de l’École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J’ai reçu, plus discrètement des témoignages d’amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d’équilibre. J’attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J’y enseigne depuis six ans et j’ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d’expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n’étant plus un protectorat, je m’attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.

Hugues Wagner : Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l’Alliance atlantique (Otan) ?

Aymeric Chauprade : Elle est contraire à l’intérêt de la France et nous n’avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l’échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d’influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La « valeur ajoutée » de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j’ose dire de non-alignement, car si la France est bien d’Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l’équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l’Histoire.

Hugues Wagner : Une alliance est-elle dirigée contre un objectif, la Russie, la Chine, l’Iran, le terrorisme ?

Aymeric Chauprade : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d’un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s’opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l’affaire d’Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd’hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : « ces Français se sont opposés sur l’Irak ; c’est un raté, changeons les choses en France et ils ne s’opposeront pas demain sur l’Iran ».

Hugues Wagner : L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l’Otan était « totalement sous contrôle américain ». Est-ce votre avis ?

Aymeric Chauprade : Il a raison. Villepin a été l’honneur de la France à la tribune de l’Onu en 2003. Aujourd’hui, comme d’autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l’Otan aurait dû disparaître. Elle n’a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l’étendre et de la renforcer. L’organisation de l’Europe centrale et orientale va de pair avec l’élargissement de l’Union européenne. Et les Américains, voyant que l’Allemagne poussait pour reconstruire son espace d’influence à l’éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu’il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d’exister à l’Otan. Avec la Yougoslavie, l’Otan a glissé vers la guerre d’ingérence manichéo- humanitaire…

Hugues Wagner : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?

Aymeric Chauprade : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.

Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.

Hugues Wagner : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une « campagne d’épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Hugues Wagner
Afrique Asie – Juin 2009

Source :
http://www.afrique-asie.fr/_medias/dossiers/evenement%2043.pdf


Source: Silvia Cattorience manichéo- humanitaire…


Hugues Wagner
 : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?


Aymeric Chauprade
 : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.

Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.

Hugues Wagner : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une « campagne d’épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Hugues Wagner
Afrique Asie – Juin 2009

Source :
http://www.afrique-asie.fr/_medias/dossiers/evenement%2043.pdf


Source: Silvia Cattori

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=4799

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 01:36




Abd Raouf Chouikha

http://www.courrierinternational.com/illustrations/article/2009/03/i95815durban.jpg

Alors que le sommet des nations unies sur le racisme prévu du 20 au 24 avril prochain à Genève s'annonçait mal et semblait vouer à l'échec, un nouveau texte plus consensuel pourrait permettre d'éviter un fiasco. Les représentants des pays occidentaux et des pays musulmans et africains auraient enfin trouvé un terrain d'entente. Le nouveau texte ne mentionne plus ni Israël et le Proche-Orient, ni la diffamation des religions, ni la question des réparations pour esclavage, trois sujets considérés comme des "lignes rouges" par les Occidentaux.

Certains médias et intellectuels irréductibles continuent hélas de minimiser cet effort accompli, de stigmatiser cette conférence et d'appeler encore à son boycot.

"Il y a des concertations européennes pour avoir une position commune. Nous souhaitons maintenir cette dynamique européenne pour peser sur ces négociations afin d’obtenir l’élaboration d’un texte utile à la lutte contre le racisme, non stigmatisant", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Eric Chevallier au court d’un point presse vendredi 20 mars.

Ce revirement arrive donc à point pour sauver in extremis cette conférence du marasme et du désistement annoncé par certains pays occidentaux, après celui des Etats-Unis et de l’Italie. Cette nouvelle est pratiquement passée inaperçue, alors que les médias et les intellectuels ont été tous prompts à dénoncer les dérives de Durban I. On continue à discréditer les travaux de cette conférence. Signe préoccupant, le silence pesant des médias institutionnels sur les travaux préparatoires de cette assemblée de l’ONU qui devait redéfinir les critères et les normes en matière de racisme. C'est dire que les efforts en vue d'un rapprochement des points de vue ont dû être âpres et pénibles. Les artisans de ce consensus dont il faut saluer la prouesse sont le russe Youri Boychenko, l'égyptien Ahmed Ihab Gamaleldin et la miltante anti-apartheid Navi Pillay parmi d'autres.

Essayons de faire une petite rétrospective pour mieux comprendre le contexte.


L’essentiel à savoir
sur Durban 1


Elle s’est déroulée à Durban, ville cosmopolite d’Afrique du sud en août 2001. Cette conférence s'inscrivait dans le cadre des conférences mondiales contre le racisme initiées par l'UNESCO. Il y eut deux forums, l’un gouvernemental et le deuxième regroupant les ONG admises à participer. Les ONG ainsi que les gouvernements devaient produire un document avec des recommandations finales.
A Durban 1, certains témoins ont fait part des violences ainsi que des slogans antisémites exprimés sans retenue dans le Forum des ONG de la conférence mondiale contre le racisme. Le forum des ONG a donné lieu hélas à des comportements inadmissibles, la réunion gouvernementale a été quant à elle plus constructive. Lors de ces deux rencontres, on a assisté à une focalisation sur la question du Proche-Orient et on a voulu l’utiliser dans la plateforme d’action (DPA) contre le racisme. Mais, les termes jugés excessifs comme “purification ethnique”, « apartheid», « génocide » et « crimes racistes » pour qualifier l’attitude israélienne dans le conflit palestinien n’ont pas été admis par nombre de pays occidentaux.
Finalement, l’UE et le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU ont accepté que la Déclaration finale (DPA) soit adoptée par consensus par l’ensemble de la communauté internationale. Mais certains états ont émis des réserves lors de l’adoption du texte.
Notons que la DPA gouvernementale comporte certains paragraphes encourageant pour le mouvement antiraciste, notamment en ce qui concerne les Roms, les Gitans, les Sintis ainsi que les minorités et les peuples autochtones. En revanche, cela n’a pas été possible d’évoquer les
discriminations de caste et la situation des Dalit (Intouchables) en Inde, ou celles commises contres les minorités en Chine, en particulier contre le peuple tibétain. De même le problème des minorités et de la liberté religieuse n’a pu être débattu.
La traite négrière transatlantique et l'esclavage ont été condamnés sans hésitation et ont été considérées comme crime contre l’humanité. En revanche, certains pays voulaient qu’on les mette sur le même plan que l’esclavage contemporain, avec la traite transsaharienne ou dans l’Océan Indien.
Malheureusement, la prise en main du forum des ONG par certains groupes exaltés ou dits « anti-démocratiques », n’a pas permis d’examiner bon nombre de situations discriminatoires dans le monde. Ainsi, en raison du « langage de haine », la Haute Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson s’est vue obligée de refuser de transmettre le document final des ONG aux représentants des gouvernements.

Mais certains médias ont tord de ne pas insister sur l’accord important entre l’UE et l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) afin que soit évoquée la tragédie de l’holocauste. Cet accord permit que la résolution 60/7de l'ONU soit adoptée sans vote. Cette résolution intitulée « Mémoire de l'Holocauste » a été admise le 1er novembre 2005 par l'Assemblée générale de l'ONU qui avait aussi décidé - malgré des réserves de l'Egypte qui voulait aussi associer "la souffrance de tous les Peuples" - que les Nations Unies proclameraient tous les ans le 27 janvier journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste.

 


Le contexte idéologique 
de Durban 2



Le programme d’action de Durban met à l’honneur la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains » qui « peut aider à promouvoir la dignité » et à « éliminer le racisme ». Pour la première fois, le terme d’« islamophobie » a été introduit dans un texte international.

http://www.swissinfo.org/xobix_media/images/sri/2007/sriimg20070322_7645910_2.jpg

Pour Doudou Diène, rapporteur général des Nations unies, le terme islamophobie se  réfère à une hostilité non fondée et à la peur envers l’islam, et en conséquence la peur et l’aversion envers tous les musulmans ou la majorité d’entre eux. Il se réfère également aux conséquences pratiques de cette hostilité en termes de discrimination, préjugés et traitement inégal dont sont victimes les musulmans (individus et communautés) et leur exclusion des sphères politiques et sociales importantes. Ce terme a été introduit pour répondre à une nouvelle réalité: la discrimination croissante contre les musulmans qui s’est développée ces dernières années. Mais cela n’a pas été sans poser de problèmes; certains intellectuels y ont vu une menace contre la liberté d’expression et la liberté de conscience, récusant la terminologie qui fait référence à une religion. D’autres personnalités telles Alain Gresh ou Jean Baubérot dénoncent l'islamophobie, qu'ils conçoivent comme un amalgame entre croyants et intégristes, fondée sur une interprétation belliciste du Coran, et qui sous prétexte de protection de la liberté d'expression, dégénère souvent en xénophobie. Mais le débat est loin d’être clos hélas. À Alger le 3 décembre 2007, le président français Nicolas Sarkozy fait un parallèle entre l'islamophobie et l'antisémitisme : «  En France comme en Algérie, nous devons combattre avec une détermination sans faille toute forme de racisme, toute forme d'islamophobie, toute forme d'antisémitisme. Il n'y a rien de plus semblable à un antisémite qu'un islamophobe. Tous deux ont le même visage : celui de la bêtise et de la haine. (…) Le racisme, l'islamophobie et l'antisémitisme ne s'expliquent pas. Ils se combattent. Ce qui vaut pour la France vaut partout ailleurs dans le monde. »

On peut espérer que ces paroles de raison amèneront certains à réaliser que le racisme quel qu’il soit est abject et dangereux, comme il est dangereux de hiérarchiser ses victimes.


D’autres mécanismes idéologiques apparaissent dans les réunions préparatoires, notamment sur les descendants d’Africains, le droit des femmes et des minorités diverses.
En ce qui concerne le droit des femmes, les approches divergent, d’un côté celles qui placent les traditions, les cultures et les religions au même titre que les droits universels et, de l’autre celles mettant en avant l’émancipation.
Bienheureusement certains thèmes comme la représentation politique des femmes, les mutilations sexuelles, la traite et la prostitution ont été admises, valorisant ainsi la place traditionnelle des femmes dans l’espace de la famille.

Par contre le débat sur la diffamation des religions a été moins concluant. A la limite même d'un
dialogue de sourd. D'un côté on parle de la responsabilité des médias dans la diffusion de textes insultants ou de dessins diffamatoires, dérapant souvent vers une forme de discrimination raciale ou religieuse –comme on l'a observé avec l'affaire des "caricatures"-. On dénonce d'un autre côté la censure et la menace sur la liberté d'expression. Elle menace surtout la laicité nous dit-on et porte atteinte à la conscience anti-religieuse et aux sentiments athés ou agnostiques. Comme si pour défendre la liberté d’expression il fallait protéger la laïcité et véhiculer nécessairement un stéréotype négatif des religions incitant ainsi à la haine religieuse.


Dialogue
des civilisations


Afin de prévenir les conflits futurs et de parvenir à une
paix durable entre les peuples, le dialogue inter-religieux est promu.
Lors de la conférence du Mouvement des non alignés à Durban en 1998, le président de la République islamique d’Iran Mohamed Khatami avait proposé que l’Assemblée Générale consacre l’année 2001 année du dialogue des civilisations , réfutant l'idéologie du « choc des civilisations » chère à l’universitaire américain, Samuel Huntington. Après les attentats à Madrid en 2005, une nouvelle structure va naître au sein de l’ONU, « L’Alliance des Civilisations » sous l’égide des gouvernements espagnols et turcs.


Cette « Alliance des Civilisations » propose un rapprochement des différentes communautés de cultures et d’ethnies. Ces communautés seraient chacune représentées par deux personnes. Ainsi l’Europe de l’Ouest est représentée par Hubert Védrine et Karen Armstrong. Khatami représenterait un Moyen-Orient avec la qatarie Mozah Bint Nasser Al Missned . Arthur Schneier se voyait confier la représentation de l’Amérique du Nord avec John Esposito.

En réalité, l’alliance ou le dialogue de civilisations présentent une autre vision du monde qui met en avant un consensus universaliste enrichi de ses différentes composantes culturelles locales, et confère bien sûr aux religions une place politique de premier plan.


L'Assemblée générale de l'ONU a voté une résolution le 20 octobre 2005 en faveur du
Dialogue entre les civilisations dont il est intéressant de rappeler ces quelques lignes : « Nous réaffirmons la Déclaration et le Programme d'action en faveur d'une culture de paix, ainsi que le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations et son plan d'action, adoptés par l'Assemblée générale, et la valeur des différentes initiatives en faveur d'un dialogue des cultures et des civilisations, notamment le dialogue sur la coopération interconfessionnelle. Nous nous engageons à prendre des mesures propres à promouvoir une culture de paix et un dialogue aux niveaux local, national, régional et international, et nous prions le Secrétaire général de réfléchir aux moyens de renforcer les mécanismes d'application et de donner suite à ces mesures. ».


Hubert Védrine dans son discours du 10 novembre à l’Assemblée Générale, rappelle les grands objectifs qui doivent « permettre à toutes les langues, cultures et civilisations, de vivre et de dialoguer ».


Il est important de noter que c'est la première fois depuis sa création, l’ONU envisage une approche des problèmes et des rapports entre les hommes, vus sous un autre angle que celui politique ou économique.


Retournement de situation
ou rebondissement


Les Européens restent prudents, ils tiennent à avoir une position commune. «Il faut rester ensemble afin de voir jusqu’où nous pouvons peser», explique l’Elysée. Les Italiens, qui avaient annoncé le boycott, vont agir à l’unisson de l’UE. Mais les divergences restent vivent et aucune décision n’a encore été prise, même si la pression s’accentue. «Nous allons envoyer maintenant les suggestions de l’UE pour les documents préparatoires», a déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères, Karel Schwartzenberg, soulignant que «si la conférence est en conformité avec ces suggestions, nous resterons, et sinon, il y a des appels très fermes pour nous retirer». L’Allemagne avait très clairement rappelé «les risques d’un détournement de la conférence, avec des prises de positions partiales sur le Proche-Orient». Enfin, Bernard Kouchner insiste notamment sur son refus de «toute stigmatisation d’Israël» et de toute référence «à la notion de diffamation des religions, concept incompatible avec la liberté d’expression et de conscience».

Le document, qui est passé d'une soixantaine de pages à 17 pages, ne parle plus du concept de diffamation des religions que les Occidentaux voyaient comme une manière de réduire la liberté d'expression de façon inacceptable. Il ne fait pas non plus mention d'Israël et ne contient plus de propos jugés antisémites par certaines délégations. Enfin, la notion de réparations relatives au colonialisme a disparu du texte présenté hier aux différents groupes régionaux. Eléments considérés comme «une ligne rouge» par les pays occidentaux


Le contenu
du nouveau document


Le document disponible sur le site internet du
Haut Commissariat aux droits de l'homme, a été soumis aux diplomates par le président du comité de rédaction le Russe Youri Boychenko. Le texte est nettement plus court que les précédents, conformément au souhait émis par plusieurs délégations, notamment occidentales. Le texte exprime, de manière plus neutre, sa «profonde préocupation» à l'égard des «stéréotypes négatifs visant des religions» et «l'augmentation globale du nombre d'incidents d'intolérance et de violence raciale et religieuse, dont l'islamophobie, l'antisémitisme, la christanophobie et l'anti-arabisme». Le nouveau document tient compte des propositions avancées par les pays occidentaux. Il rappelle ainsi que l'Holocauste ne doit jamais être oublié. Il réaffirme le droit à la liberté d'opinion et d'expression. Le document ne parle plus de compensations financières pour l'esclavage et demande seulement aux Etats de prendre les mesures appropriées, sans préciser, pour contribuer à restaurer la dignité des victimes de l'esclavage.


Les artisans
de Durban II


http://www.lafree.ch/content//visual.php?id=102&idelement=890&nomchamps=filinkimage&subimg=large*

Le Russe Youri Boychenko, qui dirige le groupe de travail chargé d'élaborer un projet de déclaration finale de Durban II, a réussi, avec l'aide de l'Egypte, de la Belgique et de la Norvège, à présenter un nouveau texte qui met en veilleuse les thèmes de controverse entre Occidentaux, monde arabo-musulman et pays africains. Tout le monde apprécie ce travail et salue les vertus diplomatiques de Youri Boychenko.

http://www.iisd.ca/isdr/wcdr1/pix/2russianfed033-s.jpg

Ambassadeur du Pakistan auprès des Nations unies à Genève et coordinateur pour l'Organisation de la conférence islamique en matière de droits de l'homme, Zamir Akram le souligne : "Le nouveau document est le résultat d'un consensus et de négociations. Pour l'obtenir, il fallait accepter de ne pas défendre des positions maximalistes." Zamir Akram n'était lui-même pas satisfait du premier projet de déclaration finale, "un fourre-tout incohérent". D'où son regard critique sur le bras de fer engagé par les Occidentaux: "C'est une tempête dans un verre d'eau." Dans le processus de préparation de Durban II, l'ambassadeur pakistanais approuve le fait que la diffamation des religions ne soit pas érigée en principe. La notion d'incitation à la haine raciale et religieuse, contenue dans l'article 20 du Pacte relatif aux droits civils et politiques, lui paraît suffisante.

Le diplomate n'a toutefois pas apprécié qu'il y ait de la part des Occidentaux des préconditions à une négociation multilatérale.
http://www.nepalnews.com/archive/2005/mar/pic/Zamir_Akram.jpg


Vice-représentant de l'Egypte auprès de l'ONU et ministre plénipotentiaire, Ahmed Ihab Gamaleldin espère que la Conférence sur le racisme de Genève sera un succès et que tous les Etats y participeront. "Le texte raccourci reflète l'une des plus grandes priorités du groupe africain, le racisme. J'espère que tous les Etats vont s'approprier ce texte de consensus." Son pays a joué un rôle majeur de modérateur qui n'est pas passé inaperçu.
http://www.iisd.ca/2002/pc1/pix/12egypt_s.jpg
En dépit des commentaires plutôt positifs, le nouveau projet de déclaration n'est toutefois pas un aboutissement. «C'est une bonne base de discussion», estime un diplomate occidental. Ahmed Ihab Gamaleldin partage cet avis, mais reconnaît que "de part et d'autre, il faudra faire preuve de bonne foi et de bonne volonté pour que chaque état se sente prêt à s'approprier le texte. Car l'absence de consensus serait dangereuse. Tout état se verrait légitimé à faire toute sorte de demande dans les instances multilatérales". Le comité préparatoire de la conférence se réunira début avril pour finaliser un document soumis à l'approbation de tous les états. Une inconnue suscite toutefois une inquiétude: quelle va être l'attitude des états vis à vis d'Israël ?


Le défi
de Navi Pillay


La nouvelle Haut-commissaire aux droits de l’homme doit sauver du fiasco la prochaine conférence contre le racisme organisée à Genève en avril prochain. La Sud-Africaine Navanethem Pillay militante de l'ANC, qui a succédé en juin à la Canadienne Louise Arbour, a demandé la semaine dernière à tous les Etats de participer et de surmonter les divergences.

http://www.tdg.ch/files/imagecache/468x312/story/Pillay+Navi+AFP.png

S’adressant pour la première fois au Conseil des droits de l’homme, réuni à Genève pour une session de trois semaines, la Haut Commissaire s’est engagée à tout faire pour amener toutes les parties autour de la table et donner un nouvel élan à la lutte contre la discrimination, la xénophobie, l’intolérance et le racisme. Espoirs anéantis
«Si les divergences devenaient le prétexte à l’inaction, les espoirs et les aspirations de beaucoup de victimes seraient anéantis peut-être de manière irréparable», a averti la militante anti-apartheid.
Le Canada, les Etats-Unis et Israël boycottent les travaux préparatoires de la conférence de Genève, ou Durban II, alors que d’autres pays européens, comme la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne menacent de les suivre si la conférence se transforme en plate-forme anti-israélienne.
«J’appelle les gouvernements qui ont exprimé l’intention de ne pas participer à la conférence à reconsidérer leur position», a demandé solonellement la Haut Commissaire.
Elle ne crois pas qu’une approche du tout ou rien soit la bonne. «Sans la participation de tous, le débat et la lutte contre le racisme seront affaiblis», a souligné l’ex-juge à la Cour pénale internationale (CPI), qui a également appelé à renforcer la lutte pour prévenir le génocide.

«Navi Pillay tire dans la mauvaise direction», a réagi l’ONG «UN Watch». Et de se demander pourquoi la Haut Commissaire ne critique pas plutôt l’attitude du Soudan, de l’Iran et de la Libye «qui ont commencé à détourner la conférence» de ses buts.
Le directeur d’UN Watch Hillel Neuer regrette que Navi Pillay ait qualifié de «productive» la réunion préparatoire d’Abuja (24 au 26 août), alors qu’elle a omis de mentionner dans sa déclaration finale les atrocités commises au Darfour.
La nouvelle Haut Commissaire a également affirmé sa volonté de «tolérance zéro» à l’égard de la politique deux poids deux mesures et son souci d’impartialité. Elle devra lutter pour maintenir son indépendance. Le Pakistan et Cuba notamment ont réitéré leur demande d’un contrôle des activités du Haut Commissariat par le Conseil des droits de l’homme.

Les éternels opposants à Durban II et à l'Alliance des Civilisations

Malgré tous ces progrès notoires, il est à noter qu'en France, les prises de position en faveur du retrait de la délégation française de cette conférence continuent hélas à se faire entendre. On trouve dans cette direction des intellectuels tels que Fodé Sylla dans son intervention le 1er mars au colloque organisé par Africa International et l'IFIE. Bernard Henri Levy dans "Le Point" dénonce "la mascarade de Durban II". Pascal Bruckner demande "le boycott pur et simple. Peut-être faudrait-il dissoudre le Conseil des droits de l’homme ou n’y admettre que les pays qui sont d’authentiques démocraties. Faute de quoi il deviendrait pour la dignité humaine l’équivalent des paradis fiscaux pour l’économie : un centre de blanchiment des crapules". Des personnalités politiques telles que Bertrand Delanoé qui soutient "Notre pays compromettrait ses valeurs et sa devise en participant à cette mascarade",ou Claude Goasguen qui appelle "les députés à se mobiliser pour obtenir une décision claire et publique du gouvernement français, en rejoignant l'appel parlementaire pour le retrait de la France des travaux de Durban II". Sans oublier des organisations telles que la Ligue du droit international des femmes, le Grand Orient et la LICRA.


Pour appeler au boycot de la conférence sur la racisme, ces intellectuels ou ces politiques invoquent toujours la réthorique récurrente de stigmatisation et d'anathème basée sur des arguments caricaturaux ou peu convaincants
à savoir :

- a) d’imposer, au nom de la prétendue liberté religieuse, la supériorité d’une religion - l’Islam - sur toutes les autres religions….

- b) d’institutionnaliser l’antisémitisme au sein de la Conférence de l’ONU en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël.

- c) de promouvoir des thèses sexistes, hostiles aux droits des femmes et contestant en particulier leur droit à l’émancipation.

- d) de rejeter l’universalité des droits de l’homme au profit d’un communautarisme exacerbé qui devrait tenir compte des « spécificités culturelles »….

Quant à la sociologue Malka Marcovitch, elle se cantonne dans une attitude de rejet systématique " le mauvais compromis de Durban 2 me fait penser à Munich" dit-elle en précisant "Le texte présenté hier victorieusement par le facilitateur russe Youri Boychenko a un petit goût nauséabond de déjà vu et sent le souffre. "Durban 2 est sauvé !" clament certains commentateurs comme Chamberlain hurlait à la paix à son retour de Munich en septembre 1938."

Pourquoi tant acharnement ? Malka Marcovitch qui était un acteur potentiel à Durban I avait observé et dénoncé à juste titre les dérives. On aurait pensé qu'elle apporterait un soutien même modeste à ce nouveau texte. Bref, ces paroles insensées et cette comparaison malsaine avec Munich ont bien sûr permis à Tsipi Livni, ministre des Affaires étrangères israélienne de surenchérir :

« Durban II est une conférence cynique entièrement antisémite et anti-israélienne qui se cache sous le combat contre le racisme. La décision du gouvernement américain est une authentique et courageuse expression de ses valeurs de leader du monde libre, et cette décision doit montrer la voie pour tous ces autres pays qui partagent les mêmes valeurs » .


Madame Livni pourra-t-elle encore se prévaloir de ces mêmes "valeurs du monde libre" pour justifier les massacres et les crimes de guerre perpétrés par son pays contre les civils du guetto de Gaza ?


Plus pragmatique,
Caroline Fourest dans « La tentation obscurantiste » avait dénoncé des "Etats qui persécutent chez eux les minorités religieuses prétendaient nous donner des leçons de tolérance – envers l'Islam." Et avait alors appelé au boycot de la conférence de Génève.

Mais dans le Monde du 13 mars dernier dans un article intitulé "Il ne faut pas déserter Durban II" elle salue l'avancée de la plate-forme d'action qui a éradiqué une partie des dégats de Durban I. Elle a bien pris conscience que les "lignes rouges bien établies" n'ont pas été franchies. Elle conclue de manière lucide "Mépriser cette négociation ne permettrait pas d’expliquer au monde la position de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de déserter la lutte contre le racisme, mais de résister à son instrumentalisation. Le risque serait surtout d’affaiblir un peu plus le multilatéralisme, dont nous avons tant besoin pour préserver l’universalisme et renégocier un jour cette plate-forme."


La balle est dans le camp
des occidentaux


Malgré les avancées spectaculaires, rien n'est encore acquis. Les Européens vont-ils se contenter de ce texte? Ahmed Ihab Gamaleldin met en garde: «Nous n’avons jamais eu aussi peu de temps pour élaborer un texte dans une conférence multilatérale de l’ONU. La première lecture a eu lieu à la fin de février.».

Le comité préparatoire de la conférence se réunira le 6 avril pour finaliser le document qui devra encore être approuvé par tous les Etats.

Durban sur le racisme: le retournement qui peut sauver le sommetDirectrice du bureau de Human Rights Watch à Genève, Juliette Rivero se félicite de ce pas en avant. Mais elle met les Européens devant leur responsabilité: «La balle est dans leur camp. Il faut qu’ils adoptent désormais un agenda plus constructif.».

Selon le journaliste suisse Stephane Hussard "En brandissant la menace de ne pas participer au sommet de Genève, les Européens ont adopté une stratégie de négociation maximaliste dangereuse, car elle révèle ce qu'ils fustigent dans les enceintes multilatérales : l'intransigeance des Etats arabes susceptible de donner corps à la thèse du choc des civilisations.... Le consensus est possible. Le tournant est tel que rien dans le texte ne peut empêcher le retour des Américains"


A suivre donc

http://www.lepost.fr/article/2009/03/31/1477502_il-faut-sauver-durban-ii.html

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3 août 2008 7 03 /08 /août /2008 02:11
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sur mon blog préféré, d'Unité, de communion, de fraternité :

http://le-jardin.over-blog.com


A noter :

A Marseille,

il existe une association,

Marseille Espérance,

qui réunit, en dialogue et en fraternité, les trois grandes religions monothéistes.

Exemple à suivre ! Et à reproduire...
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Présentation

  • : Eva pour la communion des civilisations
  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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