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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 00:17

Convergences entre les eschatologies chrétienne et islamique (Imran Hosein et A. Douguine) [Vidéo]

Lundi, 03 Mars 2014 [Section :  Actualités antisionistes]

 

 

 

 

 

 

Convergences entre les eschatologies chrétienne et islamique (A. Douguine et Imran Hosein)

 


Un colloque à l’université d’Etat de Moscou, en juin 2013, a réuni des intellectuels russes dont, notamment, le théoricien, sociologue, polyglotte et chrétien orthodoxe, Alexandre Douguine et l’érudit musulman spécialisé en économie et en eschatologie islamique, Sheikh Imran Hosein.


Leur échange met en évidence les corrélations qui existent entre les eschatologies islamique et chrétienne orthodoxe.


« De grands événements sont sur le point de se produire, seuls deux peuples savent que Jésus est venu et qu’il reviendra : les chrétiens et les musulmans. » Toutefois, précise Cheikh Imran Hosein, tous les chrétiens n’en pensent pas autant. « Les chrétiens d’Orient pensent qu’il reviendra en personne, tandis que les chrétiens d’Occident essaient de le symboliser afin de le faire disparaître. » Ce retour, ajoute Sheikh Imran Hosein, « est l’événement le plus important à venir, à l’exclusion de l’avènement de l’Imam Mehdi (p) ». En réalité, nous vivons dans un monde ravagé par l’oppression, contre laquelle, seuls les chrétiens sincères et les musulmans sincères se lèveront. […]


« Les musulmans comme les chrétiens orthodoxes éprouvent la même passion pour Jérusalem. Du point de vue eschatologique islamique, ils sont destinés à former une alliance, prophétisée par le Prophète Mohammed (p), pour libérer Jérusalem. » […]


Nous adressons nos amitiés et nos encouragements à Alexandre Douguine et à Sheikh Imran Hosein pour leur travail. Volontairement, nous n’avons pas repris la totalité du colloque, notamment les parties en langue russe.


LSE

© www.partiantisioniste.com/actualites/1851
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 04:20

 

 

http://www.fait-religieux.com/culture/histoire/2013/12/08/islam-christianisme-et-europe-une-histoire-ancienne-et-ignoree

 

Islam, christianisme et Europe : une histoire ancienne et ignorée

 

http://www.fait-religieux.com/culture/histoire/2013/12/08/islam-christianisme-et-europe-une-histoire-ancienne-et-ignoree

Faker Korchane | le 08.12.2013 à 08:00
Cet article a été publié dans notre Fil Expert le 25 novembre 2013.
Le 23 novembre dernier, l'Institut catholique de Paris, en collaboration avec l'Institut européen des sciences humaines (IESH) et le Groupe d'amitié islamo-chrétienne (GAIC), organisait un colloque sur « le christianisme, l'islam et l'Europe, apports et interactions ». Des historiens y ont apporté une contribution remarquée sur les rapports islamo-chrétiens dans l'occident chrétien à l'époque médiévale, dans l'Europe orientale jusqu'au 19e siècle, et en France à l'époque moderne.

John Tolan, professeur d'histoire médiévale spécialisé dans les contacts entre les différentes cultures, a apporté des éclaircissements sur la perception que les musulmans et les chrétiens avaient les uns des autres au Moyen-Age. « L'islam s'inscrit dans la continuité des révélations précédentes, juive et chrétienne, déclare l'historien. Pour les musulmans, ces religions sont légitimes mais ont été déviées. Malgré tout, juifs et chrétiens sont Ahl al Kitab, des gens du Livre ». Du point de vue chrétien, John Tolan précise que deux visions différentes de l'islam se sont succédé. D'abord, les chrétiens « considéraient l'islam comme une religion idolâtre qui adorait de nombreuses divinités, dont Mahomet faisait partie ». A partir du 12e siècle, les chrétiens connaissent mieux l'islam, grâce aux contacts en Andalousie, en Sicile et en Terre Sainte après les Croisades. « A partir de cette période, les chrétiens voient Mahomet comme un faux prophète et un hérésiarque, poursuit John Tolan. Ils considèrent donc l'islam comme une hérésie chrétienne ».
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Présence musulmane « antérieure à la colonisation »

Bruno Drweski, maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), a quant à lui éclairé l'auditoire sur les rapports islamo-chrétiens dans l'espace polono-lituanien - les territoires situés de l'est de l'Elbe à l'ouest de l'Asie centrale, avec les pays baltes au nord et l'Ukraine au sud - du 12e au 19e siècle. Bruno Drweski a insisté sur le fait que la christianisation de ces Etats « s'est faite pacifiquement, et que la cohabitation y était la règle ». Les minorités juive et musulmane bénéficiaient d'un statut « équivalent à celui des juifs et chrétiens dans le monde musulman ». Les musulmans pouvaient même devenir des « nobles, sans le droit de vote » en Pologne-Lituanie, pays doté de bataillons armés musulmans. Ils sont donc « exonérés du paiement d'un impôt spécial, ce qui n'est pas le cas des juifs ».

Jocelyne Dakhlia, historienne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), dont les travaux portent sur la présence de musulmans en France à l'époque moderne, signale que la recherche sur la présence de musulmans en Europe de l'ouest connait un essor important. La recherche archéologique et les « chantiers historiques ont une vocation civique ». Pour elle, « la présence des musulmans en Europe n'a rien à voir avec la colonisation, elle est antérieure ». Les musulmans sont présents en France depuis des siècles, défend-elle, « dans les ambassades de pays musulmans, comme celle des Ottomans, les prisonniers des galères à Marseille, Bordeaux, et Toulon, des aventuriers, ou encore de grands et de petits marchands sans oublier l'esclavage ». Selon l'historienne, plusieurs raisons expliquent la méconnaissance de cette histoire, dont une serait « une forme de consensus pour ne pas voir la présence intérieure de l'islam ».
A lire aussi
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 00:21

 

http://www.tribunejuive.info/

 

juifs-antisionistes

 

 

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 15:10

 

Edward Said

Edward Said

Intellectuel palestino-américain

  • Genre : Histoire et Sociologie
  • date de naissance :
    1935
  • date de décès :
    2003

Biographie Edward Said

Né dans une Jérusalem sous mandat britannique, d'une mère palestinienne protestante et d'un père palestinien catholique, Edward Said, intellectuel palestino-américain, a fait toute sa vie oeuvre de chercheur en enquêtant sur la ligne imaginaire qui sépare l'Orient et l'Occident. Un temps professeur de littérature comparée à l'université de Colombia, il siège au Conseil national palestinien et prend ses distances avec Yasser Arafat avant la signature des accords d'Oslo, en 1933. Il plaide avec ferveur pour un Etat binational plutôt que pour Etat palestinien. 'L'Orientalisme', son oeuvre la plus connue, traduite en vingt-six langues, explore la dualité complémentaire qui l'habite.

 

http://www.evene.fr/celebre/biographie/edward-said-15503.php

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 01:12

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Réponse à Guéant: pour le dialogue des civilisations

"Toutes les civilisations ne se valent pas"(Claude Guéant, ministre de l'Intérieur) Roger Garaudy, Comment l'homme devint humain, Editions J. A, p. 335

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05 février 2012

Réponse à Guéant: pour le dialogue des civilisations

"Protéger notre civilisation", "Toutes les civilisations ne se valent pas"(Claude Guéant, ministre de l'Intérieur)

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Roger Garaudy, Comment l'homme devint humain, Editions J. A, p. 335

 

 

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Autre post :

 

Claude Guéant et "notre civilisation"

 

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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Dialogue des cultures - civilisations
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 19:29

 

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Islam-Occident : pour une interculturalité

 

 

COLLES L. Islam-Occident : pour un dialogue interculturel à travers des littératures francophones, Bruxelles, Editions modulaires européennes, 2010, 290 p. ISBN 978-2-87525-049-03.

 

Monde de l’Islam et Occident. Les voies de l’interculturalité, Sous la direction de GOBILLOT G., Bruxelles, Editions modulaires européennes, 2010, 224 p. ISBN 978-2-87525-072-8. Ont participé à cet ouvrage : DELMAIRE D., PERSYN E., DENOUX P., KASSIS R., NASSAR M. M., PINCHARD B., RACHED R., REDISSI H..

 

Le deuxième ouvrage réunit, sous la responsabilité de Geneviève Gobillot (Centre de Recherches sur les Idées et les Transferts Inter Culturels : CRITIC), Bruno Pinchard (Centre de Recherches sur la Circulation des Idées : CRCI) et Jean-Jacques Wunenburger (Institut de Recherches Philosophiques de Lyon : IRPHIL, qui intègre les deux centres précités) des contributions à un colloque du 1er au 3 février 2007 qui s’intitulait : « Comment vivre l’interculturel Islam/Occident ? Obstacles et perspectives d’ouverture ».

 

Les auteurs, chacun dans sa spécialité, proposent des méthodes d’interculturalité, ou des exemples symptomatiques de ses applications. L’islam, dans sa diversité, n’y est pas analysé pour lui-même, mais, en parallèle avec l’Occident, pour la situation complexe que crée leur rencontre historique. Tout part de l’évidence qu’il ne suffit pas de proclamer que l’Occident en général et l’Europe en particulier ne peuvent plus se comporter en « civilisateurs » du monde, mais que l’heure est à la mise en place d’une pédagogie explicite de modestie et d’intelligence, d’un dialogue interculturel de l’Occident avec l’Est et le Sud, dans lequel chacun donne et reçoit.

 

D’abord repérer les obstacles. Chacun croit volontiers que son point de vue, lors même de l’organisation du dialogue, est le seul concevable. La distinction de Patrick Demoux[1] est très utile pour nous en dissuader : « vivre sans » ou « avec l’interculturel » s’oppose chez lui à « vivre l’interculturel ». Sa petite parabole vaut sur le sujet mieux qu’un long discours. Un enseignant d’une classe pluriculturelle fait étudier le conte. Prend-il un exemple à lire dans sa culture hégémonique (« sans interculturel ») ? Fait-il lire à chaque enfant un conte de sa culture d’origine pour établir des comparaisons (« avec interculturel », selon un relativisme universaliste) ? Ou préfère-t-il, pour « vivre l’interculturel », que sa classe crée un nouveau conte, en commun, à partir des matériaux apportés par ses élèves ?

 

Attention ! La crise de communication est là, devant nos yeux, au milieu de nos écoles. Son traitement avec notre intelligence attestée et notre mode raisonnable ne la résoudra plus. La distance ethnologique n’est plus de mise. Le chercheur, comme le maître, sont des sujets, à la rencontre d’autres sujets. Tout dialogue repose donc sur « une démarche subjective individuelle », comme l’affirme l’article de Raymond Kassis[2]. Les deux facultés que la conscience possède comme des outils y sont nommées « phantasia » et « empathie ». C’est en étant, écrit-il, « une variante d’un ego essentiel » que l’homme est, dans sa solitude, « ouverture à l’autre ».

 

Mais dans le même temps et le même recueil, Geneviève Gobillot[3] nous rappelle que la rationalité n’est pas disqualifiée. A-t-elle eu trop tendance à plier l’objet de son étude à la mesure de son regard ? Certes, mais elle n’a pas dit son dernier mot. Elle peut encore éclairer le discours inter-religieux, analyser la confrontation foi/critique historique des textes fondateurs dits « sacrés ». Nous n’avons pas le monopole de la raison, mais c’est bien là, une fois l’outil assoupli, que le dialogue interculturel trouvera un espace.

 

Cet espace, la raison est sommée de l’inventer. Tiers lieu où aucun des deux partis n’a déjà campé, lieu « neutre » ou « laïque » - en tenant compte de l’usure historiques des termes, lieu de « recréation de la diversité »[4] et « d’héréronomie interculturelle »[5]. Un lieu « métis » fier de l’être, qui a d’abord échappé à l’écueil des « identités meurtrières »[6].

 

Bruno Pinchard[7], trouve chez René Guénon un de ces lieux, universel, ésotérique, au-delà des diversités religieuses, qui parle le langage de la paix. Ainsi la conversion de Guénon à l’islam n’est pas une conversion : pas de différence entre islam et catholicisme, si on les considère à partir d’Adam primordial. Toute quête initiatique doit, certes, êtres accompagnée par un « exotérisme » religieux traditionnel, mais dans l’ordre universel, chaque pratiquant est proprement « inconvertissable ».

 

C’est le Liban que Rita Rachid[8] prend comme exemple au Proche-Orient d’un espoir de réconciliation. Dix-huit communautés : onze chrétiennes et trois musulmanes. Emblème longtemps de consensus religieux et culturels. Puis les événements se sont précipités et l’anarchie l’a emporté. Mais l’espoir du pays reste pour elle dans la vertu supérieure du pardon et de l’unité, comme le dit le député Gebran Tweini avant son assassinat en 2005 : « Nous jurons au nom du Dieu tout-puissant, chrétiens et musulmans, de rester unis jusqu’à l’éternité pour défendre le grand Liban »[9].

 

A propos du conflit voisin entre peuple palestinien et Israël, Danielle Delmaire et Emmanuel Persyn[10] privilégient le regard depuis les communautés religieuses occidentales et spécialement parisiennes. La République risque sa stabilité dans l’instrumentalisation religieuse qui parle d’opposition « juifs/musulmans », là où il ne s’agit que d’un conflit politique. Que l’étude porte sur les opinions des croyants juifs et musulmans vivant en France révèle s’il en était besoin la responsabilité de l’opinion des Français et de l’Occident dans l’affaire.

 

Le rapprochement qu’analyse Mahmoud Massoud[11] entre les conceptions de la liberté défendues par le Français Lamennais et les Egyptiens Tahtâwî et Afghânî au 19ème siècle est révélateur de l’universalité de cette notion capitale. Pour l’honorer, Lamennais propose une séparation spécifique de l’Eglise et de l’Etat français. Tahtâwî revient de France avec un programme d’éducation pour le citoyen égyptien. Quant à Afghânî, il s’en tient, contre tous les colonialismes,  à une quête de liberté politique, « matrice de toutes libertés dans les société humaines[12] ».

 

L’article d’Hamadi Redissi[13] se focalise sur le choc provoqué par la rencontre, toujours en Egypte, en 1798, lors du débarquement de Bonaparte, de la modernité occidentale et de la culture musulmane classique . En analysant finement la crise culturelle des pays musulmans qui s’en suivit, il compte aider les milieux intellectuels occidentaux à discerner dans le brouhaha médiatique les paroles musulmanes soucieuses de se guérir de leur « totalité désunie ». Il invite explicitement les musulmans et les Occidentaux à amplifier entre eux un dialogue documenté et intelligent, loin des amalgames et des partis-pris.

 

Pour conclure sur ce riche recueil d’articles, nous reviendrons sur celui de Geneviève Gobillot[14]. Elle y propose d’adopter pour la lecture du Coran des outils de l’exégèse, que les Occidentaux pratiquent déjà sur la Bible. Que dit le Coran pour le temps de son écriture ? Que dit-il pour les croyants d’aujourd’hui ? Quels versets doivent être « abrogés » ? En parcourant l’histoire de ces questions à l’intérieur de la société des oulémas, elle a l’espoir de remettre ces questions sur le métier, sans arrogance, confiante dans les progrès chez tous de la raison universelle.

***

Ces deux volumes de Geneviève Gobillot et Luc Collès ne paraissent pas par hasard, la même année, chez le même éditeur. Reconnaissons qu’ils sont tout à fait complémentaires. Nul doute que les enseignants, à qui s’adresse explicitement Luc Collès, liront pour leur édification les développements théoriques du recueil de Geneviève Gobillot. Ce sera une excellente introduction à ce qu’ils pourront en exploiter pour leur pédagogie. On pouvait le soupçonner d’ailleurs à propos des thèmes majeurs de l’interprétation du Coran, puisque Luc Collès mise tout sur le cours de littérature ; et des réflexions sur l’empathie, condition spécifique de l’appropriation de cette discipline scolaire.

 

Le cours de littérature ne propose pas d’abord des connaissances, mais il exerce une capacité à interpréter des formes d’expression humaine. Le premier conseil de Luc Collès à l’enseignant est qu’il n’oublie donc pas l’herméneutique anthropologique. Qu’elle le guide jusque dans le choix des textes qu’il proposera à la classe. Car c’est de là qu’il va faire sourdre les questions interculturelles. On sait bien par ailleurs comment la subjectivité des lecteurs est invitée à rencontrer la subjectivité des auteurs. Cultiver cette empathie est le deuxième conseil au médiateur de cette rencontre.

 

Les classes concernées par Luc Collès sont spécialement belgo-maghrébines. Cet appel à l’empathie se retrouve donc dans le fait scolaire même. Les conditions de cette mini-société expérimentale possède le caractère idéal de « métissage culturel ». La classe y a la fonction naturelle d’éduquer par l’expérience. Du concret à l’abstrait, de l’observation à l’analyse. Voilà le mode imposé à la pédagogie même : loin du traditionnel cours magistral, c’est le dialogue qui est scolarisé.

 

La même école est à la fois celle d’une citoyenneté interculturelle et de la construction des identités personnelles. Il n’est certes pas question de préconiser un retour nostalgique aux cultures perdues, pas plus qu’une assimilation méthodique à la culture d’accueil. Mais grâce à un double regard ethnologique, accompagnée d’une double empathie, apprendre à connaître sa culture et l’autre culture, en vivant ensemble – maître et élèves, élèves entre eux - les découvertes explicites et implicites de l’expérience. Comme l’écrit Luc Collès, chacun va refaire ainsi son identité culturelle « sans adéquation totale avec les deux origines fragmentaires. » (p.34)

 

On peut prudemment définir les caractères stéréotypés de la francité, de la belgitude, de l’islam… à condition de faire la part de la gloriole et de l’envie, à condition surtout de faire droit universel à l’humour. Parcourons de préférence les représentations de la littérature, qui est notre outil documentaire privilégié. Priorité à la littérature maghrébine d’expression française. Elle possède en elle-même – discordance entre la langue et l’objet décrit - les outils d’une distance propre au dialogue interculturel. Luc Collès y ajoute des morceaux choisis des littératures belge et française, quand elles traitent les questions qui nous intéressent. Et il conseille de les accompagner de quelques textes utiles d’analyses anthropologiques, ethnologiques, sociologiques, psychologiques…

 

Ce livre est donc aussi un manuel littéraire où les textes sont reproduits, étudiés pour aider l’enseignants. L’analyse suit systématiquement les schémas temporel et spatial, public et privé, s’arrête parfois sur l’espace particulier de l’immigration. Un petit détour remarquable dit ce que la notion du temps en France et Belgique, par opposition à celle du Maghreb, doit à la différence des grammaires arabe et française.

 

Une grande richesse donc, et une ouverture à des notions insoupçonnées. Le livre est adressé comme un outil aux enseignants de classes belgo-maghrébines ? Ils pourront en tirer certes le plus grand profit : pour mettre un peu d’anthropologie dans leur enseignement de la littérature, pour adapter définitivement leur pédagogie au dialogue interculturel, pour procurer à leurs élèves un espace et des méthodes qui les aideront à constituer leur authentique identité, équilibrée et ouverte.

 

 

                                                                       Gérard Gobry, directeur de l’IFER (Dijon)



[1]. Son article porte le titre : « Instruire le contact culturel par la psychologie interculturelle », p.15.

[2]. « L’intersubjectif comme fondement premier de l’interculturel », p.33.

[3]. Son article : « Espoir en la pensée, pensée de l’espoir », p.51, fait suite à une conférence :  « La confrontation foi/critique historique des textes fondateurs pourrait-elle donner lieu à une compréhension inter-religieuse ? ».

[4]. Patrick Demoux, p.31.

[5]. Ibidem.

[6]. Amin MAALOUF, Les identités meurtrières, Grasset, Paris, 1998.

[7]. « Guénon et l’islam. Quelques remarques sur une conversion controversée », p.149.

[8]. « Identités culturelles et forces politiques au Liban, leur cohabitation », p.195.

[9]. Ibidem, p216.

[10]. « Juifs et musulmans de France et Intifada », p.175.

[11]. « La notion de liberté entre l’Occident et le monde musulman au XIXème siècle (Félicité de Lamennais, Rifâ’a al-Tahtâwî et Jamâl al-Dîn al-Afghânî), p.107.

[12]. P.11.

[13]. « Islam et modernité », p.87.

[14]. « Espoir en la pensée, pensées de l’espoir », p.51.

Posté par Alaindependant à 07:24 - Dialogues - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Dialogue des cultures - civilisations
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 03:39

mercredi 9 mars 2011

Dialogue interculturel - Assises de l'interculturalité

http://www.belgium.be/fr/actualites/2009/news_appel_a_projets_assises_interculturalite_2009.jsp


Belgique: assises de l'Interculturalité. Pour nourrir le débat en France...

 

Allocution de la Vice-Première ministre et ministre de l’Egalité des chances de Belgique à l’occasion de la clôture des « Assises de l’Interculturalité »

 Le 8 novembre 2010

 

 

1.  Introduction : un an d’Assises de l’Interculturalité

 

Il y a un an, au moment du lancement des Assises de l’Interculturalité obtenues

dans la déclaration gouvernementale, j’évoquais le visage changeant d’une

Belgique qui ne sera plus jamais la même. Ce visage n’est pas celui de ses

institutions certes évolutives mais celui de ses citoyens. Ce visage, c’est celui des

10 pc de personnes  de nationalité étrangère qui vivent chez nous, c’est celui des

20 pc de la population principalement belge d’origine étrangère qui sont devenus

nos compatriotes.

 

Je parlais aussi de l’audace de la lucidité si nous voulions réussir le pari de

l’interculturalité ; oui « lucidité », car si nous ne pouvions que constater les

avancées essentielles des politiques d’insertion de ces dernières années, nous ne

pouvions taire l’aspect encore inachevé de cette évolution, les débats non

clôturés, les consensus non atteints, ni occulter certaines difficultés engendrées

aujourd’hui par la diversité  croissante de la population belge, qu’elles se

nomment discriminations, inégalités, incompréhensions, stéréotypes, peur de

l’autre, replis identitaires. Et vu le climat du moment, je tiens à préciser que la

lucidité face à certaines difficultés ne signifie en rien la simplicité de slogans

faciles décrétant par démagogie que l’intégration des personnes d’origine

étrangère est un échec général.  

 

Aussi, pour moi, la Belgique devait faire le pari de l’« interculturalité réussie », et

d’une nouvelle forme de pluralisme : le pluralisme interculturel, parallèlement à

celui du pluralisme politique ; un pluralisme qui mise à la fois sur la citoyenneté

et les valeurs communes et sur la reconnaissance de différentes identités

ouvertes. Il y a pour moi urgence, car il s’agit ni plus ni moins de relever

le défi du métissage que nous adresse le XXIème siècle.

 

La diversité est un fait et est devenue une caractéristique ontologique de nos

sociétés occidentales qui ne seront plus jamais basées sur une communauté de

personnes d’origine, de culture, de convictions philosophiques ou religieuses et

d’ethnie homogènes. C’est pour cette raison que les Assises ont été demandées et lancées. Il s’agissait, avec des regards innovants, d’imaginer et de dessiner la manière harmonieuse de faire vivre ensemble et de fédérer - dans un même espace

national ou régional ou local, dans des entités de vie quotidienne, dans des

milieux éducatifs ou socio-professionnels - des citoyens, jeunes ou moins jeunes,

aux histoires, aux cultures, aux religions et convictions divergentes et aux

langues différentes. 

 

Nous avons voulu jouer, tout d’abord, la carte de la discrétion et de la

priorité accordée au débat de fond et non à des opérations médiatiques

tapageuses et coûteuses.  Nous avons voulu jouer la carte de l’authenticité et de la proximité en permettant  aux associations de terrains, sur la base de trois vagues d’appels d’offres de lancer des débats, des conférences, des dialogues dans les différents espaces de vie de Wallonie, de Flandre et de Bruxelles, soit plus de trois cents activités et projets réalisés à travers tout le pays, auxquels il faut ajouter 50 journées de réflexions, diverses études universitaires, un sondage.

 

Enfin, nous avons voulu jouer la carte de l’indépendance totale et de la

confiance accordée à la société civile et un Comité de pilotage a été ainsi mis

à l’œuvre, composé paritairement de néerlandophones, de francophones et

germanophones, de personnalités académiques ou venant du terrain et

représentant des origines culturelles diverses, des sensibilités religieuses et

philosophiques très différentes et des convictions socio-politiques parfois aux

antipodes.  Les entités fédérées ont également désigné des experts au sein de ce

Comité qui les tenaient informées de l’évolution des travaux.

 

Ce Comité ne se connaissait pas. Nous l’avons laissé travailler dans une totale

autonomie. J’ai découvert le rapport ficelé à la Toussaint. 

Ses membres ont choisi leur méthode de travail, leurs thèmes prioritaires, les

modalités d’arbitrages sur des sujets sensibles. Dès le début, ils ont dû connaître

le scepticisme extérieur de certains, quelques tentatives infructueuses de

déstabilisation de certains qui n’ont pas voulu entrer dans une logique de

compromis, seul gage de réussite. Mais, ils ont tenu et malgré un contexte

politique fragile, des élections non prévues, une chute du gouvernement, ils ont

accepté de continuer et de s’investir sans compter pour produire un rapport riche

à la fois de modestie et de franchise, d’analyse, de propositions, de

recommandations concrètes et surtout de capacité de compromis, notamment en

matière de port convictionnel, malgré des visions souvent totalement

antinomiques.

 

Je tiens à les remercier tous, profondément, pour cette capacité de concessions

mutuelles, si difficile à atteindre pourtant dans le domaine institutionnel, les

remercier pour ce travail de l’ombre, cet investissement, cette ténacité et la

démonstration que nous pouvions faire confiance à la sagesse et au

professionnalisme de la société civile malgré la force des pressions et des

différences. Je tiens à saluer le rôle fondamental joué par les deux présidentes

des Assises dans la rédaction, l’impulsion et les arbitrages opérés. Elles ont pu,

avec le sens de l’écoute et du respect qui les caractérise, trouver le chemin, les

mots, la méthode et les arbitrages qui ont permis la finalisation de ce rapport. 

Le rapport nous est présenté dans un contexte politique particulier à plusieurs

titres. Tout d’abord, il est remis notamment à un gouvernement en affaires

courantes, durant la Présidence belge d’une Union européenne traversée par

certaines tensions relatives aux problématiques de l’insertion des personnes

 

d’origine étrangère ou de certains groupes cibles tels que les Roms ou encore par

le rapport  parfois complexe des populations d’origine européenne à l’Islam. Il  se

présente hélas en plein débat sur la crise de l’accueil et sur la problématique de

l’augmentation dans l’ensemble de l’Europe du nombre des demandeurs d’asile,

alors que ce débat porte sur une toute autre thématique et concerne des

personnes primo-arrivantes et non des citoyens belges ou apparentés d’origine

étrangère et vivant chez nous depuis une, deux, voire trois ou quatre

générations.

 

Le rapport enfin se présente sur fond de débats politiques soumis pour certains à

la tentation démagogique voire électoraliste. 

Or, les débats relatifs à la réussite de l’interculturalité ont besoin de nuances, de

respect, de sérénité. Ils doivent être abordés positivement avec l’envie de

construire et de fédérer et non de réduire et de diviser. Ils doivent être initiés

avec la conscience des dangers qu’ils peuvent susciter, car ils sont parfois utilisés

à d’autres fins, ils peuvent déboucher consciemment ou inconsciemment sur

certaines expressions qui peuvent blesser, stigmatiser, simplifier, renforcer les

distances voire les incompréhensions et les tensions entre groupes de personnes.

Ils peuvent être utilisés à des fins partisanes peu heureuses. Aussi, je me

permets de demander à tous les responsables et acteurs de la société d’éviter de

faire de ce rapport équilibré un élément de discorde, alors qu’il  se veut une offre

de trait d’union entre citoyens majoritairement Belges ou vivant en Belgique. 

 

Le bien-être de l’ensemble de nos citoyens belges de souche ou non, étrangers

ou non et la qualité des relations qu’ils nouent ou doivent nouer entre eux

méritent à la fois du sérieux, de la retenue, un esprit constructif et des débats à

la fois lucides et sans tabous.

 

2. Les conclusions à tirer du rapport des Assises de

l’Interculturalité 

 

Plusieurs conclusions s’imposent à la lecture de ce rapport.

 

1. La promotion d’un modèle interculturel et non d’un modèle

« d’assimilation », d’un modèle « communautariste » ou encore

simplement « multiculturel ».

 

Dans son approche et le choix de ses propositions, le rapport semble clairement

choisir la voie de l’interculturalité et non celle du communautarisme ou de

l’assimilation.  Il s’agit dans ce rapport de réussir l’interculturalité, de réussir la mixité et de bannir les communautarismes, de promouvoir les identités ouvertes et de lutter contre les identités fermées. Le terme même de multiculturalité désigne la simple coexistence indifférente de diverses cultures au sein d'un même ensemble, alors que l’interculturalité évoque le lien interpersonnel, le dialogue, l’insertion, le

projet collectif qui allie unité et diversité, respect des identités et projet collectif.

 

L’interculturalité, c’est à la fois une politique de citoyenneté forte et d’adhésion à

des valeurs communes indispensables à la cohésion sociale, une politique de

respect des différences et des identités plurielles et une politique ferme de lutte

contre les discriminations sous toutes leurs formes et contre tous les types de

racisme qui peuvent lui être liés.  L’interculturalité, c’est opter pour une civilisation où les minorités peuvent être elles-mêmes sereinement et ouvertement tout en participant à un projet de citoyenneté commun. C’est le croisement entre le droit au respect de son identité et le devoir d’insertion dans un projet commun et un Etat de droit avec les contraintes que cela comporte.

 

L’interculturalité, ce n’est pas le communautarisme. Dans un monde

dominé par les clivages identitaires, nous devrons, en effet, éviter que chacun ne

s’isole dans ses certitudes et que le débat n’ait plus sa place.

Le communautarisme est, pour moi, la négation de la citoyenneté. Autant il est

essentiel de prendre en compte ses différentes composantes de manière implicite

et souple afin que chacun se sente représenté, autant il est pernicieux, et même

destructeur, d’instaurer un système fermé qui partage durablement la Nation en

tribus rivales ou non. 

 

Contrairement au communautarisme, l’interculturalité prône des normes et

valeurs communes et exclut le relativisme moral.

L’interculturalité permet aux citoyens de gérer leurs diversités tout en formulant

ou respectant des valeurs communes, seules garantes d’un avenir collectif réussi.

L’interculturalité, ce n’est pas non plus sombrer dans l’aveuglement que

constituerait une volonté d’assimilation à tout prix qui nierait la richesse

d’identités plurielles, qui imposerait une pensée unique contraire au pluralisme

qu’exige la démocratie. 

 

C’est dans ce cadre que  la problématique trop souvent mal comprise ou dévoyée

des accommodements raisonnables doit trouver sa place. S’agit-il d’opérer

demain des règles à géométrie variable selon les publics ? Non ! S’agit-il d’avoir

des normes légales ou réglementaires différentes par groupes communautaires ?

Non !  S’agit-il de renoncer à nos principes constitutionnels notamment en ce qui

concerne l’égalité hommes-femmes ? Jamais ! S’agit-il de renoncer à la mixité de

nos écoles ou institutions ? De revoir le contenu scientifique de nos cours ? Non !

 

Les accommodements raisonnables ne sont en fait que des petites pratiques

quotidiennes existantes depuis longtemps parfois et permettant dans un groupe

d’individus, une entreprise, une école, un hôpital, d’aménager de manière

volontaire et consensuelle, souvent à la marge et de manière personnalisée,

l’organisation du temps ou des lieux ou des activités ou des repas pour permettre

à tous de s’épanouir et d’être respectés dans leurs convictions. Il ne s’agit en fait

que d’une simple question de respect de l’identité, respect qui par ailleurs par

son aspect « raisonnable » ou praticable ne peut entrer en conflit avec la

sensibilité des autres, ne peut remettre en cause des normes générales, ou

encore l’efficacité d’une organisation. 

 

2. Le besoin, au niveau national et pour chaque niveau de pouvoir d’une politique de la diversité transversale, reconnue à part entière.

  

Le défi de l’interculturalité est, avec le défi démographique, climatique et

économique, un des enjeux de société fondamentaux du XXIème siècle. Il mérite

d’être appréhendé avec l’importance et le sérieux nécessaires et surtout via des

politiques prioritaires officielles spécifiques et transversales reconnues et

considérées comme telles et non vues comme des accessoires de seconde zone.

Cela demande, au niveau belge, d’avoir dans chaque gouvernement des

ministres clairement identifiés aux compétences transversales réelles et d’avoir,

au niveau national, un Comité ministériel de la diversité efficace composé de

chaque ministre compétent au sein de chaque niveau de pouvoir et chargé de

coordonner ou d’impulser des politiques collectives dans le respect des

autonomies réciproques.

 

3. L’établissement d’une « stratégie  nationale pour une  diversité

réussie » qui soit pluriannuelle, et coordonnée, dans chaque niveau de

pouvoir, et entre les différents niveaux de pouvoirs.

 

La réussite de l’interculturalité de notre société ne va pas  se décréter par slogan

incantatoire ou par décisions politiques ponctuelles. Elle ne se réalisera au fil du

temps que par une stratégie pluriannuelle et multi-dimensionnelle ayant des

objectifs prioritaires, idéalement chiffrés, dans certains domaines, notamment en

ce qui concerne l’insertion dans les mondes socio-professionnels, les

qualifications, le nombre de plaintes pour discriminations objectivées. Cette

stratégie doit se construire à partir des entités  fédérées et se coordonner sur

certains aspects avec l’Etat fédéral.

 

Cette stratégie doit être portée par les responsables publics, mais s’appuyer et

investir dans les services de proximité et notamment associatifs devrait

idéalement comprendre, sur base notamment du rapport qui vient de nous être

présenté.

 

- A. Un plan d’accès sans entraves à l’emploi et à tous les secteurs

socio-professionnels en vue d’assurer la participation, la visibilité, la

représentativité et l’insertion  des personnes d’origine étrangère dans tous

les milieux de vie (police, fonction publique, entreprises, enseignement,

médias, professions libérales, etc.) et à tous les niveaux hiérarchiques. Il

s’agit d’une politique volontariste de lutte contre la discrimination à

l’embauche (plans de diversités généralisés, quotas momentanés), mais

aussi et surtout d’investissement dans le capital humain : formation,

accompagnement, orientation, soutien des groupes cibles, de nouveaux

pactes interculturels. En ce qui concerne l’emploi, un plan complet de lutte

contre les discriminations à l’embauche comprenant un grand nombre de

propositions concrètes importantes est prêt et devait être déposé en avril

dernier si le gouvernement n’était pas tombé.

 

-B. Un programme radical de lutte contre les discriminations dans

l’ensemble des secteurs  (emploi, logement, enseignement, police,

etc.) : le racisme, la xénophobie moyennant un réel suivi renforcé, des

inspections sensibilisées et augmentées, des procédures de poursuite plus

nombreuses et des sanctions plus  fortes dans un nombre de cas étendus

(injures, etc.). Cette approche de lutte contre les discriminations demande

aussi des actions spécifiques de discriminations positives adaptées si les

mesures multiculturelles ne suffisent pas.

 

-C. Opérer une révolution copernicienne des mentalités.  

Ce n’est qu’en agissant sur les projections respectives, les stéréotypes, la

méconnaissance réciproque, les peurs et les replis que l’on fera naître une

interculturalité harmonieuse. Il s’agit donc de concrétiser des avancées sur

ce point  en matière de médias, d’enseignement et de formation des

enseignants, de formation des personnes responsables des ressources

humaines, de formation et sensibilisation des autorités hiérarchiques, du

rôle plus conscientisé des médias et des politiques d’information, d’une

politique de mémoire légitime qui s’impose.  

 

-D.  Organiser la mix-cité et les rencontres constantes entre personnes

d’origines différentes, valoriser les activités interculturelles et non

uniquement monoculturelles, renforcer  les échanges et rencontres, les

partenariats entre groupes d’origine diverse via l’école, le secteur

associatif, le secteur de la jeunesse.

 

-E. Déployer les espaces, rôles et fonctions de conseils, impulsions, 

médiations et d’arbitrages interculturels via à la fois la

reconnaissance de nouvelles formations et de nouvelles fonctions

officiellement reconnues : celles de médiateurs interculturels et ce dans le

plus grand nombre de milieux de vie (scolaires, hôpitaux, entreprises,

fonctions publiques, logements sociaux, quartiers, etc.). Eviter les conflits,

les gérer, trouver les compromis, conseiller, réconcilier et apaiser les

tensions éventuelles entre personnes d’origines diverses sont des 

fonctions-clés de la vie en société actuelle et future qui demanderont de

nouvelles formations et de nouveaux métiers reconnus.

 

-F. Déployer dans l’ensemble du pays, et notamment à Bruxelles et

en Wallonie, une politique active et personnalisée

d’ « inburgering » des nouveaux arrivants.

 

L’immigration est à la fois un fait actuel et une nécessité pour le futur si l’on veut compenser le choc du vieillissement de la population européenne, le rétrécissement du marché du travail qui y sera lié et donc assumer le poids de nos systèmes

de sécurité sociale et de pensions. 80 pc des 18 millions d’habitants

européens nouveaux des 10 dernières années viennent de l’immigration. Il

s’agit dès lors du facteur-clé de maintien et d’augmentation de la

population européenne qui se retrouve face aux explosions

démographiques des autres continents émergents. Aussi, nous devrons,

aux niveaux européen et belge, définir un politique d’immigration

maîtrisée certes mais réelle.

 

Dès lors, et sans attendre, il est indispensable de systématiser une politique d’accueil et d’accompagnement systématique et d’y prévoir notamment dès l’arrivée l’apprentissage de la langue et des modes d’organisation sociale  et institutionnelle du pays et de ses régions. Il s’agira dès lors de mettre en œuvre une politique

d’ « inburgering » à Bruxelles comme en Wallonie, comme le prévoit

l’accord de gouvernement. Cette stratégie en 6 points doit,  pour réussir,  se baser sur une méthode nouvelle et efficace et se doter d’outils permanents  d’évaluation externe et indépendante de la concrétisation des objectifs et des problèmes rencontrés. Elle doit aller de pair avec le choix d’une politique migratoire maîtrisée et clairement définie pour l’avenir et la résolution de la crise de  l’accueil et de

l’asile. En effet, si cette crise n’a rien à voir avec les problèmes vécus par les

jeunes Belges de la troisième génération de personnes d’origine étrangère et la

thématique de l’insertion des citoyens établis depuis longtemps chez nous, elle

crée des amalgames, des raccourcis, des peurs et des projections négatives que

ressentent les minorités établies chez nous. 

 

4. La constitution d’un Conseil consultatif interfédéral de la diversité.

Le rapport du Comité de pilotage est une contribution essentielle pour le futur

des politiques de diversité.  Ce rapport recommande lui-même d’organiser un

suivi réel pour s’assurer de la prise en compte du rapport et de la concrétisation

de ses propositions. Reconnaissons que l’importance et la complexité du sujet exigent  désormais de ne plus vivre au rythme de rapports successifs, entrecoupés de périodes longues ou courtes. Cette thématique a besoin d’une prise en charge constante.  Par ailleurs, un travail, des conseils et études restent nécessaires pour aborder de manière complète, notamment :

 - le rôle-clé des médias classiques et nouveaux afin de promouvoir une

société interculturelle, réduire les a priori et les projections négatives et

faire évoluer les mentalités ;

- la question des cultes, de leur organisation et de leur rapport entre eux et

à l’Etat ;

- la précision des ajustements ou accommodements  raisonnables et la part

des droits de respect de la  diversité  et du devoir de respect des normes et

règles collectives.

 

Il me semble dès lors opportun qu’un  Comité de pilotage devienne  permanent

et que l’on établisse à l’occasion du prochain gouvernement un Conseil

consultatif interfédéral de la diversité  composé notamment de membres des  Conseils consultatifs de la diversité, à créer ou désigner au niveau des Communautés et Régions, Conseils par ailleurs représentatifs des différentes sensibilités et origines.

Ce Conseil indépendant pourrait être chargé de donner de sa propre

initiative ou à la demande des avis, recommandations, conseils

constants sur des thématiques ponctuelles liées à l’insertion et

l’interculturalité à destination des gouvernements compétents (chaque

Conseil régional ou communautaire étant en charge exclusivement des

recommandations destinées au niveau de pouvoir compétent).   

Il pourrait également assumer le suivi constant des propositions ou initiatives

prises en la matière et jouer un rôle d’arbitrage consultatif pour tenter de

résoudre les problématiques générales ou ponctuelles et pratiques  posées par

les relations interculturelles. 

 

3. Conclusions 

 

En conclusion,  je ne peux que vous remercier pour ce rapport qui sera publié sur

le site des Assises dès cet après-midi et que je vais transmettre officiellement à

l’ensemble de mes collègues de l’ensemble des gouvernements du pays. Il me

semble opportun de l’inscrire à l’ordre du jour d’un prochain Comité de concertation pour analyser ensemble la suite à lui donner et je l’espère mettre sur pied une conférence interministérielle qui puisse, à l’instar de ce qui s’est fait sur le plan de lutte contre les violences conjugales, initier un travail en vue de déposer une stratégie collective.

 

Je voudrais terminer cette allocution en lançant un appel à l’ensemble de nos

niveaux de pouvoir, à l’ensemble de nos acteurs socio-économiques,

éducatifs, académiques et associatifs, un appel à déployer une volonté

politique forte, voire radicale, à porter le projet d’une interculturalité

réussie tant au Nord qu’au Sud et à Bruxelles, à oser avancer sans dogme

ni a priori avec le sentiment d’écrire une page inédite, délicate et irréversible de

notre histoire, de cette histoire d’une humanité basée sur la tolérance, le respect

des différences et l’impératif de normes et valeurs collectives, une volonté

politique forte d’oser bouger malgré les discours populistes ou extrémistes de

certains, malgré les réticences compréhensibles d’un grand nombre d’habitants

qui ont besoin de pédagogie et de sensibilisation comme de pain pour

comprendre l’urgence d’un nouveau lien social, d’un réel respect et insertion des

personnes d’origine étrangère  et du dialogue à nouer avec elles.

 

Sur cette base et dans ce cadre, je voudrais lancer également un appel à

l’ensemble des acteurs représentatifs des communautés étrangères ou

de leurs religions pour qu’ils partagent parallèlement cette même volonté forte et

continuent à sensibiliser par ailleurs à la nécessité de déployer les sentiments

d’appartenance collective, de partager des valeurs démocratiques et

constitutionnelles communes, de développer des logiques de respect de l’Etat de

droit, des sensibilités de l’autre et de la mémoire collective du pays.     

 La question du sens et de l’ADN de notre pays se pose de plus en plus

fréquemment en raison de notre contexte institutionnel pour le moins complexe.

 

Pour moi, le génie, le talent, la force, le cœur, l’âme et donc le futur de

notre pays est et devra continuer à être sa capacité à fédérer les

différences, différences philosophiques, historiques entre religion et

Etat ; différences politiques et différences linguistiques et

communautaires.  Et, désormais, différences entre Belges de souche et

nouveaux Belges, entre nationaux et personnes et citoyens de

nationalités différentes.

 

Voilà l’ADN de notre pays : son interculturalité !

Voilà notre devoir collectif : réussir à la fois un nouveau pacte entre les

néerlandophones et les francophones, mais aussi un nouveau pacte

entre les Belges qu’ils soient de souche ou non et entre les Belges et les personnes de nationalité différente.

 

Comme le dit Kofi Annan, « La diversité est aussi bien le fondement du dialogue

entre les civilisations que la réalité objective qui rend ce dialogue nécessaire. Il

est possible d'aimer ce que nous sommes sans haïr ce que nous ne sommes

pas ».

 

Barack Obama me permettra de conclure : « Tant que notre relation restera

définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la

haine et non la paix et qui encouragent le conflit au lieu de la coopération qui

peut aider nos deux peuples à connaître la justice et la prospérité. C'est ce cycle

de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé. (...) Nous devons consentir un

effort soutenu afin de nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ;

de nous respecter mutuellement et de rechercher un terrain d'entente. »



  [Intervention communiquée par Luc Collès]

Posté par Alaindependant
 
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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Dialogue des cultures - civilisations
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  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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