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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 03:43

 

 

OB-pub-panneau.jpg.

Toutes les pubs pouvant surgir sur ce site,

ne sont pas de mon fait.

Nous en reparlerons, car je réagirai en conséquence,

mais pas pour l'instant, car je suis occupée

à rédiger trois nouveaux ouvrages

à paraître sous trois mois environ.

NB Boycottez les produits faisant de la pub.

Un bon produit n'a pas besoin de pub... eva R-sistons

 

 

 

choc-civilis.jpg

http://mecanoblog.wordpress.com/2010/11/01/la-strategie-du-choc-video/

 

Fédéralisme et choc de civilisations

 en Irak, et ailleurs.

Le Nouvel "Ordre" Mondial en marche

Par eva R-sistons (Chantal Dupille)

 

 

Bonjour


Je viens de faire une série de tweets à partir de la situation chaotique en Irak. Comme vous le savez, je milite pour la communion des civilisations, pour tout ce qui rapproche fraternellement les peuples si divers, mais pas dans le cadre de la mondialisation (conçue par les Anglo-Saxons et les sionistes à des fin militaro-financières, puis sur les ruines d'un monde exsangue, pour bâtir le Nouvel Ordre Mondial totalitaire, criminel et pervers).


Bientôt, je publierai un article sur les chaos dans le monde, les génocides, les conflits, et j'en expliquerai les raisons et les ressorts réels. En attendant, voici une première approche, à partir des événements récents en Irak: Deux aspects, le fédéralisme - et le choc de civilisations dans le monde et si nous n'y prenons garde, en France. Avec les effroyables conséquences prévisibles sur le plan extérieur et intérieur.

 

 

Fédéralisme pervers 


En Irak, TOUT est un plan. PLUS lointain qu'on imagine. C dans l'Air du 8 août sur l'Irak, "quand il n'y a plus d'Etat, il y a des conflits". Bush a tué l'Etat d'Irak !

Qu'on aime on qu'on n'aime pas Assad, Kadhafi, Saddam Hussein... ils maintenaient l'UNITE de l'ETAT. Le plan d'USraël est de détruire l'Unité d'un pays

Un Etat scindé, parcellisé, est affaibli. En Irak, les Etats-Unis ont donné le pouvoir aux REGIONS, au lieu du pouvoir CENTRAL: C'est le FEDERALISME

L'Irak détruit a ensuite été modelé selon le plan des Mondialistes (en France via le mondialiste Valls): Plus d'Etat fort, mais des Régions

Les Régions, en Irak COMME en France, portent en elles le germe de l'affaiblissement ET des conflits. Fini l'Irak, mais Chiites, Sunnites, Kurdes chacun de leur côté...

La France en tant qu'Etat nation, central, fort, disparaîtra au profit de Régions se faisant une guerre économique, rivalisant entre elles. C'est le NWO, le Nouvel Ordre Mondial.

L'Irak en tant que Nation est mort quand il est devenu "fédéraliste" (cher à l'UDI et à EELV !). C'était le plan d'USraël après la guerre de Bush
L'Irak Nation devenu fédéraliste, a en germe tous les ingrédients de la dislocation et de la guerre civile, donc de son AUTO-DESTRUCTION.
Ne soyons donc pas surpris de ce qui arrive en Irak: Le fédéralisme (bientôt en France), surtout confessionnel, ne pouvait qu'engendrer le chaos
L'Irak morcelé, fédéralisé, confessionnalisé par l'USraël, c'est un plan machiavélique. Ce que je dis là est un point de mon futur article sur le chaos dans le monde

Je ne vais pas détailler mon futur article en gestation depuis quelques jours. Il y aura plein d'analyses, ainsi l'une que j'aborde maintenant en quelques tweets.

 


Choc de civilisations


Le point important que je vais aborder maintenant, déplaira à tous ceux qui "espèrent" dans le FN. J'analyse froidement les choses : Je suis NEUTRE

Peu de gens imaginent les liens entre la situation chaotique, de choc de civilisations-confessions, en Irak, et celle en France via le FN

Les anti-mondialistes, comme moi, cherchent des portes de sortie. Certains croient la trouver dans le FN, "anti-mondialiste". Mais quel est son but réel ?
Le FN ne veut pas sortir de l'UE, sinon le Système l'aurait censuré comme l'UPR d'Asselineau. Le FN vomit la mondialisation, mais pas en tant que système libéral 

On ne comprendra pas le FONDEMENT du FN sans voir le CONTEXTE programmé par l'USraël (Etats-Unis, GB, Israël et aussi la France des Sarkozy-Hollande-Valls) de choc de civilisations Judéo-PROTESTANT contre l'Islam

NB J'ai souligné le mot "PROTESTANT", car en fait le choc de civilisations d'USraël est avec PROTESTANTS, pas avec les Catholiques et les Orthodoxes
Pour vous montrer la neutralité de mes analyses, sachez que je suis Protestante et pourtant je cible les Protestants car les Anglo-Saxons sont des pions d'USraël pour le NWO

Les Catholiques sont sans cesse visés comme en France, où un Peillon appelle les écoles Catholiques à ne plus être Catholiques POUR qu'elles puissent enseigner le pervers NWO (notamment pro une humanité asexuée !)

Le choc de civilisations programmé par l'USraël est Judéo-Protestant contre les Catholiques, les Orthodoxes, les Musulmans tous OPPOSES au Nouvel Ordre Mondial
Le choc de civilisations fait partie du plan des mondialistes. Quand le FN est anti-mondialisation, ce n'est pas CONTRE le libéralisme, mais POUR le Choc de Civilisations
Il y a un malentendu entre les Electeurs du FN et le FN, je parle toujours de "MIRAGE". Les Electeurs sont contre la mondialisation LIBERALE (et contre l'UE..), or le FN est élitiste (avec à sa tête une famille très riche), libéral (Le libéralisme dans le sens du fort qui domine le faible), méprisant envers le peuple, mais il flatte ses désirs. En fait, SON anti-mondialisme est PRO le choc de civilisations.
Ce qui intéresse réellement le FN, est le choc race (blanche, pure, occidentale..) contre l'Islam = Voici la racine réelle de son anti-mondialisation
Que veut l'USraël ? 1) Une mondialisation ultra libérale, jungle, où le fort domine le faible. 2) Le choc de civilisation juteux et pour régner (diviser pour régner)
Ce que veut l'USraël REJOINT parfaitement ce que veut le FN : OK le libéralisme, donc le triomphe du fort, et un choc frontal avec l'Islam

Or le choc de civilisations est artificiellement créé : L'islam est diabolisé, amalgame Islam-Islamisme VIA les fanatiques suscités PAR l'USraël pour servir ses intérêts (entre autres, le Nouvel Ordre Mondial sera bâti sur les ruines des Etats).

Ici, sur Internet, nous savons tous plus ou moins qu'EIIL, Al Nosra, etc, sont des MERCENAIRES armés, formés, fanatisés, drogués par l'USraël, et financés par les Monarchies pétrolières corrompues

Les mercenaires "djihadistes" servent à l'USraël pour 1) terroriser l'Opinion, la préparer au choc de civilisations JUTEUX 2) en tant que PIONS de son plan conduisant au NWO
L'Usraël dans le monde, le FN en France, ont le même plan : Prendre le pouvoir en terrorisant contre les Musulmans (en fait, en Irak des Islamistes mercenaires)
Si le FN est tant invité dans les meRdias, c'est parce qu'il est en réalité un PION des "mondialistes pro chocs de civilisations" - donc d'USraël

Ce n'est pas sans raison que maintenant plein de vidéos circulent sur Internet montrant les liens du FN avec Tel-Aviv, surtout via Louis Aliot

Pour résumer, les mondialistes, et le FN, veulent dresser l'Opinion contre l'Islam, donc ils sont des ALLIES objectifs pour le choc de civilisations

Le choc de civilisations passera par des pays comme l'Irak, où dans un premier temps, les mercenaires sont utiles POUR la stratégie du CHAOS

La stratégie du chaos est UN PLAN mondialiste en vue du NWO unifiant TOUT sur les décombres des pays affaiblis, parcellisés, disloqués..

Dans un premier temps, en Irak les mercenaires islamistes sont utilisés par l'USraël pour le chaos tuant la Nation. Après avoir servi ils seront anéantis
Conclusion de tous ces tweets : Nous avons deux ennemis: Le fédéralisme tuant la Nation, et le choc de civilisations sanguinaire, meurtrier, pouvant mener à une guerre mondiale. Vigilance !

Et en France, refusons la réforme du territoire. Car elle tuera la Nation UNE via le fédéralisme, ainsi les Régions se feront la guerre (économique...).

Les mondialistes ne veulent pas de pays, de Nation, sinon des Régions (fédéralisme). Et le "melting-pot" est un plan du NWO qui veut tout unifier sous son égide dictatoriale

Le choc de civilisations est artificiellement créé par l'USraël via des mercenaires au préalable fanatisés (ainsi l'EIIL), et un melting-pot conçu volontairement

Il faut révéler au monde l'imposture, virer les mondialistes et leur NWO sanguinaire et scélérat, et que chaque Nation retrouve la maîtrise de son destin
Pour virer les mondialistes et leurs plans scélérats, il faut des de Gaulle, des Asselineau, des Chavez, des Lunumba, des Kadhafi...

 

Eva R-sistons

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Published by Eva R-sistons - dans Le choc de civilisations
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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 09:29
Vendredi 8 février 2013

 

 

guerre-mondiale-3418_world_war1024_768.jpg

 

La guerre mondiale qui rôde

Par Chantal Dupille (eva R-sistons)

 

 

La guerre mondiale est à nos portes. Le savons-nous ? Récemment, je discutais avec un voisin, militaire de profession (à la retraite), et il me disait sa crainte du Nouvel Ordre Mondial et sa certitude d'une guerre mondiale bientôt, plus terrible que les autres. Oui, nos militaires sont bien conscients de tout cela, eux.... Et tant d'autres, aussi ! (1)

 

Personnellement, je crois que cette guerre mondiale de dépopulation, de domination et de prédation, n'est pas pour tout de suite. Parce que je pense que la ploutocratie veut s'enrichir au maximum avant, bref racketter, pressurer, piller...

 

En Grèce, par ex, le pays et le peuple ont été mis à contribution,  pas après pas : Economie ruinée, destruction des emplois, détricotage des mesures sociales et des services publics, austérité croissante pour tous sauf pour les armateurs et les laquais de l'Oligarchie.

 

L'Empire, avant d'être militaire, est financier. Et les Grandes banques, les Goldman Sachs, cherchent par tous les moyens à remplir davantage leurs coffre-forts. Quand les Etats, quand les peuples sont ruinés, qu'ils ne peuvent plus être pillés, reste le patrimoine à saisir, les bijoux de famille, les monuments, les îles, les trésors. L'Espagne connaît le même sort: Austérité, chômage, effondrement de l'économie, faillite, destruction des services publics et des systèmes sociaux....pour rembourses des dettes iniques, scandaleuses, que les politiciens corrompus ne dénoncent pas.

 

Tous les pays européens vont connaître le même sort, petit à petit. La France serait déjà en faillite. La pauvreté augmente d'une manière exponentielle, les citoyens ne peuvent plus se soigner, travailler, manger, se loger décemment... Tout est détruit. Pour le plus grand profit de l'Oligarchie financière !

 

Lorsque l'Empire financier aura épuisé toutes les occasions de s'enrichir démesurément sur le dos des peuples, il lui restera le volet militaire (déjà employé pour soumettre un par un les Etats non alignés, en bombardant ou en organisant de pseudos révolutions, et en utilisant les intégristes musulmans, les "terroristes" armés, formés, financés par lui) : La guerre mondiale, avec des armes de destruction terrifiante. Pour d'abord réduire le nombre d'habitants, ensuite prospérer sur les décombres du monde (Industrie de la Reconstruction, asservissement des rescapés...). Les Etats-Unis doivent leur insolente prospérité pendant des décennies, à la 2e guerre mondiale.

 

Mais les apprentis sorciers, avides, égoïstes, cupides, sans scrupules, oublient une chose : l'effet boomerang de leur folies criminelles. Un jour ou l'autre, ces monstres seront confrontés au nuage nucléaire qu'ils auront créé, au mieux, et au pire, à des imprévus effroyables. Car si on sait comment une guerre commence,  on ne sait pas comment elle finit. On peut supposer que des Etats comme l'Iran, la Russie, la Chine, et d'autres, feront payer cher, très cher, les attaques subies. En sachant d'ailleurs que la Russie détient une arme que les Etats-Unis n'ont pas,  plus terrifiante que les autres. 

 

L'Occident assassin a déja détruit plusieurs pays, certains millénaires : Irak, Afghanistan, Libye, Syrie... La conflagration meurtrière touchera-t-elle l'ensemble de l'humanité ?

 

Qui arrêtera la main des Occidentaux avant qu'ils ne mettent à feu et à sang le monde entier ? Qui traduira en justice les vrais terroristes qui ensanglantent la planète ? Si nous restons inertes, attendons-nous au pire : Nous l'aurons !

 

Chantal Dupille

 

http://chantaldupille.over-blog.com

 

(1)

(..) Depuis quelques semaines, des signaux inquiétants se multiplient et donnent lieu à des commentaires peu habituels de la part de quelques personnalités en vue. Les déclarations de Juncker avant son départ (reproduites dans le numéro 271 de LIESI) ou celles d’Attali sont des annonces assez claires de ce que les Elites préparent : une prochaine guerre mondiale. (..)

A quand le prochain attentat style SARAJEVO, interroge J. Attali ? (..)

JAPAN : TSUNAMI Major Wave III on Gold – Partie II

 

 

Vendredi 8 février 2013

 

 

 

Détruire un Etat souverain, caillou gênant pour l'Empire. L'Iran s'oppose à la libéralisation du Marché à l'infini, à la colonisation, à la libéralisation des moeurs (bref valeurs contraires à l'idôlatrie argent, marchandisation...). L'Iran ne menace pas l'Europe, mais couloir transit énérgétique, réserves gaz, pétrole, et le pays s'oppose aussi non seulement au rouleau compresseur, mais à Israël.

 

Le "ménage" a été fait au Soudan, en Irak, en Jordanie régime soumis, bientôt le ménage sera terminé en Syrie... Bases avancées à détruire aussi, comme le Hezbollah, ou à tronçonner, à isoler diplomatiquement, le couper de ses alliés, le diaboliser, l'affaiblir, indirectement la Russie est visée (tentatives de Révolutions de velours, procédures de déstabilisation de l'opinion, via Internet..)

 

Iran : Bombe de dissuasion, pas offensive, mais alors le pays devient inattaquable, donc inacceptable pour l'Occident car peur de voir l'Iran se sanctuariser.

 

Nouvelle arme américaine terrifiante : Armes USA pouvant être transportées par missiles de croisières, ou drones, et créant un nuage électro-magnétique pouvant paralyser toutes les activités d'un pays, détruisant toutes les installations électriques, les ordinateurs, les services bancaires (pénurie d'argent, donc), tout, même le fonctionnement des armées et bien sûr des centrales nucléaires, jusqu'au système d'approvisionnement en eau... Cette arme est-elle déjà opérationnelle ? Toute la vie d'un pays serait gelée, et cette arme entre dans la stratégie de Washington.

 

Obama Prix Nobel poursuit les mêmes objectifs que Bush, mais par des moyens plus "bienveillants", + discrets, subtiles... et à l'arrivée on se retrouvera devant les mêmes résultats.

 

Une opération de destruction de l'Iran coûterait très cher à l'Occident : L'Iran a des moyens de rétorsion, par ex dans le détroit d'Ormuz, et puis crise psychologique, le prix du baril bondira, et le choc sera trop dur pour l'Occident. L'Iran ne pourra vaincre, mais ses représailles seront très fortes. Bref, tout cela est coûteux. (Résumé par Chantal Dupille)

 

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http://oummatv.tv/15717/iran-destruction-necessaire?utm_source=Oumma+Media&utm_campaign=932dbe46d6-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email

 

Au programme de l'Esprit d'actu, la seconde partie de l'entretien avec  le  journaliste et géopolitologue Jean-Michel Vernochet, auteur du livre Iran, la destruction nécessaire  paru aux éditions  Xenia.

 

Iran la destruction nécessaire

 

  Vidéo 1 voir ici :

La guerre mondiale qui rôde (Chantal Dupille, JM Vernochet), + vidéo

 

Autres vidéos :

 

(1)

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ENTRETIEN AVEC JEAN-MICHEL VERNOCHET

A PROPOS DE SON LIVRE:

IRAN, LA DESTRUCTION NECESSAIRE

iran destruction.png

 

L’Iran doit être « détruit » : en tant que théocratie nationalitaire il est voué à être « normalisé »… En tête des agendas politiques, l’inscription volontariste de l’Iran au rang des démocraties libérales est donc à l’ordre du jour… Car l’Iran est appelé, volen nolens, à se fondre dans le grand chaudron des sociétés éclatées dans lesquelles la segmentation du marchés atteint son paroxysme (minorités ethniques, confessionnelles, sectaires et sexuelles, femmes, jeunes, enfants, la publicité s’adressant à ces derniers dès l’âge de deux ans, l’âge de leur scolarisation précoce…) afin de pouvoir pleinement être intégré au marché unique, autrement dit le « système-monde ».


Francis RosL’armée hébreu vient de mettre fin précipitamment à ses bombardements de la bande de Gaza, quant au ministre de la Défense, Ehoud Barak, celui-ci vient de faire valoir ses droits à la retraite. N’est-ce pas le signe d’un net reflux des ambitions expansionnistes d’Israël et donc d’un renoncement implicite à toute agression contre l’Iran ?

JMV. Regardons les choses en face. Gaza a été pilonnée, l’aviation et les drones israéliens ont y semé la mort et la désolation. Certes, l’escalade s’est arrêtée assez vite, mais qui est nommément désigné comme le premier responsable de ces tragiques événements ? Téhéran ! M. Fabius, ci-devant ministre des Affaires étrangères ne s’est pas gêné pour accuser l’Iran, « ce pelé, ce galeux d’où nous vient tout le mal » [Les Animaux malades de la peste] de « porter une lourde responsabilité dans l’affaire de la bande de Gaza », ceci en ayant notamment fourni des « armes à longue portée au Hamas ». M. Fabius étant particulièrement déconnecté, comme la plupart des énarques, ne connaît apparemment pas le sens du couple de mots « longue portée »… mais l’expression fait « riche ». Ainsi s’est-il répandu le 22 novembre sur Radio Monte-Carlo et BFMTV où il a désigné la cible ultime : « L’Iran est indirectement impliqué dans plusieurs conflits graves dans cette région… les missiles à longue portée de 950 kg qui peuvent atteindre le centre d’Israël et les villes du sud du pays sont fournis par l’Iran ». Des missiles qui n’ont causé au demeurant aucune victime dans le centre d’Eretz Israël malgré leur supposée formidable létalité ! A contrario nombreux ont été à Gaza les morts et les blessés dus à des bombes réputées « intelligentes » ! Bref, l’arrêt de l’offensive sur Gaza, la démission (ou l’éviction) d’Ehoud Barak ne changent rien sur le fond. Certains vont même jusqu’à se demander si les « rats » ne se mettraient pas à quitter le navire, surpris qu’ils sont par une annonce intervenant cinq jours après la fin de l’opération « Colonne de nuées » autrement nommée en français « Pilier de Défense ». Certes l’actuel ministre israélien de la Défense, ancien premier ministre de 1999 à 2001, militaire le plus décoré du pays qui en janvier 2011 a tourné le dos au Parti travailliste pour rallier le cabinet de Benyamin Netanyahou, était considéré jusqu’à ce lundi 26 novembre comme le numéro 2 du gouvernement… âgé de soixante-dix ans il ne quittera cependant pas ses fonctions d’ici les élections législatives du 22 janvier 2013. Mais il est encore trop tôt pour savoir ce que cache ou dissimule ce départ impromptu… de graves désaccords au sommet de l’État hébreu à n’en pas douter et des révisions politiques – forcément « déchirantes » imposées de l’extérieur ou par l’effet d’un simple « retour au réel » ? La question se pose : Israël a-t-il trop présumé de ses forces ? Ses méfaits et son hybris ne sont-ils pas en train de le rattraper ? Désormais la coupe est-elle pleine ? Reste que nous pouvons compter sur le Likoud, génétiquement parlant, et sur ses épigones néoconservateurs de Washington, pour ne pas savoir ni ne vouloir s’arrêter à temps.

Au cours de cette dernière crise, MM. Obama et Fabius n’ont au demeurant ni lâché ni désavoué Israël et son gouvernement, le Likoud. J’en déduis que cet arrêt du pilonnage aérien de Gaza, n’est en réalité qu’une sorte de « repli tactique » et que cela ne change en rien – au moins pour l’instant – quant à l’agenda occidentaliste visant à un remodelage en profondeur du Proche-Orient, Syrie, Liban, Iran… Même si nous nous plaçons dans la perspective encore lointaine d’une autosuffisance énergétique de l’Amérique du Nord grâce au gaz de schiste. Les enjeux énergétiques liés à la bataille de Syrie ou au littoral gazaoui – lequel jouxte la partie méridionale du « Léviathan », poche de gaz super géante dont Israël entend bien s’approprier la totalité – ne sont qu’une dimension du projet occidentaliste de reconfiguration de l’aire islamique. Un projet auquel l’Administration américaine n’est pas prête à renoncer, qu’elle soit « démocrate » ou « républicaine ». Trop d’efforts et de moyens ont été déjà consentis en ce sens, la guerre de Syrie est coûteuse en termes diplomatiques, le mouvement est amorcé, la coalition euratlantiste ne reviendra plus en arrière. Même si M. Obama, en raison de restrictions budgétaires, réduit la voilure le cap sera maintenu contre vents et marées.

Syrie, Liban, Iran, ces trois pays constitutifs de l’arc chiite – l’Irak peinant durement à se reconstruire – doivent être et seront brisés sauf circonstances exceptionnelles. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe aucune dissension au sein des états-majors politiques et militaires à Washington et Tel-Aviv. Paris comptant pour du beurre, les états d’âme des exécutants n’entrant en effet pas en ligne de compte ! Désaccords, non pas sur les objectifs à atteindre – la nécessaire destruction d’un Iran souverain fait l’unanimité – mais sur les moyens d’y parvenir et le calendrier : la force brutale préconisée par le Likoud et les Néoconservateurs, ou encore l’usure et la ruse, les manœuvres indirectes, la guerre subversive ou les révolutions internes !

Depuis des années, surtout ces derniers mois nous voyons les nuées monter sur l’horizon. Les orages ont rarement pour habitude de faire demi-tour… de même les machines infernales, une fois le mécanisme enclenché. L’Iran est voué à la destruction… sauf capitulation en rase campagne de ses élites dirigeantes. À ce titre il est vrai que des élections présidentielles auront lieu en Iran en juin 2013. Rien n’indique cependant que les nouveaux dirigeants pourraient réorienter – du tout au tout – l’actuelle politique de la République islamique, ni, que de l’autre côté M. Obama veuille se déjuger en acceptant de négocier directement avec la théocratie parlementaire iranienne.

FRMais pourquoi au final l’Occident est-il si acharné contre l’Iran ? Le nucléaire est-il la seule ou la vraie raison ?

JMV – Le nucléaire n’est de tout évidence qu’un prétexte. Une grosse ficelle du même genre que les « armes de destruction massive » qui ont servi à tétaniser les opinions publiques occidentales et à lancer la croisade pour la démocratie en et contre l’Irak. Le 14 novembre dernier « Le Parisien » nous expliquait doctement que « selon les experts internationaux, le programme iranien se poursuit lentement mais sûrement malgré les sanctions économiques qui étranglent le pays. C’est une question de mois pour que Téhéran parvienne à ses fins », analyse un diplomate français. « Chaque jour qui passe nous rapproche peut-être d’une issue dramatique ». Observons que nul ne sait précisément qui sont « les experts internationaux » ni qui est le « diplomate français » ici mentionné. Tout cela n’est pas sérieux, mais c’est à l’image de ce que nous serinent quotidiennement grands et petits médias : une menace croît à l’Est qui est en passe de se muer en danger imminent. Conclusion : l’intervention est inéluctable. Répété mois après moi, semaines après semaines, années après années ce type de discours apparaît comme une fatalité et plus encore, comme une nécessité. La raison désarme devant tant de constance et d’énergie dans le prêche du malheur… et parce que dans nos magnifiques démocraties le peuple – de toutes façons désinformé à mort – n’est jamais consulté pour ce qui engage son avenir, l’opinion subit et accepte, toujours et encore. Et que pourrait-elle faire d’autre puisqu’elle ne dispose d’aucun choix alternatif possible ? Chacun sait pourtant que la possession d’une ou plusieurs têtes nucléaires ne feraient pas de l’Iran un adversaire redoutable face aux deux ou trois cents vecteurs de mort atomique que déploie Israël. Au fond, tout cela serait risible si ce n’était atrocement tragique. N’est-ce pas M. Rocard, l’ancien Premier ministre, qui, transverbéré par un trait de lucidité – mais à moitié goguenard et satisfait de lui-même comme seuls savent l’être les « égrotants » – s’exprimait ce dernier printemps en ces termes [[Libération 2 mars 2012] : « Nous avons une stratégie américano-anglaise… de torpiller toute possibilité de discuter sérieusement avec les Iraniens. Et même de faire un peu de provoc de temps en temps. Comme s’il s’agissait de préparer une situation de tolérance rendant acceptable une frappe israélienne. Dans cette hypothèse, la guerre devient une guerre irano-syrienne soutenue par la Chine et la Russie, comme on le voit à l’Onu, contre en gros l’Occident et ses clients. Et l’Europe se tait. C’est une affaire à millions de morts, l’hypothèse étant que ça commence nucléaire. Je connais bien ces dossiers et je n’ai jamais eu aussi peur. Nos diplomates ont perdu l’habitude de traiter des situations de cette ampleur et tous nos politiques jouent à se faire plaisir avec des satisfactions de campagne électorale. Ce qui est nouveau, c’est l’intensité des dangers par rapport à un état d’esprit futile. Autre nouveauté, ces dangers sont extérieurs, résolument mondiaux. Il n’y a que l’Amérique latine et l’Australie pour avoir une chance d’y échapper. Aucun grand pays, même la Chine ou les États-Unis, n’y peut quelque chose à lui tout seul. Il n’y a de réponse que dans une consultation mondiale attentive dont tout le monde se moque… Ça me rend malade ». L’agneau de la fable – innocent ou pas, là n’est pas la question – face au loup dominateur et sûr de lui, est forcément perdant : le premier démuni pollue l’eau du maître des lieux, l’autre manie la rhétorique sans appel du dominant. Iran/État-Unis, toutes proportions gardées, le schéma est à l’identique avec à l’arrivée, sans doute, le même résultat.

FRMais quels intérêts l’Iran menace-t-il concrètement ?

JMV – L’Iran ne menace personne mais barre le passage à une foultitude d’intérêts. Comme déjà dit, il ne faut pas réduire comme cela a été fait pour l’Irak, la question à sa seule dimension géoénergétique. Pour faire court disons qu’un processus d’unification global du Marché est en court et que l’Iran y fait obstacle. Après tout, il s’agit d’un pays où les prêts financiers taux usuraires sont interdits cela seul constitue un casus belli pour les potentats de la Finance mais pour tout le système. Où l’Iran se soumet, accepte sa conversion aux dogmes du Monothéisme du Marché, ou bien doit se résoudre à se voir effacé de la Carte du Temps. À prendre ou à laisser. Sauf miracle, révolutions, effondrement des nations occidentales sous l’effet de la crise systémique…

FRQuelles sont, à votre avis, les issues possibles ? La guerre est-elle inéluctable ou encore évitable

JMV – Obama veut ou voudrait temporiser. Sa préférence va aux stratégies indirectes, entre autres la subversion, l’étranglement par les sanctions, les révoltes populaires encouragées et soutenues de l’extérieur. Et cela marche. Les sanctions commencent à mettre l’Iran à genoux. Le peuple souffre. Les gens du Département d’État et les adeptes du smart power – le gros bâton subtil – comptent à ce titre sur un soulèvement de la population. De ce point de vue, pour le Département d’État, le président Ahmadinejad est devenu un personnage « contingent ». Il n’est plus le paramètre central. Les prochaines élections présidentielles pourraient en effet conduire à la tête des personnalités plus dures voire plus intransigeantes que l’actuel président. En tout cas, les stratèges de la terreur veulent d’abord priver l’Iran de ses bases avancées : celles du Liban, c’est-à-dire le Hezbollah ; de Syrie contre laquelle les coups de boutoirs se multiplient. En un mot, il s’agirait de ne pas aller trop vite en besogne, d’assurer les arrières, de déblayer le terrain et de faire le ménage avant de s’attaquer au sanctuaire iranien. Les autres, les faucons, veulent fondre sur la proie sûrs qu’ils sont de l’écraser sous leurs bombes en raison de leur infernale supériorité ; à savoir une maîtrise absolu des mers, de l’air et de l’espace… des espaces devrait-on dire puisqu’outre l’espace extra atmosphérique il est désormais question de guerre à outrance dans le cyberespace. Or les Occidentalistes sont déjà allés top loin. Ils n’ont d’ailleurs pas pour habitude de reculer. La Syrie mise à feu et à sang est un bon exemple de la détermination du camp israélo-américain, de leurs alliés, commensaux et satellites. Ils iront donc jusqu’au bout. Sauf que nul n’est vraiment assuré du résultat. Une victoire militaire coûtera de toutes façons cher, même si ce n’est pas à court terme. Car nul ne peut impunément et indéfiniment défier voire mépriser une communauté internationale en pleine mutation… Communauté des nations à présent traversée par les courants invisibles d’une information non filtrée véhiculée par la Toile. Dans l’actuel contexte de crise systémique, personne ne peut exclure non plus des révoltes en Europe et aux États-Unis. Une hypothèse qui devient chaque jour de moins en moins absurde pour ne pas dire de moins en moins « improbable ». L’hybris des maîtres du monde est telle qu’ils croient encore pouvoir contenir ou canaliser des mouvements populaires de grande ampleur. L’histoire certes se répète souvent, mais c’est refuser de tenir un compte exact des transformations sociétales en cours ou déjà accomplies. L’intelligence et la culture des dirigeants occidentaux promus par le cirque médiatique et le bastingue démocratique, ne sont plus à la hauteur des défis actuels. Sur ce point nous sommes entièrement d’accord avec Michel Rocard. Mais pas pour les mêmes raisons. En vérité, sauf miracle, nous irons à l’abîme parce que ces gens veulent y aller et ont décidé de nous y emmener avec eux, assurés qu’ils sont de n’avoir pas à payer le prix du sang versé. Le sang des autres, bien entendu.


Entretien conduit pour Geopolintel par Francis Ros

source: http://www.mecanopolis.org/?p=26964

http://eurempire.skynetblogs.be/archive/2012/12/29/iran-la-destrction-necessaire.html

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« Iran, la destruction nécessaire »,

l’indispensable livre de Jean-Michel Vernochet

 

L’Iran doit être détruit. Malgré sa série d’échecs militaires, l’alliance occidentale doit mener cette campagne peut-être suicidaire. Pourquoi ?

 

Non seulement parce que l’Iran  remettrait en cause le monopole du feu nucléaire détenu au Proche-Orient par l’État hébreu. Ni en raison de la lutte acharnée que se livrent les grandes puissances pour s’approprier les gisements d’énergies fossiles, notamment le gaz iranien. Et ne parlons pas des arguments émotionnels liés aux droits de l’homme et au statut de la femme.


Aucune de ces raisons n’est suffisante, mais toutes ensemble elles participent d’une logique d’ensemble, systémique, qui les englobe. Et qui ne peut souffrir la présence d’une puissance iranienne échappant au nivellement libéral-démocratique du monde.

 

La cible est donc déjà verrouillée sur les écrans de guidage des centres d’opérations américains.


Intégrant le contexte global et l’enseignement des décennies qui précèdent, sans s’aveugler sur le régime iranien, Jean-Michel Vernochet livre une réflexion géopolitique de haut vol sur «notre» prochaine guerre. Peut-être la guerre de trop ?

 

http://www.mecanopolis.org/?p=26841

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 01:58

 

11 septembre 2001

http://www.stream-tv.fr/reportage-tv/loose-change-3-documentaire-2011/

 

 

mardi 13 novembre 2012

Sur le "choc des civilisations"

LE DROIT INTERNATIONAL POUR TOUS !

 


Le propos de Georges Corm est daté.

Avec un recul de seulement quelques années, on comprend bien comment et pourquoi on peut en arriver à la situation que l'on connaît aujourd'hui.

Les responsabilités étaient déjà définies .

Resterait sans doute à préciser les raisons plus profondes, économiques, énergétiques, financières... qui ont conduit « l'Occident » à persévérer dans les politiques qui ont été mises en œuvre, avec les risques et les conséquences que l'on sait.

Mais mes lecteurs sont déjà des personnes averties...

 

Michel Peyret


 

 

 GEORGES CORM TORD LE COU AU "CHOC DES CIVILISATIONS"

 

jeudi 3 novembre 2005

Nous publions ci-dessous une interview de l’intellectuel libanais Georges Corm réalisée par Thierry Leclère dans l’un des derniers numéros de Télérama, qui met en évidence l’indigence du concept de "choc des civilisations".



Quatre ans après le 11 Septembre, quel regard porte-t-on, de l’autre côté de la Méditerranée, sur le chaos du monde ?

 

On a peu entendu - ou peu écouté -, ces derniers temps, les intellectuels des pays arabes. Dans Orient-Occident, la fracture imaginaire, l’essayiste libanais Georges Corm stigmatise le discours « triomphant et narcissique » de l’Occident, tout en décrivant un monde arabe défait, divisé, gouverné depuis plusieurs décennies par des autocrates corrompus. Des sociétés arabo-musulmanes prostrées dans « une attitude de vaincus ».

Télérama : Comment cette fracture entre l’Orient et l’Occident que vous décrivez dans vos livres se manifeste-t-elle, aujourd’hui, dans les pays arabes ?

Georges Corm : L’incompréhension est visible. Beaucoup d’Arabes, par exemple, sont frappés de voir que les victimes occidentales ont un statut spécial. Avec le 11 Septembre, les attentats de Madrid ou de Londres, on a eu l’impression d’avoir affaire à une catégorie particulière d’humanité : couverture non-stop des médias, cérémonies d’anniversaire, minute de silence dans toute l’Europe...

Alors que les milliers de tués en Irak ou les victimes d’un tremblement de terre en Iran ou d’une famine en Afrique disparaissent vite de l’actualité.

La vie humaine n’a pas la même valeur : il y a les citoyens de première classe et ceux de seconde classe.

La fracture Orient-Occident s’élargit, donc, c’est indéniable. Même s’il ne faut pas oublier que la préoccupation de l’immense majorité des jeunes Arabes est ailleurs : il s’agit pour eux de trouver du travail, voire d’émigrer, de se marier et de se loger.

Les gens sont démobilisés depuis une vingtaine d’années. C’est le sauve-qui-peut. Chacun s’occupe de son destin individuel.

Télérama : Nourri par ce sentiment d’injustice, l’antiaméricanisme est-il devenu le ciment commun des opinions arabes ?

Georges Corm : Il suffirait que les Etats-Unis changent de politique et cet antiaméricanisme tomberait vite. Au fond, les Arabes se sentent mal aimés et pas respectés. Mais ils sont aussi dans une schizophrénie totale : les mêmes personnes qui peuvent détester politiquement l’Amérique vont faire des sacrifices pour envoyer un enfant étudier aux Etats-Unis ! Et beaucoup sont prêts à risquer leur vie pour traverser la Méditerranée et vivre en Europe.

Télérama : Ne sentez-vous pas une montée d’exaspération et de radicalité ?

Georges Corm : Les islamistes rallient à eux une infime minorité de militants dans le monde arabe. Et Ben Laden n’est pas un idéal. Certains ont pu le voir à un moment donné comme un Robin des bois, mais très peu le soutiennent vraiment. Faire des opérations terroristes en Europe ou à l’intérieur de nos pays ne peut pas être un idéal collectif. D’ailleurs, les gens parlent relativement peu de lui, sinon pour se poser des questions : pourquoi les Américains ne l’ont-ils toujours pas arrêté ? Pourquoi ses cassettes arrivent-elles au bon moment politique pour Bush ou pour Blair ?

Télérama : Les peurs de l’Occident se focalisent beaucoup autour de l’islam. Est-ce la principale source d’incompréhension ?

Georges Corm : Ilfaut cesser de considérer que ce terrorisme islamiste est quelque chose de nouveau, de totalement spécifique à l’Orient. On peut comparer les djihadistes d’aujourd’hui aux anarchistes et aux nihilistes du XIXe siècle, mais aussi aux mouvements d’extrême gauche européens et à l’Armée rouge japonaise des années 70. Al-Qaida s’inscrit tout à fait dans la lignée des mouvements qui pensent qu’une violence dite « rédemptrice » peut changer le cours de l’histoire. Les médias ont tendance à présenter l’islamisme comme consubstantiel à l’islam et aux musulmans. Mais c’est comme si on avait dit d’Action directe qu’elle incarnait la gauche française ou la pensée marxiste ! Ou que la bande à Baader incarnait l’esprit allemand ! C’est grotesque ! Malgré tout, je comprends très bien la peur qui peut s’installer chez le téléspectateur occidental : l’image du Moyen-Orient et du musulman, cet « homo islamicus » qu’on présente dans les médias, est effrayante... On décrit à longueur de journée l’Orient comme le monde de l’irrationalité, du terrorisme et des barbus. C’est exotique, ça fait peur, ça vend. C’est le trou noir, l’enfer !

Télérama : Mais on entend encore assez peu d’intellectuels du monde arabe ou de vrais savants de l’islam s’exprimer sur toutes ces questions. A qui la faute ?

Georges Corm : Bien qu’elle soit très vivante, la vie intellectuelle et religieuse des pays du monde arabe n’est pas connue en Occident. Or ici, à Beyrouth, par exemple, elle est exceptionnelle. Des hommes de religion musulmane peuvent y prêcher la laïcité ou vanter la personnalité du Christ...

Est-ce que quelqu’un s’est donné la peine, en Occident, de lire l’oeuvre considérable de Mohamed Chahrour ? Cet auteur syrien a fait notamment une analyse linguistique du Coran qui constitue une vraie révolution. L’un de ses ouvrages s’est même vendu à plus de 600 000 exemplaires dans le monde arabe !

Est-ce que l’on s’est ému, aussi, en 1992, de l’assassinat de Farag Foda, un réformateur égyptien qui a dénoncé l’imposture des doctrines religieuses des mouvements radicaux ? Un autre grand intellectuel égyptien qui prêche une lecture différente du patrimoine religieux, Ahmed Abou Zeid, a été, encore, quasiment expulsé d’Egypte en 1995, et cela n’a pas suscité beaucoup de sympathie...

Du côté de la recherche, même chose. Dans les universités européennes ou américaines, il ne s’écrit quasiment rien sur les réformateurs de l’islam.

En France, une pléiade d’auteurs réécrit depuis des années des livres qui se ressemblent tous, sur le même thème : « islam et politique ». Seule la couverture change !

Dans les années 80, la nouvelle génération d’islamologues français s’est même exclusivement spécialisée dans l’étude des mouvements radicaux musulmans, en ignorant l’Islam, avec un grand I, treize siècles de pensée, de différentes écoles théologiques et juridiques. Leur seul centre d’intérêt consiste à lire les brochures de propagande de ces mouvements ou à décrire leur mouvance et leurs réseaux, ce qui est pratiquement un travail d’enquête de police.

Certains d’entre eux, à l’inverse, ont pensé, avec une naïveté surprenante, que l’islamisme radical était une nouvelle forme d’action révolutionnaire salvatrice, après l’échec des mouvements tiers-mondistes, nationalistes ou marxistes.

Télérama : En Europe, on entend souvent dire que l’islam est un frein à l’évolution des sociétés arabes à cause de l’absence de séparation entre le spirituel et le temporel.

Georges Corm : C’est incohérent. Dans le monde musulman, le pouvoir a toujours été de nature civile et il n’a jamais existé l’équivalent d’une institution religieuse de la puissance de l’Eglise romaine. Les oulémas [docteurs de la foi, NDLR] n’ont jamais gouverné nulle part. Même en Arabie saoudite, pays qui est le plus proche d’un modèle théocratique, la famille des Séoud incarne un pouvoir civil.

Télérama : Et l’Iran ?

Georges Corm : En Iran non plus on ne peut pas parler, stricto sensu, de théocratie ; vous avez quand même un équilibre des pouvoirs entre le Guide suprême et le Conseil des gardiens de la foi d’un côté, et le président de la République et son gouvernement de l’autre.

De plus, la théorie de Khomeyni sur la nécessaire « tutelle » des religieux sur le pouvoir civil est une innovation totale, très contestée par certains des plus grands penseurs religieux chiites.

Non, le problème, en Islam, ce n’est pas la séparation du spirituel et du temporel. On projette sur les sociétés musulmanes une problématique propre à l’histoire de l’Europe.

Télérama : Revenons à l’islamisme. Cette fièvre est-elle la cause de tous les désordres, ou le symptôme de la crise ?

Georges Corm : Le symptôme, à l’évidence. Rechercher dans le Coran ou la charia les raisons des violences du terrorisme dit « transnational » est une absurdité qui embrouille la compréhension des vrais problèmes.

Tout comme l’anarchisme russe de la fin du XIXe siècle, le terrorisme dit « islamique » est le produit des graves malaises politiques, sociaux et économiques provoqués par les changements brutaux qu’a connus le Moyen-Orient au cours du siècle dernier.

Les vraies causes sont donc profanes : quand les Palestiniens vont-ils avoir leur Etat et où va s’arrêter la colonisation de la Cisjordanie ? Pourquoi les résolutions des Nations unies ne sont-elles pas appliquées à Israël avec la même vigueur qu’elles l’ont été à l’Irak ou, plus récemment, à la Syrie ? Quand les Américains vont-ils se retirer de l’Irak et de la péninsule Arabique, qui abrite les lieux saints musulmans ?

Il faudrait aussi parler des facteurs économiques : l’autoritarisme des régimes en place s’explique principalement non par le facteur religieux, mais par la persistance de l’économie de rente (pétrolière, principalement), qui continue d’être prédominante. Une économie de rente ne peut jamais permettre l’installation d’une démocratie ; elle ne peut qu’engendrer des régimes autoritaires qui distribuent la rente entre groupes sociaux de manière à se maintenir au pouvoir.

Télérama : Qu’attendez-vous de l’Europe ? Peut-elle rapprocher les deux rives de la Méditerranée ?

Georges Corm : Je suis sûr que la moitié de la population européenne, au moins, continue d’avoir des aspirations pacifistes et antiracistes, comme l’ont montré les manifestations grandioses contre la guerre en Irak.

Mais, pour le moment, c’est peine perdue, parce que l’Europe continue d’être alignée sur les Etats-Unis. Si elle veut vraiment jouer un rôle dans le règlement des conflits, c’est simple : il faut qu’elle défende l’application du droit international pour tous. Dans le conflit palestinien, mais aussi en ce qui concerne la possession de l’arme atomique. En appliquant une politique des droits de l’homme à géométrie variable, l’Occident décrédibilise les valeurs démocratiques et n’aide pas les démocrates de cette partie du monde à faire progresser leur cause.

Télérama : Votre pays, le Liban, est placé depuis toujours sur cette ligne de fracture entre l’Orient et l’Occident. Comment analysez-vous les convulsions actuelles, après l’assassinat du Premier ministre Rafic Hariri et le retrait de la Syrie ?

Georges Corm : Le Liban reste plus que jamais un Etat tampon. Pendant quinze ans, les Etats-Unis l’ont placé sous la tutelle de la Syrie, parce que cela leur convenait. Aujourd’hui ils ont décidé de nous en faire sortir.

Le Liban a donc été kidnappé, et voilà comment on est repassé brutalement de la tutelle syrienne à la tutelle américaine. L’ambassadeur américain et, accessoirement, l’ambassadeur de France sont aujourd’hui les personnages centraux de la vie politique libanaise.

Notre libération reste donc à faire. Il faut se débarrasser d’une classe politique qui se maintient en jouant du communautarisme et en sollicitant les tutelles étrangères.

Autrefois, le Liban était considéré comme un pays charnière entre Orient et Occident : chrétiens et musulmans vivaient ensemble depuis treize siècles, et les meilleurs des Libanais avaient développé une philosophie de la convivialité islamo-chrétienne qui aurait pu être un exemple pour le monde entier.

Mais le résultat de quinze années de guerre civile - de 1975 à 1990 - et la priorité, pour l’Occident, d’intégrer l’Etat d’Israël dans la région ont fait oublier la sagesse de la philosophie politique libanaise des années 40, de la génération de l’indépendance.

Aujourd’hui, au Liban comme dans le monde entier, j’ai parfois l’impression que la prophétie de Samuel Huntington se réalise et que Le Choc des civilisations, ce mauvais livre, brouillon et indigent, qui désignait l’Islam et la Chine comme les nouveaux ennemis de l’Occident, est plus que jamais le bréviaire des néoconservateurs au pouvoir en Amérique (1).

Le monde actuel me rappelle la république de Weimar, en Allemagne, cette période de flou et de chaos qui a accouché du nazisme. Un monde où tout le monde a peur de tout le monde.

(1) "Les conflits les plus importants et les plus dangereux n’auront pas lieu entre classes sociales, entre riches et pauvres, mais entre peuples appartenant à différentes entités culturelles", écrivait Samuel Huntington, en 1996, dans Le Choc des civilisations (éd. Poches Odile Jacob)."

Propos recueillis par Thierry Leclère - Télérama n° 2909

Posté par Alaindependant à 13:20

 

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2012/11/13/25452355.html

 

____________________________________________

 

Le 11 septembre nous mène directement au choc de civilisations.

Dénoncer l'imposture,

 

L'imposture du 11 septembre 2001 en 2 mn

 

 

 



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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:10

La « psychose » de Breivik,

phénomène de la « guerre des civilisations »



 

 

Anders Behring Breivik, l’auteur des attentats d’Oslo, ne présente pas les symptômes d’une soudaine folie ou d’une pathologie extraordinaire. Probablement comme Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Montauban et Toulouse, il n’a pas succombé à un trouble mental, mais a simplement pris au sérieux le discours politico-médiatique du « clash des civilisations ». Tous deux ont cru ce qu’on leur disait, se sont positionnés dans ce conflit imaginaire, et ont voulu avec courage y prendre leur place. Pour Jean-Claude Paye, ce n’est pas tant le tueur de masse post-moderne qui est malade, c’est la société qui a validé la rhétorique néoconservatrice à travers les guerres impériales et les lois sécuritaires qui doit d’abord retrouver la raison.

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Intoxiqué par le discours politico-médiatique, Behring Breivik a cru que l’Occident était menacé par le « clash des civilisations ». Refusant de baisser les bras, il s’est imaginé devoir prendre les armes et a tué 77 de ses concitoyens.

 

 

Les massacres sont un phénomène récurrent de notre post-modernité. Ils ne résultent pas uniquement des actions militaires de l’armée impériale et de ses « coalitions », mais aussi d’actes individuels. À travers ce que l’on continue d’appeler des faits divers, ils font partie de notre quotidien. Ces actes ne sont plus rejetés à l’extérieur de la société, mais intègrent son réel. Ainsi, les tueurs de masse ne sont pas porteurs de valeurs propres. Ils ne présentent pas non plus les caractéristiques d’une psychose « extraordinaire », mais seulement d’une « psychose ordinaire », celle qui est commune à l’ensemble de la société. Ces massacres constituent un simple passage à l’acte, un révélateur d’un enfermement collectif dans la virtualité de la « guerre des civilisations », c’est à dire dans un nouveau réel destiné à se substituer à la réalité des contradictions sociales.

Un massacre afin de combattre le « complot islamo-marxiste »

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Au XIXe siècle, Gustave Flaubert posait la question de l’influence des médias sur le comportement individuel. Il mit en scène une Madame Bovary qui trompe son mari pour se conformer aux romans à la mode. A chaque époque, les médias dominants véhiculent l’idéologie du moment. Au XXIe siècle, ils propagent celle de l’Empire : le « choc des civilisations », et produisent des Behring Breivik et des Mohamed Merah.

Remis le 29 novembre 2011, le rapport des psychiatres, sur l’auteur des attaques du 22 juillet en Norvège, était très attendu. Ce jeune homme avait fait exploser une bombe à Oslo, tuant huit personnes, avant de se rendre sur l’île d’Utoeya, où il avait assassiné 69 jeunes gens et blessé une centaine d’autres. Le rapport devrait influer sur la suite de l’affaire : un procès ou l’internement psychiatrique.

Le parquet norvégien, citant les conclusions des deux psychiatres, a annoncé que le prévenu était psychotique au moment des faits. Il aurait développé « une schizophrénie paranoïaque ». Si le tribunal rejoint l’opinion des experts, l’accusé ne pourra être considéré comme pénalement responsable et ne sera pas jugé.

L’absence de procès poserait problème à plus d’un titre. La lumière ne serait pas faite sur nombre de zones d’ombre du dossier, à savoir : la possibilité que le tueur n’ait pas été seul, hypothèse notamment liée au fait qu’il avait un walkie-talkie au moment où il a perpétré son acte [1], l’absence de forces de l’ordre sur l’île, l’incroyable lenteur de la police à se rendre sur les lieux ou le fait que le tueur n’ait pas été préventivement intercepté, alors que ses intentions étaient affichées sur le Net et qu’un achat de 6 tonnes d’engrais chimique, un classique en matière de terrorisme, avait été signalé.

Le procureur Svein Holden, a expliqué : « les experts ont décrit une personne qui se trouve dans un univers illusoire où toutes ses pensées et ses gestes sont régis par ses illusions » [2]. Il rejoint ainsi les positions de l’avocat d’Anders Behring Breivik. Ce dernier avait d’abord déclaré que son client était probablement « dément ». Ensuite, il avait préféré affirmer qu’il avait « sa propre perception de la réalité. »

Ces déclarations posent problème à plus d’un titre. Que Beiring Breivik ait une vision illusoire de la réalité ne peut lui être spécifique, puisque l’illusion accompagne toute perception. Cela ne peut le conduire à la psychose qui, elle, confond intérieur et extérieur, fusionne le sujet et l’objet, rendant ainsi impossible toute forme de conscience. Merleau-Ponty nous a montré que la perception, comme façon d’habiter le monde, repose nécessairement sur une croyance, autrement dit, sur une illusion. Cette théorie est complétée par Jacques Lacan. Ce dernier nous indique que dans l’hallucination psychotique la part de croyance dans le monde, accompagnant normalement les actions et les pensées, a été remplacée par une certitude absolue.

Des valeurs communes avec celles des médias

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Durant une décennie, Al-Jazeera a continué à faire vivre Oussama Ben Laden, pourtant mort et enterré publiquement en décembre 2001. Cette fiction était indispensable à la stratégie US de contrôle du leadership islamique. Elle a inspiré aussi bien les GI’s partis le combattre en Irak que des musulmans jihadistes partis à sa recherche en Afghanistan pour se mettre à son service.

Dans l’élaboration de son discours, Breivik ne se confond pas avec son objet. Il se représente, énonce sa vérité, ses valeurs. Il a ainsi une forme de conscience, ce qui n’est pas le cas du psychotique qui lui est entièrement parlé.

Non seulement Breivik a une vision de la réalité, mais, comme toute perception, elle est réflexive. Elle distingue, au contraire de la psychose, l’intérieur et l’extérieur en les articulant.

De plus, le dogme du complot islamo-marxiste ne lui est pas propre. Il s’agit là d’un paradigme largement répandu grâce au choc des cultures, notamment théorisé par l’ouvrage de l’États-unien Samuel Huntington [3]. Ainsi, l’hostilité à l’islam et au multiculturalisme n’est pas une valeur propre du prévenu. Combattre le complot islamo-marxiste fait partie d’une « guerre de civilisations ». Le conflit en Irak n’a-t-il pas été lancée par le président Bush, au nom de la « guerre du Bien contre le Mal » ? Le bombardement de la Libye par l’OTAN a été effectué au nom de l’amour des victimes de Kadhafi [4].

Behring Breivik a déclaré avoir commis ses « exécutions (...) par amour pour son peuple ». L’attentat doit ouvrir les yeux de la société sur «  la guerre du Bien contre le Mal », celle entre l’identité chrétienne et l’islamisation de l’Europe. Son action doit rendre visible l’invisibilité d’une guerre souterraine et doit nous réveiller. Le massacre rendrait transparent le danger islamiste. Tout en reconnaissant l’attentat, Breivik ne se s’estime pas coupable, car ce type d’action appartiendrait originairement aux « djihadistes » Cette procédure de renversement ne lui est pas propre. Au début, les médias se sont d’abord demandés s’il ne s’agissait pas d’un attentat islamiste. Ensuite, lorsqu’ils ont communiqué que l’auteur était un « Norvégien de type norvégien », nombre de ceux-ci ont accompagné cette information de l’assertion que cet « islamophobe » usait de la même rhétorique et des mêmes méthodes que les mouvements islamistes, l’attentat réalisé relevant d’ailleurs du même mode opératoire [5].

La croisade comme passage à l’acte

La spécificité du prévenu ne réside pas donc dans sa vision du monde, dans des valeurs ou un univers illusoire propres, mais dans le fait qu’il se sente investi d’une mission. Il se présente comme un croisé en guerre contre « l’invasion musulmane » et se considère comme « le chevalier le plus parfait depuis la Seconde Guerre mondiale » [6]. Behring Breivik s’inscrit bien dans la « guerre des civilisations ». Ce qui le distingue c’est la manière dont il reçoit le message. Il ne se situe plus dans le laissez faire ou le laisser dire, mais dans le passage à l’acte.

L’accusé s’offre comme fétiche, car il estime que l’attentat est « cruel mais nécessaire ». Il se constitue en symbole afin de se substituer lui-même à la réalité, c’est-à-dire interdire par là, à autrui et à lui-même, toute médiation symbolique. C’est lui, qui par son acte, est le porteur de la voix de l’invisible qu’il faut entendre, celle de la guerre « cosmique ». Il se pose comme maître du discours et fusionne simultanément deux positions, celles du bourreau et de la victime émissaire. Il correspond ainsi parfaitement à l’antinomie propre à la structure perverse, désarticulée entre la revendication d’un moi fort et le phantasme qui situe le sujet comme objet, celui de la « guerre des civilisations ». Le prévenu garde en effet une part de conscience. Sa « folie » résulterait du caractère impératif de l’acte et du fait que, enfermé dans une structure perverse, il se pose en concurrence avec le « monopole de la violence légitime »que s’octroie l’État.

Un rapport psychiatrique controversé

Suite aux déclarations du procureur, les Norvégiens se posent une question : « Peut-on être considéré comme instable psychologiquement en planifiant des meurtres pendant des années et avec une telle minutie ? » [7].

Dans une lettre publiée par le tribunal d’Oslo, les avocats de 56 survivants et proches de victimes ont également mis en question le diagnostic rendu par les deux psychiatres et validé ensuite par une commission médico-légale. « Plusieurs des parties civiles qui l’ont vu à Utoeya l’ont trouvé cynique et rationnel et jugent que cela est peu compatible avec le fait qu’il serait psychotique » [8], ont écrit les avocats. La résistance des familles des victimes, ainsi que du personnel psychiatrique, attaché au suivi du prévenu, ont rendu caduque la thèse de la psychose déclenchée puisque le tribunal d’Oslo a ordonné, le vendredi 13 janvier 2012, une nouvelle expertise psychiatrique d’Anders Behring Breivik [9].

Cependant, le tribunal n’a pas abandonné toute perspective de psychiatriser et, ainsi, de ne pas juger le prévenu. Lors de la conférence de presse, annonçant leur décision d’ordonner un nouveau rapport, les juges ont indiqué que les experts « devront entre autres chercher d’autres souffrances physiques ou psychiques qui peuvent expliquer la façon dont l’accusé fonctionne ».

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Jeune homme romantique et naïf, Anders Behring Breivik a cru les médias et les leaders politiques occidentaux. Ils ont fait de lui un meurtrier de masse.

Une psychose ordinaire

Ce que les psychiatres ont nommé comme psychose déclenchée ou extraordinaire n’est rien d’autre que la psychose ordinaire [10] envahissant actuellement nos sociétés. La « guerre du Bien contre le Mal » est bien la création d’un nouveau réel, devant se substituer à la réalité des contradictions sociales d’ordre économique et politique. Cette psychose ordinaire [11], telle qu’elle est décrite par Jacques Alain Miller, n’est pas propre au prévenu, c’est une psychose de masse existant à une époque où la parole n’opère plus sa fonction de coupure entre la chose et son énonciation. Enfermé dans l’image qui fusionne ces deux éléments, le sujet n’est plus parlant, mais parlé.

Des tueurs de masse, agissant à titre personnel et non reconnus par une puissance publique, spécifient la post-modernité. L’exemple le plus marquant reste l’attentat d’Oklahoma City en 1995 [12] tuant 168 personnes et faisant plus de 680 blessés. Les meurtres de masse sont devenus de plus en plus fréquents depuis deux décennies [13]. Ils sont commis par des adolescents et des jeunes adultes et se terminent généralement par le suicide de leurs auteurs. Breivik Beihring fait donc exception sur ce dernier point. La mort des tueurs éteint automatiquement l’action publique à leur encontre. Le fait que Breivik n’ait pas mis fin à ses jours se présente comme une occasion unique d’avoir un débat sur cette question de société.

C’est à cette éventualité que les « experts  » ont fermé la porte, en répondant parfaitement à ce que l’on attendait d’eux. L’accusation aurait fait face à un individu en grande partie conscient, dont le tort ne réside pas dans ses valeurs, mais seulement dans leur mise en application en concurrence avec le monopole de la violence étatique.

Juger le tueur norvégien aurait impliqué de s’opposer à son discours, celui, dominant au niveau médias, du « choc des cultures ». Refuser le jugement est au contraire placer l’acte hors du droit, le rejeter dans le non lieu. C’est en faire une anomie, un enfermement dans le réel hors de la constitution imaginaire de la société. Déclarer irresponsable le prévenu s’inscrit dans une structure perverse de déni de la psychose sociale. Ne pas juger Breivik fait obstacle à ce qu’une parole puisse se dire et briser l’enfermement dans ce nouveau réel. Il s’agit de nous conforter dans l’abandon à la « guerre des civilisations ».

[1] « Norvège : audition attendue de Behring Breivik par les enquêteurs », AFP, 29 juillet 2011.

[2] « Norvège : pour les psychiatres, Breivik n’est pas pénalement responsable », AFP, 29 novembre 2011.

[3] « La "Guerre des civilisations" », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juin 2004.

[4] « Le lynchage de Kadhafi : L’image du sacrifice humain et le retour à la barbarie Bruxelles », par Jean-Claude Paye et Tülay Umay, Réseau Voltaire, le 23 novembre 2011.

[5] « Terrorisme, représentations sociales et monstre doux », Jean Bouberot, Laïcité et regard critique sur la société, 25 juillet 2011.

[6] « Les psychiatres jugent Breivik pénalement irresponsable », LeMonde.fr avec AFP, le 29 novembre 2011.

[7] « Breivik... Terroriste ou psychopathe ? », par Mohamed Ftelina, Palestine...Savoir la vérité / La Tribune de Genève, le 2 décembre 2011.

[8] « Des parties civiles réclament un nouvel examen psychiatrique de Breivik », AFP, le 5 janvier 2011.

[9] « La justice ordonne une nouvelle expertise psychiatrique de Breivik », AFP, le 13 janvier 2012.

[10] Les termes névrose, psychose, perversion sont issus du vocabulaire médical et désignent un état pathologique. Cependant, les travaux de Freud ont démontré que ces états ne relevaient pas d’un désordre « dans le corps » individuel mais dans le corps social. Cette innovation a des conséquences pratiques et théoriques en ce qui concerne l’approche du normal et du pathologique. Ainsi, la psychanalyse permet d’appréhender qu’il existe des psychoses normales ou ordinaires et des psychoses ayant viré à la pathologie, la maladie.

[11] « La psychose ordinaire », par Alexandre Stevens, École de la Cause freudienne,

[12] « L’attentat d’Oslo évoque celui d’Oklahoma City en 1995 », L’Humanité, le 23 Juillet 2011.

[13] « Les meurtres de masse deviennent de plus en plus fréquents », par Christophe Carmarans, Radio France Internationale, le 24 juillet 2011.

 

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La « psychose » de Breivik, phénomène de la « guerre des civilisations »

 

 

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 06:08
Vendredi 24 février 2012

 

                                                       Choc-des-civilisations-j.jpg

 

 

 

Publié le 22 février 2012 
  
Qui veut le « Choc des civilisations » ?
 

Les émeutes s’étendent et s’aggravent en Afghanistan, suite à l’affaire des Corans brûlés qui a éclaté hier. Les manifestations violentes contre les États-Unis et les troupes euro-atlantistes concernent désormais plusieurs villes d’Afghanistan. Les forces de l’ordre tirent à balles réelles et ont déjà fait 5 morts.

Tout observateur impartial ne peut que noter que c’est, encore une fois, le « camp occidental » qui a créé une provocation et qui engendre la haine.


Que diraient les Français si des troupes afghanes, pakistanaises, irakiennes, saoudiennes, qataries, etc. occupaient notre pays depuis une décennie, s’y livraient à des crimes de guerre innombrables, y organisaient du trafic de drogue, y soutenaient un gouvernement fantoche, prenaient un malin plaisir à y faire des autodafés de la Bible ou de la Déclaration des Droits de l’Homme, et le tout au motif que des terroristes présumés se seraient réfugiés dans une grotte des Pyrénées il y a une douzaine d’années ?


Ce nouveau déchaînement de violence nous amène, une nouvelle fois, à réclamer le départ immédiat de toutes les troupes françaises présentes en Afghanistan.


Malgré le récent massacre de nos troupes (4 soldats français tués et 16 autres blessés le 20 janvier dernier : cf. https://www.facebook.com/ note.php?saved&&note_id=1015048 0133182038&id=367713397611 ), et malgré les promesses du gouvernement français, nos effectifs militaires sur place n’ont pas du tout été significativement réduits. M. Sarkozy a encore une fois obéi au doigt et à l’œil à ses commanditaires américains, qui exigent que la France maintienne à ses frais 4 000 soldats dans un pays avec lequel nous n’avons strictement aucune raison d’être en guerre.


CONCLUSION


Les manifestants qui meurent en ce moment même en Afghanistan témoignent une nouvelle fois que « l’Europe », ce n’est nullement la Paix. « L’Europe », c’est la domestication par les États-Unis, l’idolâtrie de l’Argent, le mépris de tout ce qui n’est pas américain, le « Choc des Civilisations » et la Guerre. La construction européenne est un apartheid planétaire belliciste dont le volet militaire s’appelle l’OTAN.


C’est pourquoi nous devons sortir des deux à la fois : de l’UE et de l’OTAN.

 

http://www.u-p-r.fr/actualite-facebook/qui-veut-le-choc-des-civilisations

 

 

http://www.u-p-r.fr/

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 02:13

mardi 6 septembre 2011

Un terrorisme nommé argent

Choc de civilisations ?

Les médias nous abreuvent de violence, d'attentats, de haine, au point d'avoir "inventé" une enseigne fourre-tout nommée Al-Qaida. Dès qu'arrive un massacre, qu'explose une bombe, c'est cet étendard vert qui est agité par nos gouvernants, et les gratte-papiers zélés qui les secondent. Cela permet d'entretenir dans la peur les citoyens qui se raccrochent aux édiles et à leurs armées pour les défendre. Une telle organisation internationale, pourtant, n'existe pas. De nombreuses études l'ont démontré. Ce n'est qu'un panneau publicitaire commode, que n'importe qui peut brandir pour accomplir en cachette ses forfaits.
On peut donc en conclure que cet épouvantail commode n'existe pas, que la mise en avant de cas isolés et souvent bien spécifiques n'est qu'une façon de soulever les populations contre les simples observants d'une religion, le plus souvent peu assidus à en pratiquer les préceptes.
Pourtant si, il existe, ce terrorisme international. Il fait des victimes par milliers, chaque jour. Il a pris pied partout, même en Amazonie ou chez les Inuit. Il n'a pas de visage, pas de figure de proue, pas de tribun, pas de pasionaria. C'est un terrorisme honteux, qui ne revendique pas, qui donne le change sur ses intentions, ses crimes, ses réalisations.
Ce terrorisme se nomme Argent. Il sait utiliser les plus grandes armées du monde, les plus grands empires de la presse, les industries les plus polluantes et les plus dangereuses. Jusqu'à présent, il est toujours arrivé à ses fins. Il sait couvrir ses méfaits, qui font mourir de faim chaque jour des enfants. A chaque fois, ce seront des guerres tribales, armées on ne sait comment. Ou un blocus dit "de sécurité". Lui n'apparaît pas. Ses armées couvrent la terre de munitions radioactives, de phosphore, de gaz de combat. Mais non, bien sûr, nous ne sommes pas en guerre mondiale. Officiellement. Ce n'est que la guerre de ceux qui ont, à ceux qui sont. Des possédants aux simples humains.
Ce choc des civilisations, souhaitons-le : mais pas de la façon dont les nantis l'entendent. Comme je l'indiquais plus haut, c'est le conflit généralisé entre ceux qui ont, et ceux qui sont. Par une solidarité étendue à toute la planète, peut-être ceux qui sont de vrais humains, avec de vrais sentiments, finiront-ils par faire vaciller et basculer ceux qui n'ont que l'argent pour perspective, et la violence du mépris pour moyen.

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 07:22

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JUILLET 2011 : Faut-il un choc des civilisations ?

mardi 19 juillet 2011
par La rédaction
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C’est sur ce thème, percutant s’il en est, que se réunira l’élite mondiale les 27, 28 et 29 juillet prochain à Washington DC, à l’initiative de la très discrète, mais très huppée, société baptisée « Table Ronde de Caux ». Cette association, proche du CFR et de la Commission Trilatérale, ambitionne de « moraliser le capitalisme ». C’était déjà dans ce noble but qu’elle s’était réunie, à Londres, pour mettre en place une monnaie mondiale émise par le FMI... les 10 & 11 septembre 2001.

Inutile de préciser que ce 11 septembre, alors que la nouvelle monnaie mondiale était présentée à cette noble assistance, l’émoi provoqué par l’effondrement du World Trade Center a quelques peu perturbé la réunion, comme le révèle son compte-rendu [1]. S’il restait des partisans du statu quo, il y fort à parier que ces récalcitrants, ébranlés par le choc des images en provenance de New York, ont été plus réceptifs à la nécessité d’œuvrer à la mise en place un nouvel ordre financier mondial !

Une précision d’horloger

Mais revenons à la réunion [2] à venir, celle de cette fin juillet 2011. Il est frappant de constater à quel point elle s’inscrit parfaitement dans le calendrier : quelques jours avant la date fatidique du 2 août, juste avant que, faute d’accord sur la modification constitutionnelle, les Etats-Unis devraient très logiquement être déclarés en faillite. De là à imaginer une mise en scène, une attaque « false flag » du même acabit que celle du 11 septembre 2001, en pleine réunion de l’élite mondiale, il n’y a qu’un pas que nous nous garderons bien de franchir [3]. Cela n’empêche pas de remarquer le curieux télescopage, comme si les instances qui planifient ces colloques maîtrisaient à l’avance un calendrier où les évènements qui paraissent, aux communs des mortels, soudains et fortuits y étaient inscrits longtemps à l’avance.

Ce choix de la date est remarquable à plus d’un titre. Qui aurait pu prévoir qu’un seul week-end et un seul lundi ne séparerait la fin du colloque de l’éventuelle fin du rêve américain, programmée le 2 août ? Que la veille, le 1er août, la guerre contre Kadhafi, éternel empêcheur de mondialiser en rond, devrait être terminée pour cause de ramadan ? Que ce même 1er août, l’ancien directeur général du FMI devrait être libéré ou enfermé pour de bon ? Que celle qui lui succède serait également fixée sur son sort judiciaire le 4 août ? Que les européens seraient alors en passe de s’entendre pour abandonner à l’Allemagne le peu de souveraineté qu’il leur reste ?

Inversion apparente des thèmes

Le thème retenu, lui aussi est étonnant. Le mardi 11 septembre 2001, l’élite mondiale était réunie par la Table Ronde de Caux pour disserter sur le remplacement du dollar par une monnaie mondiale, alors baptisée « Terra ». [4] Dix ans après, alors que le monde retient son souffle dans la perspective de la mise en faillite des USA, de la chute du dollar et de l’éclatement de l’euro, alors que l’Union pour la méditerranée a été remplacée par un sanglant conflit Nord-sud en Libye, la Table Ronde de Caux se réunit pour travailler sur la nécessité d’un Choc des Civilisations, choc qui avait démarré en fanfare dix ans plus tôt, lors de la réunion prémonitoire consacrée à la problématique financière actuelle.

Qui aurait pu si bien choisir ce thème et cette date, sinon, précisément, l’élite mondiale qui organise ce colloque.

Une vieille histoire

Si la Table Ronde de Caux a été créée en 1986, elle s’est ensuite inscrite dans la continuité de la Fondation Ditchley, créée, elle, en 1958, soit quelques mois après la signature du traité de Rome. La Fondation Ditchley affichait alors l’objectif de resserrer le lien transatlantique, dans l’esprit de Winston Churchill, sans préciser que le fameux resserrement du lien transatlantique consistait avant tout à asseoir la prééminence de la finance britannique.

La Fondation élabora ensuite le « Plan Ditchley » qui visait précisément à remplacer le dollar par une monnaie mondiale émise et contrôlée par le Fond Monétaire International. Selon le plan Ditchley, la politique financière et monétaire des Etats-Unis passerait, au mépris de la loi, sous le Contrôle du FMI. Ce plan permettrait au FMI de réunir dans la Banque mondiale toutes les banques centrales des différentes nations. [5]

En 1986, Olivier Giscard d’Estaing [6], aujourd’hui membre du conseil pour l’avenir du monde et président du comité pour un parlement mondial depuis 1995 [7], et Frederik Jacques Philips, alors directeur général de Philips, avec le soutien de Ryuzaburo Kaku, alors président de Canon, créaient la Table Ronde de Caux en affichant la noble mission de moraliser le capitalisme et l’objectif de court terme, plus trivial, de s’entendre avec les industriels japonais sur les prix des produits industriels, pour éviter le dumping que permettait déjà le différentiel de compétitivité en faveur de l’Extrême-Orient.

Au fil de l’eau, la Table Ronde de Caux édictait des principes de bonne gouvernance, ce qui est parfaitement louable si ces principes moraux ne concernent que les entreprises privées. Mais peu à peu, une étrange confusion s’installe, si bien que ces principes deviennent généraux et concerneraient autant les états que les entreprises. La confusion franchit une nouvelle étape en 2001, quand la table Ronde de Caux s’empare de la thématique du Plan Ditchley et préconise à son tour la monnaie mondiale FMI.

L’épisode vaudevillesque - qui restera dans les annales - est certainement le limogeage précipité de DSK, devenu trop empressé, au point que sa façon de gérer à la fois l’explosion de l’émission monétaire du FMI et la réforme de son instance dirigeante [8] aurait justifié que son remplacement programmé pour sa déclaration de candidature par Christine Lagarde a dû être avancé, avec le concours d’un room service et d’une femme de chambre. Ce spectaculaire épisode de la longue marche vers le fascisme mondial est parfaitement analysé par Thierry Meyssan dans l’article Obama, la guerre financière et l’élimination de DSK.

 ? « Moraliser » le capitalisme ?

Selon la conception « morale » de la Table Ronde de Caux, l’idée même de la démocratie n’existe pas. Les chefs d’état sont l’équivalent des PDG de multinationales, les citoyens étant considérés comme des actionnaires : « Le gouvernement est une fiducie publique ; les dirigeants sont les fiduciaires au profit de ceux placés sous leur autorité. Quand le gouvernement abuse de sa confiance, il doit perdre sa légitimité. Quand il perd sa légitimité, il doit quitter ses fonctions. » Ainsi analysent-ils le conflit libyen : Kadhafi s’étant comporté comme un mauvais PDG, une mauvaise « fiducie publique », ses actionnaires (ex-citoyens) devraient le démettre... [9]

Le mot « démocratie » a disparu du raisonnement. La séparation des pouvoirs, la souveraineté de la Nation sont ignorées au profit d’un droit divin d’ingérence par ceux-là mêmes qui déstabilisent, de l’extérieur le pays. [10] Ne parlons pas du cas particulier de la Libye avec sa structure tribale, son « guide » dépourvu de tout pouvoir constitutionnel, autant de réalités superbement ignorées par les moralisateurs du capitalisme.

En réalité, le Choc des civilisations censé camoufler l’effondrement du système financier est déjà en cours. Malgré tout, l’instauration d’un fascisme mondial, l’abolition définitive du droit international et de la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ne sont pas encore acquises. Même si le pire n’est jamais sûr, Il faut bien envisager l’hypothèse que, dès la fin de ce mois, parallèlement à leurs colloques délirants, les mondialisateurs mettent en scène de nouveaux drames pour masquer aux peuples la faillite de leur système et leurs funestes desseins, sauf, si ils parviennent, à moindre frais, au consensus nécessaire au franchissement de cette nouvelle étape vers le fascisme mondial.

Ainsi ira le monde vers sa perte, jusqu’au jour où les mots retrouveront leur sens, où les ennemis de l’intérêt général seront démasqués, quand les peuples, en état de légitime défense, parviendront à faire échec à ce nouvel ordre cistercien dans un vaste mouvement libérateur, une sorte de nouvelle renaissance.

Reproduction Internet autorisée, en indiquant la source et le lien : DECAPACTU - JUILLET 2011 : Faut -il un choc des civilisations ?

[1] Comme le groupe a commencé à remonter après la pause d’environ 14 heures, les nouvelles ont commencé à arriver dans la salle à propos d’un avion de ligne qui venait de s’écraser sur le World Trade Center à New York. Il y avait une certaine confusion et un ou deux membres du groupe ont utilisé les téléphones mobiles internationaux pour tenter d’obtenir de plus amples renseignements. L’ampleur réelle des événements à New York, Washington, DC et en Pennsylvanie ne serait pas pleinement être connu par les participants que plus tard dans l’après-midi, à l’issue de la réunion. Incertain des détails, mais conscient une grande tragédie qui se passait, les participants resta un moment de silence et de prière pour réfléchir sur le mal violent qui avait été fait par des mains inconnues.

Le cauchemar du terrorisme aux États-Unis a choqué le monde civilisé, le 11 Septembre 2001. Nos vies ont changé comme CRT achevé sa réunion à Londres, et notre vie ne serait jamais la même. En effet, le commerce mondial - symbolisée par les tours jumelles du Centre de New York mondiale du commerce - ne sera jamais le même. Peut-être que nous pourrions espérer que d’une nouvelle effusion de l’unité et la solidarité entre les nations tirer quelques bien commun de cette atrocité terrible. Et, peut-être, peut-on espérer que la nouvelle vision globale de la Table Ronde de Caux - née à cette réunion - fera partie de ce bien commun. (Source Table ronde de Caux)

[2] -Sur le site officiel

[3] Une excommunication pour théorie du complot est si vite arrivée

[4] extrait du programme : Lundi soir, Septembre 10, 2001 :

Réception, salle Winston Churchill à la Maison du Parlement, avec le prince Michael de Kent [chef de la franc-maçonnerie mondiale] et la Rt. Hon. Lord Howe et la baronne Howe Identité & religion].

Mardi matin, 11 Septembre, 2001 - : Conférencier : Edward G. Schuh, professeur en commerce international et en politique d’investissement à l’Université du Minnesota : Thème : « Nous devons transformer le FMI en une banque centrale du monde, et le volume de « DTS » (droits de tirage spéciaux) devrait augmenter à un rythme constant."

Bernard Lietaer, professeur de finance internationale à l’Université de Louvain, a offert une présentation PowerPoint sur son papier. Sa proposition est que les multinationales adopter une monnaie parallèle à long terme, la « Terra », qui viendrait appuyer leurs résultats écologiques, économiques et sociaux si souvent entendu parler d’aujourd’hui.

[5] Source : Les sociétés secrètes au XXe siècle

[6] Très discret frère de l’Ex, celui qui avait promis de toucher la France au cœur et qui a œuvré pour sa disparition dans l’arnaque européenne (façon de tenir sa promesse ?...)

[7] comité qui milite ouvertement pour la mise en place d’un gouvernement mondial, voir l’extrait de sa « Déclaration de Buenos Aires » : « À plus long terme, l’Assemblée pourrait être transformée en un parlement mondial législatif élu au suffrage direct à la suite d’une révision de la Charte de l’ONU »

[8] -Les banquiers centraux refaçonnent le FMI

[9] - CRT Principles and Col. Gaddafi’s Legitimacy

[10] C’est précisément la logique sur laquelle se construit le discours des agresseurs otaniens sur la Libye : « Le régime de Kadhafi n’est plus le pouvoir légitime en Libye. Kadhafi et les membres de sa famille doivent partir", indique le document. Les ministres ont convenu de maintenir des contacts avec le seul Conseil national de transition (CNT) qui sera désormais "la structure du pouvoir légitime en Libye." Ainsi, l’Alliance, qui dirige l’opération en Afrique du Nord depuis le 31 mars et jusqu’à fin septembre au moins, a pour la première fois soutenu l’une des parties dans un conflit civil et s’est fixé pour but de changer le régime d’un pays souverain. » Cette violation du droit a été clairement dénoncée par le représentant russe auprès de l’OTAN en ces termes : « Ce que font certains pays membres de l’Otan est un scandale absolu qui est en contradiction flagrante avec toutes les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’Onu concernant la situation en Libye » .

 

http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=593

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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 08:21

Au lendemain de l'attentat anti-Chrétiens d'Alexandrie, Chrétiens et Musulmans d'Égypte demeurent unis face au sionisme…Au lendemain de l'attentat anti-Chrétiens d'Alexandrie, Chrétiens et Musulmans d'Égypte demeurent unis face au sionisme…

Derrière les attentats anti-Chrétiens : La programmation d’un « choc des civilisations » !


Dans son communiqué de lundi, intitulé « Mystérieux attentat anti-Chrétiens en Egypte, la veille du nouvel an… », le Parti Anti Sioniste a condamné les attentats anti-Chrétiens qui ensanglantent depuis quelques temps divers pays musulmans. L'objectif de ces attentats est clair : opposer chaque jour davantage les communautés chrétiennes et musulmanes, déstabiliser un peu plus les pays où ces attentats ont lieu, et surtout frapper l’opinion publique européenne. Nous avons montré que derrière ces mystérieux attentats, se trouvent en réalité le sionisme et les services secrets de son entité en Palestine. Même le président égyptien, Mohammed Hosni Moubarak, dont l’alignement sur Israël est évident, a parlé de « mains étrangères » à propos de ces crimes. Sa position officielle et sa fragilité politique l’empêchent sans doute d’être plus clair, mais tout le monde aura compris qui sont ces « mains étrangères ». Cet avis est d'ailleurs largement partagé par l’immense majorité de l’opinion publique musulmane, et toutes ses plus hautes autorités – politiques et religieuses – ont non seulement condamné ces attentats mais également désigné leur instigateur : Israël et le sionisme.

Pour notre part, nous avons depuis longtemps mis en garde. Nous avons dit et répété que la théorie criminelle du « choc des civilisations » n’était pas un simple point de vue académique, mais un projet qui sera mis en application. Son but est de déclencher une guerre entre Musulmans et Chrétiens, dont Israël veut tirer tous les profits. La machine est depuis longtemps en marche, et il est à craindre que ces attentats soient suivis d’autres provocations plus meurtrières. C’est l’Europe – et sa population musulmane – qui en sont la cible principale. On veut criminaliser l’Islam, et par là même les populations venues du Maghreb et d’Afrique. Ces populations ne veulent pas abdiquer leur foi ni adopter une spiritualité « light », facilement soluble dans le sionisme !  C’est malheureusement ce qu’ont fait certains Chrétiens qui ont remplacé Rome par Tel Aviv… C’est le cas aussi d’autres Français : laïques ou athées quand il s’agit du Christianisme et de l’Islam, mais bons croyants quand il leur faut obéir aux dogmes du sionisme et de son officine, le CRIF (Conseil Représentatif d’Israël en France).

Des Chrétiens arabes ont trouvé et vont continuer à trouver refuge en France. Nous comprenons qu’ils aspirent à la tranquillité, et cherchent à fuir leurs pays en ce moment. Mais nous savons aussi que leur détresse va être utilisée par ceux-là mêmes qui en sont la cause. Déjà, des organisations sionistes telles le CRIF et la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), sans oublier leurs milices en territoire français comme la LDJ (Ligue de Défense « Juive »), se découvrent un « amour » soudain pour ces Chrétiens et manifestent bruyamment leur « compassion » et leur « solidarité ». Que ces Chrétiens ne se trompent pas d’ennemis !  Qu’ils pensent à leurs frères de Palestine qui subissent, depuis plus de 60 ans, l’oppression sioniste. Et surtout, qu’ils ne tombent pas dans le piège de l’islamophobie qui leur est tendu, faisant ainsi le jeu des pires ennemis à la fois des Chrétiens et des Musulmans : les sionistes.

En France, une campagne islamophobe utilise déjà la cause des Chrétiens arabes pour nous conduire au « choc des civilisations » dans l’hexagone. Des intellectuels, ceux-là mêmes qui n’ont jamais voulu voir les massacres d’Arabes chrétiens et musulmans en Palestine, ni en Irak ou en Afghanistan, se mobilisent aujourd'hui pour inciter à la haine entre les communautés. Et d’autres idées, plus perverses car plus subtiles, vont bientôt apparaître. Certains commencent déjà à se demander si les Musulmans sont compatibles ou non avec l’Europe, étant donné que les Chrétiens – au vu des récents attentats – ne le seraient pas avec les pays musulmans… Ainsi, la boucle serait bouclée, et les esprits conditionnés pour les pires affrontements. On demanderait alors aux Musulmans français de « s’assimiler » davantage, c’est-à-dire de devenir solubles dans le sionisme ambiant et le pouvoir.

Nous condamnons à nouveau les attentats anti-Chrétiens de ces derniers jours, et dénonçons les vrais coupables : les services israéliens. Nous demandons à tous les Français soucieux de la paix civile et de la justice, de ne pas tomber dans le piège tendu par le sionisme.

Ce n’est pas l’Islam qui règne en maître dans les allées du pouvoir et dans les médias en France, mais bel et bien le CRIF !  A bon entendeur…

 

Yahia Gouasmi
Président du Parti Anti Sioniste

 

 

http://www.partiantisioniste.com/communications/derriere-les-attentats-anti-chretiens-la-programmation-d-un-choc-des-civilisations-0572.html

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 05:16
Samuel Huntington en 2004 au Forum économique mondial de Davos.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Huntington

 

Le choc des civilisations ou la prophétie autoréalisatrice

jeudi 24 juillet 2008, par Maïram Guissé

 

En 1993, dans « le Choc des civilisations », Samuel P. Huntington, ancien expert auprès du Conseil national de sécurité américain, décrivait un monde déchiré entre Occidentaux et musulmans, au profit de l’hyper­puissance américaine.


Après la guerre froide, ou l’ère était à un ordre bipolaire, le monde du XXIe siècle reposera sur un ordre multipolaire, fondé sur les civilisations. Le XXIe siècle se caractérisera donc par des affrontements de grandes civilisations. Telles sont les prédictions du « prophète » Samuel P. Huntington, professeur à ­l’université de Harvard et ancien expert auprès du Conseil national américain de sécurité sous la présidence de Jimmy Carter, dans son ouvrage le Choc des (...)
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http://www.politis.fr/Le-choc-des-civilisations-ou-la,4239.html
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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 04:35

 

La trahison des clercs
Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux propagandistes du « choc des civilisations »
 

Jadis, la France se flattait de produire de grands intellectuels qui apportaient au monde de nouveaux éléments de réflexion. Aujourd’hui, elle est sous la coupe de prescripteurs d’opinions, qui se donnent la réplique pour mieux imposer un prêt-à-penser, donc pour empêcher toute pensée critique. Parmi eux, Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy, deux figures hautes en couleur qui s’efforcent de monopoliser la parole publique pour promouvoir sans contradicteur la politique de MM. Bush et Sharon. La présidence du festival de Cannes par une de leurs « bêtes noires », Emir Kusturica, devrait être l’occasion d’observer leurs méthodes et leurs relais.

 

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Le festival de Cannes sera-t-il le cadre d’un nouveau règlement de compte médiatique ? Et, si oui, en quoi cela peut-il bien intéresser une revue d’analyse politique internationale ?

Le 11 mai, s’est ouvert à Cannes le festival international du film. Cette année, le jury sera présidé par le cinéaste bosniaque Emir Kusturica, double vainqueur de la compétition. Or, en France, ce réalisateur baroque a deux adversaires médiatiques de taille : Alain Finkielkraut et Bernard Henri Levy. Ces deux hommes sont connus aussi bien pour leurs prises de positions dans le champ culturel que dans le champ politique et peuvent s’appuyer sur leurs relais médiatiques pour diffuser largement leurs opinions. Or, leurs analyses reflètent de façon récurrentes les politiques du gouvernement Sharon, de l’administration Bush ou, au minimum, un appui aux problématiques du choc des civilisations.
Il est fort probable que les deux hommes ne laisseront pas passer l’occasion de s’attaquer à leur vieil adversaire et il sera intéressant d’observer sur quels médias ils peuvent s’appuyer. En effet, ce sont ces mêmes médias qui, demain, véhiculeront leur soutien plus ou moins franc à une attaque contre l’Iran, la Syrie où tout autre adversaire désigné. En observant la polémique qui surgira probablement, il sera possible de faire une estimation de l’influence des deux analystes atlantistes et de l’écho de leurs thèses.

Aux sources de la polémique : la guerre en Yougoslavie

Le conflit entre Emir Kusturica, Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut a commencé lors de l’éclatement de la Yougoslavie. Les trois hommes ont développé des positions inconciliables entre elles.
Alain Finkielkraut a pris, dès 1991, position en faveur des nationalistes croates et il sera le principal porte-parole des séparatistes en France [1]. Il rédigera en 1992 un livre intitulé Comment peut-on être croate ? où il fera l’apologie des petites nations qu’il présentera comme garantes de liberté face à des uniformités oppressives. Il se fera alors l’avocat des racines historiques des peuples et des divisions communautaires et religieuses : « Si je n’avais pas été juif moi-même, peut-être n’aurais-je pas mis autant d’ardeur et d’insistance à défendre la Croatie. Mais comme le dit admirablement Péguy dans "Notre jeunesse" : plus nous avons du passé derrière nous, plus justement il faut le défendre, le garder pur » [2]. Bernard Henri Lévy prendra pour sa part fait et cause pour l’indépendance de la Bosnie-Herzégovine et se fera le porte parole du président musulman bosniaque Alija Izetbegovic [3]. Bien que son engagement soit légèrement plus tardif que celui de Finkielkraut, il aura une retentissement médiatique bien plus important. Sur la Bosnie-Herzégovine, il écrira un livre [4], réalisera un documentaire télévisée [5] et un documentaire pour le cinéma [6]. Il consacrera à la Bosnie-Herzégovine un grand nombre de ses éditoriaux du Point, mènera temporairement une liste « Sarajevo » aux élections européennes de 1994 en France et organisera des tournées en Europe pour Alija Izetbegovic. Contrairement à Alain Finkielkraut, il ne fera pas l’apologie des nationalismes, mais vantera dans la Bosnie d’Izetbegovic un idéal républicain, une « petite Yougoslavie » pluriethnique tandis que les Serbes seront présentés comme peuple coupable de tentative génocidaire.
Si la base du raisonnement des deux hommes diffère, leur action politique dans ce domaine ira de pair. Les deux intellectuels appelleront à une levée de l’embargo sur les armes en direction des mouvements séparatistes, présenteront leurs adversaires comme des fascistes ou des « Munichois » et brocarderont la « serbophilie » des institutions françaises. Ils populariseront l’image manichéenne de Croates et Musulmans bosniaques démocrates face au fascisme serbe. Pour cela, ils n’hésiteront pas à blanchir les références fascistes du camp qu’ils ont choisi de défendre. Ainsi, Bernard Henri Lévy oubliera consciencieusement le passé pro-nazi et milicien de M. Izetbegovic durant la Seconde Guerre mondiale, tout comme il oubliera ses appels en faveur d’une Bosnie peuplée des seuls musulmans. Il le présentera par contre comme le « De Gaulle bosniaque » et, avec Massoud, comme un modèle de « l’islam modéré ». Alain Finkielkraut pour sa part prendra la défense de l’ancien archevêque croate, Mgr Stepinac [7], malgré ses positions pro-nazis et son soutien au régime oustachi d’Ante Pavelic [8].

Emir Kusturica avait pour sa part une approche totalement différente de la question. Né à Sarajevo en 1954 dans une famille bosniaque « musulmane », mais agnostique et titiste (son père travaillait au ministère de l’Information de Bosnie Herzégovine), il s’est toujours considéré comme Yougoslave. Il a dénoncé les nationalistes croates et slovènes séparatistes qu’il n’a pas hésité à présenter comme les descendants idéologiques des collaborateurs nazis. En plusieurs occasion, il a sous-entendu une responsabilité des puissances étrangères dans l’éclatement de son pays. Ainsi, en 1992, il écrivit dans Le Monde : « Europe, l’affrontement des musulmans de Bosnie et des Serbes de Bosnie n’est pas authentique, il a été fabriqué, il est apparu sur les décombres des empires déchus laissant derrière eux les cendre. Il est entretenu par les mouvements nationalistes dépourvus de toute raison, c’est TON incendie, c’est à TOI de l’éteindre. » [9]
Cette vision ne pouvait pas plaire aux deux intellectuels français et ce d’autant plus qu’elle émanait d’un artiste reconnu internationalement et avait donc un certain écho. De même, les positions des deux hommes avaient ulcéré le réalisateur qui les avait pris violemment à partie. Après plusieurs passes d’armes, la polémique éclata véritablement avec l’attribution d’une seconde Palme d’Or [10] au film Underground, hommage mortuaire baroque et onirique à la défunte Yougoslavie. Le réalisateur fait terminer son film par ces mots « C’est avec peine, avec tristesse et joie que nous nous souviendrons de notre pays, lorsque nous raconterons à nos enfants des histoires qui commencent comme tous les contes de fées : il était une fois un pays... ».

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Alain Finkielkraut en compagnie de l’ambassadeur de Croatie en France

C’est Alain Finkielkraut qui réagira le premier à cette Palme d’Or dans Le Monde en accusant le jury du Festival d’avoir récompensé un propagandiste nationaliste pan-serbe [11]. Kusturica lui répondit bien plus tard, le 26 octobre 1995, dans le même quotidien pour parodier les excès du philosophe [12]. Peu après, Finkielkraut contre-attaquait, dans Libération cette fois. Obligé d’admettre qu’il n’avait pas vu le film avant d’en faire la critique dans Le Monde, il tentait de se justifier par une nécessité d’urgence : « Le collabo a ainsi empoché la palme du martyr : cette mystification insultante et stupide exigeait d’être dénoncée séance tenante. Ce que j’ai fait. » [13]. Ce que l’opinion retint de cette passe d’arme, c’était que Finkielkraut avait critiqué un film qu’il n’avait pas vu. Un film satirique fut même tourné en se fondant sur cette anecdote peu valorisante comme point de départ [14].
Cet échange fit passer au second plan l’affrontement BHL-Kusturica. Plus subtil, Bernard Henri Lévy insista régulièrement dans ses Bloc-Notes sur le fait qu’il ne jugerait le film qu’après l’avoir vu tout en présentant régulièrement le réalisateur bosniaque comme un auteur fasciste [15]. Cette appréciation ne se démentit pas une fois le film visionné puisque alors il se mit à comparer Kusturica à Céline : un génie raciste [16].

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Emir Kusturica

Blessé par cette polémique, Emir Kusturica prétendra vouloir arrêter le cinéma, mais il reviendra trois ans plus tard à la réalisation avec Chat Noir, Chat blanc. Son retour sera marqué par une nouvelle attaque contre Bernard Henri Lévy puisqu’il affirmera que c’est après avoir vu le film Le Jour et la nuit, réalisé par son adversaire, qu’il s’était décidé à revenir au cinéma, ne pouvant pas laisser cet art à de tels incapables.

Les rancœurs passées risquent fort de se réveiller à l’occasion de l’actuel festival de Cannes. Reste à savoir, si c’est le cas, quels réseaux médiatiques seront mobilisés.

Les réseaux médiatiques

Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut existent principalement grâce à leur capacité à se faire entendre dans les médias. Bien que philosophes de formation et se présentant comme tels, ni l’un ni l’autre ne sont étudiés dans les universités ou n’ont conçu des concepts philosophiques qui leur survivront. Leur légitimité vient de leur omniprésence médiatique et de leur capacité à mobiliser les médias autour de chacune de leurs prises de position, quel que soit le sujet.

Toutefois, les réseaux médiatiques des deux hommes sont changeants et évoluent avec le temps. Il est difficile de savoir où chacun en est dans ses relations avec tel organe de presse, tel éditorialiste ou tel patron de groupe de presse.

Les réseaux de Bernard Henri Lévy ont fait l’objet de plusieurs ouvrages récents qui ont permis de recenser ses amitiés et ses liens dans la presse. Parmi les livres sortis sur « le plus grand intellectuel français », c’est l’ouvrage de Jade Lindgaard et Xavier de La Porte, le B.A. BA du BHL [17], qui fournit les meilleurs informations sur ce point. Les auteurs analysent ce qui représente pour eux une illustration parfaite du bon usage des réseaux : l’écho fait autour de la sortie du film de BHL, Le jour et la nuit [18].

Avant même sa sortie, le film donnera lieu à quantité d’articles et fera même la une de Paris Match [19], du Figaro Magazine [20], du Point [21] et de L’Évènement du Jeudi [22]. Jade Lindgaard et Xavier de La Porte notent qu’à l’époque BHL est lié à Roger Théron patron de Paris Match qu’il a défendu dans l’affaire des photos de Mitterrand sur son lit de mort et il est ami de Jean-Luc Lagardère (dont il prononcera l’éloge funèbre) qui possède alors en partie Paris Match. Les auteurs prétendent que les dirigeants de L’Évènement du jeudi auraient pu décider de donner un grand retentissement à la sortie du film afin de séduire le même Lagardère alors qu’ils espéraient une recapitalisation de leur hebdomadaire. Le journal fera sa « une » sur le film, présentera un carnet de tournage, une interview du réalisateur, une autre de Maurice Jarre, auteur de la Bande originale, et publiera un « Pour/Contre ».

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Bernard Henri Levy
réalisateur

La partie « Pour » est assuré par Yann Moix, auteur Grasset (où M. Lévy est éditeur depuis 1973) qui fera par la suite part de ses carnet de tournage du film Podium dans la Revue la règle du jeu de BHL. En ce qui concerne Le Point, Lévy y est éditorialiste, il a co-scénarisé le film avec Jean-Paul Enthoven (conseiller à la direction de la rédaction de l’hebdomadaire) et le critique de cinéma du journal, Pierre Billard, a rédigé le dossier de presse du film.
Ces « unes » s’accompagneront des carnets de voyage de Françoise Giroud dans Le Nouvel Observateur [23], du producteur Daniel Toscan du Plantier dans le Figaro Magazine [24], de l’animateur de Canal + Karl Zéro [25] dans le Journal du dimanche [26]. Quant à Bernard-Henri Lévy lui même il en publiera deux, dans L’Express [27] et dans Télé 7 jours. Ces deux journaux appartiennent au groupe Hachette de Jean-Luc Lagardère, lui même propriétaire des Éditions Grasset. À la télévision, le pilonnage fut également important [28]. La FNAC du milliardaire François Pinault, dont il est l’ami, sera co-producteur du film et fera une opération promotionnelle d’ordinaire réservée aux grands concerts sur les ventes de billets.
Quand, à la sortie du film, les critiques seront, à l’instar du long métrage, très mauvaises, certains de ces amis parleront alors de « cabale » contre le réalisateur.

Cette étude montre l’étendue des moyens déployables par Bernard Henri Lévy grâce à ses amitiés personnelles dans les milieux médiatiques ou politiques [29], à ses échanges de bons procédés (Le « Bloc Note » du Point est l’occasion de vanter ou d’attaquer le travail d’autres auteurs ou de journalistes) ou à sa position personnelle (Son poste d’éditeur chez Grasset qui lui permet d’éditer ou non certains journalistes ou écrivains [30], il est également membre du conseil de surveillance de la chaîne franco-allemande Arte). Toutefois, ces relations peuvent fluctuer. Néanmoins, on compte ces dernières années un certain nombre de journaux fidèles. Le Point, propriété de François Pinault, est le premier d’entre eux. Il a des liens historiques avec Grasset, BHL y écrit et depuis 1998. Le Monde est également un soutien de longue date, surtout depuis la reprise en main de 1994 par l’équipe Colombani-Plenel-Minc. L’auteur signera treize interventions entre 1998 et 2000 et, compte tenu de la place du quotidien auprès des élites française, il jouera un rôle essentiel dans le processus de re-légitimation de l’intellectuel après l’échec du Jour et la Nuit. Par ailleurs, Jean-Marie Colombani, animant l’émission La rumeur du Monde sur France Culture, et l’ancien directeur délégué, Edwy Plenel, Le Monde des idées sur la chaîne LCI, la proximité avec ce journal permet de disposer d’un grand écho auprès de l’intelligentsia. Bernard Henri Lévy profitera pleinement de ce dispositif lors de la sortie de son livre Qui a tué Daniel Pearl ? [31].

Les réseaux d’Alain Finkielkraut, moins importants, n’ont pas suscités d’études récentes. Notons qu’il a fréquenté la Fondation Saint-Simon [32] et qu’il dispose d’une émission hebdomadaire sur France Culture, Répliques.
Entre 1987 et 2003, Alain Finkielkraut a signé, souvent seul et parfois avec d’autres auteurs, 81 articles dans la presse nationale française [33]. Toutefois, aujourd’hui, il semble privilégier l’outil audio-visuel. Il n’a plus signé une seule tribune seul dans la presse depuis 2003, mais il est devenu un habitué des plateaux de télévision [34].

Ces réseaux servent régulièrement aux deux hommes à valider les orientations et les politiques d’Israël et de Washington. Les deux auteurs participent donc à la diffusion des problématiques sionistes et atlantistes dans l’opinion publique française.

Diffuser l’atlantisme

Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut n’ont pas travaillé ensemble ailleurs que dans le création de l’Institut d’études lévinassiennes de Jérusalem, mais leurs interventions ou leur travaux concordent bien souvent.
Les deux auteurs se sont tous deux illustrés dans la défense de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Il s’agit d’un thème récurrent chez Alain Finkielkraut qui a toujours légitimé les actions de Tsahal contre les populations palestiniennes [35]. Comme souvent, Bernard Henri Lévy s’est montré bien plus subtil que son collègue, mais l’optique défendue est à peu près la même. Il est parvenu à s’immiscer dans les célébrations qui ont entouré la signature de l’Initiative de Genève entre Yossi Beilin et Yasser Abed Rabbo pour en donner la lecture la plus favorable possible à Israël, prétendant que les Palestiniens avaient formellement reconnu leur renoncement au droit au retour alors que cette question est exposé de façon complexe et ménageant tout le monde sur huit pages dans l’accord signé.
Concernant la guerre d’Irak, Alain Finkielkraut s’est prononcé fortement en faveur de cette guerre, brocardant « l’impuissance européenne » face au « dictateur Saddam Hussein ». Bernard Henri Lévy eut, là encore, une position plus ambiguë, se contredisant de Bloc-Note en Bloc-Note sur son soutien ou non au conflit pour finir par se déclarer opposé à cette guerre pour des raisons tactiques tout en minimisant le crime qu’elle représentait. Le 16 août 2002, Bernard Henri Lévy ne faisait pas dans la nuance : «  Attaquer Saddam Hussein ? Oui, bien sûr. Ce n’est pas ici que l’on défendra ce massacreur de Kurdes et de chiites, ce terroriste, ce mégalomane suicidaire, ce fou, ce Néron actionniste dont, en 1998 déjà, Massoud me confiait qu’il était en possession d’armes chimiques et bactériologiques massives auxquelles il ne manquait que des vecteurs fiables. Reste que cette attaque sera une tragique erreur si elle n’est précédée par deux opérations décisives. Une opération diplomatique, d’abord, assurant les États-Unis, comme avant la guerre du Golfe, de la neutralité, voire du soutien logistique et tactique, d’un ou plusieurs États arabes modérés. Une action proprement politique ensuite, renforçant, comme en Afghanistan, les opposants intérieurs à Saddam, la relève possible, l’alternative, bref l’équivalent irakien de cette Alliance du Nord sans qui l’ordre taliban régnerait toujours sur Kaboul. » [36]. Aucun mot n’était trop fort pour dénoncer l’Irak. Pourtant, cet appel à la guerre avait disparu deux mois plus tard : «  Je maintiens que l’Irak est un leurre. Je maintiens qu’en faisant la guerre à l’Irak l’Amérique se tromperait de cible. » [37], affirmer « je maintiens » dans ces conditions ne manque pas de piquant. Par la suite, l’auteur désigna la Guerre d’Irak comme une guerre « moralement juste », mais étant une « erreur politique » [38] et sa principale inquiétude sera la montée de l’antiaméricanisme que suscite cette guerre [39].
En ce qui concerne les futurs aventures coloniales de l’administration Bush, notons qu’Alain Finkielkraut est membre du comité de soutien aux étudiants iraniens [40] et qu’il est signataire, avec Bernard Henri Lévy, d’un appel en faveur de la « Révolution du Cèdre » au Liban [41]. Les deux hommes avaient, auparavant, défendu la « révolution » orange en Ukraine

fr-livre_pearl-150.jpgCependant les deux auteurs s’illustrent surtout dans la vulgarisation du « Choc des civilisations » pour la société française.
Dans son livre Qui a tué Daniel Pearl ?, « romanquête » mêlant pseudo-enquête de terrain, commentaires « philosophiques » personnels et invention littéraire (il n’hésite pas à expliquer ce qui est passé par la tête de Daniel Pearl avant sa décapitation, faisant ainsi parler un mort), Bernard Henri Lévy livre une lecture essentialiste de l’islam. Il oppose un islam moderne et occidentalisé à un islam fondamentaliste menaçant, accréditant ainsi la thèse de la conspiration islamiste mondiale. Il affirme dans cette « enquête » que le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl, assassiné en 2002 à Karachi, a été tué par les services secrets pakistanais car il aurait enquêté sur les liens entre l’ISI et Al Qaïda et une possible vente d’armes nucléaires du Pakistan à l’organisation de Ben Laden. Cette version des faits a été démentie par la rédaction du journal de Daniel Pearl et par le père du journaliste. En outre, bien des éléments factuels de l’enquête apparaissent au mieux comme douteux à la lecture de la contre-enquête que fit William Dalrymple dans la New York Review of Book [42]. Cela n’empêcha pas l’immense majorité de la presse française de rendre hommage à l’ouvrage et de le présenter comme une œuvre incontournable.
Ce livre n’est pas une œuvre isolée, tout au long d’articles et d’éditoriaux, BHL s’efforce de présenter une opinion arabe regroupant des fanatiques et qu’il convient de vaincre militairement [43]. Plus grave encore, ce point de vue fut développé dans un rapport officiel commandé par le président de la République française Jacques Chirac et le Premier ministre de l’époque Lionel Jospin à l’intellectuel médiatique en février 2002. Selon un membre anonyme du cabinet d’Hubert Védrine, ministre français des Affaires étrangères à l’époque, cité par Jade Lindgaard et Xavier de la Porte [44], ce rapport avait été demandé à l’auteur pour qu’il cesse de fustiger l’action de la France en Afghanistan. L’ex-membre du Quai d’Orsay confiait aux auteurs : « Il faut être en lien avec ce petit monde qui a un pouvoir de nuisance et d’agitation. Il faut faire attention, parce qu’il y a un penchant naturel de la presse pour ces discours. On est obligé de composer avec eux ». Ainsi, grâce à ses réseaux, M. Lévy se voyait confier la rédaction d’un document officiel et voyait conférer une légitimité supplémentaire à ses opinions.
Par la suite, il s’illustrera dans les attaques contre l’intellectuel musulman Tariq Ramadan. Ce dernier sera taxé d’antisémitisme, de double langage voire de liens avec le financement d’Al Qaïda [45].

De son côté, Alain Finkielkraut a été consulté par la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l’Assemblée nationale lors de la table ronde sur la laïcité à l’école, organisée le 22 mai 2003. Partisan résolu de l’interdiction du voile dans les écoles, il prendra régulièrement position contre les Français d’origine arabe en France. Il déclarera ainsi que la France n’a pas participé à la Guerre d’Irak de l’administration Bush pour calmer cette frange de la population. Ce sont ces mêmes Français d’origine arabe qui se verront présenté comme la cause d’un « nouvel antisémitisme » [46] en France [47] voire d’un « racisme anti-blanc » [48], une expression autrefois réservé au seul Front national.

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Bernard Henri Levy

Illustration parfaite de cette optique défendue par les deux auteurs, l’hebdomadaire Le Point dans son dernier numéro (12 mai 2005) propose dans ses pages un débat dans lequel Alain Finkielkraut dénonce à nouveau le « nouvel antisémitisme » et le « racisme anti-blanc » des populations arabes françaises tandis que Bernard Henri Lévy dans son Bloc-Note dénonce la collusion du Pakistan et d’Al Qaïda [49].

Faites vos jeux

Dans la probable future cabale contre Emir Kusturica, nous ne savons pas qui dira quoi et quels seront les médias utilisés. Les jeux d’alliance du monde médiatique et culturel parisien sont par trop changeants pour se livrer à des pronostics. Toutefois, pour le citoyen, l’observation de ces alliances offre de précieux renseignements sur les prochaines campagnes médiatiques qui influenceront sans aucun doute bien plus sa vie qu’une querelle mondaine. C’est l’intérêt de l’observation de l’affrontement à venir.

Cédric Housez

Spécialiste français en communication politique, rédacteur en chef de la rubrique « Tribunes et décryptages ».


Les articles de cet auteur



 

[1] Sur 30 articles recensés par l’ambassade de Croatie sur le soutien des intellectuels français à l’indépendance croate, Alain Finkielkraut est signataire ou co-signataire de 12.

[2] Alain Finkielkraut, Comment peut-on être croate ? Gallimard, Paris, 1992. P. 51-52

[3] M. Itzetbegovic, qui avait soutenu le reich nazi durant sa jeunesse, était curieusement devenu la coqueluche des israéliens. Il s’entoura alors de Richard Perle.

[4] Le Lys et la cendre, journal d’un écrivain en temps de guerre en Bosnie, Grasset, 1996

[5] Un jour dans la mort de Sarajevo, 1992

[6] Bosna !, 1994

[7] « Mgr Stepinac et les deux douleurs de l’Europe », Le Monde, 7 octobre 1998

[8] « Jean-Paul II béatifiera prochainement le criminel contre l’humanité, Alojzije Stepinac », Note d’information du Réseau Voltaire, juin 1998

[9] « Europe, ma ville flambe ! », Le Monde, 24 avril 1992.

[10] Il a obtenu la première en 1985 pour le film Papa est en voyage d’affaire

[11] « Ce que Kusturica a mis en musique et en images, c’est le discours même que tiennent les assassins pour convaincre et pour se convaincre qu’ils sont en état de légitime défense car ils ont affaire à un ennemi tout-puissant. Ce cinéaste dit de la démesure a donc capitalisé la souffrance de Sarajevo alors qu’il reprend intégralement à son compte l’argumentaire stéréotypé de ses affameurs et de ses assiégeants. Il a symbolisé la Bosnie suppliciée alors qu’il refuse de se dire Bosniaque et qu’il entre dans une sainte colère quand on ose traiter Slobodan Milosevic de fasciste ou les Serbes d’agresseurs.
En récompensant Undergroud, le jury de Cannes a cru distinguer un créateur à l’imagination foisonnante. En fait, il a honoré un illustrateur servile et tape-à-l’oeil de clichés criminels ; il a porté aux nues la version rock, postmoderne, décoiffante, branchée, américanisée, et tournée à Belgrade, de la propagande serbe la plus radoteuse et la plus mensongère. Le diable lui-même n’aurait pu concevoir un aussi cruel outrage à la Bosnie, ni un épilogue aussi grotesque à la frivolité et à l’incompétence occidentales.
 » ; Alain Finkielkraut, « L’imposture Kusturica », Le Monde, 02 juin 1995

[12] « Mon imposture », Le Monde, 26 octobre 1995

[13] « La propagande onirique d’Émir Kusturica », Libération, 30 octobre 1995

[14] « Rien sur Robert », de Pascal Bonitzer, 1999 avec Patrice Luchini, Sandrine Kiberlain et Michel Piccoli

[15] Le Point, Bloc Note du 10 juin 1995 et du 21 octobre 1995.

[16] Le Point, Bloc Note du 4 novembre 1995.

[17] Édition La Découverte, 2004

[18] « Le cas d’école du film de BHL, le jour et la nuit », op. cité, p. 92.

[19] 30 janvier-5 février 1997

[20] 1er-7 février 1997

[21] 1er-7 février 1997

[22] 13-19 février 1997

[23] 20 juin 1996

[24] 1er février 1996

[25] Par ailleurs acteur dans le film

[26] 15 février 1996

[27] 13 février 1996

[28] Alain Delon (acteur principal du film) est le 2 février 1996 à l’émission 7/7 de TF1. Le 9 février, Bernard-Henri Lévy est l’invité du 19/20 de France 3. Quelques minutes plus tard, Arielle Dombasle (actrice principale du film et compagne du réalisateur) est sur France 2 dans Déjà le retour. Le mardi 11, Bernard-Henri Lévy est l’invité de Nulle part ailleurs sur Canal +. Le même soir, Arielle Dombasle participe sur France 2 au Cercle de minuit. Le lendemain matin, Bernard-Henri Lévy est, sur France Inter avant d’être, quelques jours plus tard à nouveau sur France 3 dans l’émission Ligne de mire.

[29] La constitution de réseaux peut commencer tôt. Dès ses études préparatoires au concours de l’École Normale Supérieure à Louis-le-Grand, il a pour camarade de classe Alexandre Adler (chroniqueur à France Culture et au Figaro), Olivier Cohen (directeur d’édition au Seuil), Roger-Pol Droit (journaliste au monde), Jean-Marie Guéhenno (secrétaire général adjoint des Nations Unies). À la même époque, il rencontre Alain Minc qui est en Math’ sup dans le même établissement.

[30] Parmi les auteurs publiés, on compte Nicolas Sarkozy qui a publié une biographie de George Mandel dans la prestigieuse maison

[31] Bernard-Henri Lévy faisait la une du Monde des livres le 25 avril 2004, puis était l’invité le lendemain de La rumeur du Monde à 12 h 45 sur France Culture et du Monde des idées à 17 h 10 sur LCI

[32] cf. La face cachée de la Fondation Saint-Simon, par Denis Boneau, Voltaire, 10 février 2004

[33] Ce décompte a été fait par Mathias Reymond, « Les prédications d’Alain Finkielkraut (2) : « Mes opinions sur papier journal » », Acrimed, 12 janvier 2005. L’article recense 61 articles dans Le Monde, 11 dans Libération, 5 dans Le Figaro, 2 dans Le Point, un dans La Croix et un dans L’Express.

[34] Il est invité régulier de Serge Moati, pour l’émission Ripostes (2 novembre 2003, 30 mai 2004, 7 novembre 2004 et 19 décembre 2004), de Guillaume Durand pour l’émission Campus (12 octobre 2003 et 14 octobre 2004), de Franz-Olivier Giesbert dans Cultures et dépendances (13 mars 2002, 10 septembre 2003, 10 décembre 2003, 4 mai 2005). Source Acrimed, article cité, réactualisé par nous

[35] « Israël n’avait pas d’autre choix que de tenter de juguler lui-même le terrorisme. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de solution militaire qu’une réaction militaire est frappée d’illégitimité. [...] On ne peut à la fois terrifier les gens et leur demander d’obéir scrupuleusement aux conventions de Genève » La Croix, (17 avril 2002)

[36] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 16 août 2002

[37] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 25 octobre 2002 (il ne s’agit pas d’une citation hors contexte, ceux qui connaissent le style décousu des Bloc-Note de BHL dans Le Point savent qu’il lui arrive de mettre une idée de ce type entre deux pensées sur d’autres sujets n’ayant rien à voir. Le passage que nous citons, ne s’appuie sur aucun autre raisonnement, contrairement à sa justification de la guerre en août).

[38] Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 14 février 2003

[39] « Chirac et Villepin auront-ils le courage de désavouer l’antiaméricanisme qui déferle ?, Le Bloc-Note de Bernard Henri Lévy, Le Point, 18 avril 2003

[40] Les bonnes raisons d’intervenir en Iran, Voltaire, 12 février 2004

[41] « Vive la Révolution du Cèdre », Le Figaro, 14 mars 2005, traité dans Tribunes Libres Internationales, Voltaire, 15 mars 2005

[42] « Murder in Karachi », 4 décembre 2003. Ce texte a été traduit en Français par le Monde diplomatique dans le cadre d’un dossier contestant les thèses de l’auteur : « « Romanquête » ou mauvaise enquête », dossier réalisé sous la direction de Serge Halimi, 11 décembre 2003.

[43] « Les talibans n’ont pas été seulement vaincus. Ils l’ont été sans combattre. Ils l’ont été piteusement, sans même un baroud d’honneur. Et l’image de ces combattants défaits, que, de Damas à Tunis, la rue arabe avait auréolés de tous les prestiges, l’image de ces Saladins qui étaient censés mettre l’Amérique à genoux et qui, au premier coup de feu, ont détalé comme des poulets, n’a pu que stupéfier ceux qui se reconnaissaient en eux. », tiré de Ce que nous avons appris depuis le 11 septembre, par Bernard-Henri Lévy, Le Monde, 21 décembre 2001.

[44] Le B.A. BA du BHL, op. cité, p. 119

[45] « L’autre visage de Tariq Ramadan », Le Monde, 1er novembre 2003. Traité dans Tribunes Libres Internationales n°223, 3 novembre 2003.

[46] cf. « Daniel Pipes, expert de la haine », Voltaire, 5 mai 2004

[47] « Ce ne sont pas seulement des voyous déstructurés qui transposent le conflit du Moyen-Orient en France : l’élite est, une nouvelle fois, au diapason de la racaille. », Alain Finkielkraut, L’Arche, mai-juin 2002

[48] C’est la thèse qu’il soutenait face à Tariq Ramadan dans l’émission de télévision Culture et dépendance sur France 3 le 4 mai 2005.

[49] Chose rare, cet éditorial a été repris le lendemain par le Los Angeles Times : « Pakistan’s Chips in a Shady Game », Los Angeles Times, 13 mai 2005.

 

 

http://www.voltairenet.org/article17043.html#article17043

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