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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 08:20

Alerte ! Médias au service

du choc de civilisations,

par eva R-sistons

 

Alerte ! Les tenants, au sommet de la pyramide, qui rêvent d'imposer

un Nouvel Ordre Mondial totalitaire, militaire et financier,

divisent pour régner, dressent les citoyens les uns contre les autres,

masquent les vrais enjeux, les vrais périls.

Après la chasse aux Juifs et aux communistes,

voici le nouveau bouc-émissaire désigné à la vindicte populaire :

Le Musulman, l'Arabe, l'Islam.

Ne tombons pas dans ce piège infâme,

artificiellement provoqué à des fins hégémoniques et prédatrices,

et quotidiennement relayé par les Médias aux ordres.

Citoyens, ne soyons pas dupes de la scandaleuse manipulation !

Nos ennemis sont tout en Haut,

et pas à côté de nous...

Eva R-sistons aux impostures

conduisant aux chocs de civilisations meurtriers

et aux guerres nucléaires apocalyptiques !

 

 

 
 
 
 
 

http://curieuxlycee.blogspot.com/2008/12/mise-au-point-sur-le-choc-des.html

 

Les Médias au service du choc de civilisations,

par eva R-sistons

 

 

 

5 janvier 2011:

C dans l'Air, "Religions: Guerres à venir".

 

 

Si les guerres à venir deviennent un jour chocs de civilisations, c'est à cause de l'Occident qui sème partout divisions et haine, notamment à travers les Médias. Et non pas comme Calvi-Krettly voudrait le faire croire, à cause des méchants Islamistes (amalgame facile mais honteux, ensuite, avec les Musulmans) qui se lanceraient dans des croisades d'ailleurs perdues d'avance ! 

 

En réalité, les guerres qui sont programmées, seront "préventives, permanentes, totales, et même nucléaires" et pour satisfaire les appétits pantagruéliques des banksters et des affairistes véreux, des multinationales de mort de l'Occident. Voilà la vérité qu'on dissimule derrière un pseudo conflit de civilisations, en réalité artificiellement provoqué par l'Occident prédateur, hégémonique, assassin, pour masquer ses vraies intentions et pour dresser les citoyens contre les Musulmans, et les Arabes, dont le péché est de ne pas vouloir s'aligner sur le "money-théisme" chrétien ou juif, sur les valeurs matérialistes et égoïstes de l'Occident. Et en prime, ces boucs-émissaires modernes ont dans leurs sous-sols des richesses convoitées par les cupides Occidentaux, seulement désireux, bien peu chrétiennement, de s'emparer des ressources ne leur appartenant pas.

 

Quant à l'émission, que j'écoute d'une oreille, elle est, disons-le, programmée par le très sioniste Calvi-Krettly pour une fois de plus, dresser les citoyens contre les Musulmans et les Arabes haïs, aujourd'hui, par nombre de Juifs, c'est une réalité lourde de menaces, bien plus que celle des très peu nombreux Islamistes (et Al Quaïda, c'est juste deux mille militants, source ancien Chef de la lutte anti-terroriste en France, militants ne menaçant nullement un Occident sur-armé et sur-financé).

 

Et le sieur Calvi se défoule ! En écrivant, voici ce que j'entends:  "Vous n'imaginez PAS qu'on puisse DISCUTER avec les Frères Musulmans !" - "Les Musulmans intégristes s'en prennent aux Chrétiens d'Orient car ils incarnent l'Occident" - "Les Eglises d'Occident sont-elles devenues des cibles pour les "terroristes" ? "L'Eglise copte est menacée en France, à Châtenay Malabry" - "Selon un sondage, l'Islam représente plutôt une menace, et l'intégration se passe plutôt mal" (évidemment, avec le conditionnement permanent des médias crapuleux, note d'eva) - "L'islam devient-il de plus en plus régressif et expansionniste ?" (et scandaleusement, Calvi-Krettly appuie bien sur les deux accusations, note d'eva) - "Cela ne favorisera-t-il pas l'émigration des Chrétiens vers l'Europe ?" (tous les poncifs y passent, note d'eva) - "Ne risque-t-on pas une dégradation - soigneusement favorisée et entretenue par les Médias, note d'eva - des relations entre Chrétiens et Musulmans au niveau mondial ?" (il en salive d'avance, le faux journaliste et vrai propagandiste Calvi-Krettly. C'est son but, de travailler aux chocs, les tensions sont alimentées par des apprentis-sorciers comme lui) - "L'inquiétude grandit parmi tous les chrétiens, pas seulement parmi ceux d'Orient" - "Les sondages montrent que les Musulmans sont craints" (le journaleux Calvi-Krettly adore jeter de l'huile sur le feu, note d'eva) - etc, etc.

 

Tout, absolument tout, est fait non pour informer honnêtement, mais pour conditionner l'opinion contre ces nouveaux boucs-émissaires, remplaçant désormais les Juifs d'antan. Et la déontologie ? Qu'en dissent ceux qui travaillent pour les Observatoires des médias ? Que font les Associations anti-racistes dénonçant les incitations à la haine ? Silencieuses car il s'agit de racisme anti-Musulmans et non anti-Juifs ? Deux poids deux mesures, alors ?

 


 
 
       
 
 

Les Mécaniques du chaos : bushisme, prolifération et terrorisme

 

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Surprise ! Pour une fois, un invité indépendant, au franc-parler décapant ! Gageons qu'il ne sera pas réinvité ! Retenez son nom : Pierre Conesa. Lui remet les pendules à l'heure, quel plaisir, un vent frais d'honnêteté intellectuelle, pour une fois ! Et par exemple, "Montée de l'Islamisme radical ? Oui, mais pas plus de radicalisme que dans les deux autres religions monothéistes" ! - "L'erreur de l'Occident est de soutenir les dictatures" ! - "Les néo-évangéliques américains justifient la guerre en Irak !" (Et moi qui les connais bien, je peux affirmer que leur radicalisme est dangereux, il constitue une authentique menace pour la paix et pour la justice - sociale entre autres, car ils soutiennent la Théologie de la "prospérité", de l'Argent-Roi - Bush en est le plus affreux exemple !) ! - "Dans  TOUTES les religions, on a tendance à vouloir exterminer l'autre" - "Et les Juifs, quelle limite avec le Grand Israël" ? Tiens donc, voilà enfin une fois abordé, bien sûr furtivement, la responsabilité de ces derniers dans les guerres, les troubles, les conflits ! Car jamais, jamais on ne verra à la télévision le sionisme mis en cause, en accusation, dans son affreuse réalité militaro-financière à l'origine de tant de drames sur la planète,  c'est un sujet tabou, le "terrain est glissant" comme dit Pierre Conesa, bref les problèmes peuvent venir de partout, mais jamais de lui, c'est la vache sacrée de l'Occident cupide, inique et prédateur ! Et lorsqu'un intervenant dit "Les Juifs apportent également leur soutien aux Coptes", Calvi-Krettly jubile, et commente : "Très bien !". Une spontanéité qui en dit long sur son rôle à la télévision...


http://curieuxlycee.blogspot.com/2008/12/mise-au-point-sur-le-choc-des.html

 

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En réalité, depuis le 11 septembre, j'ai toujours renvoyé dos à dos tous les intégrismes, et je m'élève avec force contre le fait que sauf exception inattendue  (et remarquable, comme avec un Pierre Conesa, intègre lui), on ne stigmatise que l'Islamiste, pour mieux l'instrumentaliser au profit... des profiteurs des Grandes Banques et des conglomérats de l'Occident criminel ! Les néo-évangéliques  et les néo-sionistes sont bien plus dangereux, car ils disposent des moyens financiers et militaires pouvant mettre à genoux la planète - et la ruiner, finalement, car leurs préoccupations sont aux antipodes des besoins humains, du Bien commun, de l'intérêt général ! Et ils songent les uns comme les autres à conquérir les plus hautes sphères du pouvoir, ainsi que le rappelle Pierre  Conesa. Pourtant, jamais les Médias aux ordres du Grand Capital et de l'Etranger (comme en Côte d'Ivoire, actuellement, où le candidat du FMI et de l'Occident est soutenu) n'évoquent le rôle de ces fanatiques trublions de l'ordre mondial (et je n'aborde même pas la question de leurs groupes extrémistes comme le Bétar, outrageusement sioniste et d'une violence rare), préférant braquer les projecteurs, au mépris de l'honnêteté la plus élémentaire, sur les seuls Islamistes qui, en fait, représentent peu l'ensemble de la Communauté musulmane. Et au risque de mettre le feu aux poudres nucléaires de la planète !

 

Hormis un "franc-tireur" comme l'intègre Pierre Conesa, les débats de C dans l'Air ne sont que de stériles discussions de salon entre des ultra-libéraux néo-conservateurs comme Barbier, de l'Express, et des économistes plaidant pour le Nouvel Ordre Mondial qui broie les peuples. Et lorsqu'un Musulman ou un Arabe est convié à représenter sa communauté, c'est un Abdennour Bidar, plus royaliste que le roi, ou plus exactement plus Occidental que les Occidentaux eux-mêmes, qui tire à boulets rouges sur "son" camp, traître de service, comme le sont des DSK, des Valls, des Kouchner, des Besson ou des Rocard au P.S., et qui piétine allègrement les idéaux musulmans parce qu'il ne les comprend pas, ou parce qu'il est trop bien installé dans le Système qui se sert de lui comme alibi... Là encore, Calvi-Krettly jubile en écoutant ce pseudo Musulman (invité pour  accréditer l'indépendance de la télévision) attaquer ses pairs : "Ce qui est inquiétant avec l'Islam..." - "L'Islam n'arrête pas de donner des signes de crispation"  (en réponse aux attaques continuelles de l'Occident, note d'eva) - "Tous les clignotants sont au rouge" - "De plus en plus l'Islam ne négocie pas" - "Il s'affirme de façon frontale"... Son rêve ? Que l'Islam se confonde avec les valeurs occidentales, avec  la "modernité", autrement dit... qu'il disparaisse, non ? Voilà le genre de potiche que Calvi-Krettly invite à son micro pour défendre les Musulmans, en... les attaquant ! En les discréditant, en les déconsidérant... (Comme l'animateur de C dans l'Air invite un Olivennes pour défendre Sarkozy et trahir  le Parti censé l'envoyer).

 

Quelle honte pour la télévision, quelle honte pour la France, un journaleux comme ce Calvi-Krettly ! A quand la laisse d'or de la désinformation, comme son compère l'inénarrable Pujadas, grand valet du Nouvel Ordre Mondial impérial devant Yahvé, et sans doute tous deux grands adorateurs du Veau d'Or au risque de s'attirer les foudres de Moïse, pour l'éternité ! 

 

En conclusion, je dirais que le pseudo terrorisme (en réalité très minoritaire, mais épinglé par les médias assoiffés de conflits et de chocs) est volontairement et artificiellement provoqué et alimenté par l'Occident machiavélique, quand il ne le crée pas lui-même avec des attentats sous faux-drapeau, portant une lourde responsabilité relevant selon moi de Tribunaux internationaux. Et j'ajouterais que la VRAIE menace ne vient pas des Islamistes, mais de l'Occident judéo-chrétien prédateur et assassin. Et cela, les Médias anglo-saxons (NouvelObs, le Figaro, Libération...) et néo-sionistes, ne le diront jamais. Tant pis pour la vérité, pour l'information, pour la liberté, pour la démocratie, pour les peuples !

 

Quant à Calvi-Krettly, à la solde de l'Oligarchie Anglo-saxonne et israélienne, sa place n'est pas à la télévision, mais au Pôle Emploi... Les maîtres recherchent des valets comme lui, et des soubrettes comme Marie Drucker. Pour les servir inconditionnellement !

 

Il est temps que le journalisme retrouve sa dignité, ses lettres de noblesse ! En se débarrassant de ses scories, d'abord...

 

eva R-sistons

 

(1) Le livre de Pierre Conesa :

Qui peut douter aujourd'hui que la guerre américaine en Irak a plutôt aggravé, que réduit, les menaces de terrorisme et de prolifération ? L'unilatéralisme de l'équipe Bush est devenu l'un des facteurs de l'instabilité internationale - au même titre que le terrorisme et la prolifération. Chacun des camps est lié aux autres par les mêmes ressorts idéologiques et culturels : vision du monde à fondement religieux, légitimation de la violence et du " mensonge autorisé", conception monopoliste de la vérité, appétance identique pour les armes nucléaires, refus de la règle internationale...
La disparition de l'URSS a bouleversé toutes les données stratégiques. Ben Laden et les idéologues du terrorisme islamique se sont pensés vainqueurs de Moscou en Afghanistan, tout comme Washington. Les pays proliférants, qui ont vu disparaître un des partenaires du monde bipolaire, ont eux aussi réexaminé les conditions de leur sécurité. En faisant une analyse globale de ces mécaniques du chaos, Pierre Conesa tente de démonter le cercle vicieux qui s'est instauré dans la dernière décennie.

Biographie de l'auteur

Pierre Conesa a longtemps exercé des fonctions au ministère de la Défense. Historien de formation et énarque, il a notamment publié Guide du paradis (l'Aube, 2004 et l'Aube poche, 2006).

 

 

 

http://r-sistons.over-blog.com/article-33390532.html

 

 

Lire aussi :

 

Réflexions sur la construction médiatique de l'islamophobie

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 02:55

Yves Calvi quitte France Inter pour RTL

http://www.tvmag.com/programme-tv/article/mercato/53659/yves-calvi-quitte-france-inter-pour-rtl.html

 

Scandaleux ! Je viens d'écouter un ancien enregistrement que j'ai fait, C dans l'Air du 20 avril 2005, "Dans la peau de Benoît XVI".

 

Yves Calvi-Krettly OSE demander ceci: "Est-ce que ça va être un Pape de combat (il hésite)... par exemple... face aux Musulmans... je ne dirais pas face aux Musulmans... face à l'Islam ?"  Et plus loin: "La rivalité notamment face à l'Islam de plus en plus "conquérant" est perçu comme tel par beaucoup de Catholiques même s'ils ne veulent pas le reconnaître...". Calvi, bien connu pour ses positions en faveur du Pouvoir libéral, atlantico-sioniste, est pris en flagrant délit de partialité, de racisme anti-Musulman, c'est avec ce genre de déclarations pointant du doigt le Musulman, l'Islam, comme l'ennemi, qu'on PORTE ATTEINTE à la paix sociale, et qu'on entretient le désir de partir en guerre contre les Arabes, contre les Musulmans, contre l'Iran... 

 

Je pose gravement, solennellement, la question suivante (et je suis moi-même journaliste, attachée à l'indépendance de la presse, à la neutralité, au pluralisme, à l'impartialité): Peut-on se servir des Médias, de la Télévision, d'une Chaîne publique, financée par les Français eux-mêmes, pour attaquer un groupe d'individus, quel qu'il soit (hier le Juif, aujourd'hui le Musulman), pour inciter au choc de civilisations, à la guerre de religion, à la guerre ? Ce qui est dit, ici, est très grave, et devrait intéresser tous les défenseurs de la différence, du pluralisme, du bien-vivre ensemble, de la fraternité, du respect, et plus généralement, du... bien vivre !


Que font les défenseurs des Droits de l'Homme ? Que font les militants anti-racistes ? Que font les BHL ? Leur indignation est elle à sens UNIQUE ? La question doit impérativement être posée. Aujourd'hui, le racisme anti-Musulmans remplace le racisme d'hier, anti-Juifs. Tous deux sont aussi abominables. Alerte ! Si nous ne réagissons pas, demain nous serons emportés vers la guerre civile, et vers un choc de civilisations aux conséquences incalculables, car planétaires et nucléaires !


Eva R-sistons

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 22:35

 

Christophe Barbier, rédacteur en chef de l'Express, a une longueur d'avance sur les organisateurs d'apéros saucisson-pinard : instigateur dès février 2010 d'une réunion éditoriale placée sous le signe de la charcuterie - "pâté, rillettes, saucisson" - il a aussi gravé ses thèses riches (c'est-à-dire grasses) dans le papier glacé de l'hebdomadaire - dernière livraison, n°3092 semaine du 6 au 12 octobre.

Le dossier s'intitulait "L'Occident face à l'Islam" et s'étalait sur 11 pages interrompues par six rappels publicitaires : un grand bol d'air consumériste pour donner à cette enquête une haleine idéologique aussi fraîche que celle des journalistes du Point fantasmant dans leurs salons sur les polygames de banlieue. Retour sur ce dossier symptômatique d'une construction, à la fois ignorante et maligne, de l'Islam comme péril.


La couverture d'abord est exemplaire : en lettres capitales, un titre se décline selon plusieurs pistes qui convergent toutes vers le niveau d'alerte maximal - en quatre phases : "le retour de la menace terroriste", "la poussée des fondamentalistes", "l'échec de l'intégration", "les forces politiques qui en profitent". Une rhétorique où la menace est évidemment mondiale et la générosité pure qui visait à civiliser le métèque en l'intégrant à l'échelle de la nation, vaine en tous points. Enfin, on attise la rancoeur en imputant la droitisation de l'Europe aux musulmans - qui ne sont pourtant pas ceux qui votent en majorité pour les partis ultra-nationalistes. Tous nos malheurs ne découleraient en somme que de cette affreuse religion : c'est dire la subtilité de la problématique unidimensionnelle mise en place par l'Express.


L'Occident - dont l'évidence de la définition et la supériorité morale sont tenues pour acquises tout au long du dossier - est d'emblée positionné "en face". L'imaginaire haineux de la confrontation déployé par la rédaction de l'Express est implicitement prêté à l'autre partie - celui de la "musulmanerie". Or, d'un point de vue islamique et dégagé de la gangue orientaliste des préjugés qui représentent le musulman comme un barbu au couteau entre les dents - un tel dispositif est non seulement absurde, mais contraire à la lettre :

"La piété ne consiste point en ce que vous tourniez vos visages vers le Levant ou le Couchant. Vertueux sont ceux qui croient en Dieu et au jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, qui donnent pour l'amour de Dieu des secours à leurs proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide, et pour délier les jougs, qui observent la prière, qui font l'aumône. Et ceux qui remplissent les engagements qu'ils contractent, se montrent patients dans l'adversité, dans les temps durs et dans les temps de violences. Ceux-là sont justes et craignent le Seigneur." Coran 2-77

La photographie choisie pour la couverture de l'hebdomadaire représente un paysage crépusculaire, avec un minaret bien visible en premier plan à droite et un pauvre petit clocher - réduit à la pénombre - en second plan. L'Express met lui-même en scène le péril qu'il prétend analyser en construisant, au moyen notamment de cette imagerie islamophobe, un discours aux références très discutables et dont le peu de légitimité morale et de fiabilité théorique ont déjà été avérés - deux entretiens sont publiés, l'un avec la menteuse Ayaan Hirsi Ali et l'autre avec l'ego hypertrophié d'Abdennour Bidar. On a connu des sources mieux habilitées pour délivrer un discours crédible et rationnel sur l'Islam. Pour qu'une critique puisse être prise en compte, encore faudrait-il qu'elle soit posée sur des fondements honnêtes qui ne cherchent pas systématiquement à nuire et à tourner en dérision l'objet qu'elle prétend investiguer.


Ce décryptage d'un clash annoncé, s'il prétend donc éclairer le lecteur, remplit de fait une autre mission : interpréter la partition néo-conservatrice bien connue d'une prétendue guerre de civilisations entre deux blocs monolithiques fantasmés. Sa réactivation actuelle au sein de l'opinion publique française assure des fonctions géopolitiques bien précises que l'Express, tout en prétendant promouvoir une réflexion critique et informer son lectorat, se contente en réalité de valider - et non sans malhonnêteté : puisque d'une part, il ne dit évidemment jamais d'où il parle et, d'autre part, il emploie une imagerie grossière et un style excessif dignes des "tabloïds" - ce qui ne fait pas vraiment honneur à son histoire.


Dès la page 60, on voit une de ces photographies dont raffolent les sites laïcards ultra-nationalistes : des musulmans qui prient dans la rue - sûrement par goût de l'exhibitionnisme, et certainement pas faute de locaux adéquats, propres, fermés et propices au recueillement. L'usage de cette image sans autre commentaire que : "l'islam à la française reste une gageure des années 1990" témoigne d'une bonne dose de mépris et d'un refus de penser.


La photographie est surplombée de lettres énormes et rouges sur fond noir - une esthétique qui relève davantage du remake de Dracula que de l'analyse rationnelle. Dans ce premier article, on nous annonce dès le chapô qu'il sera "sans tabous". Putasserie oblige. Le lecteur islamophobe en aura pour ses 3, 50 euros.


Christian Makarian, qui signe le premier papier, observe que : "la supériorité des valeurs occidentales est d'un faible secours face à un faisceau convergent d'éruption planétaire". La religion musulmane est donc ici réduite aux groupes variés et armés qui se revendiquent de l'Islam politique. Ce dispositif idéologique est récurrent dans les discours islamophobes : on s'étonne que les musulmans s'en émeuvent, on leur prête une trop grande sensibilité.

Mais enfin, les catholiques par exemple aimeraient-ils que leur foi et le message des Évangiles soient résumés aux pratiques du Ku-Klux-Klan - qui se réclame lui aussi du christianisme?


Le journaliste poursuit, sans avoir questionné "la supériorité des valeurs occidentales", ni même seulement donné une définition, un exemple ou une manifestation de ces "valeurs" supérieures. Alors que sa prose y participe, il dénonce à la page 62 un "funeste amalgame" entre les "musulmans anonymes" et une "noria de groupuscules agissant pour le compte d'un islamisme affiché et conquérant". Or, par le choix précis de la photographie des hommes contraints de pratiquer leur culte dans la rue, il y a un glissement, une confusion même entre ces deux ces catégories. Le journaliste persiste à feuilleter le dictionnaire des idées reçues sur l'Islam en sortant la carte prévisible de l'Islam politique, sans avoir pris soin d'expliquer au lecteur quelle tendance de l'Islam politique il dénonçait et en oubliant d'expliquer qu'au sein de cet Islam politique, il existait des groupes extrêmement variés, porteurs de projets différents - certains incitant leurs frères à relever la tête dans une perspective anticoloniale, tandis que d'autres la leur écrasent plutôt en adoptant les intérêts géo-stratégiques des "sociétés occidentales" - dont l'Express a établi pour mémoire l'indiscutable supériorité.

 

Fort de ses préjugés, le journaliste résume la mentalité islamique - alors même qu'il n'a mentionné que les groupuscules dits terroristes et des musulmans anonymes - à "une spiritualité exogène [qui] se transforme en angoisse endogène". Joli chiasme parfaitement creux dont la trouvaille a, faute d'enquête sérieuse, sans doute réjoui le journaliste.


D'autres expressions irrationnelles ponctuent l'article dénué d'argument précis et rigoureusement fondés : "une amplification du risque", "aucun pays ou presque n'échappe à la question de l'islam", la désormais bien connue "maladie de l'islam"...


On n'échappe pas non plus à l'argument fallacieux de la démographie, cher à Oriana Fallacci et aux antisémites des années 1930 - le journaliste énonce la liste de prénoms musulmans donnés aux nouveaux-nés bruxellois...


Page 67, c'est l'entretien avec Abdennour Bidar - un des philosophes auto-proclamés de l'Islam des Lumières. La citation, qui donne son titre à l'article, n'est rien de moins qu'une nouvelle bidarade en forme constat - comme à son usage, illégitime et infondé : "Beaucoup de musulmans étouffent". Beaucoup : on appréciera le degré de précision de cette rumeur. L'ego surdimensionné de Bidar déplore que les "penseurs susceptibles de faire évoluer le dogme [n'aient] trouvé aucun relais." Une publicité télévisuelle vantait autrefois les mérites du poisson (pané et surgelé) - la même joyeuse mélodie vient à l'esprit quand on lit cet ersatz de pensée philosophique qui n'est pas de toute fraîcheur : Heu-reu-se-ment qu'il y a Bidar!


Plus sérieusement, il y a dans le Traité de la réforme de l'entendement de Spinoza - que Bidar devrait daigner parfois relire - une critique des différents degrés de connaissance ; un énoncé tel que "Beaucoup de musulmans étouffent" relève assurément du degré le plus bas de la connaissance, quelque part entre "l'ouïe-dire" et "l'expérience vague" - c'est-à-dire très loin de la vérité.

 

Comme dans ses autres textes, le petit Abdennour est très arrogant ; il s'agace et s'invente des obligations là où personne ne lui a rien demandé : "De quel droit cette tradition islamique me commande-t-elle de prier cinq fois par jour? C'est à moi de juger quand prier." Invente donc ton propre culte si tu tiens absolument générer des dogmes!


Il poursuit : "Je n'ai pas besoin d'un muezzin hurlant dans son micro, mais d'apprendre à entendre un appel intérieur à la prière ou à la méditation." Ce crétin ne s'est apparemment jamais demandé pourquoi les églises sonnaient les cloches, ni si le "muezzin hurlant" ne participait pas précisément de la même fonction de rappel que les cloches - que Bidar trouve sûrement mélodieuses.

 

L'être exceptionnel qu'est Abdennour Bidar - une cloche elle-même fondue dans le plus dissonant des métaux - n'a nul besoin de rappel. La chose est entendue. Mais pourquoi donc cet acharnement à en priver les autres - nous autres, pauvres musulmans qui n'avons pas atteint son degré d'intelligence et de foi?


Les musulmans, s'ils étouffent, c'est d'abord sous la pression d'âneries érigées en discours philosophique.


Le prix de l'article le plus comique de ce dossier islamophobe revient néanmoins à celui de Noria Ait-Kheddache qui s'intitule "France : Polémique au menu" (p.68). Tout un programme. La journaliste, comme ses collègues, ne s'embarrasse pas de précision mais se permet d'asséner comme une vérité générale : "Un islam rigoriste s'immisce depuis quelques années dans les revendications des citoyens français".

 

La dénonciation du péril halal - si chère au rédacteur en chef, mais c'est sans doute pur hasard - ressurgit : "A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) depuis la rentrée scolaire, les cantines de la ville propose deux menus : l'un avec viande, l'autre sans." C'est très grave en effet, soufflez trompettes et sonnez tocsins : les "valeurs occidentales" sont en danger, il y a des plats sans viande à la cantine!

 

Le développement de cet article ridicule se poursuit en citant l'exemple d'un maire de la ville voisine n'ayant rien de mieux à faire pour l'intérêt général de sa commune que de se féliciter de servir une bonne carne industrielle aux enfants tous les midis. Voilà le genre de "résistance", à hauteur de talonnettes, dont la France se flatte aujourd'hui : contrer "l'alliance" entre musulmans et végétariens - ériger un rempart contre l'islamo-vegétarisme, en quelque sorte !


Les pages 72 à 76 sont pour l'essentiel consacrées à des exemples internationaux, notamment européens et américain puisqu'en dehors de cet espace, selon l'Express, point de culture ...

 

Un portrait de l'imam Feisal Abdul Rauf, dans le prolongement de l'entretien avec Bidar, offre un modèle de "bon musulman" - au "CV moderne et humanisme". Qu'est-ce qu'un CV moderne? Celui qui n'est pas rédigé à la plume? Ou celui d'un musulman qualifié de "prêcheur soufi" et promoteur d'un Islam tolérable, réduit à sa seule dimension culturelle, vidée de sa pratique? En ligne de mire : un Islam sans Islam - "assemblage d'installations sportives, de galeries, de restaurants, de salles de conférence et d'activités culturelles ouverts à tous." Un espace où, à l'instar de l'Institut des Cultures d'Islam à Paris, on peut vraiment tout faire - sauf pratiquer sa religion.


Le tour d'Europe traverse l'Allemagne, l'Autriche, la Suède, le Danemark, la Norvège et les Pays-Bas. Chaque fois, la xénophobie dans le débat public est, selon un étrange tour de force, corrélée aux musulmans et non pas à ceux qui produisent le discours xénophobe. Ce qui reviendrait à imputer le sexisme aux femmes, l'antisémitisme aux Juifs, la négrophobie aux Noirs. Ils l'ont bien cherché.


En dehors de l'Europe et des Etats-Unis, le dossier islamophobe examine sur une page le cas algérien - ce qui n'a rien de surprenant. Dans cette page, Anis Allik, correspondant de l'Express s'emploie à démontrer combien les fidèles non musulmans sont persécutés par des musulmans. Les non musulmans sont des chrétiens. Mais le journaliste oublie de souligner le fait que ces chrétiens n'appartiennent à aucune Eglise - d'Orient ou d'Occident - établie mais relèvent d'une secte néo-évangéliste américaine - qui serait même en France tenue pour dangereuse.

 

Sans naturellement minimiser les persécutions dont les membres de cette secte font l'objet, on doit cependant ne pas en ignorer le contexte. En outre, ceux qui ont le plus souffert d'arrestations arbitraires et de tortures au Maghreb - avec la complicité de cet Occident aux valeurs supérieures - sont les islamistes. Mais les droits humains, pour le journaliste de l'Express, ne s'étendent pas jusque là.


L'article qui clôt assez superbement ce dossier mensonger est un entretien avec la menteuse Ayaan Hirsi Ali. Elle vient de publier un livre non encore traduit en français où elle raconte sa vie, sans doute émaillée des mythes qui ont fait sa célébrité. Elle critique le pourtant "bon musulman" Feisal Abdul Rauf mais déclare : "Je suis prête à lui accorder le bénéfice du doute". Les scientifiques devraient se pencher sur une possible corrélation entre arrogance et Islam désislamisé : le travers déjà constaté chez Bidar se retrouve dans les propos de Hirsi Ali ; et tous les deux partagent cet amour pour la "dimension spirituelle de l'islam".

 

Mais ce goût pour la spiritualité n'empêche malheureusement pas Hirsi Ali de condamner a priori tous les musulmans, coupables tant qu'ils n'ont pas prouvé leur innocence - ses concitoyens, accessoirement : "Le danger [peut] venir aussi des musulmans américains." Que cette humaniste soit conséquente avec elle-même et suggère, en guise de prévention, de les déporter tous à Guantanamo!

 

Même le journaliste de l'Express - Philippe Coste - esquisse un doute : "Les millions de musulmans américains vous paraissent-ils vraiment tentés par une mouvance extrémiste?"


En définitive, ce qui se voulait un décryptage de l'Islam n'est qu'une synthèse journalistique des préjugés islamophobes en cours. Les promesses de la couverture ont été tenues : aucun effort n'a été tenté pour rendre intelligible la situation concrète des musulmans. Le dossier brosse en revanche un tableau irrationnel et sombre qui porte en lui le mépris de l'Autre, tenu pour inférieur. Ce choix délibéré en faveur de l'ignorance et de l'activation des peurs n'est pas seulement dommageable pour la réputation des musulmans : il neutralise, plus profondément, toute possibilité d'une réflexion vraiment critique, et dégagée des idées préconçues sur l'Islam conçu comme une idée abstraite - une bannière aussi inadéquate que celle de l'Occident, brandie par les journalistes de l'Express.


Source ici


Auteur : La Princesse de Clèves - Source : http://islamogauchiste.blogspot.com/search?updated-min=2010-

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=16747

 

 

Lire aussi, sur ce blog,

Lettre ouverte au Directeur Général de France 2

 

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 05:24




Islam, Judaïsme et Occident :
 
l’échantillonnage médiatique
 
au JT de France 2 au service
 
de la théorie du choc des civilisations ?




Article publié sur Agoravox
ici


Nous sommes le jeudi 20 juin 2008, il est 20 heures piles et, sur France 2, David Pujadas annonce les titres du JT du soir :

 « Dans l'actualité ce soir :

1- [Premier bilan] Un tournevis sur l'immigration : Brice Hortefeux présentait son bilan aujourd'hui, en un an le nombre de reconduites à la frontière a augmenté de 31 % ;

2- [Fermetures annoncées] Altadis - ex-Seita - va fermer deux usines de tabac sur huit celle de Metz et la fabrique de cigares de Strasbourg vieille de deux siècles, inquiétude des salariés, plus de 1 000 emplois sont supprimés ;

3- [Interdit aux hommes] Deux affaires relancent le débat sur la mixité et le communautarisme, dans l'Isère un créneau horaire est réservé aux femmes à la piscine, près de Paris un tournoi de basket finalement annulé était interdit aux hommes ;

4- [Un nazi démasqué] A l'étranger un ancien nazi croate piégé par l'Euro 2008, il a été filmé et reconnu au milieu des supporters, Zagreb réclame son extradition ;

5- [Particules mortelles] Une première grande étude sanitaire sur l'impact de la pollution de l'air dans neuf grandes villes de France, cette étude établit un lien entre la présence de particules nocives et le nombre de décès ;

6- [L'année des méduses] Enfin, une page Environnement, avec l'invasion des méduses, le phénomène s'amplifie dans toutes les mers du monde, éléments d'explication à la fin de ce journal. »


Ainsi commence donc le JT du jour ou les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles pour essayer de digérer ensemble la claque irlandaise à leur bien-aimé Traité de Lisbonne : une rapide exposition récapitulative des informations que la rédaction du journal avait triées parmi des centaines d'autres et choisies pour mettre à la une, dans un ordre bien précis et des formulations soigneusement travaillées, évidemment selon des critères qu'un consommateur ordinaire d'information n'est pas supposé connaître. Naturellement. Aux dernières nouvelles, on n'enseigne pas encore les stratégies de communication au grand public. Pourtant, disséquer le contenu d'un JT n'est pas une tâche herculéenne, bien qu'elle reste à première vue « étrange », voire absurde. Car, face à un média de masse quelconque, l'attitude habituelle est celle d'analyser les informations qu'il présente, et non la manière par laquelle elles se font présenter. On se concentre sur le fond, au point d'en oublier la forme, que nous concevons comme évidente, ou c'est plutôt ainsi qu'on a toujours aimé la concevoir. C'est justement parce qu'elle a été longtemps mise aux oubliettes que cette forme paraît plus que jamais mystérieuse, quoique certains pourraient pressentir dans la remise en question de ce qu'ils ont depuis longtemps indexé dans la colonne de l'évidence l'expression d'un ridicule désir fantasmatique à voir du mystère là où il n'y en a pas. Ou plutôt, là où on préfère de toutes nos forces qu'il n'y en ait pas...


Nous sommes alors à un jour où le rêve européen prend les allures d'un interminable cauchemar de ratifications que l'on souhaite à tout prix être taillées sur la mesure des politiques gladiateurs de l'arène européenne, qui n'attendent que des « Oui Oui à vos ordres ! » de la part de leurs peuples, habitants d'un continent qui occupe dans le monde une place plus grande que celle qu'il occupe dans les têtes de ses citoyens. C'est normal, aujourd'hui l'Europe, comme beaucoup d'autres exploits architecturaux contemporains, se bâtit à l'envers : on l'impose dans le monde, et puis on verra pour les Européens, de toute façon ils finiront tôt ou tard par accepter ce que leurs dirigeants ont décidé qu'il soit « bon » pour eux. Dans un jour aussi terrible pour le Traité de Lisbonne, la réunion de Bruxelles n'est apparemment pas une information qui mérite de figurer à la une des titres du JT. En tout cas, c'est ce qu'a décidé la rédaction. Une omission qui ne semble pas dénudée de « bon sens », puisqu'il ne serait pas « gentil » de désenchanter davantage une opinion publique exaspérée par Bruxelles en continuant à la marteler dès le résumé des titres par les informations en rapport avec les mésaventures de l'« European Dream ». Le lexique qu'on avait choisi de mettre en avant étant : immigration, fermeture, inquiétude, mixité, communautarisme, nazi, mortelles, nocives, décès, invasion. Un vrai cocktail Molotov de péjoration présentant des informations visiblement différentes, mais qui demeurent homogènes, cohérentes et développant des sujets en rapport direct ou indirect avec la construction européenne : l'immigration, les crises sociales, le communautarisme, le nazisme, les crises de l'environnement. Loin de là, si on visionne bien l'exposé des six titres, on verra aussi que toutes les informations mises en avant s'articulent autour d'un dualisme capital : celui de l'intrus/exclus. En effet, le flash des titres, bien qu'étalé sur six points majeurs, présente en réalité un seul squelette communicationnel : « L'exclusion de ce qui est intrus ». La notion d'intrus est indéniablement constante dans toutes les informations, mais à chaque fois l'intrus, ainsi que la description de son exclusion, changent de forme. Démonstration :

 

Intrusion

Exclusion

Nuage lexical amplificateur et/ou densifiant

Immigrés clandestins

Reconduites aux frontières

Tourne vice

Augmenté de 31%

Salariés qui ne sont plus les bienvenues chez leurs patrons

Fermeture d'usines/Suppression d'emplois

Inquiétude

Veille de deux siècles

Plus de mille emplois

Evènement/service interdit aux hommes, réservé aux femmes d'une communauté pour le moment indéterminée

Annulation

Communautarisme

Ancien Nazi

Extradition

Démasqué

Filmé

Reconnu

Particules mortelles/nocives

Pollution de l'air

implicite : si on parle de quelque chose de mortel c'est qu'on doit la combattre

Première grande étude

Neuf grandes villes

Lien avec nombre de décès

Invasion par des méduses

Imagée : méduse extraite par un sceau, traitement médical

Phénomène s'amplifie

Toutes les mers du monde



Et voilà. Une sorte d'unité contextuelle entre toutes les informations classifiées comme « importantes » vient de se dégager par elle-même. L'essentialité du traitement de l'information du « Non irlandais » (le « Non » étant aussi un intrus dans la cour des « Oui oui ») étant à la fois évidente et lassante à souligner, c'est donc bien volontiers qu'on ne l'annoncera pas dès le commencement. L'attention du téléspectateur est ainsi sollicitée et préparée pour être plus réceptive aux infos figurant « à la première page » du JT - celles traitées dans le tableau ci-dessus - et dont l'importance lui a été suggérée par le fait qu'elles ait été choisies pour figurer dans le « menu général ». Bien sûr, le téléspectateur qui est en train de regarder le JT n'est pas en mesure d'agir activement vis-à-vis du contenu médiatique qui lui est véhiculé. Il est passif, et se contente de recevoir les informations qui iraient subir dans son cerveau le traitement tabulateur inconscient décrit en haut et basé sur le couple notionnel élémentaire d'« intrus-exclus ». D'ailleurs, heureusement que toutes ces informations étaient triées de sorte que leur digestion mentale puisse s'effectuer facilement, en mobilisant un seul critère de classification subconsciente ( !). Pur hasard dites-vous ? Le hasard c'est quand on ignore les lois de la nature, disait Newton...



Ce qui est intéressant dans les six titres, c'est que l'un d'eux, à la différence des autres, « relance » un débat particulier, faisons pour le moment abstraction de sa nature. La question qui se pose est : est-ce la seule information susceptible de « relancer » un débat quelconque ? Evidemment que non, toutes les autres informations évoquent elles aussi des « débats » spécifiques à chacune d'elles. Toutefois, on a plutôt préféré mettre l'accent sur un seul débat, celui relatif au « communautarisme », et qui selon le troisième titre évoque une polémique dont les héros principaux sont les « hommes » et les « femmes ». Innocente correspondance à connotation sexuelle avec l'affaire du mariage annulé « pour motif de non-virginité » toujours présente dans l'esprit de chacun... Il est facile alors de lire entre les lignes pour s'apercevoir dans quelle continuité logique de l'actualité s'inscrit alors ce débat « relancé ». Jusqu'à ce stade, la formulation, prudente, n'identifie pas explicitement la communauté à l'origine des « deux affaires », mais elle suggère par l'expression « relancer le débat sur le communautarisme », à quiconque qui a eu connaissance de l'affaire du mariage annulé, la possibilité que cette communauté soit la communauté musulmane. Mais pour le moment, suspense. On décale le « relancement de la polémique » au milieu du journal. Les Français étant de nature des consommateurs gourmands de polémiques, surtout celles qui touchent aux mœurs libérales (qu'on amalgame souvent avec les principes laïcs), ils sauront attendre le développement de cette information. Le moment venu, on ne tarde pas à assouvir leur gourmandise par des mots bien choisis comme « On va s'y arrêter assez longuement »...


La question qui se pose est pourquoi l'information était présentée sur un plateau d'actualité ou tous les plats crient par la même voix « attention à l'intrus ! » ? « Ce qui attire l'attention à cette occasion » - pour reprendre les termes de David Pujadas -, c'est que la veille, le mercredi 19 juin, une délégation d'académiciens égyptiens de l'université d'Al Azhar, rendait visite en France, au CAPE (Centre d'Accueil de la Presse Etrangère) là ou elle avait donné une conférence ayant pour thème « Les enjeux et les exigences du dialogue entre les religions - Les rapports entre l'islam et l'Occident ». Malgré son caractère visiblement important, la conférence n'a bénéficié d'aucun coup de projecteur médiatique de la part du JT de Pujadas, les projecteurs étant occupés par analyser au microscope les perspectives de conflits entre les musulmans et la France et non les horizons d'entente et de cohabitation pacifique. Pourquoi la rédaction du JT de France 2 avait elle choisi de reprendre uniquement l'information qui sent le « choc des civilisations » et omis d'aller voir ce qui s'est passé à la conférence du CAPE, même pas pour relativiser un peu l'air conflictuel qui se dégage de son dossier sur le "communautarisme" ?



Paradoxalement, le JT d'hier évoquait dans son grand format la manipulation de jeunes enfants par les talibans, qui leur lavent le cerveau pour les entraîner à se faire exploser dans des attentats suicides. Alors que celui d'aujourd'hui parlait des efforts qu'entreprend un rabbin pour améliorer l'entente de la communauté juive avec les autres communautés religieuses, essentiellement musulmane, tout en relatant les agressions que subissent parfois des rabbins de la part des jeunes issus des quartiers musulmans. Ainsi, en trois jours de suite, le JT de 20 heures de France 2 avait présenté l'islam sous un gigantesque prisme péjoratif : « menaces contre la laïcité et les valeurs républicaines », « usage du discours fondamentaliste pour manipuler des enfants par les talibans », et « agressions antisémites » contre un rabbin qui fait tout pour que les gens de différentes confessions s'entendent mieux, un rabbin dont "la modernité a parfois eu du mal à passer", et qui milite pour "l'ouverture envers les autres communauté de la cité". Admirons le contraste ainsi dressé, dans les JT de jeudi et samedi, entre une communauté musulmane qui "se replie sur elle-même", et une communauté juive qui "milite pour s'ouvrir aux autres".


En passant dans l'indifférence totale la visite de mercredi de toute une délégation d'académiciens spécialistes en islamologie et qui viennent, eux aussi, dans une mission d'ouverture et de dialogue, et en s'attardant deux jours après sur les efforts d'un rabbin de banlieues, dont "la modernité a souvent eu du mal à passer", dans le dialogue interreligieux, et ce tout en continuant à agiter dans le subconscient des téléspectateurs le spectre de la « menace islamiste », n'y aurait-il pas eu de la part du JT de France 2 un traitement préférentiel, volontaire ou involontaire, du sujet du dialogue entre les religions, qui privilégie l'évocation des efforts entrepris par des juifs sur les efforts entrepris par les musulmans ? Un rabbin de banlieue (sans vouloir être rabaissant) est-il plus visible que toute une délégation de théologiens d'Al Azhar, qui a d'ailleurs pendant sa visite eu l'occasion de rencontrer plusieurs dirigeants politiques et religieux français, y compris le Grand Rabbin de France ? Et face à la constatation d'un traitement médiatique disproportionné pareil, ne pourrait-on pas avoir l'impression qu'il y ait quelque part une certaine dérive médiatique de l'audiovisuel public qui constitue à présenter les musulmans comme responsables de tous les maux de la démocratie occidentale, reprenant ainsi la fameuse thèse de Samuel Huntington sur le choc des civilisations, et cultivant une sorte de sanctuarisme occidental qui se présente d'une part comme l'incarnation suprême de la perfection démocratique, et d'une autre part comme une victime sans cesse menacée par l'« invasion des méduses » de l'islam, « phénomène qui est en train de s'amplifier » dans tout l'Occident, pour ainsi reprendre la terminologie du titre relatif à la page « Environnement » ? D'ailleurs, une telle politique médiatique des « deux poids deux mesures », qui d'une part décrit les musulmans comme des démons partisans de communautarisme et les juifs comme des anges partisans d'ouverture, n'est-elle pas un facteur qui, justement, favorise davantage les replis communautaires et identitaires, les conflits interculturels et interreligieux, vu que vraisemblablement l'audiovisuel « laïc » ne traite pas de manière égale les questions relatives aux différentes religions du pays ?


Il serait peut-être excessif d'essayer de faire porter au constat des analyses plus qu'il n'en peut supporter, mais on peut facilement palper les brèches de malentendus que de telles dérives - invisibles à l'œil nu du simple observateur - des médias de masse peuvent ouvrir dans une opinion publique toujours domptée à être constamment dressée contre tout ce qui est d'origine islamique. D'ailleurs peut-être bien que l'on devrait se poser la question : à qui profitent de telles acrobaties et de tels remodelages de l'opinion publique occidentale ? Peut-être bien à ceux, qui comme M. Bush, préparent dans les coulisses politiques internationales de nouvelles « croisades » qui n'osent pas dire leur nom... Du moins, pour le moment...


Il y a là une autre polémique qui s'élève derrière la polémique, celle des critères sur lesquels sont triées les informations que l'on met dans un JT du soir. Parce qu'il ne faut pas l'oublier : en décidant de ce qui doit être appelé « actualité du jour », les médias de masse décident des sujets sur lesquels doit se focaliser l'opinion publique. Une lumière de plus braquée sur un événement est une lumière de moins braquée sur un autre. Il y a là encore une nécessité morale de trouver un équilibre entre les deux. Car continuer à mettre sous le microscope médiatique les braises des conflits et passer au second plan (volontairement ou involontairement) tout ce qui se rapporte à l'apaisement ne peut que conditionner davantage l'opinion publique à être hostile à l'égard de l'autre, et donc inconsciemment favorable à tout ce qui peut être entrepris contre lui. Cet autre « reconduit aux frontières », cet autre qui suscite « l'inquiétude », cet autre « communautariste », « musulman », « sexiste », qui essaie de « récolter des fonds pour les territoires palestiniens », cet autre qui comme « les méduses qui envahissent toutes les mers du monde » ou « les particules mortelles » polluant l'air, menace de nous envahir par ses coutumes et valeurs « nocives » et peut-être - pourquoi pas tant qu'on y est - de nous ramener à une ère ou les « nazis » régnaient sur l'Europe.

Et voilà que le lexique des titres de l'actualité se révèle parfaitement adapté à cet esprit d'accusation et de montrer à l'index, comme par hasard... Etranges concordances...

http://ordrecitoyen.over-blog.org/article-21785000.html

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  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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