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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 01:10

 

 

Mon fils s'est converti à l'islam. Même pas peur...

 

Clara Sabinne, cette mère exemplaire, a choisi de témoigner d'un double cheminement, celui du coeur, dans un ouvrage édifiant et salutaire "Mon fils s’est converti à l’islam… même pas peur". C'est tout naturellement dans un entretien à coeur ouvert qu'elle a répondu aux questions d'Oumma.com

 

Mon fils s'est converti à l'islam. Même pas peur...

http://oumma.com/201889/fils-s-converti-a-l-islam-meme-peur?utm_source=Oumma.com&utm_campaign=b7304c9d80-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_91de0eee48-b7304c9d80-80993561

 

 

L’amour d’une mère, aussi fort et indéfectible soit-il, peut-il tout entendre, tout comprendre, et en l’occurrence accepter la conversion à l’islam d’un fils choyé, quand le monde environnant, particulièrement anxiogène, est gagné par une islamophobie ravageuse ?

Dans le cas de Clara Sabinne, cette quinquagénaire belge très croyante, qui concilie harmonieusement sa carrière de cadre supérieure au sein d’une multinationale et son rôle de maman de deux grands garçons, l’amour est résolument plus fort que tout, au point de réussir à transcender les peurs irrépressibles qui l’ont envahie à l’annonce de l’inclination spirituelle de son fils Simon. Un choix du cœur dont le cœur de cette mère, en proie à des sentiments ambivalents, a voulu transpercer le mystère en l’éclairant à la lueur de la compréhension et de la connaissance.

Aujourd’hui, Clara Sabinne a choisi de témoigner de son propre cheminement aux côtés de son fils dans l’ouvrage salutaire "Mon fils s’est converti à l’islam… même pas peur", ou comment à la faveur de la double métamorphose d’une mère et de son fils, c’est une réalité plus sereine sur les conversions à l’islam qui se donne à voir, loin de la noirceur des fantasmes.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris la conversion à l'islam de votre fils Simon?

L’incompréhension et la peur. L’incompréhension, car je n’avais rien vu venir. Je savais mon fils croyant et je n’avais pas imaginé une seconde qu’il puisse envisager de changer de religion, de passer du christianisme à l’islam. Il aimait et priait Dieu, et pour moi la question du choix de religion ne s’était jamais posée. Ce qui importait c’était la foi en Dieu, et nous étions nés Chrétiens. Je n’avais jamais réfléchi au fait que cela pouvait être remis en question par l'un de mes enfants. Ma foi à moi n’est pas théologienne, elle est plutôt de l’ordre de l’enfantin, de l’instinctif. Je ne me pose pas de questions, j’aime Dieu. Tout simplement.

J’ai aussi éprouvé de la peur, voire même de la terreur face à l’islam que je connaissais si peu, et le peu que j’en connaissais était tronqué par l’image qu’en reflétaient les médias. Je savais l’importance de la prière, du jeûne et du pèlerinage à la Mecque. Par contre je craignais aussi le regard sur les femmes, le manque de liberté, la rigueur, la violence, le besoin de convertir autrui et le complexe de supériorité sur les autres religions.

Quelles sont les raisons qui ont conduit votre fils à choisir l’islam ?

Je pense que mon fils a suivi son propre chemin spirituel. En ayant des amis musulmans à l’école, il s’est naturellement posé des questions sur cette religion qu’il ne connaissait pas. Il a aussi été témoin des transformations de certains de ses amis après le mois du ramadan. Ces jeunes devenaient plus responsables, plus respectueux envers leurs parents, plus appliqués à l’école. En écoutant ses amis parler du Coran, Simon a eu envie de lire l’ancien Testament et de relire ensuite les Evangiles.

Il s’est alors posé des questions sur la Trinité et sur le fait que Jésus soit le fils de Dieu, et non juste un prophète. Il a aussi été en partie influencé par la chronologie : le prophète Muhammad est venu après Jésus. Il lui a semblé donc naturel de suivre ce dernier prophète plutôt que Jésus. Je pense aussi qu’il a été attiré par la rigueur de l’islam et par l’importance de la place de la communauté.

Votre fils a attendu plusieurs mois avant d'évoquer sa conversion, car il craignait d'être rejeté par sa famille. Or, pour vous et votre mari, il était inconcevable que vous puissiez rompre avec votre fils?

Ce sont surtout les circonstances de son éloignement qui ont fait que Simon nous a caché sa conversion. Son baccalauréat en poche, il avait décidé de prendre une année sabbatique, avant l'université, pour partir à l’étranger. Il s’est converti fin décembre en revenant du Canada et avant de partir, début janvier, pour six mois en Turquie. Il a eu la sagesse de ne pas nous parler de sa conversion car étant loin de nous, il n’aurait pas été facile de discuter à tête reposée de ce bouleversement dans sa vie. Son intention était de nous en informer à son retour en juillet. Il s'avère qu’il est revenu un weekend en mai pour l’anniversaire de son frère, et c’est à ce moment-là que j’ai découvert sa conversion.

Simon connaissait notre ouverture d'esprit et notre amour à son égard, un amour indestructible. Il savait aussi que certaines familles sont capables de rejeter leur enfant converti, ou à tout le moins de refuser cette évolution. Cela pouvait donc l’inquiéter un peu. Je pense cependant que, dans son cœur, il était intimement convaincu que nous essaierions de comprendre son cheminement et de le respecter autant que possible.

Est-il vrai que vos différentes lectures vous ont permis de découvrir les liens étonnants qui existent entre les grandes religions monothéistes ?

Oui, tout à fait. Les mêmes prophètes, l’ange Gabriel pour l’annonce faite à Marie et pour l’annonce faite au prophète. Le même Dieu aussi. Même si j’ai l’impression que les Evangiles en donnent une image plus douce, emplie de bonté et d’amour, alors que le Coran, me semble-t-il, en donne une image plus exigeante. Moi je me sens proche de Jésus, de son humanité, de son pardon, de sa bonté. J’ai l’impression que les musulmans craignent Dieu davantage. Je ressens son amour infini et sa grande tendresse bien plus que son jugement. Pour moi Dieu est avant tout Amour, pardon, compassion et paix.

Il n’est pas jugements et exigences en tout genre. Il nous demande d’être respectueux à son égard, mais ce respect n’implique pas nécessairement la crainte. Je ne pense pas une seconde que Dieu se soucie de ce que l’on mange, de la manière dont on s’habille ou à quelle heure nous prions. Dieu nous demande d’être bons les uns envers les autres, Il nous demande de faire de notre mieux en toutes circonstances.

Alors oui, les grandes religions monothéistes vénèrent le même Dieu, elles partagent les mêmes valeurs et les mêmes prophètes. Elles ont la prière en commun, cette communication privilégiée et magnifique des hommes avec Dieu. Elles restent cependant très différentes dans leurs pratiques et dans leur compréhension de Dieu. Il est important pour chacun d’entre nous de respecter les choix de chacun, croyants ou non croyants. La relation entre l’humain et le divin est une relation intime qui ne devrait pas être jugée par autrui. J’aimerais aussi que cette relation au divin reste discrète et qu’elle ne se dévoile que dans le bien et dans la prière des uns pour les autres, et non dans la conquête des uns par les autres.

Vous avez décidé, ensuite, de rencontrer les personnes de confession musulmane qui sont proches de Simon. Que vous ont apporté ces différentes rencontres?

J’ai découvert des êtres humains touchants, humbles, généreux. J’ai découvert une communauté orientée vers l’entraide et la solidarité. Une communauté blessée aussi par le regard que les non musulmans portent sur elle. J’ai aussi découvert combien la relation homme-femme pouvait être vécue de manière plus compliquée dans cette communauté.

Moi, je considère que nous vivons ensemble dès le plus jeune âge au sein de nos familles, nous naissons tous d’un homme et d’une femme et il n’y a rien de plus naturel que de poursuivre notre chemin tous ensemble, sans séparation aucune. La communauté musulmane voit cela sous un autre angle. Je n’ai d’ailleurs pas vraiment compris si cela est plutôt culturel ou réellement religieux. J’essaye juste, à défaut de le comprendre, de respecter ce mode de vie différent du mien.

Vous avez également accompagné votre fils à la Mosquée. Que retenez-vous de cette visite?

J’ai beaucoup aimé ce lieu de prières. J’ai été profondément touchée par le recueillement et la communion de la communauté dans la prière. En règle générale, j’aime tous les lieux où les gens prient d’un cœur sincère.

Vous concluez votre livre en soulignant que vous n'avez plus peur de l'islam. Quel message voulez-vous transmettre aux personnes qui ont une perception négative de cette religion?

L’islam partage exactement les mêmes valeurs de paix, d’amour, de respect, de solidarité, de charité, d’honnêteté que les autres religions monothéistes. Si certains musulmans ont des comportements répréhensibles, tels que la violence ou le non respect de l’autre, c’est qu’ils ne pratiquent pas leur religion et qu’ils s’éloignent des préceptes de Dieu. Tout comme certains chrétiens ou juifs s’éloignent du chemin tracé par Dieu. Nous partageons le même Dieu, alors prions les uns pour les autres, toujours. Acceptons nos différences dans le respect.

Ne cherchons pas à savoir qui a raison et qui a tort. Nous sommes tous enfants de Dieu, nous sommes tous imparfaits et puisque nous sommes ici tous ensemble, prenons soin les uns des autres, et ce quelles que soient nos croyances ou notre absence de croyance. Les musulmans sont des êtres humains comme les autres, il est temps de cesser de les diaboliser et d’aller à leur rencontre. Que risquons-nous ? Des belles surprises, de belles rencontres.

Propos recueillis par la rédaction d'Oumma.com.

Clara Sabinne, "Mon fils s'est converti à l'Islam : Même pas peur..." ,  paru aux éditions La Boîte à Pandore

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 03:06

 

 

A Londres, une exposition rend hommage aux Musulmans qui ont sauvé des Juifs de l’Holocauste



Par Faouzi Ahmed

 

http://www.lemondejuif.info/a-londres-une-exposition-rend-hommage-aux-musulmans-qui-ont-sauve-des-juifs-de-lholocauste/

 

Une nouvelle exposition célèbre le rôle des Musulmans qui ont sauvé des vies juives pendant l’Holocauste.

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L’exposition des Justes musulmans a été lancée à l’initiative du Conseil des députés des Juifs britanniques du district de Bloomsbury de Londres.

Des photographies, de 70 Musulmans qui ont caché des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale apparaissent aux côtés des récits décrivant leurs actes d’héroïsme.


I2CJ_BESA001L’exposition espère inspirer de nouvelles recherches dans les instances de la collaboration entre les communautés musulmanes et juives.

Yad Vashem, le Mémorial officiel d’Israël dédié aux victimes de l’Holocauste, rend hommage à près de 25 000 Justes qui ont risqué leur vie pour protéger la communauté juive pendant la terreur de l’Allemagne nazie.

Et, ce sont 70 Musulmans qui ont récemment été ajoutés à la liste. L’exposition raconte leurs histoires.

Parmi les « Justes », la famille Hardaga de Bosnie, donnant refuge à la famille juive Kavilio quand les forces allemandes occupent la Bosnie en 1943.

Un demi-siècle plus tard, les Hardaga étaient eux-mêmes sauvés par les Kavilio pendant la guerre de Bosnie.

Menacée par le bombardement continu de Sarajevo, la famille Kavilio a fait appel auprès du Président de la Bosnie pour permettre à leurs sauveurs d’autrefois de se rendre en Israël.

Fiyaz Mughal, directeur des questions de la foi et de la charité et co-auteur du livre décrivant le rôle des Musulmans Justes a déclaré : « ces communautés ont été dispersées au lendemain de la seconde guerre mondiale et bientôt avec la disparition des survivants et témoins de ces terribles événements, il ne faut pas que ces histoires soient à jamais perdues ».

 

 

Le magnifique documentaire à l’origine de l’exposition :

(vidéo sur le site)

 

Selon le recensement de 2011, il y a 2,7 millions de Musulmans et 263 000 Juifs en Angleterre et au pays de Galles.

M. Mughal espère que l’exposition suscitera des réactions d’empathies et de sympathies de parts et d’autres, notamment parmi les jeunes.

Il a dit : « c’est la meilleure chose pour l’empathie et la cohésion que de partager cet apprentissage et une fierté commune que nous partageons ».

Dans le but d’approfondir les échanges entre Musulmans et Juifs, M. Mughal espère que l’exposition peut contrebalancer les récits émergents qui cristallisent les deux religions en désaccord.

Il a déclaré : « l’un des principaux moteurs du projet est qu’il y a une certaine minorité dans les communautés juives qui tentent de réécrire l’Histoire en disant que les Musulmans ont aidé massivement les Nazis. ».

« Et de l’autre côté, il y a une petite partie de la communauté musulmane qui ne veut pas parler de l’Holocauste dans un souci de ne pas vouloir mettre en place une empathie avec les communautés juives » a-t-il ajouté.

Le rabbin Natan Levy, coorganisateur de l’exposition a déclaré que « ce programme fournit une passerelle unique entre les deux communautés, afin qu’elles peuvent célébrer ensemble ce qui les unit ».

« Il y a eu un beau moment quand Fiyaz et moi nous nous sommes réunis et avons récité la même ligne de nos écritures respectives: « celui qui sauve une seule vie sauve l’univers tout entier »

M. Mughal a dit : «  le Besa, un code d’honneur en Albanie, similaire au code Pashtu en Afghanistan a conduit les musulmans d’offrir refuge pendant l’occupation nazie. »

« C’est pourquoi le nombre de Juifs a en fait augmenté en Albanie pendant la seconde guerre mondiale ».


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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 05:31

 

 

 

 

Vous connaissez le voile musulman.

 

Et les autres ?

 

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voile-rose.jpg

 

 

 

LE TCHADRI

 

 

 

La burqa est un vêtement traditionnel afghan, porté principalement dans ce pays et dans les zones tribales pakistanaises. Souvent bleue, elle couvre entièrement la tête et le corps, avec une grille au niveau des yeux. Ce vêtement s'accompagne de gants pour cacher les mains, et même les pieds sont dissimulés. En-dehors de ces zones géographiques, elle est, selon le spécialiste de l'Islam et politologue français Olivier Roy, une invention récente du mouvement intégriste salafiste.

 

http://www.20minutes.fr/france/diaporama-1005-photo-483543-burqa-niqab-les-differences-en-images

 

 

 

voile-137422755.jpg

 

 

 

2 images sur le voile,

trouvées samedi 27 juin 2013.

 

voile-mondil.jpg

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Pious jewish women in ..

" Myjihad- hijab for pious was prescribed to all culture

 

 

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C'est sur mon compte twitter

https://twitter.com/rsistons

 

 

 

 

Et vous vous souvenez de Soeur Emmanuelle ?

 

Elle avait l'autorisation de porter son voile en public !

 


News publiée Le Lundi 20 Octobre 2008 à 12:24

Soeur Emmanuelle et Robert Hossein
  
  

Soeur Emmanuelle et Robert Hossein

 

 

 

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voile-la-et-ailleurs-.jpg

 

 

 

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Les touaregs, appelés les ‘hommes bleus’

‘les hommes voilés’


http://mon-il2reves.eklablog.fr/touaregs-indigo-hommes-bleus-c647118

 

yeux

 Regard craquant

   Hommes Bleus..//

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 00:43

 

 

Pour mieux accepter l'autre,

il faut commencer par faire tomber les mythes.

D'où cet article, eva

 

Faire tomber les mythes sur l'islam

Par  Omar Hossino [1]






Etant malheureusement l'un des seuls étudiants Musulmans sur le campus, je dois faire face à de nombreux mythes et stéréotypes à l'égard de ma foi. J’ai été questionné à maintes reprises sur les mêmes sujets et par conséquent, je tiens à faire tomber certains mythes au sujet de l'Islam.



Mythe n° 1 - Les Musulmans haïssent Jésus (‘alayhi salam)

Malheureusement, certaines personnes pensent que les musulmans détestent Jésus (‘alayhi salam), ce qui est loin de la vérité. Les musulmans ont pour obligation d’aimer et de croire en Jésus le Prophète Béni et Messager de Dieu et ils ne sont pas autorisés à mentionner son nom sans prier Dieu de déverser Son Salut et Ses Bénédictions sur lui. Un musulman qui ne croit pas en notre Maître Jésus (‘alayhi salam) a quitté l'Islam, et insulter son honneur et sa dignité est considéré comme un crime.

Toutefois, les musulmans ne croient que Jésus (‘alayhi salam) est Dieu, une partie de Dieu, pleinement divin, ou engendré. La croyance Musulmane, est que seul Dieu est incréé.



Mythe n° 2 - L'islam est une religion terroriste

Ceci est également loin de la vérité. L’Islam, loin d'être une religion de terrorisme, possède une des législations régissant la guerre, les plus strictes. Dans la jurisprudence Islamique traditionnelle les bombardements et tous les autres types d'armes aveugles sont considérés comme péchés [ndt : donc interdites] si elles sont utilisées dans une zone où des civils sont présents. L'islam interdit le meurtre des femmes, des enfants et des civils lors des batailles. L’Imam an-Nawawi , juriste en chef de l’Ecole de  jurisprudence Islamique Shafé’ite (comparable à une personne, comme Saint-Augustin pour les Catholiques) a dit que le fait de ne pas prier pour ses ennemis pendant une bataille est considérée comme de la jalousie. Le suicide est totalement interdit dans l'Islam et figure en bonne place parmi les grands péchés. Le prophète Muhammad a dit que celui qui se tue lui-même avec une arme continuera à se tuer avec cette arme pour toujours dans le feu de l’enfer. [2]


Comme les autres saintes écritures, le Qour’an doit être considéré dans son contexte et ne pas être interprété à partir d'opinions personnelles. Il est absolument interdit dans l'Islam d’interpréter le Qour’an selon sa propre opinion. Tout musulman qui fait cela commet un grave péché et doit se repentir. Les versets du Qour’an traitant de la guerre ont été mal interprétés [ndt : par ceux qui véhiculent ces mythes] et sortis de leur contexte.

Le Qour’an donne le droit à la légitime défense pour ceux qui ont été chassés de leurs foyers en raison de leur foi, afin de combattre l'agression et l'injustice.


Il est dit dans le Qour’an (V60 - S8 et 9) : « Dieu ne vous empêche pas de traiter avec bienveillance ni de vous montrer équitables avec ceux qui ne vous ont pas bannis de vos territoires car Dieu aime les hommes justes. Dieu vous interdit seulement de prendre pour alliés des gens qui vous ont combattus à cause de votre religion, qui vous ont expulsés de vos territoires ou ont contribué à votre bannissement. Ceux qui s’en font des alliés (ou : des amis), ceux-là sont des injustes. »


Je pense que le citoyen Américain moyen serait d'accord avec le droit à l’auto-défense dans le cas où il serait chassé de sa maison et combattu, uniquement en raison de sa foi. Dans l'Église Catholique Romaine ceci est nommé « Théorie de la Guerre Juste » de Saint Augustin, et dans plusieurs, si ce n’est dans toutes les églises Protestantes, la guerre est autorisée pour l'auto-défense. Il y a une grande différence entre cela et le terrorisme, ou l'usage ou la menace de la force contre la population civile dans la quête d'un objectif.

Les agissements des musulmans ne reflètent pas nécessairement les croyances de l'Islam. De même, les meurtres et les viols commis par quelques Chrétiens ne reflètent pas la croyance Chrétienne dans laquelle ces actes sont considérés comme des péchés.


Le verset du Qour’an qui a été mal interprété et mal compris par beaucoup de personnes est le verset 9 de la Sourate 5. Ce verset doit être pris dans son contexte. Le verset se lit comme suit :

« Une fois les mois sacrés parvenus à leur terme, alors tuez les polythéistes où que vous les rencontriez : capturez-les, assiégez-les, épiez-les des tous les postes de guet et, s’ils se repentent, accomplissent la prière et acquittent l’aumône légale, laissez-leur la voie libre, car Allâh est Pardonneur et Miséricordieux. »


Ce verset fait référence à un événement spécifique de l'histoire Islamique - Quand les païens avaient violé un traité dans une bataille contre les Musulmans. Il est connu que le mot « païens », dans ce verset, renvoi spécifiquement à ces païens qui violèrent le traité lors de cet événement spécifique. Les mots « où vous les rencontriez » renvoient à la question de savoir si l’enceinte sacrée se limite à la Sainte Mosquée ou si elle comprend également l'extérieur de la Sainte Mosquée.


Cela fait de nouveau référence à une situation historique spécifique et non pas une décision juridique (ndt : Loi). Ceux qui critiquent l'Islam et le Qour’an, en raison de ce verset devraient faire quelques recherches sur le nombre de païens tués à la suite de ce verset. L'ironie de la vérité, c'est que pas une seule personne n’a été tuée, et une amnistie générale a été déclarée!


Traditionnellement les savants Musulmans ont dit qu'il existe trois cas dans lesquels le combat et la guerre sont obligatoires [ndt : pour un musulman] : lorsqu’il est incorporé par le Calife ou ses autorités représentatives dans l'armée Musulmane, si l'ennemi attaque quelqu’un, la famille de quelqu’un, ou bien la propriété de quelqu’un avec des armes de guerre et si une population Musulmane proche est attaquée par des armes de guerre et ne peut pas se défendre d’elle-même. Ce sont les trois seules événements où la guerre est considérée comme obligatoire.


On trouvera la même idéologie fondamentale dans la législation des États-Unis : si quelqu’un est incorporé dans l'armée, il est obligé qu’il combatte, de même si quelqu’un est attaqué, il est censé se défendre, et si ses voisins proches sont attaqués, il est attendu qu’une certaine assistance leur soit apportée.


S'agissant de la première situation, le fait d’être incorporé dans l'armée musulmane doit être compris dans son contexte. Les juristes Musulmans ont déclaré que l’incorporation dans l'armée est seulement obligatoire lorsque l'état est envahi par une force non-Musulmane hostile, mais uniquement jusqu'à ce que cette force ennemie soit repoussée. De la même façon que l'histoire du Christianisme ne reflète pas nécessairement les croyances du Christianisme, tous les épisodes dans l'histoire Islamique ne reflètent pas nécessairement les croyances de l'Islam.


Les musulmans ne nient pas leur propre histoire. L'empire Islamique connu pour avoir défendu la thèse de la guerre perpétuelle avec des non-musulmans était la dynastie des Omeyyades de Syrie, qui dura de 661 à 750 après J.C. La fin de la dynastie Omeyyade marqua la plupart du temps et quasiment partout la fin de la thèse de la guerre perpétuelle. (Pour plus de détails voir le livre du Dr Khalid Blankinship, « End of the Jihad State »).


Nombreux sont ceux qui ont mal interprété le mot « Djihad » et l’ont définit comme une « guerre sainte pour tuer tous les non-musulmans », et cela est également loin de la vérité. "Djihad" vient du mot « djahada », qui signifie lutter, se démener et s’efforcer. Il existe deux types majeurs de Djihad, tel qu’ils ont été définis par le Prophète Muhammad , et cela comprend le « petit » Djihad et le « grand » Djihad [3]. Le « petit » Djihad est considéré comme étant le combat et la guerre. Le « grand » Djihad est la lutte contre ses désirs et son égo [4]. Le « grand » Djihad est lorsque l'on se bat contre ses bas désirs qui mènent au péché et que l’on se purifie de la colère, de la jalousie, de l'avidité, de la haine, de la méchanceté et d'autres maladies du cœur. Le fondement du Djihad combatif n'est pas l’agression, mais en fait, faire disparaitre l'agression est le fondement du Djihad combatif.
Il ne s’agit là que d’une partie des principaux mythes que certaines personnes ont tendance à véhiculer au sujet de l'Islam. Il y en a beaucoup d’autres, et malheureusement, la voix de l'Islam traditionnel est étouffée par les discours tant d'une minorité radicale extrémiste que d'une minorité libérale non traditionnelle extrême.

Le Prophète Muhammad
a dit : « Méfiez-vous de l'extrémisme dans la religion.». L'islam croit en une voie médiane entre deux extrémités dans tous les aspects de la vie. Le Prophète Muhammad a également dit que personne ne croit vraiment, jusqu'à ce qu'il aime pour son frère ce qu'il aime pour lui-même [5].


Espérons que grâce à l’élimination de ces mythes, Musulmans, Chrétiens, Juifs et autres puissent tous aimer pour leurs frères ce qu'ils aiment pour eux-mêmes et ne pas être aveuglés par la haine et l'ignorance.



Notes du traducteur :

[1] Omar Hossino est un étudiant en sciences politiques et il est Président de l'Association des étudiants Musulmans à l'Université de Radford aux Etats-Unis.


[2] Il est néanmoins reconnu unanimement qu’une personne qui décède en étant musulmane ne demeurera pas éternellement en enfer. 


[3] Le « petit » Djihad (Djihad asghar) et le « grand » Djihad (Djihad akbar).

[4] Selon la transmission d’Ibn ‘Abbâs, l’Envoyé de Dieu a dit : « Ton pire ennemi est l’âme que tu portes entre tes flancs. » Cf. Al-Ghazâlî, III, p. 5


Hadith rapporté par Fadâla ibn ‘Ubayd (Ansârî) : « l’Envoyé de Dieu a dit : « Le combattant (mujâhid) est celui qui lutte contre son âme ».


Hadith rapporté par Abû Hurayra : « L’Envoyé de Dieu a dit : « L’homme fort n’est pas celui qui vainc les autres hommes, mais c’est celui qui vainc sa propre âme ».


[5] Selon 'Anas ibn Mâlik , le Prophète Muhammad a dit :  « Aucun de vous n'aura vraiment la foi que s'il ne désire pour son coreligionnaire (ou pour son frère) ce qu'il désire pour lui-même ». (Dans le Sahih de l’Imam Boukhâry)
http://www.sunnisme.com/article-faire-tomber-les-mythes-sur-l-islam-par-omar-hossino-37125249.html
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 04:02

 

10 avril 2012

La menace islamiste en France ? Une fable ! - Le cri d'une Musulmane outragée

Il n'y a pas de terrorisme islamique en France, mais il y a une Islamophobie d'Etat

Reçu ce commentaire à la suite

de mon article ici :

Ingérence humanitaire et mondialisation criminelles - La "menace" musulmane

 

 

Bonjour,


Tout d'abord, merci!! merci de nous Informer ( avec un grand i), de vous investir comme vous le faites, d'être juste, entière et si généreuse!!


Je n'ai jamais aimé les informations, je me sentais mal à l'aise à leur écoute sans vraiment savoir pourquoi... Les choses n'étaient pas logiques, et étant musulmane convertie, l'acharnement et le mensonge sur ma religion m'ont ouvert les yeux. Quel bonheur de lire vos articles objectifs et lucides. Vous dépeignez l'islam, comme il est, comme je l'aime et comme notre prophète ( paix et salut sur lui) nous l'a enseigné... Paix, partage, respect, valeur, tous ce que le monde d'aujourd'hui détruit!! Alors lorsque j'ai le malheur d'écouter ces journalistes véreux qui ne font que propager la haine, le mensonge sur nous musulmans, vous ne pouvez pas imaginer la boule qui se forme dans mon ventre!! En rien, cela ne ressemble à nos vies, nos objectifs, notre vision de voir la vie, les autres... Mais les gens absorbaient par le JT de 20h, croient tout sans aucune distinction, se pensant libres et informés.


Que cela m'attriste!!! Si seulement ils savaient qui sont vraiment les mauvais... Que tout cela est fait pour mieux les manipuler!


Alors, voilà un grand merci pour tout votre travail! Je vous aurai en face de moi, je n'aurai pu m'empêcher de vous serrer dans mes bras!!! :D


Je vous souhaite que du bonheur, et attends de vous lire encore et encore!!!

Candy


 

Voir aussi :


Il n'y a pas de terrorisme islamique en France. Tout est fabriqué (à relayer)

 

 

Il n'y a pas de terrorisme islamique en France, mais il y a une Islamophobie d'Etat

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=u-g__e_hUsM.

 

 

François Asselineau :

 

Il n'y a pas de terrorisme islamique en France !

 

Rapport Europole (actes terroristes) des polices européennes,
terrorisme islamique :
Europe:
0,49
France :
0,00 %

Et donc, coups-de-filet arrestations bidons d'Islamistes
avec enquêtes bâclées
et des Médias dument conviés à filmer,
pour des raisons bassement électorales !
Toute la campagne électorale est dénaturée
pour que Sarkozy soit réélu contre notre volonté
afin qu'il puisse achever de casser la France,
et pour que nous acceptions d'envoyer nos enfants
mourir contre les Musulmans de Syrie ou d'Iran !
Refusons l'imposture de la chasse
aux prétendus terroristes islamistes,
en pleine campagne électorale !
Sarkozy nous impose sa victoire,
pour échapper à la Justice
et pour poursuivre la vassalisation de la France
à Tel-Aviv, Washington, Londres !

Dénonçons les mensonges partout !

 

Il n'y a pas de terrorisme islamique en France. Tout est fabriqué (à relayer)

 

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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Musulman
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 16:53


  • _________________________________________________________________________________

Islam :
 

Le Coran

Wikipedia.org


Découvrir l'autre,
pour faire tomber les préjugés :



Introduction d'Eva
(qui sera mise dans son blog
http://eva-communion-civilisations.over-blog.com)


Bonjour chers Lecteurs et chères Lectrices

A l'heure du choc de civilisations présenté par les Médias comme l'horizon incontournable, qui conduira d'ailleurs l'humanité, si nous n'y prenons garde, à des guerres "préventives, permanentes et même nucléaires", via l'OTAN, dont personne ne sait comment elles se termineront,  et à l'heure où l'Islam, les Musulmans (comme les Russes ou les Chinois d'ailleurs) sont artificiellement  décrits comme les ennemis de l'Occident, de la Sécurité, etc, il me semble utile de présenter ce site, que je viens de découvrir dans les statistiques (que je consulte rarement, faute de temps) de mon blog
http://r-sistons.over-blog.com (origine lecteurs).

En effet, ce site permettra peut-être de briser des préjugés trop tenaces, du moins est-ce le but, lesquels préjugés ancrés dans notre esprit peuvent conduire certains à souhaiter voir la France de Sarkozy s'insérer dans le périlleux, et complètement artificiel, choc de civilisations, qui ne profitera en définitive qu'aux multinationales, et qui sèmera partout ruines et désolation.

Je le soumets à votre appréciation. Bonne découverte, Eva

Il serait souhaitable que CHAQUE religion ait SA page de réponse aux préjugés courants, à mon avis - mais je suis avant tout une femme de paix et de consensus. Si vous avez des liens à me donner, je suis preneur !

La connaissance de l'autre désamorce souvent les conflits... (eva)

______________________________________________________________

Mosquée bleue à Mazar-e-Charif, en Afghanistan. Devant, deux musulmanes portant la burka wikipedia





PREJUGES ISLAM

Sur " OuktiAsma", nous mettons les choses au clair !
Voici les articles du blog concernant les préjugés en islam, nous les traitons un par un, d'une manière  logique et compréhensible à tous.
Avec l'aide de Dieu Inchallah



New  Préjugé : La Femme musulmane et sa carrière professionnelle

Islam et héritage: La prétendue inégalité de la femme par rapport à l'homme

 



 

Tchador, voile, foulard, hijab :Mettons les choses au clair ! par Laura Asma

 

Assez de pratiques islamiques bizarr ...oïdes ! L'ascétisme ne signifie pas l'emprisonnement de l'être .

Islam : L'homosexualité, et l'amour entre deux personnes du même sexe

Le statut inquiétant de la Charia: :"Tout est permis sauf ce qui est explicitement interdit"


La venue de Mohamed (Mahomet) annoncée dans la Bible (Par Laura Asma)

Le Coran incite-il à la Haine et à la guerre ?


Aucune relation  entre l'excision et l'Islam : Nous n'avons pas à tolérer les vestiges du paganisme !

Terrorisme, mariage forcé, prophète pédophile, violence conjuguale,  antisémitisme ! Je suis musulman, je défends ma religion ! Par Laura Asma

Préjugés: L'APOSTASIE: changer de religion en islam ? Pas de sanction pour l’apostasie... La liberté de conscience est le fondement de l’Islam

Préjugés islam: La POLYGAMIE: " Et en cela , l'Islam se singularise, car il est la seule religion, la seule, qui dise dans son livre sacré “n'en épouser qu'une”"

PREJUGE ISLAM: Pourquoi est-ce que les hommes musulmans se laissent-ils pousser la barbe ?



AMELIORER L'IMAGE DE LA FEMME MUSULMANE
 


Aucun verset du coran donne le droit de battre sa femme.


20061124-SA0521.jpgLE DROIT DE CHOISIR SON MARI : Stop aux faux préjugés, l'islam interdit le mariage forcé !


ISRAEL/PALESTINE



TUER AU NOM DE L'ISLAM!!!

Le Jihâd n’est pas du terrorisme


FATWAS :VOTER OU PAS????

1er partie: Arte : « Le prophète Mahomet et les femmes » : MISE AU POINT

2ème partie : LES SUJETS RECTIFIES

 


http://www.ouktiasma.com/pages/PREJUGES_ISLAM-28546.html



Décorations à l'intérieur du Tilla-Kari Medressa, Samarkand, Ouzbékistan. Un joyau exceptionnel de l'architecture islamique



 
Mahomet et l'ange Gabriel
La Ka'ba, à La Mecque



Clergé

Sunnisme

Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. L'imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien : en arabe, l'imam veut dire « chef » ou « guide », et dans le sunnisme, il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus.

L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles : L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et l'ijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses (عِبادات [`ibādāt], pratiques cultuelles, pl. de عِبادة [ibāda]) ou sociales (مُعامَلة [mu`āmalāt], « comportements », pl. de مُعامَلات [mu`āmala]) dans une condition sociale, politique ou économique inédite.

  1. al-mujtahid al-mutlaq, capable de « se battre » en absence de texte, comme l'indique la racine de mujtahid, pour en tirer une casuistique, rapprocher des textes traitant des sujets similaires et en tirer la synthèse, élaborer les principes juridiques sans référence à une école particulière. Ces compétences sont reconnues exceptionnelles et rarissimes ;
  2. al-mujtahid al-mutlaq al-muntasib, le même mais dans le cadre d'une école interprétative ;
  3. al-mujtahid fil-madh'hab, dans le cadre d'une école interprétative, capable d'élaborer des réponses juridiques sur des questions nouvelles ;
  4. al-'âlim al-mutabahhir, le vulgarisateur des grands anciens qui doit connaître le Coran et la Sunna ;
  5. al-'âmîy, celui qui ne connaît que les grandes lignes de l'islam.

Les savants exégètes sont considérés comme les « successeurs » des prophètes.

Chiisme

Le chiisme orthodoxe de la secte usuli (clergé des ayatollah) reconnaît, a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques, tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé. Par bien des aspects, l'islam, pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée .

En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam




Les croyants se partagent en trois branches principales : le sunnisme rassemble environ 90 % des musulmans, le chiisme environ 10 %, l'ibadisme moins de 1 %.

La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes normes juridiques, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine.

Le sunnisme

Le sunnisme (de sunna, « tradition ») est le courant considéré orthodoxe, et de loin le plus répandu. Le sunnisme s'organise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui quatre, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de normes juridiques mais ont une foi commune. Ce sont, dans l'ordre de leur apparition : le hanafisme (de Abû Hanifâ, 700-767) ; le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ; le chaféisme de Al-Shafi'i 768-820) ; le hanbalisme de Ibn Hanbal (781-856). Ces quatre écoles ont donné forme à plusieurs groupes musulmans sunnites. Les sunnites se font appeler ahlou s-sounnah par opposition aux différents groupes considérés égarés.

Le chiisme

Le chiisme est divisé en différentes branches, dont les trois principales sont le chiisme duodécimain (90 % des chiites) que l'on peut séparer en deux grands groupes, les « orthodoxes », tels les usuli (clergé d'ayatollah, la plus répandue), akhbari, shayki, et les « hétérodoxes », tels les alaouites ou « Nusayri » de Syrie, les alévis de Turquie, les Ahl-e Haqq d'Iran et Irak, les Shabak, Kakai, Kirklar etc. ; le chiisme septimain (ou ismaélien) ; le chiisme quintimain ou zaydisme du Yémen ; et enfin les druzes de Syrie / Israël / et du Liban.

Le kharidjisme

Ghardaïa, la vieille ville ibadite en Algérie

Le Kharidjisme se divise à son tour en diverses communautés et tendances (Sufrites, Ibadites, etc). De nos jours la seule tendance kharidjite qui ne s'est pas éteinte ou marginalisée est l'ibadisme. Il se retrouve dans le sultanat d'Oman (qui pratique un ibadisme d'État), et dans quelques régions du maghreb très localisées : en Algérie (chez les Berbères de Ghardaïa) et en Tunisie (île de Djerba).



Allah en arabe




http://fr.wikipedia.org/wiki/Islam


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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 20:27

Shoah: envoyé par le 27/04/2009 @ 04:58

Destruction du ghetto de Varsovie, avril 1943.  - wikipedia.org




Poème écrit par une lycéenne musulmane après une visite au mémorial de la

En cette période de commémoration de la Shoah, découvrons un poème écrit par une jeune lycéenne musulmane, après une visite au mémorial de la Shoah et un peu avant d'aller visiter Auschwitz:
Le coeur plein de la ville lumière, de rires, de soleil
Une chute dans l'abysse des cruautés humaines se fait.
Brutale, profonde et sourde.
L'arrivée en ce lieu anesthésie l'espoir.
Une excuse à la souffrance: la mémoire.
En ressortir pour tenter de découvrir dans un sourire, dans un regard complice la plus grande démonstration d'humanité
Et s'y accrocher
Puisque rien d'autre n'est stable
Puisque le sol semblle s'affaiser
A la vue d'un visage peint de l'innocence enfantine torturée
Et de toile de jute mal tissée où s'aperçoivent, entrelacés, quelques cheveux emmêlés.
Envie de dire je t'aime à la personne détestée
Uniquement pour détruire une miette de haine en ce monde.
Se demander ce qu'il se passera
Quand les pieds fouleront cette terre anéantie,
Une fois l'âme débarquée en enfer,
Là-bas, tout au bout des rails,
Où termine le chemin de fer
.

S.B.


http://www.ajmf.org/

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 05:35

L'Islam expliqué de Marek Chebel article paru le 5 novembre 2006


Malek Chebel, psychanalyste, anthropologue et docteur en sciences politiques est un farouche défenseur de l’Islam modéré. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la société musulmane qui sont aujourd’hui des références : Dictionnaire amoureux de l’Islam, Psychanalyse des Mille et Une Nuits, Manifeste pour un Islam des Lumières…


Malek Chebel réhabilite l’image de la religion musulmane, porteuse d’amour et de beauté, face à l’image négative d’une religion de terreur, liée aux fondamentalistes. Il lutte pour l’évolution des mentalités et un meilleur statut de la femme musulmane. Il prône un Islam des Lumières, un Islam de partage et d’apaisement. Proche de la communauté juive de France, Malek Chebel nous livre ses convictions, ses craintes et ses espoirs.

Olivia Cattan : Malek Chebel, vous êtes aujourd’hui en France, le représentant d’un Islam des Lumières, croyez-vous que cet Islam modéré résistera à la montée de l’Islamisme ?

Malek Chebel : Oui, bien sûr, sans quoi, c’est la catastrophe absolue. Je défends les valeurs d’un Islam ouvert, tolérant et éclairé. Je sais aussi que la majorité des musulmans de France n’aspire qu’à une chose, vivre sa religion en adéquation avec les règles républicaines, dans le respect d’autrui. Il est vrai que depuis des années, les réseaux islamistes se sont organisés dans l’indifférence des municipalités et de toutes les autorités publiques. A cela, il faut ajouter que la précarité sociale, le chômage, la perte des valeurs de la société française ont été de bons alliés pour eux. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour récupérer une bonne partie de cette jeunesse. Tarik Ramadan affirme également représenter une partie des musulmans de France… Il faut se méfier de Tarik Ramadan, son discours est celui d’un prédicateur. Il faut rejeter ceux qui souhaitent nous imposer des lois divines en remplacement des lois des hommes. Ces lois divines ont été écrites au 7e siècle, alors comment voulez-vous les proposer aux hommes et aux femmes du 21 siècle ! La société évolue et la religion doit suivre cette évolution, même si le commentaire est interdit dans le Coran et qu’il est difficile de faire bouger les choses ! Tarik Ramadan ne représente pas la majorité éclairée mais la minorité ignorante des musulmans.

O.C. : Pensez-vous que le Coran doit être modernisé ?

M.C. : Non. Ce n’est pas le Coran qu’il faut réformer, c’est l’approche théologique qui lui est appliquée, c’est à dire son interprétation. J’en appelle à la liberté de chacun pour juger du bien fondé de telle ou telle approche. Mon but est de réhabiliter l’Islam, de montrer sa pluralité. L’Islam n’est pas seulement une religion faite d’interdits, elle est l’héritage d’un humanisme, le fruit d’une Civilisation, qui à travers les siècles, a connu de grandes périodes de créativité où savants, grammairiens, médecins travaillaient ensemble dans le creuset d’un seul Islam, celui des lumières. L’algèbre, l’arithmétique, la sagesse orientale sont nés de cela. L’Islam n’est pas une religion apocalyptique, ayant pour objectif la fin de l’Occident. Il faut humaniser cette religion, la rendre accessible afin de redonner de l’Islam une image positive, éloignée de la terreur.

O.C. : Au sujet de la terreur, que pensez-vous des Kamikazes, qui au nom de Dieu et de l’Islam, au nom d’une revendication territoriale s’offrent à la mort, tuant d’innocentes victimes ?

M.C. : Il faut 30 ans pour former un intellectuel et 3 semaines pour former un Kamikaze. Notre Dieu, comme je le dis souvent, n’est pas un Dieu de colère, de souffrance et de mort. Je récuse toute manipulation de la religion qui vise à perpétrer la violence.

O.C. : Vos livres parlent de Sexualité, de raffinements de la culture orientale pendant que dans les cités, la violence sexuelle s’exprime, alors que faire pour lutter contre cela ?

M.C. : Nous pourrons lutter contre cela lorsque l’image et la place de la femme évolueront dans la religion musulmane. Dans mon livre, le Dictionnaire amoureux de l’islam, j’aborde avec la plus grande liberté la sexualité. Je suis pour l’harmonie entre les sexes et pour un Islam de désirs. Il faut rappeler que cette religion s’est longtemps préoccupée de beauté et de sensualité, Contes orientaux, hammams, goût des parfums…Elle préconise à l’homme de profiter de sa vie terrestre. Certains textes parlent même d’un amour divin lié à l’amour charnel et le Prophète Mohamed disait lui-même que les femmes, les parfums et la prière étaient ce qu’il préférait dans ce monde. Nous pouvons être des musulmans fidèles, respectueux du Texte sacré, sans être ennemis de la jouissance charnelle. Mais ce désir doit s’exprimer, sans aucune violence et dans le respect de la femme.

O.C. : L’excision, les mariages précoces sont encore pratiqués dans certaines familles musulmanes de France, comment faire évoluer ces pratiques d’un autre temps ?

M.C. : En condamnant tous ces actes comme la répudiation, la polygamie, les mariages forcés, le rapt de jeunes filles, le dénigrement des mères célibataires. Il faut condamner les assassinats, perpétrés au nom du Khalf at-thar, au nom de l’honneur. Les pays musulmans doivent réévaluer toute leur législation civile pour donner à la femme le moyen de s’épanouir dans les règles sociales établies. La femme n’est pas inférieure à l’homme, contrairement à ce que prônent les fondamentalistes. Il faut que les mentalités évoluent et acceptent également l’homosexualité, dont je parle également dans mes ouvrages.

O.C. : Pensez-vous que le voile est une régression pour les Droits de la femme ?

M.C. : Non pas tout a fait mais obliger la femme à se voiler, c’est ne pas lui faire confiance et c’est la déposséder de son image. D’ailleurs, seuls 3 versets dans le Coran, évoque le voile. Mais le débat sur le voile est un faux débat. Je suis pour la loi contre le voile à l’école, par principe de laïcité. De plus cette loi protège les femmes qui ne veulent pas le porter mais qui l’endurent à cause de leurs familles ou de leurs maris. J’appelle à une égalité absolue de droits et de devoirs entre l’homme et la femme.

O.C. : Que pensez-vous de la discrimination positive proposée par Nicolas Sarkozy ?

M.C. : J’y suis très opposé parce que dans « discrimination positive », il y a le mot « discrimination ». Discriminer dans un sens ou dans l’autre est mauvais en soi. Je suis pour que 10 chefs d’entreprise français fasse une déclaration d’intention et proposent d’embaucher 10 jeunes de banlieue. Je suis pour que le gouvernement français encourage activement l’émergence des classes moyennes et que l’on valorise les bonnes volontés.

O.C. : Pensez-vous que le CV anonyme élargirait les chances ?

M.C. : Oui, je le pense. Lorsqu’un employeur a le choix entre deux candidats et que l’un des deux porte un nom arabe, le choix est vite fait. Il y a beaucoup trop de Français, d’origine arabe, qualifiés, lettrés qui sont au chômage, juste à cause de leurs origines et ce n’est pas tolérable ! De plus, la précarité sociale et le chômage sont des faiblesses que les Fondamentalistes exploitent adroitement dans les Cités. La Société française doit réagir !

O.C. : Il y a en France, malgré une apparente harmonie, des tensions entre la communauté juive et la communauté musulmane, comment voyez-vous l’avenir de ces relations ?

M.C. : Je suis plutôt optimiste. C’est ma nature. Grâce à la bonne volonté des uns et des autres, grâce aux discours responsables des autorités religieuses – je signale en passant la qualité d’un certain nombre de personnalités juives et musulmanes, soucieuses de paix et respectant la pluralité de ce pays -, nous arriverons à conjurer les mauvais augures et les discours pessimistes qui nous promettent l’apocalypse. Il faut toujours garder son sang froid, sa philosophie.

O.C. : Vous avez décidé de créer une fondation pour l’Islam des Lumières, comment est née cette idée ?

M.C. : Cette idée est née sur le perron de l’Elysée, le 14 mai 2004, lorsque le Président Chirac m’a honoré de la Légion d’honneur, à la suite de la publication du Dictionnaire amoureux de l’Islam. Idéalement, la Fondation pour un Islam des Lumières a pour objectif de lutter contre les amalgames, favoriser le dialogue entre les communautés en France et promouvoir le plus largement possible un discours de tolérance et de respect. Cette fondation favorisera également l’intégration des jeunes musulmans au sein de la République. Elle permettra l’accès à la connaissance, le triomphe de la raison et du progrès et l’ouverture sur le monde. Nous avons une vingtaine de projets, nous voulons organiser une journée du livre autour de l’Islam, amener les jeunes des cités au Louvre en leur faisant découvrir la richesse de leur civilisation, les rattacher à leurs racines. Il faut unir nos bonnes volontés et nous montrer solidaires. La prochaine étape sera de réunir des fonds privés, indépendants de toutes idéologies, afin de mener à bien tous ces projets. Face à l’intégrisme, il faut toujours montrer une solidarité sans failles, une compréhension des enjeux, un travail républicain.

O.C. : Comment voyez-vous l’Islam de demain ?

M.C. : Dans mon Manifeste pour un Islam des Lumières, j’explique dans vingt-sept propositions que je souhaite une libre interprétation des textes et l’affirmation de la supériorité de la raison sur l’émotion qui dirige le monde musulman. Je souhaite une renaissance de l’Islam susceptible de forger l’identité collective, apaisante, car apaisée, de l’Islam de demain. Je souhaite un Islam respecté qui respecte les autres religions, un Islam du Partage.

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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 08:42

wikipedia.org


Shalom aleykhum

L'enseignement de l'émir Abdelkader (1808-1883) est un modèle de tolérance : tout individu en prière, qu'il soit juif, musulman, chrétien ou même idolâtre prie un seul et même Dieu unique. C'est la théorie du wahdat al-wujud, de l'unicité absolue de l'essence divine, qu'il développe notamment dans son œeuvre majeure, Kitâb al-mawâqif (Le Livre des haltes, des stases, des états et des étapes) : "Dieu est l'essence de tout adoré et tout adorateur n'adore que Lui." Mais il va plus loin encore qu'aucun homme de foi ou de religion avant lui : toutes les prières, enseigne-t-il, s'adressent au Dieu unique, seule la forme diverge car chaque peuple a reçu la parole divine selon le mode spécifique qui lui correspondait :


Pour qui le veut le Coran [...]
Pour qui le veut la Torah
Pour tel autre l'Évangile
Pour qui le veut mosquée où prier son Seigneur
Pour qui le veut synagogue
Pour qui le veut cloche ou crucifix
Pour qui le veut Kaaba dont on baise pieusement la pierre
Pour qui le veut images
Pour qui le veut idoles
Pour qui le veut retraite ou vie solitaire
Pour qui le veut guinguette où lutiner la biche.



de Rachid,

blog :
http://lavenircestmaintenant.skyrock.com/



Abd El-Kader

sur wikipedia.org,






Abd El-Kader
ou Abdelkader (arabe : عبد القادر الجزائري 'Abd al-Qādir al-Djazā'irī, Abd el-Kader l'Algérien) (né le 6 septembre 1808 près de Mascara en Algérie - décédé le 26 mai 1883 à Damas Syrie), est un émir et sultan algérien, théologien soufi, homme politique et résistant militaire face à l'armée coloniale française, également écrivain-poète et philosophe.

Sommaire

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Commentaire :


Bonsoir Rachid, Bonsoir Eva ,

Abdelkader fait une superbe démonstration de tolérance absolument nécessaire pour la communion des civilisations qui évite les guerres religieuses .

Mais les religions ne sont que des étapes qu'il faut dépasser pour atteindre l'Universel où règne l'Harmonie des esprits .

Le musulman classique évolue spirituellement en devenant soufi ; le juif et le chrétien évoluent en étudiant la Kabbale , l'hindou shivaïste s'élève en étudiant la haute philosophie hindoue etc .

Le niveau religieux incomplet , imparfait ,ne donne pas accès aux Hautes Sphères ( le Nirvana ) après la mort ,la fréquence vibratoire de l'äme étant insuffisante .

La foi doit donc évoluer vers la connaissance par la recherche et les études
.


Ecrit par :
ritapitton | 08.11.2008


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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 18:17
vendredi 27 juillet 2007, par Tariq Ramadan 
  





Tariq Ramadan (Professeur d’islamologie) :

Interview sur l' Express


 

 

" Maurice ne doit pas se laisser noyer par une culture mondiale "

 

 

 

 

 

" Il y a un projet mauricien qu’il faut que vous protégiez contre vents et marées. Vous avez une réalité insulaire. La réalité d’une société qui est vraiment plurielle culturellement, religieusement "

 

Tariq Ramadan, qui à son huitième séjour à Maurice pour une série de conférences, ne cesse d’être présent dans tous les débats internationaux autour de la question islamique. Ses propos ne laissent pas insensible, n’hésitant pas à remettre en cause certaines démarches islamiques. " Les pires ennemis de l’islam, ce sont les musulmans eux-mêmes parce que ce sont eux qui dénaturent parfois le message ", avance-t-il. Personnage controversé en France où l’on dénonce " son double langage ", il affirme que ce n’est pas prouvé. " Ce sont des gens qui ont envie de m’utiliser, moi, parce que je suis l’arbre qui cache la forêt qu’ils n’ont pas envie de voir ". Aux Mauriciens qui lui reprochent sa vision européenne de l’islam, il répond que " lorsque je viens avec une opinion, je ne m’inscris pas contre les traditions... ". Il soutient que Maurice se doit de protéger sa réalité d’une société vraiment plurielle culturellement, religieusement.

 

 

 

 

Tariq Ramadan, vous êtes en première ligne de tous les débats concernant l’islam, vous multipliez les conférences à travers le monde, vous êtes régulièrement présents dans la presse à travers des articles et des interviews. Est-ce que votre message sur la réforme de l’islam est en train de passer ?

 

 

 

Le but de mon engagement, ce n’est pas un message personnel, propre à moi, c’est une réconciliation avec le message premier de l’islam. Ce message a trois dimensions essentiellement. La première, c’est la dimension de l’universalité. C’est-à-dire que la tradition musulmane se réfère à des valeurs universelles et donc la particularité des valeurs universelles, c’est qu’elles sont propres à l’islam mais qu’elles confirment et qu’elles s’appuient sur d’autres valeurs. La question de la dignité humaine, la question de la justice de la liberté, la question de respect et d’intégrité de la personne sont aussi enracinées dans la tradition musulmane que dans d’autres traditions. Je pense qu’en ces temps crispés, à l’heure d’une globalisation qui pousse les uns et les autres à revenir à des immensités tout à fait singulières, rappeler ces dimensions-là est fondamental. Pour moi, il ne s’agit pas de parler de l’islam contre tous les autres, mais de dire en quoi l’islam se nourrit et partage avec tous les autres les dimensions fondamentales.

 

La deuxième dimension, c’est celle de la spiritualité. Il s’agit d’éviter le ritualisme pour en venir au sens des choses. On est à une époque où il est essentiel de savoir pourquoi on fait ce qu’on fait, quelle en est la finalité, qu’est-ce qu’on est en train de faire avec l’être humain. Aux États-Unis, 53 % de la population disent qu’il serait possible dans certaines circonstances de torturer les gens... C’est-à-dire qu’on est dans une situation de régression. Hier, aux États-Unis, on n’aurait jamais pu dire une chose pareille. Il y a de la peur, il y a des craintes et tout à coup maintenant, on admet la torture. La torture est toujours inadmissible. Elle ne peut jamais être admise. Dans aucune circonstance on ne doit pouvoir torturer quelqu’un. C’est contre la dignité humaine. Les peurs sont tellement grandes que finalement on finit par admettre des choses. On a vu ce qui s’est passé dans les prisons en Irak et à Guantanamo. On a vu aussi des extraditions extraordinaires et des prisons cachées en Europe où il y a de la torture. On est en situation de régression. Il faut absolument aujourd’hui pouvoir revenir avec un message qui nous rappelle le fondement des choses. Et pour moi, quelque chose qui est évident, c’est un vrai travail sur soi : de spiritualité, du sens de la vie, pourquoi on fait ce que l’on fait, d’éthique et de morale. Ces choses ne se font pas. Aujourd’hui, on parle de la façon dont on traite l’univers. C’est dramatique ce que le réchauffement de la planète est en train de produire. Tous les éléments sont connectés.

 

La troisième des dimensions est qu’il faut que l’on cesse de nourrir la mentalité de victimes. Beaucoup trop de personnes regardent le monde sous l’angle : "C’est toujours la faute aux autres". Pour les musulmans, c’est la faute aux non musulmans ; pour l’administration Bush, c’est la faute au terrorisme ; pour un certain nombre de chrétiens, c’est la faute aux musulmans. On est tous en train de se renvoyer la balle. Or, on est des citoyens. On a des avantages dans certaines situations. À Maurice, vous avez une démocratie, vous avez des droits. À chacun d’entre nous de se poser la question : à mon niveau, qu’est-ce que je peux faire ? Pour moi, c’est vraiment un message personnel et individuel, de conscientisation personnelle. Pour les musulmans, bien entendu, c’est se réconcilier avec l’universalité de leur message, de servir les gens en rappelant toujours d’une chose : être proche de Dieu, c’est servir les hommes. C’est aussi un message qu’entendent très bien les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les hindous ou les athées. C’est aussi un message de responsabilisation immédiate. Il faut le faire et il faut le faire tout de suite, à votre niveau. Lorsqu’on voit du racisme dans sa rue, il faut agir ; des discriminations dans sa société, il faut agir ; lorsqu’on voit ce qui se passe sur la scène internationale, il faut la dénoncer. C’est un message de responsabilisation personnelle. Est-ce que ce message passe ? Oui. Partout où je vais et chaque fois que je viens à l’île Maurice, il y a une vraie reconnaissance dans ce sens-là. Ce message-là a aussi des adversaires. Il ne faut pas être naïf. On a aujourd’hui sur la scène internationale, des gens qui ont envie de rupture, de polarisation. Il y a des gens qui se font de l’argent grâce à la guerre ; il y a des gens qui se font de l’argent grâce à la peur ; on a des dénégations de spécialistes du terrorisme qui nous expliquent tout et n’importe quoi et qui se font de l’argent ; on a des médias qui se font de l’argent sur les catastrophes. Il y a des gens qui n’ont pas envie que ces discours passent. Sur le terrain, il y a une vraie audience. Oui, les choses avancent. C’est très difficile. On n’est pas dans une situation facile. Il faut continuer.

 

 

 

La dénonciation des prisons cachées, de la situation en Irak entre autres, vous a coûté votre visa pour les États-Unis. Comment avez-vous vécu cela ?

 

 

 

Etre interdit d’entrée aux États-Unis sous l’administration Bush, c’est plus un honneur qu’un déshonneur eu égard à ce que l’on sait de cette administration. Elle a entretenu le mensonge, l’hypocrisie. Elle s’est engagée dans une guerre en Afghanistan qui a tué des milliers de civils. Elle s’est engagée dans une guerre en Irak ; et puis, après le 11-septembre, elle a développé une véritable chasse aux sorcières. Aujourd’hui, ou on est avec Bush ou on est contre. Je sais que l’administration américaine n’est pas contente de mes propos. Mais qui aujourd’hui dans le monde est content de l’administration Bush ? Qui aujourd’hui est heureux de ce que le président des États-Unis fait ? Les gouvernements européens ? Ils ont peur ; ils ne parlent pas, donc ils suivent et tous les autres jusqu’à dans votre pays, à Maurice, j’ai vu des officiels qui sont tout à fait conscients des dérives de l’administration Bush. Qu’ils soient eux mécontents ne me gêne pas, mais que nous soyons en désaccord est le plus important. Parce que je pense qu’il y a un déficit de dignité, de cohérence dans la politique américaine actuelle.

 

 

 

En même temps, lorsqu’on voit ce qui s’est passé à la mosquée rouge ainsi que d’autres activités terroristes, cela bat en brèche le message de paix que prêchez...

 

 

 

Il ne faut pas nier qu’il y a des choses qui aillent très mal. Les pires ennemis de l’islam, ce sont les musulmans eux-mêmes parce que ce sont eux qui dénaturent parfois, comme dans ces cas-là, le message. Il y a des gens qui produisent de la violence, tuent des innocents. C’est regrettable. Le discours de la paix, de l’exigence de l’engagement est le seul message qui peut résister à la radicalisation. Comment allez-vous faire ? Vous allez tuer tout le monde ? Mettre les radicaux en prison ? Il faut un autre message, un message fort : "L’islam c’est ça, ce n’est pas ce qu’ils disent." Il faut être capable de dire aux gens que ce que vous faites ce n’est pas l’islam, c’est contre l’islam. Le meilleur moyen, c’est un vrai discours de l’intérieur qui s’oppose et qui critique les dérives de la compréhension de l’islam. Maintenant on est en face des terroristes, en face des gens qui utilisent l’islam de façon inadmissible. Il faut le dire. Il faut le répéter par un discours constructif pas uniquement par un discours défensif.

 

 

 

Vous insistez dans votre message que le jihad n’est pas synonyme de guerre sainte ?

 

 

 

J’ai un livre publié sur le jihad, Guerre et paix en islam, dans lequel je parle de cela. Je viens de participer, avec le New York Times et le Washington Post qui ont posé à des muslim scholars trois questions dont l’une était sur le jihad...

 

 

 

En France surtout, vous avez une image très controversée. Plusieurs livres vous sont d’ailleurs consacrés. On vous accuse d’avoir un double langage, un pour les musulmans un autre pour les non musulmans ?

 

 

 

C’est ce qu’on dit mais qu’on ne prouve pas. Il y a un autre livre qui a paru récemment qui dit que je n’ai pas de double langage. Moi je n’ai pas de temps à perdre. Si j’ai un double langage, cela devrait se savoir. J’ai diffusé plus de 200 cassettes. Il y a même un livre qui dit que je parle en arabe dans les banlieues. Le problème c’est que dans les banlieues, ils ne parlent pas arabe. Ce sont des gens qui ont envie de m’utiliser, moi, parce que je suis l’arbre qui cache la forêt qu’ils n’ont pas envie de voir. Et cette forêt, c’est qu’aujourd’hui, il y a des Francais de confession musulmane qui sont Français, qui ne s’appellent pas seulement Zidane qu’on accepte quand il met des buts et on rejetterait tous les autres parce qu’ils sont dans les banlieues. Je dis aux Français de confession musulmane : vous avez des droits comme tous les citoyens. Donc pas de mentalité de victime, travaillez, devenez des citoyens. Cela gêne beaucoup de monde. Parce qu’hier, ils étaient dans les colonies en Algérie. Aujourd’hui ils sont en France et sont des citoyens. Il y en a qui n’ont pas envie de cela. Moi, je suis simplement la voix qui fait entendre ça. C’est pourquoi que cela les gêne. Ils n’ont pas envie de comprendre ou d’admettre que l’islam est une religion française ; qu’il y a des Français qui sont des citoyens comme tous les autres et qui ont eu un passé arabe, algérien, marocain. Il y a un vrai problème de reconnaissance de cela. Je gêne tous ceux qui n’ont pas envie de reconnaître la dimension plurielle de la société française. Ils ont juste envie de symbole. Être ministre de la Justice (Rachida Dati, par exemple) c’est bien. On ne veut pas de symbole pour oublier les autres ; on veut des voix qui permettent à tous d’être présents partout.

 

 

 

Comment avez-vous accueilli l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française ?

 

 

 

Je savais qu’il allait être président parce qu’il avait préparé cela depuis très très longtemps. Je pense qu’il est extrêmement habile parce qu’il a réussi en l’espace d’une année à faire imploser le Front national (FN) et se déliter le Parti socialiste (PS) en même temps. Il sait lui que ce n’est plus une question idéologique, c’est une question de pouvoir. La différence entre le PS et lui, elle est minime sur le plan idéologique. Il a utilisé chez les socialistes ceux qu’il savait aimer le pouvoir. Je pense qu’il va surprendre beaucoup de monde. Je ne le sous-estime pas du tout. C’est quelqu’un qui a réussi à placer ses billes dans le monde médiatique, dans le monde financier, dans la grande économie et dans le monde politique. Sur ces chantiers, il a établi des gens qui sont très proches de lui. Il peut parfois déraper par des excès d’émotivité. On l’a vu dans certaines circonstances. Cela ne va pas être facile parce qu’il a une vue sur certaines questions qui est problématique notamment en ce qu’il s’agit de la création du ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration.

 

 

 

Vous invitez les musulmans à revenir aux textes fondamentaux. Que voulez-vous dire par là ?

 

 

 

Lorsqu’on revient aux textes fondamentaux, c’est le meilleur moyen pour nous de revenir dans le contexte fondamental et de proposer une nouvelle lecture. Il faut revenir aux fondamentaux, sinon les musulmans ne vous suivront pas. Les musulmans, ils croient dans les textes, ils croient au Coran et ils suivent le Prophète. Vous ne pouvez pas avancer sans les textes. La question est de savoir si vous revenez aux textes par l’intermédiaire des savants du treizième siècle ou si vous revenez aux textes et essayez de les comprendre dans leur contexte. C’est cela revenir aux fondamentaux. Il y a deux façons de le faire : soit revenir pour s’y enfermer littéralement - ce n’est pas mon attitude - soit revenir pour ouvrir les champs d’investigation et essayer de trouver la bonne solution. Il y a des textes qui sont universels, transhistoriques. Il y a d’autres qui demandent de l’interprétation.

 

 

 

Dans certains milieux à Maurice, on estime que vous avez une vision très européenne de l’islam. Qu’en est-il ?

 

 

 

À Maurice, on est habitué à certaines écoles de pensée que je respecte. Dans ces milieux-là, on est habitué à certaines réponses. Quand on vient avec d’autres réponses, on dit que cela vient de l’Europe. Non. Même au Pakistan, même en Inde, en Afrique et dans le monde arabe, il y a plusieurs opinions sur certaines choses. Lorsque je viens avec une opinion, je ne m’inscris pas contre les traditions ; mais je dis : attendez, il y a cette position, mais il y en a d’autres également. Au moins, ayez l’éventail de toutes les solutions. Je respecte les écoles qui sont présentes. Je rappelle d’autres positions sur certaines questions particulières. À partir de là, les gens font leur choix.

 

 

 

Une remarque du ministre britannique Jack Straw à l’effet que le voile gène l’intégration fait débat...

 

 

 

Il ne disait pas le voile, mais le voile intégral. C’était une bonne question posée par la mauvaise personne. C’est devenu une mauvaise question. Jack Straw est un homme politique, un ministre dans le gouvernement britannique. Il pose une question qui est importante. Comment fait-on pour la vie en société ? Cela pose un vrai problème d’autant qu’il y avait le problème d’une enseignante devant des élèves très jeunes. Les enfants pouvaient avoir de la peine à entendre ce qu’elle disait. En tant que musulman, il faut qu’on donne une réponse sur quelle est la vraie prescription islamique. Est-ce la couverture des cheveux sans que la face ne soit couverte ? C’est mon opinion. Je pense que ceux qui vont plus loin doivent vraiment se poser des questions. Au bout du compte, quel rôle social donnez-vous à la femme ? C’est une vraie question qui doit être débattue de l’intérieur. Certains savants sont d’opinion que les femmes ne devraient pas porter le hijab dans une société non majoritairement musulmane parce qu’elles n’étaient pas comprises.

 

 

 

L’appel à la prière a été au centre d’un débat à Maurice. Avez-vous eu l’occasion de suivre cette affaire ?

 

 

 

Dans toutes ces situations on a aujourd’hui des crispations. Ici, il y a eu crispation autour de l’appel à la prière, en Suisse on a eu des crispations autour de la visibilité des minarets. En France, on a eu des crispations autour de la visibilité des foulards. Toutes ces situations elles se crisperont si l’on va vers le conflit et la loi, et elles s’assoupliront si l’on va vers le dialogue et la compréhension mutuelle. Votre situation, elle est passée par les deux étapes. Il y a eu une procédure légale qui a tendu les choses. Des deux côtés il y a eu des gens qui ont polarisé, alors que des deux côtés il fallait calmer les choses et venir à la table de dialogue. C’est ce qu’on a fait après. Il faut commencer par le dialogue et non pas finir. Si le problème c’est le niveau sonore, une fois qu’on l’a baissé, c’est terminé. Lorsque quelque chose dans la tradition de l’autre nous gène il faut le dire, il faut s’asseoir, il faut discuter parce qu’on peut trouver des solutions. Une société plurielle qui s’assume est une société qui dialogue. Une société plurielle qui implose est une société qui ne s’écoute plus ou qui se parle à coup de loi. Le légal est toujours crispant.

 

 

 

Le thème de votre conférence prévue demain (aujourd’hui, NdlR) est l’islam et la démocratie. N’est-ce pas là un terrain glissant pour vous ? À part la Turquie, la démocratie n’est pas légion dans les Républiques islamiques ?

 

 

 

Et le Sénégal et l’Indonésie... On est obsédé par le mode majoritairement musulman parce qu’on pense à l’Arabie. Lorsqu’on pose la question de l’islam et la démocratie, il faut poser la question de principe : est-ce que oui ou non c’est possible ou pas. À mon avis c’est possible d’avoir des processus démocratiques du point de vue islamique sans que cela pose de véritables problèmes. C’est une vraie question que j’ai abordée à plusieurs reprises. J’ai écrit un livre à ce sujet. Même en Turquie on a vu qu’il y a des difficultés avec la présence de l’armée qui joue un rôle. Il n’y a pas d’opposition entre les principes de l’opposition et les principes de l’islam. Et puis il faut que chaque société trouve son modèle et entre dans un processus de démocratisation.

 

 

 

Quel message comptez-vous transmettre aux Mauriciens ?

 

 

 

Le message portera sur ce qui est universel et partagé, de la rencontre du dialogue, de la cohésion et du respect mutuel, de la confiance en soi, de la confiance vis-à-vis des autres. On est dans un monde qui se polarise. Il faut passer à autre chose, construire un autre rapport à soi. Beaucoup de confiance en soi, de respect de l’autre et d’ouverture d’esprit. Un discours orienté vers tous les Mauriciens. On passera parfois par des organisations musulmanes et parfois par des conférences complètement publiques. Il y a un projet mauricien. Qu’il faut que vous protégiez contre vents et marées. Vous avez une réalité insulaire. La réalité d’une société qui est vraiment plurielle culturellement, religieusement. Il ne faut pas perdre cela. Il ne faut pas se laisser noyer par une culture mondiale. Il ne faut pas que la culture de Maurice soit produite à Washington, à Paris ou à Londres. Il faut qu’elle soit produite ici. C’est ici qu’il faut établir la confiance. À l’échelle du monde, Maurice est une localité. Il faut que dans cette localité on ait de vraies initiatives de rencontre, de respect. Il faut protéger. Si cela peut être un espace de paix, un projet pilote de paix et de meilleure connaissance, autant que ce soit ainsi plutôt que le contraire.

 

 

 

En dépit de la mondialisation ?

 

 

 

En résistance à la mondialisation. Le vrai message que Maurice pourrait renvoyer au monde global c’est la réalité du pluriel local.

 

 

 

 

 

 



 

 

" Le jihad n’est pas synonyme de guerre sainte "

 

Nous avons interrogé Tariq Ramadan sur le sens du Jihad, qui, dit-il, n’est pas synonyme de guerre sainte. Il nous a donné la réponse suivante : " D’abord, c’est une question de définition. On dit souvent que c’est la guerre sainte. C’est faux. Cela ne répond à rien dans la traduction à partir de l’arabe. En fait, cela veut dire effort et résistance. Faire un effort et une résistance à quoi ? D’abord, il y a une première dimension personnelle et spirituelle. Chacun d’entre nous a de mauvaises tentations ; il y a de la violence en nous. Nous faisons donc un effort pour résister à cela. C’est un jihad personnel. On prend le contrôle, pourquoi ? On veut être en paix avec soi-même. Le jihad, c’est le chemin, on gère une tension pour aller vers la paix. Ce n’est pas le chemin de la guerre. Sur le plan collectif, lorsqu’on est agressé, résister à l’agression et ou à l’exploitation, cela peut être légitime. Par exemple, résister à des gens qui viennent prendre vos terres, là, c’est la légitime défense. C’est une résistance à l’oppression pour arriver à une situation de justice et de paix. Le jihad, c’est toujours gérer un état de tension par rapport à une oppression pour aller vers la paix. Combattre mon propre égoïsme pour aller vers la paix intérieure. C’est le chemin vers la paix qui passe par un effort, une résistance parce que nous sommes comme ça. Les êtres humains ont besoin de faire des efforts et résister à leurs mauvaises tentations. " 

 

Tariq Ramadan soutient également que le prophète Muhammad n’était pas un belligérant, comme on a voulu le faire accroire. " Je viens d’écrire un livre qui sera partout présent dans mes conférences. Dans cet ouvrage, je présente l’image du prophète où on disait que durant la deuxième période de sa vie, il était belligérant. C’est complètement faux. Au moment où il s’installe à Médine, il y a des gens qui veulent le détruire. Lui, il ne fait que résister à leur volonté de destruction. Il est exactement dans ce jihad-là, celui de la résistance à l’oppression. Alors que cela allait et qu’il n’avait pas besoin de réagir parce qu’il pouvait survivre, il faisait une résistance passive. Comme à la Mecque où il n’a jamais résisté par les armes. Mais à un moment donné, on voulait l’éliminer. Donc il est parti parce qu’il ne voulait pas la guerre. Ils ont fait des alliances avec des tribus alentour pour pouvoir le détruire. Face à cette injustice, il n’avait qu’une seule option : résister par les armes. Il n’y a eu chez lui que la résistance nécessaire face à une répression imposée. C’est comme cela qu’il faut qu’on le comprenne. Ce n’est pas du tout un prophète aux élans de guerrier comme on le présente ".

 

 

 

 

 

 

Paru dans le Mauricien le 26 juillet 2007

 


 

 

 

TARIQ RAMADAN
“L’islam doit être une force de transformation pour le meilleur”

 

 

 


Tariq Ramadan en est à sa huitième visite à Maurice pour une série de conférences sur le thème de la confiance mais aussi pour partager sa conviction que l’islam peut agir pour le mieux dans la construction citoyenne du musulman.

 

 

 

Qu’est-ce qui vous amène aussi régulièrement à Maurice ? 

 



Lorsque j’ai visité l’île Maurice voilà onze ans et demi, cela a été une première rencontre qui a culminé à une découverte mutuelle et, pour les Mauriciens, la reconnaissance d’une certaine approche. Il existe une atmosphère à Maurice que j’apprécie beaucoup. Cette reconnaissance et cet acte d’approche ne pouvaient s’inscrire que dans le long terme. Depuis, cela a été une même ligne et un même message universaliste et d’ouverture sur le monde qui ont primé.

 




En quoi consiste cette approche ?

 



Ma première visite a eu lieu avant le 11 septembre et déjà, à cette époque, il était question de sérénité dans ce qu’on est, du refus de la mentalité victimaire et de l’idée que le message est universel. Aujourd’hui encore après le 11 septembre et ses répercussions et les débats sur les lois et le terrorisme, il s’agit toujours de mettre en avant toutes ces dimensions. Le thème retenu pour cette visite est la confiance car il importe de passer d’une évolution de la peur à une révolution de la confiance. Je tiens aussi à dire que c’est une mauvaise perception que de croire que ceux qui m’entourent à Maurice s’accaparent de ma présence. Ils sont plutôt dans l’ouverture et engagés dans un acte de sacrifice.

 




On a eu à Maurice il y a quelque temps de cela un débat sur l’“azaan”. Comment analysez-vous ce débat ?

 



C’est un cas symptomatique qui démontre comment on peut basculer dans la dérive ou accéder à la pacification. On n’arrivera pas à vivre ensemble à travers l’obsession du droit. Ce n’est possible que par la pacification qui passe par le dialogue. D’ailleurs la résolution de la problématique de l’“azaan” chez vous le démontre : c’est dans la négociation qu’a surgi la solution. C’est ce qu’il faut

promouvoir : négocier dans le dialogue plutôt que contrarier par le droit.

 

 




La société politique mauricienne a la propension d’instrumentaliser la religion à des fins électoralistes. Comment sortir de ce cycle ?

 

 

 

 



Cela ne passera pas par le politique, par cet engagement politique basé sur l’appartenance communautaire. Il faut une politique citoyenne. Le bon angle pour changer les mentalités est un projet social où on réunit

les gens de toutes les confessions. Cela permet de développer une conscience citoyenne qui transcende la conscience ethnique.

 

 




Passons à un autre ordre d’idées ? Comment se porte aujourd’hui, selon vous, “l’axe du mal” ?

 



S’il y a une chose que je combats de ce point de vue, c’est bien la simplification. Le fait, par exemple, que mon visa ait été révoqué m’interdisant d’entrer sur le sol américain sous l’administration Bush est un honneur. Car ils ont démontré par leurs actes en Afghanistan et en Irak qu’ils sont capables de torture et de déni de justice. C’est en tant que citoyen et non en tant que musulman qu’on doit être inquiets de ces actes. Quant à l’Iran, il n’est qu’un bouc- émissaire.

 




Comment en est-on arrivé là ?

 



On sait que des musulmans sont impliqués dans les actes condamnables du 11 septembre. Il fallait condamner sans verser l’instrumentalisation de ces actes. N’ayant pu éviter cela, on bascule dans la guerre contre le terrorisme. Mais c’est une guerre dont l’une des caractéristiques est d’affronter un ennemi insaisissable, toujours en mouvement et non identifiable. Cela a produit des mesures sécuritaires clairement condamnables et une ère liberticide. En même temps, il faut dire qu’on assiste à monde musulman qui ne s’ouvre pas politiquement. Un monde où il n’y a pas de grand effort de démocratisation sauf dans certains cas. Il ne s’agit pas donc de blâmer seulement l’Occident car il n’y a pas eu de travail critique et surtout de travail sur soi. Aujourd’hui, pour moi, il est autant question de rejeter le cloisonnement du monde musulman tout en luttant durant toute ma vie contre l’unilatéralisme des Etats-Unis sur le dossier israélien.

 



Vous évoquez souvent l’impératif d’être citoyen et d’être musulman. Cela n’est-il pas irréconciliable ?

 



Il y a 18 ans que je travaille sur ces questions. J’ai d’abord cherché les zones de conflit. Or, il s’avère que les Constitutions occidentales et a fortiori la Constitution mauricienne n’empêchent aucun citoyen de pratiquer sa conscience musulmane et sa conscience citoyenne. A l’étude de ces conflits possibles, j’ai identifié l’avis de certains savants qui soulèvent la question de l’appartenance à l’armée où, dans le cas d’un conflit armé, des musulmans pourraient être amenés à se battre contre des pays musulmans. Or, il y a une énorme flexibilité dans les lois musulmanes. Les citoyens musulmans ne sont pas plus ou moins démocrates que les autres. Ce sont des démocrates comme les autres. Je ne crois pas qu’il faille construire un problème là, ou qu’un problème de perception. Je dirais qu’avec une bonne compréhension de l’éthique musulmane, on aboutit à un meilleur engagement citoyen.

 




Quelle idée de l’islam que vous vous faites ?

 



Elle est basée sur trois principes. D’abord, l’islam est une religion universelle. Elle produit des valeurs et une éthique qui ne lui sont pas exclusives. En l’islam, on retrouve des valeurs qui sont chez les autres. Les musulmans doivent revenir vers cet universel pour ne pas s’enfermer dans des particularismes et ne pas céder à la tentation d’être victimes. Ensuite, il y a des valeurs transhistoriques. Soit vivre fidèlement sa foi dans toutes les circonstances et au sein de toutes les sociétés. Il y a donc à tenir compte de toute une dimension de l’histoire et de la culture en termes de ce qui est immuable et ce qui participe de la nécessité du changement. C’est en conséquence une question de réforme et l’islam a les outils pour penser le changement en fonction des principes qui sont les siens. Il s’agit d’avoir en tête le texte et le contexte. L’un ne va pas sans l’autre. Une pensée qui reste la même au XVe siècle et au XXe siècle n’est pas fidèle aux principes fondamentaux. Enfin, il faut être une force de transformation pour le meilleur.

 



Comment aborder la question du djihad lorsqu’il y a autant d’interprétations qui sont proposées ?

 



Lorsque l’abbé Pierre dit qu’il est en guerre contre la pauvreté, je dois tout autant pouvoir dire que je suis en guerre contre la pauvreté ou contre les formes nouvelles d’esclavagisme. Lorsque des murs sont dressés entre le Mexique et les Etats-Unis ou autour de l’Europe, c’est une nouvelle forme d’esclavagisme qu’on pratique. On y retrouve à ces frontières des sous-zones où s’installent des individus dont ces pays ont besoin sur le plan économique. Lorsque ces individus franchissent ces murs et vont finir par travailler clandestinement dans les pays qui les repoussent, c’est en fait une exploitation clandestine de ces femmes et hommes.

 



L’islam, le nouvel ennemi de l’Ouest après la fin du communisme ?

 



L’islam est le nouvel ennemi, c’est une évidence sauf que ce n’est plus du tout pareil comme lorsque les pays de l’Ouest étaient confrontés à l’ennemi soviétique. Il ne s’agit plus d’un ennemi de l’extérieur. Le nouvel ennemi a été créé et sa figure est différente de l’ennemi communiste. Toutefois, dans son expression de rejet, on voit revenir les réflexes de stigmatisation et du maccarthysme.

 



Enfin, vous êtes souvent accusé de tenir un double langage. L’un devant les musulmans et un autre devant les non-musulmans. Comment répondez-vous à cette critique ?

 



Lorsque des journalistes me posent cette question, je leur réponds de m’apporter des preuves. C’est en fait une critique tellement grotesque. En France, par exemple, on m’accuse de parler français et arabe dans les banlieues. Or on ne parle pas et on ne comprend pas l’arabe dans les banlieues ! Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre la vérité.

 



Propos recueillis par
Nazim ESOOF

 

 

 

Paru dansL’Express à Maurice le 27 juillet 2007

 
http://www.tariqramadan.com/spip.php?article1165

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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Musulman
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  • : Eva pour la communion des civilisations
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  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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