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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 06:06

http://www.georgescorm.com/personal/images/books/le-nouveau-gouvernement.jpg

Le nouveau gouvernement du monde

Les habits neufs de la droite

André Synnott

L’Aut’Journal 


   

 

Les banques et firmes multinationales oeuvrant dans le système financier (marchés à terme, spéculation sur les variations des taux de change, financement des États par achat et courtage des bons du Trésor, produits financiers de plus en plus sophistiqués, c’est-à-dire tordus) ont institué un nouvel ordre mondial échappant à tout pouvoir citoyen, même au pouvoir politique à qui il pourrait ou devrait être imputable puisqu’il bénéficie d’une légitimité issue des urnes.


Georges Corm dénonce et surtout explique Le nouveau gouvernement du monde (idéologies, structures, contrepouvoirs) qui n’est redevable à personne et prétend à son entière autonomie vis-à-vis des pouvoirs publics comme si c’était une évidence n’ayant pas à être démontrée ou justifiée.


Les instances politiques, étatiques ou supranationales (systèmes des Nations- Unies, G-6, G-7, G-8 et maintenant G-20), ont abdiqué toute volonté d’exercer un leadership économique laissant la place (le pouvoir) à des institutions comme les banques centrales (au niveau des États), la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international.


On pose comme une évidence que les banques centrales doivent être indépendantes des gouvernements, sans vouloir admettre que cette liberté sans entrave les met au service des intérêts privés (banques et système financier).


Georges Corm dénonce l’adhésion des élites intellectuelles et politiques aux dogmes néolibéraux.


Cette adhésion, parfois venue de la gauche (Alain Minc, Jacques Attali), rejette les différents courants idéologiques ayant influencé la pensée politique et économique depuis le milieu du XIXe siècle.

Issus du siècle des Lumières (les Encyclopédistes) ou, même plus loin dans le temps, du rationalisme cartésien, ces courants idéologiques voulaient abolir la pauvreté (tant économique que culturelle), l’exploitation de l’homme par l’homme, le colonialisme en assurant une répartition équitable des richesses ; répartition équitable qui ne peut être réussie que par une volonté politique plutôt que grâce à la « main invisible du marché » chère à Adam Smith.


De Jean-Jacques Rousseau à John Keynes (en passant par Marx), c’est toute la théorie critique qui est jetée aux poubelles.


Heureusement, il existe encore des esprits critiques refusant de capituler face aux nouveaux dogmes. Ainsi, l’école de Frankfort (lieu d’un renouvellement du marxisme) ou le Monde diplomatique auquel Corm contribue régulièrement.


Le texte de Corm se veut plus ou moins le pendant économique de l’analyse philosophique de Jürgen Habermas qui, dans Après l’État-nation, avançait que l’Union européenne devrait avoir la volonté politique de corriger les effets du marché, d’imposer des réglementations pour créer des effets de redistribution, le contraire de la pratique actuelle des eurocrates de Bruxelles (siège de l’Union européenne) et de la Banque centrale européenne.


Georges Corm montre qu’il faut appliquer au niveau mondial la thèse de Habermas.

Le triomphe du néolibéralisme est d’abord théorique par la négation d’une alternative, surtout depuis la disparition du Bloc de l’Est ; puis est devenu très concret avec la multiplication des hommes d’affaires à l’honnêteté douteuse devenus chefs d’État ou de politiciens devenus milliardaires (Berlusconi, Poutine, Fujimori au Pérou, Suharto en Indonésie).


L’État, presque partout, devient une pompe à finances au service des, déjà, plus riches tout en se soumettant sans résistance aux volontés d’institutions comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale.


Presque partout, cette abdication des États a produit les mêmes effets : spirale d’endettement public, diminution des services publics, pillage des matières premières, émigration des plus qualifiés (un nouvel exode des cerveaux) alors que certains pays ont tenté une autre voie (tout en restant dans un cadre capitaliste).


Ainsi, la Corée du Sud, Singapour et le Brésil ont exercé un certain dirigisme économique pour développer une économie qui en ferait autre chose qu’une économie exportatrice de main d’oeuvre comme le Mexique ou les Philippines.


Le néolibéralisme a triomphé sur un autre plan. Partout, les écoles de gestion, les départements de sciences économiques des universités, les think tanks donnent des programmes semblables pour former des cadres qui sauront bien faire fonctionner le système.


Georges Corm construit son raisonnement en puisant à des sources diversifiées. Il utilise les recherches de Galbraith sur l’euphorie financière ou les effets de l’ère de l’opulence, les critiques des institutions d’Ivan Illich, les travaux du Club de Rome sur la limitation de la croissance, la nécessité du « small is beautiful » de Schumacher et même des valeurs religieuses.


Alors que les néoconservateurs (surtout américains) n’hésitent pas à utiliser des valeurs ou des cautions religieuses pour justifier les inégalités ou l’injustice, Corm pense que la résistance aux valeurs néolibérales peut s’appuyer sur des valeurs religieuses (chrétiennes et musulmanes surtout).


Ce chrétien libanais, maronite, a été influencé par Nasser (indépendance et unité arabe), il parraine le Tribunal Russell sur la Palestine et appuie divers courants politiques musulmans (non pas islamistes).

 

Cette confluence des doctrines sociales inspirées par des courants religieux l’amène à penser que les questions économiques peuvent être pensées à partir des fondements de l’éthique.

 

Niant l’enrichissement sans cause, l’accumulation de richesses comme but de l’existence pour favoriser plutôt la notion de bien public et la nécessité que le progrès économique soit mis au service de la société, les religions pourraient agir comme un frein à l’accumulation privée. Ici, il semble au diapason de la théologie de la libération d’un certain clergé d’Amérique latine.


Ce courant progressiste des institutions religieuses peut être contré par l’utilisation des religions pour affirmer un fondamentalisme identitaire (de Hérouxville à Téhéran) plutôt que la construction d’un cadre, conciliant éthique et rationalité pour le vivre-ensemble.


La mondialisation a amené un affaiblissement des pouvoirs des États en créant des réorganisations spatiales, des regroupements régionaux au nom du libre échange ayant pour conséquence que l’État nation n’est plus vu comme la forme idéale d’organisation des sociétés.


Même si, comme l’a déjà remarqué John Saul (Mort de la globalisation), de nouveaux États ne cessent d’apparaître en ex-URSS, en ex-Yougoslavie ou même en Afrique où le Darfour se sépare du Soudan (alors que l’Organisation de l’unité africaine a toujours prôné dans sa charte, l’intangibilité des frontières, mêmes absurdes, issues de la colonisation), ses nouveaux États sont créés pour satisfaire un besoin identitaire tout en s’intégrant, en Europe, dans un espace économique supranational.


Georges Corm en appelle à un besoin de changer le besoin identitaire en besoin démocratique comme dans un ouvrage précédent (La question religieuse au XXIe siècle), il en appelait à un « pacte laïc international » sur le mot d’ordre « Républicains de tous les pays, unissez-vous ! »

***


Georges Corm, Le nouveau gouvernement du monde, éditions La Découverte.


Le nouveau gouvernement du monde

Source
http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=3099

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 16:11
Samedi 2 mai 2009

Au milieu du 20 ème siècle, la cause de l'émancipation du Tiers-Monde et de la lutte contre les lobbys militaristes était une cause marquée à gauche, même si toute une partie de la gauche officielle était très loin d'y souscrire pleinement (voir par exemple le rôle de la SFIO dans la répression du FLN en Algérie).

Le thème de "l'ingérence humanitaire" il y a 20 ans a commencé à "faire bouger les lignes", quand quelqu'un comme Alain Touraine (socialiste bon teint, solidaire des mouvements de gauche en Amérique latine) appelait à une intervention militaire en Roumanie pour favoriser le renversement de Ceaucescu. La guerre de Yougoslavie fut le théatre d'un ralliement massif de la gauche (y compris du PCF, même s'il y mit des nuances et des réserves) à l'idée d'une intervention militaire de l'OTAN contre les Serbes. A l'opposé, de vieux conservateurs gaullistes en France, reaganiens aux Etats-Unis, voire des réactionnaires tendance FN, exprimaient leur opposition à l'aventurisme militaire dans les Balkans et à ses prolongements à l'encontre de la Russie.

L'extrémisme des néo-conservateurs étatsuniens à partir de 2001 a redynamisé l'anti-impérialisme de la gauche (à l'intérieur du mouvement altermondialiste), mais aussi favorisé diverses nouvelles formes d'anti-impérialisme, "ni de droite ni de gauche", aussi bien dans la mouvance d'un Alain de Benoist, que dans des réseaux communautaires d'inspiration musulmane (le Parti anti-sioniste, proche de l'Iran, dont Dieudonné semble avoir rejoint la ligne, me paraît illustrer cette nouvelle tendance).

Une autre nouveauté me semble être cette année l'adhésion de membres (et même d'élus) de partis modérés, du centre-droit et du centre-gauche, à des thèses ouvertement anti-impérialistes qui, naguère, révulsaient profondément leur famille politique.

A propos de Cuba un ami me racontait ceci ce matin :

"Patrick Tréminge (ex membre du PCF aujourd'hui UMP) ex-député RPR du 13 ème est conseiller municipal de Paris et Conseiller régional Ile de France. Sa proposition d'aider matériellement Cuba et Haïti suite au cyclone a été votée au Conseil de Paris. En revanche la proposition que le Conseil régional d'Ile de France débloque une somme pour Cuba été rejetée en sous-commission par les élus PS et PCF au prétexte (faux si l'on compare) que cela n'avait jamais été fait par le Conseil régional. Elle n'a donc jamais pu même être soumise au vote. (...) Le Parti communiste cubain a décidé qu'il pourrait désormais entretenir des rapports avec tout parti français qui le souhaiterait, et il n'est pas impossible que le PC cubain établisse des contacts parti/parti avec l'UMP puisque en France, selon les Cubains, la "gauche" n'est pas plus à "gauche" que la "droite" (surtout vu que les articles de l'Huma sur Cuba sont signés Janette Habel qui est une militante LCR / NPA, très anti castriste)."

Cette nouvelle attitude du PC cubain montre que pour La Havane l'anti-impérialisme français n'est plus exclusivement dans le camp des partis de gauche. Je le constate aussi moi-même quand je vois que mon livre sur la Transnistrie est cité par Radio France internatonale, et boycotté par l'Humanité Dimanche.

Mais la question de Cuba, révélatrice d'une ambiance générale, n'est pas la seule. Voilà un an j'ai découvert que des électrices du Modem étaient très enthousiastes pour l'Atlas alternatif. Et, le mois dernier, j'ai même rencontré une élue de ce Parti qui est une admiratrice de Chomsky et qui voudrait convaincre François Bayrou d'aller plus loin dans la voie de l'anti-impérialisme.


Je me demande si l'anti-impérialisme, en étant de plus en plus déconnecté d'un projet de refonte de la société, n'est pas en train de devenir une cause parmi d'autres, comme la défense des pandas ou de la forêt amazonienne.
 
Peut-être bientôt  tous les partis politiques inviteront-ils les auteurs de l'Atlas alternatif et s''inspireront-ils de leurs écrits. Dans chaque parti il y aura des anti-impérialistes (qui défendront le monde multipolaire), et des partisans de la croisade droit-de-l'hommiste, et les candidats aux élections dans chaque parti feront le grand écart entre ces deux tendances en faisant des discours en demi-teinte "vive la supériorité universelle de l'Occident, MAIS dans un esprit de dialogue et de respect des souverainetés".
 
Cette dissémination de la pensée anti-impérialiste dans tout le panel de la représentation politique nationale (et européenne) serait-elle une trahison de sa "pureté originelle" ou au contraire sa meilleure consécration possible, la possibilité de lui donner au fond le plus grand impact face aux logiques de "choc des civilisations" ?


http://delorca.over-blog.com/article-30931001.html

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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 04:04
Le 11 septembre 2001 :
 une provocation mondiale

Un Gl Russe témoigne.
Les grandes manipulations
et les provocations planétaires.
Tout est artificiel....


A lire absolument, par tous, pour comprendre
ce qui se passe réellement... 
par Général Leonid Ivashov*

Politologue russe influent, issu des milieux nationalistes, le général Léonid Ivashov était chef d’état-major des armées le 11 septembre 2001. Ce jour-là, il avait placé ses satellites en alerte pour observer les manœuvres militaires aériennes annoncées aux USA, mais c’est un tout autre spectacle auquel il fut confronté. Au vu des analyses de cet événements par ses experts, il a écarté l’hypothèse Al-Qaïda et conclu à une provocation de l’élite financière anglo-saxonne. Sur cette base, il développé la vision stratégique russe du monde post-11-Septembre. Nous reproduisons ici un de ses articles, représentatif de sa pensée et de celle des officiers supérieurs russes. Le lecteur sera surpris de constater que ce qui est considéré comme un délire dans les pays de l’OTAN est une vérité d’évidence en Russie, comme d’ailleurs dans de nombreux autres régions du monde. Au-delà de la question d’établir la vérité, l’honnêteté intellectuelle exige de comprendre et d’accepter la relativité des points de vue. Cet article sera particulièrement précieux pour les militaires français au moment où le ministre de la Défense a engagé une chasse aux sorcières contre les enseignants de l’École de guerre qui ont osé rendre compte de la diversité des interprétations du 11-Septembre.

L’expérience de l’humanité montre que le terrorisme apparaît partout où se produit à un moment donné une aggravation des contradictions, où les relations commencent à se dégrader au sein de la société et où l’ordre social change, où surgit l’instabilité politique, économique et sociale, où se libèrent des potentiels d’agressivité, où les valeurs morales périclitent, où triomphent le cynisme et le nihilisme, et où la criminalité explose.

Les processus liés à la mondialisation créent des conditions favorables à ces phénomènes extrêmement dangereux. Ils entraînent un redécoupage de la carte géopolitique du monde, une redistribution des ressources planétaires, violent la souveraineté et effacent les frontières des États, démantèlent le droit international, anéantissent la diversité culturelle, appauvrissent la vie spirituelle et morale.

Je pense que nous sommes en droit aujourd’hui de parler de crise systémique de la civilisation humaine. Elle se manifeste de manière particulièrement aiguë au niveau de l’interprétation philosophique de la vie. Ses manifestations les plus spectaculaires concernent le sens donné à la vie, l’économie et le domaine de la sécurité internationale.

L’absence de nouvelles idées philosophiques, la crise morale et spirituelle, la déformation de la perception du monde, la diffusion de phénomènes amoraux contraires à la tradition, la course à l’enrichissement illimité et au pouvoir, la cruauté, conduisent l’humanité à la décadence et peut-être à la catastrophe.

L’inquiétude, ainsi que le manque de perspectives de vie et de développement de nombreux peuples et états constituent un important facteur d’instabilité mondiale.
L’essence de la crise économique se manifeste dans la lutte sans merci pour les ressources naturelles, dans les efforts déployés par les grandes puissances du monde, avant tout par les États-Unis d’Amérique, mais aussi par des entreprises multinationales pour soumettre à leurs intérêts les systèmes économiques d’autres États, prendre le contrôle des ressources de la planète et surtout des sources d’approvisionnement en hydrocarbures.

La destruction du modèle multipolaire qui assurait l’équilibre des forces dans le monde a entraîné également la destruction du système de sécurité internationale, des normes et des principes qui régissaient les relations entre États, ainsi que du rôle de l’ONU et de son Conseil de sécurité.
Aujourd’hui les États-Unis d’Amérique et l’OTAN se sont arrogés le droit de décider du destin d’autres États, de commettre des actes d’agression, de soumettre les principes de la Charte des Nations Unies à leur propre législation.

Ce sont précisément les pays occidentaux qui, par leurs actions et agressions contre la République fédérale de Yougoslavie et l’Irak, ainsi qu’en permettant de toute évidence l’agression israélienne contre le Liban et en menaçant la Syrie, l’Iran et d’autres pays, ont libéré une énorme énergie de résistance, de vengeance et d’extrémisme, énergie qui a renforcé le potentiel de la terreur avant de se retourner, comme un boomerang, contre l’Occident.

L’analyse de la substance des processus de mondialisation, ainsi que des doctrines politiques et militaires des États-Unis d’Amérique et d’autres États, permet de se convaincre que le terrorisme favorise la réalisation des objectifs de domination du monde et la soumission des États aux intérêts de l’oligarchie mondiale. Cela signifie qu’il ne constitue pas un sujet en tant que tel de la politique mondiale mais un simple instrument, le moyen d’instaurer un nouvel ordre unipolaire ayant un centre de commandement mondial unique, d’effacer les frontières nationales et d’assurer la domination d’une nouvelle élite mondiale. C’est elle qui constitue le sujet principal du terrorisme international, son idéologue et son « parrain ». C’est elle aussi qui s’efforce de diriger le terrorisme contre d’autres États, y compris contre la Russie.

La principale cible de la nouvelle élite mondiale est la réalité naturelle, traditionnelle, historique et culturelle qui a jeté les bases du système de relations entre les États, de l’organisation de la civilisation humaine en États nationaux, de l’identité nationale.

Le terrorisme international actuel est un phénomène qui consiste, pour des structures gouvernementales ou non gouvernementales, à utiliser la terreur comme moyen d’atteindre des objectifs politiques en terrorisant, déstabilisant les populations sur le plan socio-psychologique, en démotivant les structures du pouvoir d’État et en créant les conditions permettant de manipuler la politique de l’État et le comportement des citoyens.

Le terrorisme est un moyen de faire la guerre de manière différente, non conventionnelle. Simultanément, le terrorisme, allié aux médias, se comporte comme un système de contrôle des processus mondiaux.
C’est précisément la symbiose des médias et de la terreur qui crée les conditions favorables à des bouleversements dans la politique mondiale et dans la réalité existante.
Si l’on examine dans ce contexte les événements du 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique, on peut en tirer les conclusions suivantes :

- l’attentat terroriste contre les tours jumelles du World Trade Center a modifié le cours de l’histoire du monde en détruisant définitivement l’ordre mondial issu des accords de Yalta-Potsdam ;

- il a délié les mains des États-Unis d’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël, leur permettant de mener des actions contre d’autres pays en faisant fi des règles de l’ONU et des accords internationaux ;

- il a stimulé l’amplification du terrorisme international.

D’autre part, le terrorisme se présente comme un instrument radical de résistance aux processus de mondialisation, comme un moyen de lutte de libération nationale, de séparatisme, un moyen de résoudre les conflits entre les nations et entre les religions, ainsi que comme in instrument de lutte économique et politique.

En Afghanistan, au Kosovo, en Asie centrale, au Proche Orient et dans le Caucase nous constatons que la terreur sert aussi à protéger des narcotrafiquants en déstabilisant leurs zones de passage.
On peut constater que dans un contexte de crise systémique mondiale la terreur est devenue une sorte de culture de la mort, la culture de notre quotidien. Il a fait irruption dans la prospère Europe, tourmente la Russie, secoue le Proche-Orient et l’Extrême-Orient. Il favorise l’accoutumance de la communauté internationale à des ingérences violentes et illégales dans les affaires intérieures des États et à la destruction du système de sécurité internationale.

La terreur engendre le culte de la force et lui soumet la politique, le comportement des gouvernements et de la population. Le plus effrayant est que le terrorisme a un grand avenir en raison de la nouvelle spirale de guerre qui s’annonce pour la redistribution des ressources mondiales et pour le contrôle des zones clé de la planète.
Dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, approuvée cette année par le Congrès états-unien, l’objectif avoué de la politique de Washington est « de s’assurer l’accès aux régions clé du monde, aux communications stratégiques et aux ressources mondiales », avec comme moyen pour y parvenir de procéder à des frappes préventives contre n’importe quel pays. Du point de vue du Congrès, les États-Unis d’Amérique peuvent donc adopter une doctrine de frappes nucléaires préventives qui s’apparente à du terrorisme nucléaire.
Cela implique l’utilisation à grande échelle de substances nocives et d’armes de destruction massive. On ne s’embarrassera pas de scrupules pour choisir les moyens de répondre à une attaque. Pour se défendre les parties n’auront que le choix des moyens.

La provocation par un acte terroriste devient un moyen d’atteindre des objectifs politiques d’ampleur globale, régionale et locale. Ainsi, une provocation organisée dans la localité de Rachic (Kosovo, Serbie) a fini par entraîner le changement de régime politique en Serbie et l’effondrement de la République fédérée de Yougoslavie, tout en servant de prétexte à l’agression de l’OTAN et à la séparation du Kosovo de la Serbie. Il s’agit d’une provocation d’ampleur régionale.

Les explosions dans le métro de Londres, les désordres à Paris en 2005-2006 sont des provocations locales qui ont eu des répercussions sur la politique et l’opinion publique en Grande Bretagne et en France.
Pratiquement chaque acte terroriste dissimule des forces politiques puissantes, des entreprises transnationales ou des structures criminelles ayant des objectifs précis. Et presque tous les actes terroristes, à l’exception des activités de libération nationale) sont en réalité des provocations.

Même en Irak, les explosions dans les mosquées sunnites et shiites ne sont rien d’autre que des provocations organisées en vertu du principe « diviser pour régner ». Il en va de même de la prise en otage et de l’assassinat de membres de la mission diplomatique russe à Bagdad.
L’acte terroriste commis à des fins de provocation est aussi ancien que l’humanité elle-même. Ce sont précisément des provocations terroristes qui ont servi de prétextes au déclenchement des deux guerres mondiales. Les événements du 11 septembre 2001 constituent une provocation mondiale. On peut parler d’opération d’ampleur mondiale. De telles opérations permettent en général de résoudre plusieurs problèmes mondiaux à la fois. On peut les définir comme suit :

- 1. L’oligarchie financière mondiale et les États-Unis d’Amérique ont obtenu le droit non formel de recourir à la force contre n’importe quel État.

- 2. Le rôle du Conseil de sécurité s’est trouvé dévalué. Il fait de plus en plus figure d’organisation criminelle complice de l’agresseur et alliée à la nouvelle dictature fasciste mondiale.

- 3. Grâce à la provocation du 11 septembre, les États-Unis d’Amérique ont consolidé leur monopole mondial et ont obtenu l’accès à n’importe quelle région du monde et à ses ressources.

Dans le déroulement d’une opération-provocation il y a toujours trois éléments obligatoires : le commanditaire, l’organisateur et l’exécutant. En ce qui concerne la provocation du 11 septembre et contrairement à l’opinion dominante, « Al-Qaida » ne pouvait être ni le commanditaire, ni l’organisateur, ne disposant pas des moyens financiers suffisants (et ils sont énormes) pour commander une action d’une telle ampleur.

Toutes les opérations menées par cette organisation ne sont que des actions locales et assez primitives. Elle ne dispose pas des ressources humaines, d’un réseau d’agents suffisamment développé sur le territoire des États-Unis d’Amérique, pour réussir à pénétrer les dizaines de structures publiques et privées qui assurent le fonctionnement des transports aériens et veillent à sa sécurité. Al-Qaida ne saurait donc avoir été l’organisateur de cette opération (sinon à quoi peuvent bien servir le FBI et la CIA ?). Ces gens pourraient en revanche fort bien avoir été de simples exécutants de cet acte terroriste.

À mon avis, le commanditaire de cette provocation pourrait avoir été l’oligarchie financière mondiale, dans le but d’installer une fois pour toutes « la dictature fasciste mondiale des banques » (l’expression appartient à l’économiste états-unien bien connu Lyndon LaRouche) et d’assurer le contrôle de ressources mondiales en hydrocarbures limitées. Il se serait agi par la même de s’assurer la domination mondiale pour longtemps.

L’invasion de l’Afghanistan, riche en ressources gazières, de l’Irak et peut-être aussi de l’Iran, qui possèdent des réserves mondiales de pétrole, mais aussi l’instauration d’un contrôle militaire sur les communications pétrolières stratégiques et l’augmentation radicale du prix du pétrole sont des conséquences des événements du 11 septembre 2001.

L’organisateur de l’opération pourrait avoir été un consortium bien organisé et abondamment financé formé de représentants (anciens et actuels) des services secrets, d’organisations maçonniques et d’employés des transports aériens.

La couverture médiatique et juridique a été assurée par des organes de presse, des juristes et des politiciens stipendiés. Les exécutants ont été choisis sur la base de leur appartenance ethnique à la région qui possède les ressources naturelles d’importance mondiale.

L’opération a réussi, les objectifs sont atteints.

L’expression « terrorisme international » en tant que principale menace pour l’humanité a fait irruption dans le quotidien politique et social.
Cette menace a été identifiée en la personne d’un islamiste, ressortissant d’un pays disposant d’énormes ressources en hydrocarbures.
Le système international mis sur pied à l’époque où le monde était bipolaire a été détruit et les notions d’agression, de terrorisme d’État et de droit a la défense ont été altérées.

Le droit des peuples de résister aux agressions et aux activités subversives des services secrets étrangers ainsi que de défendre leurs intérêts nationaux est foulé aux pieds.
Toutes les garanties sont assurées en revanche aux forces qui cherchent à instaurer une dictature mondiale et à dominer le monde.
Mais la guerre mondiale n’est pas encore finie. Elle a été provoquée le 11 septembre 2001 et elle n’est que le prélude à de grands événements à venir.

 Général Leonid Ivashov

Le général Leonid Ivashov est vice-président de l’Académie des problèmes géopolitiques. Il fut chef du département des Affaires générales du ministère de la Défense de l’Union soviétique, secrétaire du Conseil des ministres de la Défense de la Communauté des États indépendants (CEI), chef du Département de coopération militaire du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Il était chef d’état-major des armées russes, le 11 septembre 2001.



Réseau Voltaire
http://changementclimatique.over-blog.com/article-29173919.html
http://bridge.over-blog.org/article-29182265.html
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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 00:50

UNION DES RELIGIONS CONTRE L'INJUSTICE DU SIONISME


Bonsoir,

Voici le nouveau communiqué du Président du Centre Zahra France, Monsieur Yahia Gouasmi, lancé depuis le Moyen-Orient , dans le cadre de la conférence qui aura lieu à Bruxelles ce jeudi 19 mars 2009 et dont le thème est :

UNION DES RELIGIONS CONTRE LE SIONISME

 

Nous vous remercions pour la diffusion de cet appel .

 

Vous trouverez ci-dessus le flyer de cette conférence :



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Je relaie cet appel ! Eva

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 05:09
wikipedia.org
Martin Luther King Jr
Martin Luther King, le 26 mars 1964


"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."

Martin Luther King




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La pensée de Martin Luther King

sur wikipedia.org

Désobéissance civile et non violence

Monument dédié à Martin Luther King à l'université d'Uppsala, Suède.
Monument dédié à Martin Luther King à l'université d'Uppsala, Suède.

Dans la Lettre de la prison de Birmingham écrite le 16 avril 1963 alors qu'il est arrêté pour une manifestation non violente, Martin Luther King répond à huit prêtres blancs de l'Alabama qui ont écrit quatre jours plus tôt une lettre intitulée Un appel à l'unité. S'ils admettaient l'existence des injustices sociales, ils exprimaient la croyance que la bataille contre la ségrégation raciale devait avoir lieu dans les tribunaux et non dans la rue. Martin Luther répond alors que sans des actions directes et puissantes comme celles qu'il entreprenait, les droits civiques ne seraient jamais obtenus.

Il écrit qu' «attendre à presque toujours signifié jamais » et il affirme que la désobéissance civile est non seulement justifiée face à une loi injuste, mais aussi que « chacun a la responsabilité morale de désobéir aux lois injustes ».

La lettre inclut la célèbre citation « Une injustice où qu'elle soit est une menace pour la justice partout » mais aussi les paroles de Thurgood Marshall qu'il répète : « Une justice trop longtemps retardée est une justice refusée »[74].

Jusqu'à la fin de sa vie, Martin Luther King reste opposé à la radicalisation et à la violence prônée par le Black Power et souligne que « Les émeutes ne règlent rien » et considère ce moyen comme inefficace au-delà même de la nature opposée des émeutes à sa doctrine de non-violence, de morale et de foi[75] :

« Si on dit que le pouvoir est la capacité à changer les choses ou la capacité à réussir ses objectifs, alors ce n'est pas le pouvoir que de s'engager dans un acte qui n'accomplit pas cela : et ceci quelque soit le bruit que vous fassiez et le nombre de choses que vous brûliez. »

Pour lui une guérilla comme celle de Che Guevara est une « illusion romantique ». Il préfère la discipline de la désobéissance civile qu'il définit non seulement comme un droit mais aussi un hommage à une énergie démocratique inexploitée. De même pour la pauvreté, il demande aux militants d'« utiliser tout le pouvoir de la non-violence sur le problème économique », même si rien dans la constitution américaine ne garantit un toit et un repas. Martin Luther King reconnaît la difficulté de la tâche mais demande à ne pas être intimidé par ceux qui se moquent de la non-violence. Il note la similitude de leur lutte avec celle de Jésus[76] :

« L'opinion publique s'est retournée contre lui. Ils ont dit qu'il était un agitateur. Il utilisait la désobéissance civile. Il a refusé les injonctions de la loi. »

Foule à la marche sur Washington de 1963.
Foule à la marche sur Washington de 1963.

Pour Martin Luther, la non-violence est non seulement juste mais indispensable, car aussi juste que soit la cause d'origine, la violence signifie l'échec et le cycle de vengeance de la loi du talion, alors qu'il défend l'éthique de réciprocité[77] :

« L'ultime faiblesse de la violence est que c'est une spirale descendante, engendrant la chose même qu'elle cherche à détruire. Au lieu d'affaiblir le mal, elle le multiplie. En utilisant la violence, vous pouvez tuer le menteur, mais vous ne pouvez pas tuer le mensonge, ni rétablir la vérité. En utilisant la violence, vous pouvez assassiner le haineux, mais vous ne pouvez pas tuer la haine. En fait, la violence fait simplement grandir la haine. Et cela continue… Rendre la haine pour la haine multiplie la haine, ajoutant une obscurité plus profonde à une nuit sans étoiles. L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité : seule la lumière peut faire cela. La haine ne peut pas chasser la haine : seul l'amour peut faire cela. »

il affirme également que la fin ne peut justifier les moyens contrairement à la formule de Machiavel[78] :

« J'ai toujours prêché que la non-violence demande que les moyens que nous utilisons doivent être aussi purs que la fin que nous recherchons. J'ai essayé de rendre clair que c'est mal d'utiliser des moyens immoraux pour atteindre une juste fin. Mais je dois affirmer maintenant que c'est aussi mal, voir pire encore, d'utiliser des moyens moraux pour préserver une fin immorale. »

Dans sa Lettre de Birmingham, il répond même aux prêtres, qui l'accusent de créer des opportunités à la violence avec sa désobéissance civile pacifique dans un milieu raciste, que celui qui demande justice de manière non-violente ne peut être le fauteur de trouble[79] :

« Dans votre déclaration, vous affirmez que nos actions, bien que pacifiques, doivent être condamnées parce qu'elles précipitent la violence. Mais est-ce une affirmation logique ? N'est-ce pas comme si vous condamniez un homme qui s'est fait volé parce que le fait qu'il possède de l'argent aurait engendré l'acte du vol ? »

Égalité raciale, liberté et fierté

Au-delà de son combat pour l'égalité raciale, du discours I have a dream où il imagine que ses « quatre jeunes enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personne » et de la victoire politique avec les votes des Civil Rights Act et Voting Rights Act, Martin Luther King a identifié que l'égalité raciale ne vient pas seulement des lois qui défendent la personne mais surtout de la façon dont cette personne se perçoit elle-même[80] :

« Aussi longtemps que l'esprit est mis en esclavage, le corps ne peut jamais être libre. La liberté psychologique, un ferme sens d'estime de soi, est l'arme la plus puissante contre la longue nuit de l'esclavage physique. Aucune proclamation d'émancipation lincolnienne ou charte des droits civiques johnsonienne ne peut apporter totalement cette sorte de liberté. Le nègre sera libre quand il atteindra les profondeurs de son être et qu'il signera avec le stylo et l'encre de son humanité affirmée sa propre déclaration d'émancipation. Et avec un esprit tendu vers la vraie estime de soi, le nègre doit rejeter fièrement les menottes de l'auto-abnégation et dire à lui-même et au monde : “Je suis quelqu'un. Je suis une personne. Je suis un homme avec dignité et honneur. J'ai une histoire riche et noble”. »

Pacifisme et engagement personnel

Corps d'hommes, de femmes et d'enfants au Massacre de Mỹ Lai mené par l'armée américaine, le 16 mars 1968.
Corps d'hommes, de femmes et d'enfants au Massacre de Mỹ Lai mené par l'armée américaine, le 16 mars 1968.

Martin Luther King souligne que la non-violence n'est pas seulement une méthode juste, mais aussi un principe qui doit être appliqué à tous les êtres humains, où qu'ils soient dans le monde, et compare la campagne non-violence acclamée aux États-Unis à la violence de la guerre du Viêt Nam soutenue par une partie de l'opinion américaine :

« Il y a quelque chose d'étrangement inconsistant dans une nation qui vous acclame quand vous dites “Soyez non-violent avec Jim Clark”[81], mais qui vous maudira et vous damnera quand vous direz, “soyez non-violent avec les petits enfants vietnamiens marrons”[82]. Il y a quelque chose qui ne va pas avec cette presse. »

Pour Martin Luther, la non-violence doit mener au pacifisme, surtout dans le contexte de la guerre froide et de la stratégie militaire de destruction mutuelle assurée qui pouvait mener à l'apocalypse[83] :

« Les hommes, depuis des années maintenant, ont parlé de la guerre et de la paix. Mais maintenant, ils ne peuvent plus juste en parler. Ce n'est plus un choix entre la violence et la non-violence dans ce monde ; c'est un choix entre la non-violence et la non-existence. »

Martin Luther King invoque souvent la responsabilité personnelle pour développer la paix mondiale[84]. Pour lui, le triomphe du bien sur le mal est inévitable, malgré les fréquents reculs et guerres de l'histoire[85] :

« Je refuse d'accepter la notion cynique que nations après nations doivent descendre l'escalier militariste vers l'enfer de la destruction thermonucléaire. Je crois que la vérité désarmée et l'amour inconditionnel auront le mot de la fin en réalité. C'est pourquoi le bien, même temporairement vaincu, est plus fort que le mal triomphant. »

Il admet que cette opinion idéaliste et morale est difficile à tenir dans ce contexte historique, mais il souligne que la conscience et l'idéal de justice ne doivent pas reculer face à une opinion publique défavorable, au calcul politique ou à une tâche qui semble insurmontable[86] :

« Sur certaines prises de positions, la couardise pose la question : “Est-ce sans danger ?”, l'opportunisme pose la question : “Est-ce politique ?”, et la vanité les rejoint et pose la question : “Est-ce populaire ?”. Mais la conscience pose la question : “Est-ce juste ?”. Et il arrive alors un moment où quelqu'un doit prendre position pour quelque chose qui n'est ni sans danger, ni politique, ni populaire mais doit le faire parce que sa conscience lui dit que c'est juste. Je crois aujourd'hui qu'il y a un besoin pour toutes les personnes de bonne volonté de se rassembler dans un grand acte de conscience et de dire les mots du vieux negro spiritual, “Nous n'allons plus étudier la guerre”. Ceci est le défi de l'homme moderne. »

Vie spirituelle contre confort matériel

Monument Martin Luther King, Yerba Buena Gardens, San Francisco, États-Unis.
Monument Martin Luther King, Yerba Buena Gardens, San Francisco, États-Unis.

Martin Luther King, sans préconiser un retour vers la simplicité volontaire ni devenir un critique du développement comme Gandhi, met en garde contre l'american way of life dont la course à la consommation et le matérialisme peut détourner l'homme de la cause du bien et de la spiritualité[87] :

« Maintenant la grande tentation et la grande tragédie de la vie est que nous autorisons si souvent l'extérieur de nos vies absorber l'intérieur de nos vies. La grande tragédie de la vie est que nous autorisons trop souvent les moyens par lesquels nous vivons nous éloigner de la fin pour laquelle nous vivons. […] Quel est le profit pour un homme de gagner le monde entier de moyens — avions, télévisions, éclairage électrique — et perdre la fin : l'âme ? »

Selon lui ce profond changement s'apparente à une révolution des valeurs qui permettra de vaincre les plus grands maux de la civilisation[88] :

« Je suis convaincu que si nous voulons être du bon côté de la révolution mondiale, nous devons comme nation entreprendre une révolution radicale de valeurs. Nous devons rapidement commencer à passer d'une société “orienté vers les choses” à une société “orienté vers la personne”. Quand les machines et les ordinateurs, les motifs de profits et les droits de propriété sont considérés plus important que les individus, les triplés géants du racisme, du matérialisme et du militarisme sont impossibles à battre. »

Foi, amour et pouvoir

Martin Luther King, 1964.
Martin Luther King, 1964.

De par sa vocation de pasteur, Martin Luther King place la bible au cœur de son message, considérant que l'humanité a été depuis trop longtemps « dans la montagne de la violence », qu'elle devait aller vers « la terre promise de justice et de fraternité ». Pour lui cet objectif est une mission divine car on « ne devait jamais se satisfaire d'objectifs inachevés […], toujours maintenir une sorte de mécontentement divin »[89].

Cette volonté divine et ce message d'amour transmis par l'évangile impliquent selon lui une volonté inébranlable face à l'adversité, « un esprit dur et un cœur tendre »[90], comme enseigné directement par Jésus à ses disciples[91] :

« Jésus reconnut la nécessité de mélanger les opposés. Il savait que ses disciples devraient faire face un monde difficile et hostile, où ils auraient à se confronter à la récalcitrance des politiques et à l'intransigeance des protecteurs de l'ordre ancien […] Et il leur donna une formule d'action, “soyez aussi sage que des serpents et aussi inoffensifs que des colombes”. »

L'amour n'est donc plus pour Martin Luther seulement une fin mais aussi un moyen d'arriver à la paix et la justice mondiale, et il réfute la notion de faiblesse de l'amour qu'ont émis certains philosophes dont Nietzsche[92] :

« Cette demande d'une communauté mondiale qui élève les problèmes de voisinage au delà de la tribu, la race, la classe et la nation est en réalité un appel pour un amour universel et inconditionnel de l'humanité toute entière. Ce concept souvent incompris, souvent mal interprété, si rapidement éludé par les Nietzsche du monde comme une force faible et lâche, est maintenant devenue une nécessité absolue pour la survie de l'homme. Quand je parle d'amour je ne parle pas d'une espèce de réponse sentimentale et faible. Je ne parle pas d'une force qui est juste un non-sens sentimental. Je parle d'une force que toutes les grandes religions du monde ont vu comme le principe unifiant suprême de la vie. L'amour est la clef qui ouvre la porte qui mène à la réalité ultime. »

Martin Luther King considère que le pouvoir dans ce contexte n'est pas quelque chose de mauvais en soit à partir du moment où il est compris et utilisé correctement, c'est-à-dire quand il n'est pas considéré comme l'opposé exact de l'amour. Pour lui, la mauvaise interprétation que l'amour est l'abandon du pouvoir et le pouvoir un déni d'amour est la raison pour laquelle Nietzsche a rejeté le concept chrétien d'amour et les théologiens chrétiens le concept Nietzschéen de la volonté de puissance.

« Le pouvoir sans amour est dangereux et abusif, l'amour sans pouvoir est sentimental et anémique. Le pouvoir à son meilleur est l'amour implémentant la demande de justice, et la justice à son meilleur est le pouvoir corrigeant tout ce qui fait obstacle à l'amour. »

Une lutte pour le pouvoir sans amour ou conscience est donc vouée à l'échec, que ce soit pour les blancs ou les noirs. Pour lui « c'est cette collision entre un pouvoir immoral et une moralité impuissante qui constitue la crise majeure de notre temps »[93].

Bien qu'homme de foi, Martin Luther est pour la laïcité et il approuve une décision de la cour suprême d'interdire la prière dans les écoles publiques. Il commente que « cela ne cherche pas à mettre hors la loi la prière ou la croyance en Dieu. Dans une société pluralistique comme la nôtre, qui doit déterminer quelle prière doit être dite et par qui ? Légalement, constitutionnellement ou autre, l'État n'a certainement pas ce droit »[94].





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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 19:23

Marxisme, matérialisme et liberté

 

  don_quichotte_daumier Le Don Quichotte de Daumier 


Eva : Non pas un lien politique-religion pervers, ambigu, dangereux, mais un lien où les deux se prolongent  harmonieusement. L'article suivant celui-ci est intéressant, parce qu'il montre comment le politique, ou plus exactement l'échec d'un système politico-économique, le libéralisme, peut conduire au clash des civilisations.

Ici, c'est une réponse pour que politique et religion s'entr'aident pour bâtir un monde plus humain et plus juste.


     Le besoin fondamental du monde, aujourd'hui, surtout en Occident, c'est
un réveil de responsabilité.
    
Car il ne s'agit plus, comme on pouvait encore le croire...jusqu'au milieu du XXe siècle, de simplement prolonger un mouvement historique existant de progrès continu...mais au contraire d'affronter le risque d'une rupture. De faire un choix. Un choix irréversible, dont les conséquences pèseront sur des millénaires.
     C'est pourquoi toutes les conceptions unilinéaires de l'histoire, du "progrès" de Condorcet à la "dialectique historique" inéluctable de Staline, ont fait faillite, et, avec elles les régimes politiques et sociaux dont elles étaient le fondement théorique: du capitalisme libéral au "socialisme" soviétique.
     Il serait temps non pas seulement d'établir franchement ce constat de faillite, mais d'en formuler clairement les causes, toutes les causes, depuis les erreurs théoriques de base jusqu'aux choix aberrants qui en découlent pour les techniques, l'économie, la politique, la culture, la foi.
     Un premier préjugé, aussi profondément enraciné que radicalement faux, qui vicie...le mouvement révolutionnaire, c'est que le socialisme est nécessairement matérialiste, scientiste et athée.
     Il est d'abord historiquement faux qu'il existe un lien constant et organique entre matérialisme, scientisme et révolution.
     ...Historiquement, l'opposition polaire entre entre matérialisme et idéalisme découle de l'absurde dualisme de Descartes opposant l'esprit et la matière, l'âme et le corps, et reliant ce fantôme à ce robot par une mythique "glande pinéale". A partir de là s'opposeront, par exemple, "l'immatérialisme" de Berkeley, prétendant fabriquer le monde avec des "images" et des "idées", qui seraient un "langage que Dieu nous parle", et le "matérialisme" de La Mettrie réduisant l'homme à nêtre qu'une machine, son "homme-machine" n'étant qu'un décalque de "l'animal-machine" de Descartes.

     Ces deux aberrations symétriques, Marx les repousse: au "matérialisme" du XVIIIe siècle français, il reproche deux choses:

     1 - Une conception trés pauvre de la matière, réduite à n'être qu'une portion de l'étendue obéissant à des lois mécaniques. "Le matérialisme devient exclusif...La matérialité perd sa fleur, devient la matérialité abstraite du géomètre. Le mouvement physique est sacrifié au mouvement mécanique ou mathématique...Parmi les propriétés innées de la matière, le mouvement est la première et la plus éminente, non seulement en tant que mouvement mécanique et mathématique mais, plus encore, comme instinct, aesprit vital, force expansive, tourment (qual comme disait Jacob Boehme)" (Marx, La Sainte Famille). La référence à Jacob Boehme, mystique allemand du début du XVIIe siècle, et pour qui l'acte créateur de la liberté était premier, l'être n'étant plus que son sillage figé, est significative: elle montre tout ce qu'il faut étrangement introduire dans le concept de matière pour qu'il devienne opératoire et explicatif.
     2 - Marx reproche aussi au matérialisme antérieur de prétendre s'installer dans l'être au lieu de partir de l'activité pratique des hommes:"Le principal défaut du matérialisme passé - y compris celui de Feuerbach - est que la réalité, le monde sensible n'y sont saisis que sous la forme d'objet ou d'intuition, mais non en tant qu'activité humaine concrète, en tant que pratique, de façon subjective, c'est ce qui explique pourquoi le côté actif fut développé par l'idéalisme, en opposition au matérialisme, mais seulement abstraitement, car l'idéalisme ne connaît naturellement pas l'activité réelle, concrète." (Marx, Première thèse sur Feuerbach).
     Marx est donc obligé de retrouver une conception qui "se distingue aussi bien de l'idéalisme que du matérialisme et qui est en même temps leur vérité qui les unit...Seul ce naturalisme ou humanisme est capable de comprendre l'acte de l'histoire universelle".(Marx, Manuscrits de 1844).
    Cette philosophie de l'acte, antérieure et supérieure, comme chez Jacob Boehme, à la philosophie de l'être, permet seule de rendre compte de la dialectique de l'histoire.
     Marx est reconnaissant aux matérialistes français du XVIIIe siècle comme Helvétius, ou du XIXe siècle comme Théodore Dézamy, d'avoir montré que "l'homme est formé par les circonstances...ce qui rattache nécessairement leur matérialisme au socialisme et au communisme...coïncidant avec l'humanisme". (Marx, La Sainte Famille). Mais il ajoute aussitôt: "Si l'homme est formé par les circonstances, il faut former les circonstances humainement". C'est l'autre versant de la vérité, celui qu'avait traité, bien qu'abstraitement, l'idéalisme. C'est pourquoi Marx ne cesse de répéter, notamment dans Le Capital, en se référant à l'italien Vico, ce philosophe du début du XVIIIe siècle qui, dans sa Scienza Nuova, faisait de l'émergence "poétique" de l'homme, à la différence de l'évolution biologique, le moteur de l'histoire humaine: "ce sont les hommes qui la font" (Marx, Le Capital, II), même s'ils la font toujours dans des conditions non pas arbitraires mais déjà structurées par le passé. C'est parce qu'il retrouvait cette philosophie vivante "en amnt" du dualisme de Descartes, qu'il soulignait, avec Engels (Engels, La révolution démocratique bourgeoise en Allemagne), que "s'il n'y avait pas eu précédemment la philosophie allemande, notamment celle de Hegel" (en 1891, Engels cite Kant, Fichte, Hegel, Schelling, c'est-à-dire toute la lignée "idéaliste"), leur propre socialisme n'aurait pas existé.
     En dehors d'une conjoncture spécifique (la période pendant laquelle l'Eglise s'est associée trés étroitement à la contre-révolution européenne devenant ainsi trés exactement "l'opium du peuple", et où, pour la combattre, les partisans de la révolution bourgeoise au XVIIIe siècle et ceux de la révolution socialiste au XIXe siècle sont amenés à utiliser toutes les armes idéologiques - athéisme, matérialisme, scientisme), il n'y a nulle conjonction entre ces idéologies et la révolution ("L'athéisme est aristocratique", disait Robespierre. Ajoutons: le théisme aussi. Mais ni l'athéisme ni le théisme n'ont quelque chose à voir avec la foi). Le plus systématique des matérialistes, au XVIIe siècle, Hobbes, qui, dans son Léviathan, appliquant le matérialisme mécaniste et scientiste à l'analyse de la société (comme Descartes et La Metrie l'avaient fait pour "l'animal-machine" et "l'homme-machine"), créait, à partir de ce "matérialisme", la politique la plus implacablement conservatrice, puisque, par définition, dans une telle perspective, le futur ne peut être que le prolongement du présent et du passé et de leurs lois inexorables de causalité.
     De même celui que l'on considère comme le fondateur de la "sociologie", Auguste Comte, prétendant découvrir la loi suprême de l'histoire: celle des "trois états", par laquelle l'homme passe de l'illusoire théologie à "la science", aboutit, par cette voie qui se dit "scientifique", au conservatisme le plus radical: "ordre et progrès".
     Il n'y a là nul hasard historique, mais l'expression d'une logique profonde: tout "déterminisme historique" implique nécessairement le conservatisme (Le déterminisme, écrit Martin Buber, ne nous laisse le choix "qu'entre l'esclavage volontaire et la rébellion inutile", Je et Tu): s'il n'y a pas de rupture possible, de "transcendance", mais le simple déploiement de "lois" semblables à celles qui régissent les actions réciproques et le devenir des objets, aucune nouveauté véritable n'est possible: les germes de l'avenir sont déjà contenus dans le passé comme l'arbre dans sa graine.
     Marx avait pressenti, dés sa thèse de doctorat en philosophie, ce rôle conservateur du déterminisme: comparant la philosophie de Démocrite à celle d'Epicure, il soulignait qu'avec le déterminisme de l'atomisme de Démocrite "les hommes ont imaginé le fantôme du destin", alors qu'Epicure, par une infraction irrtionnelle au système, par l'hypothèse purement gratuite selon laquelle il arrive que l'atome dévie de son chemin nécessaire, "nous a émancipés et mis en liberté". Curieusement, dans la conclusion de sa thèse, il lie, en se référant à Schelling, à l'idée de Dieu, celle du fortuit et celle de la liberté.
     La démonstration de Marx était encore trés faible mais elle portait en elle cette vue remarquable: l'homme ne peut être maître de son destin (et donc révolutionnaire) que dans la mesure où il peut rompre avec ses déterminismes et ses conditionnements, nous dirons "les transcende".
     En vérité Marx, soucieux d'élaborer, avant tout, son économie politique du socialsme, n'a jamais mené jusqu'au bout l'analyse de ses fondements philosophiques, mais son économie politique même implique cette philosophie. Ainsi, lorsque dans Le Capital il définit le travail humain, en le comparant au travail de l'abeille u de la fourmi, par l'émergene de la conscience et du projet (Le Capital, I), lorsqu'il rappelle que les hommes font leur propre histoire (voir plus haut) en plaçant au-dessus de tout, comme le soulignait Lénine dans a préface aux "Lettres à Kugelman" de Karl Marx, "l'initiative historique des masses", soulignant qu'une oeuvre d'art conserve sa valeur esthétique même lorsqu'ont disparu toutes les conditions historiques dans lesquelles elle est née, qu'elle n'est donc pas un simple reflet, ou lorsqu'il affirme que l'aliénation n'est jamais si totale qu'elle rende à l'homme impossible la lutte contre l'aliénation.
    

Ce n'est donc pas simple coïncidence historique ni pour des raisons purement contingentes que les origines de l'idée et du mouvement révolutionnaires, en Europe, sont essentiellement chrétiennes.

Marx et Engels le reconnaissent expressément, non seulement avec le parallèle célèbre entre le christianisme primitif et le socialisme (Engels, Contribution à l'histoire du christianisme primitif) mais surtout dans la Guerre des paysans d'Allemagne au temps de la Réforme, évoquant la lutte populaire du premier "théologien de la Révolution" (comme dira Ernst Bloch). Engels érit:"Pour Thomas Mûnzer, le Royaume de Dieu est une société où il n'y aurait plus de différences de classes, de propriété privée, de pouvoir d'état s'opposant à la communauté des membres de la société"(Engels, La guerre des paysans). Engels qualifie Münzer de "prophète de la révolution" et considère que "la position de Münzer...était encore beaucoup plus osée que celle de n'importe quel gouvernement révolutionnaire moderne".
    
Le point de départ de l'idée révolutionnaire en Europe est l'ouvrage théologique sur la Trinité d'un moine calabrais du XIIe siècle, Joachim de Flore. Joachim de Flore construisait,  partir de la Trinité, une théologie de l'histoire: après l'âge du Père, qui était celui de la Loi et de l'Ancien Testament, était venu l'âge du Fils, avec Jesus-Christ et son Eglise. Et Joachim de Flor prophétisait la venue d'un âge de l'Esprit, celui d'une terre nouvelle, sans maîtres, sans propriété, sans Etat, sans riches ni pauvres, sans culte et sans prêtres.
    
Toutes les conceptions ultérieures de l'utopie et de la révolution en Europe serot des formes plus ou moins laïcisées de cette vision du Royaume de Dieu. Il est significatif que, quelques années avant la Révolution de 1848, George Sand écrive son roman Spiridion, injspiré par Joachim de Flore autant que par Leroux et Cabet.
     La première grande révolution européenne sera celle des hussites, en Bohème, qui, de 1419 à 1437, porta au régime féodal les coups les plus rudes qu'il ait reçus jusque-là. Son inspirateur, Jan Hus, puisait directement dans les enseignements prophétiques de Joachim de Flore, comme le fera, un siècle plus tard, Thomas Münzer.
     Les révolutions de l'Europe sont ainsi caractérisées par deux composantes essentielles: une vague populaire de lutte antiféodale et une espérance messianique en l'avènement du Royaume de Dieu.

     En Angleterre, par exemple, le mouvement révolutionnaire des "niveleurs"...était d'inspiration biblique. La "protestation" d'Overton, en 1646, constitue le premier texte révolutionnaire de l'Angleterre: elle est dirigée contre la monarchie, la noblesse et le clergé. Lilburme enseigne que Dieu n'a donné pouvoir à aucun homme d'en opprimer ou d'en exploiter un autre:"Les plus authentiques serviteurs du Christ, écrit-il, furent toujours les plus grands ennemis de la tyrannie et de l'oppression." La Cité du soleil (1623) (première grande expression d'une utopie communiste fondée sur l'égalité politique et économique des hommes) était l'oeuvre d'un moine dominicain, Thomas Campanella, tout comme l'Utopie de Thomas More (1478-1535)(société où règneraient la communauté des biens et l'égalité des hommes devant le travail, dans un système excluant la propriété individuelle, la concurrence, l'argent, les classes et leur antagonisme) était un rêve évangélique:"Le but des institutions sociales en utopie, écrit Thomas More, est de fournir d'abord aux besoins de la consommation publique et individuelle, puis de laisser à chacun le plus de temps possible pour s'affranchir de la servitude du corps, cultiver librement son esprit, développer ses facultés intellectuelles par l'étude des sciences et des lettres. Dans ce développement complet consiste le vrai bonheur".
     Ce serait appauvrir la révolution que de sous-estimer l'une ou l'autre de ses composantes: son moment objectif et son moment subjectif, ce qui en elle est reflet des contradictions, des misères et des révoltes d'une époque, et ce qui est projet de les surmonter.
     La notion de reflet, malencontreusement introduite par Lénine dans la théorie de la connaissance, a beaucoup contribué à discréditer le marxisme. Les partis communistes occidentaux, après bien des hésitations et des réticences, ont été contraints de la remettre en cause en épistémologie et en esthétique où elle exercait aussi ses ravages. La science fut extirpée du purgatoire de la "superstructure" après les vaines polémiques sur "science bourgeoise, science prolétarienne". L'esthétique finit par conquérir une autonomie plus que "relative".
     Mais le parti communiste français...s'accroche encore désespérément à la thèse qui fait de la "foi" une superstructure, qui la confond par conséquent avec la "religion", c'est-à-dire avec l'idéologie à travers laquelle, à chaque époque, elle s'exprime, et finalement à ne voir en elle qu'un "reflet" des luttes sociales, sous-estimant ainsi terriblement le rôle du "facteur subjectif" (dont la révolution iranienne n'est pas le seul exemple), le rôle de levain, et non pas d'opium, que peut jouer la foi, comme le montrent, par exemple, les "théologies de la libération" en Amérique latine...
     Cette conception pauvre de la foi conduit à une conception pauvre de la révolution, qui ne serait qu'une "science" (au sens "scientiste" et "positiviste" du terme) et incapable, comme telle, de poser le problème des fins, en particulier celui de la croissance. C'est ainsi qu'un parti peut encore parler de la "révolution" et s'en réclamer dans les mots, tout en s'intégrant dans le système capitaliste de croissance. C'est ainsi que l'on bascule de l'histoire. C'est ainsi que le sel perd sa saveur.
     Ceci doit être clair:
tout mouvement authentiquement révolutionnaire en Europe ne peut naïtre aujourd'hui que d'une rencontre inédite de la politique et de la foi.
     Seule une telle rencontre, mettant au premier plan le problème des fs, peut permettre à l'économie de définir ses finalités humaines; à la politique d'échapper au totalitarisme ou à la démocratie "statistique"; à la science de surmonter l'opposition entre la technique, qui est manipulation des  moyens, et la sagesse, qui est méditation sur les fins; à la culture de retrouver sa dimension verticale (la transcendance); à la société globale d'échapper à la désintégration du tissu social.   
     Il s'agira bien d'une rencontre, c'est-à-dire d'un dialogue et d'une complémentarité entre la méditation sur les fins et l'organisation des moyens. Mais d'une renconte inédite, car il ne s'agit pas de reconstituer artificiellement une "nouvelle chrétienté"...ce qui signifierait ola mort, sinon, du christianisme, du moins de l'Eglise et de ses institutions. La rencontre sera inédite, c'est-à-dire sans commune mesure avec celle du Concile de Nicée ou de l'Edit de Milan où l'esprit était juif, le dogme était grec, et l'organisation romaine. Le christianisme se trouvait ainsi lié à la civilisation contre laquelle il était né: une "philosophie" se substituait à une manière de vivre, celle de Jésus de Nazareth, l'Eglise devenait un réservoir, ou un musée des secrets théologiques, et non la source d'une vie nouvelle.

     Quel socialisme ? Quelle foi ?

     Nous avons aujourd'hui à affronter à la fois scientisme et religion, deux idéologies dont le, dénominateur commun est le dogmatisme. Le "socialisme" soviétique (Garaudy écrit en 1979,ndlr) est construit sur le modèle de la "chrétienté" catholique: une théologie - ici "religieuse", là athée - y est le fondement d'un système social sacralisé. Finalement, ce qui caractérise notre époque, ce n'est pas l'athéisme, mais la superstition (à commencer par celle de la technique...).
     Alors que le but de toute foi est le renouvellement de notre nature par la prise de conscience de notre dimension transcendante...Ce qui importe, ce n'est pas la profession de foi et les mots, mais la manière dont on conduit sa vie à partir de cette foi...Seule est subversive la foi qui est une expérience transformante...

Comment, à partir de là, définir le socialisme de notre temps ? Par la voie prophétique, c'est-à-dire en rapportant toute chose à sa fin.

Et d'abord l'économie de la croissance en partant des besoins réels des hommes.


Roger Garaudy
, Appel aux vivants, Points Seuil, pp 306 à 314 (extraits)

 

 

Acheter Appel aux vivants et les autres livres de R. Garaudy

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/08/29/10377152.html

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 18:58




Extraits d'un artticle
Ce curieux besoin de
s’inventer des ennemis




En Europe, l’occident s’évertue à restaurer un climat de guerre froide avec la Russie.

Au moyen orient il s’amuse à livrer des guerres de nature coloniale sous prétexte de lutter contre le terrorisme et pour la défense de la démocratie et les droits de l’homme.

L’occident est confronté à une crise profonde qui le laisse désemparé. Son système économique produit toujours plus d’inégalités, sans plus créer de richesses. Le niveau de vie se dégrade. La crise systémique menace, sans que quiconque puisse l’éviter faute d'être en mesure d'imaginer des solutions alternatives. L’Horizon est bouché et le déclin est inexorable.

C’est pourquoi l’occident panique. Les gouvernants cherchent par-dessus tout à éviter le tête à tête avec leur opinion publique, qui pourrait les conduire devant le tribunal de l’histoire. Pour cela, rien de mieux que de s’inventer des ennemis et de livrer des guerres. Plus symboliques d’ailleurs que militaires car l’ouest n’a plus les moyens de ses ambitions, et plus guère de moyens de pressions sur ses nouveaux ennemis. La mondialisation qu’il a mis en place pour ses multinationales, fonctionne désormais au bénéfice exclusif des pays esclavagistes à bas coûts de main d’œuvre et des exportateurs d’hydrocarbures. Aujourd’hui c’est eux qui ont l’argent. L’occident n’a plus que des dettes et des besoins non satisfaits.


Taliban7_4
Puisque la guerre économique est perdue et qu’elle fera des dégâts que l’on fera tout pour cacher, il faut réinvestir le terrain des valeurs, le seul qui puisse encore accréditer l’idée de la supériorité intrinsèque de l’occident. Le clash des civilisations, voilà la solution pour demeurer, dans l’esprit de tous, le camp du progrès, de la liberté, des droits de l’homme et de la démocratie.

Medevdev n’y trompe pas lorsqu’il appelle les américains à s’occuper d’avantage de leur économie et moins de politique internationale « parce que l’économie américaine est au cœur de très nombreux problèmes »

En attendant, la figure de l’odieux taliban, terroriste international et barbare sanguinaire, comme celui de l’ours russe, mal élevé, imprévisible et brutal sont deux bénédictions pour les dirigeants occidentaux.

Malakine

http://horizons.typepad.fr/accueil/2008/08/ce-curieux-beso.html#more


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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 21:00


Le projet espérance,
par Roger Garaudy

 

 

Nous souffrons de vivre dans un monde sans but

Ce qu'on appelle la politique de croissance est une politique pour laquelle le fonctionnement, de la machine est le but. Même si c'est une machine inutile, nuisible, ou mortelle. Un seul credo inavoué: tout ce qui est techniquement possible est nécessaire et souhaitable: fabriquer des bombes atomiques, aller dans la lune, détruire l'avenir par les déchets radio-actifs des centrales nucléaires.

Croissance pour quoi ? Croissance pour qui ?
- Pour les profits de quelques-uns par la manipulation et le conditionnement de tous.
Il n'est pas vrai que la croissance économique permette de surmonter les crises: elle les engendre. Elle conduit à une répartition de plus en plus inégale du pouvoir et des privilèges.
Il n'est pas vrai non plus qu'on puisse arrêter la croissance alors que des milliards d'hommes dans le Tiers-Monde, et des millions dans les pays "riches" n'ont pas encore les moyens d'une vie proprement humaine.
Il ne s'agit pas d'arrêter la croissance mais de l'orienter pour qu'elle serve non l'abaissement de l'homme mais son épanouissement.

 

 

Le marché capitaliste a recréé la jungle animale.
Dans cette nouvelle jungle les forts dévorent les faibles: les grandes entreprises écrasent les petites, les sans propriété sont à la merci des possédants. Les géants carnassiers des sociétés multinationales s'emparent du monde et échappent à tout contrôle des peuples.
Dans un tel univers trois milliards d'hommes sont exploités. Deux milliards d'entre eux ont faim.
Une économie dévoyée par l'accumulation de l'avoir au détriment de la richesse d'être, de l'épanouissement de la vie.
La même jungle règne au niveau politique.
Même publicité des grandes forces dominantes pour des candidats ou des programmes préfabriqués, même confiscation des initiatives de la base par une délégation de pouvoir permanente, globale et professionnalisée, même coupure entre manipulateurs et manipulés, entre dirigeants et dirigés. Personne, à la base, n'a la possibilité de participer à l'élaboration des plans d'avenir, d'en contrôler l'exécution ou les mécanismes. Les décisions dont dépend le destin de tous, de la construction des centrales nucléaires au trafic d'armements, sont prises en dehors de tout contrôle des intéréssés.
Culture et enseignement ont pour fonction essentielle de reproduire cette jungle, avec ses hiérarchies et ses concurrences, en réduisant, le plus possible la réflexion sur les fins et en utlisant les sciences et les techniques pour fabriquer des marchandises et manipuler les hommes.
Dans les pays capitalistes l'homme est mutilé par cette triple aliénation de l'avoir, du pouvoir et du savoir.

Les pays dits "socialistes" (RG écrit en 1976, ndlr) (à l'exception de la Chine) ont adopté le même modèle de croissance, la même coupure individualiste de l'homme, la même coupure entre dirigeants et dirigés.
La prétendue "aide au Tiers-Monde", au lieu d'instituer un véritable "dialogue des civilisations" pour définir ensemble les orientations de l'avenir, tend à intégrer les pays autrefois colonisés au modèle occidental de croissance aveugle qui maintient et aggrave le inégalités entre les classes comme entre les nations.
La possession du pétrole et d'autres matières premières par des pays non occidentaux n'a pas conduit à une nécessaire redistribution des cartes mettant fin à toutes les séquelles du colonialisme et du racisme et permettant la renaissance et la floraison des cultures de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique latine, mais à une intégration plus étroite de quelques pays au marché mondial et au troc de matières premières contre des armements servant à renforcer les ségrégations raciales et les exploitations de classe, à faciliter les putsch militaires.
Telles sont les occasions manquées de l'histoire en cette fin du XXe siècle: ni le développement des sciences et des techniques, ni l'abolition du capitalisme (c'était au temps du monde bipolaire, ndlr)
, ni les défaites du colonialisme n'ont fait émerger un nouveau projet de civilisation, un sens nouveau de la vie.

Nous voulons que notre vie ait un sens, notre histoire un but.
Nous voulons que chacun de nous participe à la découverte de ce sens, à la réalisation de ce but.
Nous voulons que l'histoire de tous soit faite par tous et non  imposée par quelques-uns.
Il n'est pas possible d'amender le système par des réformes partielles.
Il faut en changer radicalement les principes et les structures.
Les principes de base de ce monde inhumain sont ceux de la Renaissance, c'est-à-dire de la naissance du capitalisme, du colonialisme et d'un humanisme clos.
Abolir le capitalisme en son principe même, c'est combattre l'économie de marché, c'est-à-dire une économie fondée sur le profit de quelques-uns, l'exploitation des multitudes, le massacre de la nature considérée comme un réservoir et un dépotoir, la dégradation de l'homme, exploité comme travailleur, manipulé comme consommateur.
En finir avec toutes les survivances du colonialisme c'est engager avec les non-Occidentaux un véritable dialogue des civilisations pour apprendre de leur culture d'autres rapports avec la nature qui ne soient plus seulement techniques mais vitaux, d'autres rapports sociaux qui ne soient ni totalitaires ni individualistes mais communautaires.
Créer un humanisme ouvert c'est élaborer une culture qui ne soit plus faite seulement des réponses du passé mais des questions posées par l'invention du futur, une culture qui ne soit plus le privilège et l'ornement de quelques-uns mais la possibilité de l'épanouissement humain de tous, une culture qui ne ferme pas l'homme sur lui-même mais l'ouvre à une création sans fin de l'avenir par l'émergence poétique et prophétique de ce qu'il y a de divin dans l'homme.

La première tâche est de refaire le tissu social désintégré par le capitalisme rapace, le colonialisme destructeur des cultures, l'individualisme sans amour.
Refaire le tissu social, c'est combler le fossé entre les individus atomisés et les Etats tout-puissants de nos sociétés où il n'existe que des rapports verticaux de hiérarchie et des rapports horizontaux de concurrence.
Refaire le tissu social, c'est créer, à partir des initiatives de la base, et à tous les niveaux de l'économie, de la politique, de la culture, des communautés responsables prenant en charge leur propre vie pour redéfinir les buts humains de chaque activité sociale et ses méthodes d'organisation et de gestion.
Au niveau du travail, dans les entreprises, les universités, les administrations: des Conseils pour l'autogestion, dont la tâche est de devenir responsables de la désignation des dirigeants, de fixer les méthodes de travail et les formes de discipline afin que les objectifs du travail de tout un peuple ne soient pas décidés "par en haut", par des possédants, des technocrates ou des bureaucrates.
Au niveau de la consommation, des communautés de base, c'est-à-dire des organismes qui ne soient ni privés ni étatiques mais communautaires, gérés par les usagers eux-mêmes; pour le contrôle et la régulation des prix, pour la gestion sociale des transports, des assurances, des logements, afin que les besoins émergent autrement que de l'anarchie du marché, des manipulations publicitaires des producteurs ou des décisions d'une bureaucratie centralisée et autoritaire.
Au niveau de la culture, des centres d'initiative pour l'orientation, le contrôle, et la gestion sociale des écoles et des universités, de la télévision et de la radio, de la presse et des éditions, des spectacles et des sports, des hôpitaux, de la santé et des entreprises pharmaceutiques, des maisons de la jeunesse et de culture, afin que de cette révolution culturelle émerge un nouveau projet de civilisation. 
L'organisme central, chargé de définir les grandes options et priorités en matière de planification, de législation sociale, de relations extérieures, d'éducation et de culture, ne peut émaner que de ces communautés de travail.
Ainsi le vieux système parlementaire de représentation par circonscriptions territoriales  - héritage de sociétés agraires et conduisant aujourd'hui à atomiser un peuple en citoyens abstraits - doit être remplacé par une représentation des activités sociales dans un Congrès des conseils de travailleurs manuels et intellectuels.

 

 

 

Ainsi peut naître une nouvelle conception de la politique, qui ne soit plus technique de l'accès au pouvoir par la manipulation ou la répression des masses, mais, à partir de la base, réflexion sur les buts de la société et organisation de la société pour atteindre ces buts.
Cette conception est le contraire de l'anarchie: elle ne se fonde pas sur des principes individualistes mais sur le projet communautaire de recréer le tissu social.
Elle ne nie pas la nécessité d'une "délégation de pouvoir"; elle exclut seulement la délégation permanente, globale et professionnalisée, qui conduit inéluctablement à mettre en place un groupe dirigeant coupé du peuple, parlant et agissant au nom du peuple sans le consulter, dans les gouvernements, les parlements, les partis.
Tout organisme central ne saurait avoir qu'un rôle de coordination, d'information et de formation, et non un rôlr dirigeant.
Pour éviter les formes mystificatrices et oppressives de la délégation de pouvoi, c'est-à-dire l'aliénation politique, il convient d'instituer:
  - une rotation des représentants, interdisant plus d'une réélection;
  - un mandat impératif assorti d'un calendrier de réalisation pour quiconque brigue une fonction élective, et révocabilité automatique si les engagements pris ne sont pas tenus;
  - une information permanente fondée sur le pluralisme des options: sur chaque plan ou programme plusieurs hypothèses seront présentées, avec les conséquences précises découlant de chacune d'elles;
  - une formation permanente, assurant non seulement la rotation politique mais la rotation sociale: un mois de stage de culture pour tout ouvrier ou employé, obligation pour tout étudiant ou enseignant de repasser périodiquement par l'entreprise ou le centre de recherche, afin de n'avoir ni ouvriers à plein temps, ni étudiants, ni professeurs à plein temps, ni dirigeants à plein temps.
Dira-t-on que c'est exiger une profonde mutation de notre style de vie ? Sans aucun doute: c'est la mise en cause la plus radicale de l'individualisme et de l'égoïsme, qui sont, depuis cinq siècles, au principe de nos sociétés occidentales.
Mais l'enjeu c'est la survie de la planète et de chacun de nous.
La seule révolution indispensable aujourd'hui, pour que continue consciemment l'aventure humaine, est à ce prix.
Nous ne transformerons pas le monde sans, en même temps et du même geste, nous transformer nous-mêmes.
Comment atteindre de tels objectifs ? Comment faire émerger et réaliser un tel projet de civilisation ?
Au niveau des moyens comme au niveau des fins il importe de ne pas s'en remettre à d'autres pour faire notre propre histoire.
L'autodétermination des fins et l'autogestion des moyens, dans l'ensemble de la vie sociale, ne peuvent se réaliser tant qu'existe la propriété privée des grands moyens de production, de transport, de crédit et d'échange.. Elles ne peuvent se réaliser non plus si cette propriété est simplement étatisée, transférée à un groupe de technocrates et de bureaucrates.
Le socialisme d'autogestion est incompatible avec le capitalisme de l'Ouest comme avec l'étatisme de l'Est
(RG écrit en 1976...ndlr)
.
A l'heure actuelle seule est possible une autogestion des
luttes.
L'expérience de maintes grèves d'un type nouveau montre que c'est possible.
L'autogestion des luttes c'est le contraire de l'illusion parlementaire ("Donnez-nous vos voix et nous vous octroierons le socialisme !") et de l'illusion des partis ("Adhérez et répercutez nos mots d'ordre, nous ferons le reste").
L'autogestion des luttes c'est le développement des initiatives de la base, sur le lieu du travail, pour ne pas se contenter des nécessaires luttes défensives, mais pour constituer les conseils préparant les contre-pouvoirs pour la direction et la gestion des entreprises et pour créer, dans tous les secteurs de la vie sociale, des communautés de base à des degrés divers d'intégration.
Le socialisme ne peut se réaliser au détail, car les mécanismes régulateurs du système peuvent juguler les tentatives isolées. Mais il faut être prêt, du point de vue de la conscience des buts, et de l'organisation des contre-pouvoirs, à prendre en main, dans une situation de crise profonde et de mise en mouvement de tout un peuple, notre propre sort.
En 1968, personne n'était prêt ni à ouvrir une perspective d'un socialisme d'autogestion ni à faire fonctionner les entreprises, les administrations, la culture, avec d'autres normes que celles du patronat et de l'Etat.
Le problème, aujourd'hui, c'est de faire en sorte que, dans une conjoncture analogue (dont la vraisemblance, à terme, est peu contestable) de n'être pas, une nouvelle fois, pris au dépourvu.

Les choix que nous imposent ou nous proposent les Etats ou les partis ne sont pas à la mesure de la crise et ne peuvent la résoudre. Ces choix sont préfabriqués du dehors, d'en haut.
Les peuples sont désormais adultes. Il devient de plus en plus intolérable que leur histoire et leurs vies soient décidées et faites par d'autres qu'eux-mêmes.
Il est aujourd'hui nécessaire que chacun participe autrement que par un vote illusoire, tous les quatre ou sept ans, aux décisions majeures dont dépend son destin.
Il est possible de créer une culture et une formation qui aident chaque homme et tous les hommes à être créateurs de l'avenir.
Il est possible de changer la vie.
Nous pouvons, dés maintenant, commencer à briser la logique du système qui nous réduit à l'impuissance en nous isolant.
Le premier pas: aller à la rencontre de l'autre - en acceptant sa différence - pour créer ensemble ces communautés de travail, de consommation et de culture.
Contre la jungle des concurrences et l'étouffement des hiérarchies, créons ce rapport humain nouveau, ce tissu social nouveau, et le pouvoir extérieur reculera.
Soyons ensemble responsables, ou bien nous serons dirigés.
Avec vous, par vous, là où vous êtes, l'avenir et l'espérance peuvent commencer à exister, aujourd'hui.


Roger Garaudy

 

 

En 1976, Roger Garaudy publiait "Le projet espérance"(Editeur Robert Laffont), avec en conclusion cet "appel" dont les termes demeurent à mon avis valables et dignes de discussion aujourd'hui.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 20:37



Pour l'Europe des peuples

 
inv

Interview de Jean-Michel Vernochet (publiée sur http://www.toutsaufsarkozy.com), coordinateur de Manifeste pour l'Europe des peuples, ouvrage collectif.


R&A - Considérant les dérives de l’actuelle Union Européenne certains auteurs qui s’expriment dans « Le Manifeste », proposent d’en revenir au texte fondateur du Traité de Rome signé en 1957. Pourtant, la relecture des Pères fondateurs pourrait laisser penser que, dès le départ, les dés étaient pipés ?


JMV - Toute la construction européenne s’est faite autour d’un non-dit. Malentendu pour les uns, arrière-pensée pour les autres. Il est clair que la construction a été lancée sur un a-priori implicite : la destruction des États nations. L’idée même de nation étant devenue odieuse aux nouvelles classes dirigeantes dans un monde occidental dominé, au lendemain de la guerre, par un modèle démocratique à prétentions universalistes, exporté par l’Amérique. La nation est depuis accusée de tous les maux, la responsabilité de toutes les guerres passées, présentes ou futures. Cela était évidemment mensonger, mais le propre des idéologiques dogmatiques n’est-il pas qu'elles soient admises et imposées comme Vulgate, sans le moindre examen critique. Intelligentsia et politiques réunis ont tous communié dans la volonté de détruire l’idée même de communauté nationale. Notion toujours méprisable lorsqu’il s’agissait des peuples de la vieille Europe, mais exaltée lorsqu’il s’agissait de soutenir les mouvements exotiques de libération nationale. Attitude schizophrénique, mais en surface seulement puisque la logique inavouée était une guerre sans limites contre la souveraineté des anciennes nations appelées à se satelliser puis se fondre dans l’espace marchand et sécuritaire euratlantique.
Loin de s’affaiblir avec le temps cette haine de l’État national (c’est-à-dire incarnant une communauté et une continuité de destin historique, ethnoculturel), s’est exacerbée jusqu’ à produire une guerre de sept ans en Europe même avec pour but le démantèlement de la Fédération yougoslave. Processus non encore achevé malgré l’épuration ethnique qui a frappé les Serbes dans leur foyer historique du Kossovo et qui pourrait nous réserver des surprises tant la poudrière balkanique mérite bien son nom !
Notons que cette guerre intra-européenne, la première depuis septembre 1939, se déclenche alors que la construction communautaire a pris un tournant décisif avec la signature du Trait de Maëstricht le 7 février 1992, intervenu alors que le processus de désintégration de la Yougoslavie vient de commencer avec la sécession, soutenue par l’Allemagne, de la Slovénie le 25 juin 1991. Cette guerre européenne n’a en fait été rendue possible que par la signature le 17 février 1986 de l’Acte unique européen qui, en matière de sécurité collective, associait le destin de l’Union de l’Europe occidentale à celui de l’Otan qui portera au printemps 1999 le coup de grâce à la Fédération yougoslave au cours de deux mois de bombardements intensifs notamment sur des objectifs civils, soit autant de crimes de guerre.
Les guerres balkaniques ont ainsi révélé la vraie nature de l’Union européenne dans sa vocation à servir les objectifs politiques et militaires de la puissance atlantique au cœur même de l’Europe. Pour mémoire, je rappellerais en raccourci que le Kossovo abrite aujourd’hui la plus grande base américaine à l’Ouest du continent, que d’autres sont en cours d’aménagement chez les derniers arrivants, Roumanie et Bulgarie ; que la Pologne, supplétif des anglo-américains en Irak (où à contre sens du mouvement général de désengagement, renforce son contingent à l’heure de la débâcle !), va installer des batteries de missiles anti-missiles qui n’ont évidemment pas vocation à bloquer d’éventuelles frappes iraniennes, mais bien à contenir, au sens d’encercler, une Russie qui poursuit son effort de reconstruction nationale. Je rappelle enfin, que la guerre du Kossovo a été conduite par les Européens sous la houlette du Grand frère - Big Brother – américain, hors de toute légalité internationale, c’est-à-dire sans l’aval du Conseil de Sécurité, mais sous la bannière du Pacte atlantique !



Plusieurs États, membres de l’Union ce sont aujourd’hui associés aux Etats-Unis dans leur guerre d’agression contre d’autres États souverains, en Irak, par exemple, l’un de ce derniers verrous de souveraineté qui bloquent l’intégration des peuples au sein d’un vaste espace de pillage économique – ce que d’aucun nomment le marché global – au profit de minorités oligarchiques, lesquelles ont théorisés la concentration des pouvoirs d’argent entre leur main au nom d’une prétendue liberté : celle du renard libre dans le poulailler libre ; étant entendu que les volailles s’interdisent de battre des ailes pour échapper à leur sort. À ce titre, les peuples ne sont plus aujourd’hui, à mes yeux, que du bétail taillable et corvéable à merci au seul profit des prophètes d’un ultralibéralisme dont la seule foi et la seule loi, tiennent dans la concentration sans limites de puissance entre leurs mains, celle d’une poignée d’élus régnant sur l’univers.


R&A - Pourtant un argument souvent martelé est que, malgré ses imperfections, la grande réussite de l’Europe c’est la paix ?


JMV – Plus c’est énorme et mieux ça marche. Plus le mensonge est phénoménal et plus il devient incontestable. D’ailleurs qui peut répondre, et où, et comment ? La grande presse est aux mains d’analphabètes recrutés spécifiquement pour leur ignardise et leur absence de jugement personnel, qui tournent très vite menteurs professionnels parce qu’enfin, ils ont quand même des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. L’exemple des guerres balkaniques est exemplaire et l’affaire n’est pas terminée ; après la Yougoslavie, une fois le Kossovo indépendant, ce sera au tour de la Macédoine. Pendant ce temps l’on nous serine « l’Europe, c’est la paix ». Du pur Orwell. Je signale au passage que pour constituer la Légion arabe qui participa à la guerre de Bosnie sous les auspices de la CIA, Oussama Ben Laden bénéficia d’un passeport diplomatique bosniaque qui lui fut remis à Vienne ! Cela en dit long sur les dimensions cachées des conflits d’Europe orientale et des manipulations qui les accompagnent…
Pour ne pas conclure sur ce chapitre, je note que l’Union participe aux côtés des É-U à sa Guerre sans limites contre l’aire civilisationnelle islamique : n’est-ce pas l’Otan qui conduit les opérations sur le théâtre afghan ? L’Otan, jusqu’à plus ample informé, c’est essentiellement l’Europe. De jeunes européens font donc actuellement la guerre au profit des oligarques et des néo-conservateurs américains. Double conclusion : l’Europe américaine sous tutelle de l’Otan, c’est la guerre ; les politiques et leurs sbires médiatiques nous prennent pour des imbéciles.


R&A – Dans le domaine économique, l’idéologie officielle de l’Union est celle du libre-échangisme intégral. Cela nous a-t-il finalement permis de créer un espace de coprospérité viable ?


JMV - Évidemment non. La liberté des échanges, des personnes, des biens, des idées fonctionne, la plupart du temps, à sens unique. En ce qui concerne les personnes essayez donc d’immigrer illégalement n’importe où dans le monde, vous m’en direz des nouvelles. Il n’y a que dans l’Espace Schengen où l’on puisse entrer comme dans un moulin, s’installer et faire prévaloir des droits exorbitants du sens commun. Quant aux É-U, la Chine, l’Inde, ils protègent jalousement leurs frontières et ces superpuissances ne se privent pas de recourir à des mesures protectionnistes que nous nous interdisons au motif de respecter un carcan de règles infernales qui dévastent nos économies les transformant littéralement en friches industrielles sous l’effet du tsunami des délocalisations vers les pays sans coûts sociaux. La dérégulation générale de l’économie, et ce n’est là qu’un paradoxe apparent, s’accompagne en outre d’une division internationale du travail voulue par les sorciers planétaristes qui décident de nos destinées dans les enceintes du le G8, de l’Otan, de l’OMC. En fait de co-prospérité, l’élargissement démentiel de l’Union à l’Est, tire nos économies vers le bas, nous appauvrit, stérilise nos énergies. Et parce que les nouveaux entrants sont étroitement inféodés aux É-U - à l’Est Washington ne se gêne pas de pratiquer une politique clientéliste avec ses nouvelles démocraties bananières - l’Union élargie à vingt-sept constitue à l’évidence un vrai danger dans l’actuelle conjoncture de guerre. Je veux parler du conflit qui peut intervenir à tout instant contre l’Iran.


R&A - Le protectionnisme ne serait-il pas un choix économique suicidaire pour l’Europe ?


JMV – C’est ce que l’on a voulu nous faire croire pendant des décennies. Cela fait partie de l’arsenal ordinaire du terrorisme intellectuel. Il n’y a pas que les hommes qui soient diabolisés, les idées aussi. Cela permet d’interdire des champs sémantiques essentiels à la compréhension du monde et sans lesquels il ne saurait y avoir de liberté de pensée et d’action. Ce ne sont pas seulement des mots qui sont retranchés du vocabulaire, mais des idées qui sont interdites : s’il vous manque des pièces dans le mécano vous permettant de construire une vision cohérente du monde, vous construisez autrement, de façon bancale, incomplète, faussée.
L’interdit qui frappe certains mots dans cette Novlangue, tels ceux de nation, d’identité – on vient de le voir dans la campagne des présidentielles – ou son corollaire ethnicité, rend impossible de penser la réalité et par conséquent canalise l’action à sens unique. Nous sommes peu à peu enfermés dans des labyrinthes sémantiques qui cassent la logique du vivant – comme dans les nouveaux plans de circulation de la Capitale - et interdisent l’action ; nous sommes prisonnier d’une matrice logique qui nous coupe du réel comme l’avait imaginé George Orwell. De façon générale, le protectionnisme linguistique est essentiel à notre survie en tant que peuple. Nous devons œuvrer contre toutes les tendances à la déstructuration linguistique, tous les abâtardissements anglomaniaques ou créolisant.
Il est clair qu’en matière économique, un certain protectionnisme relève du plus élémentaire bon sens, notamment dans les secteurs où nous devons en aucun cas ne pas dépendre des importations. L’agriculture en est un parmi d’autres : l’éventualité très présente de crises internationales engendrant une rupture des approvisionnements extérieurs, crée une insupportable dépendance. Idem pour l’énergie, ceux qui prônent l’abandon du nucléaire sont, au mieux, des imbéciles.


R&A - Douze millions de paysans sont portés manquants en Europe, les mines, la sidérurgie, le textile ont presque disparu, maintenant les secteurs de haute technologie comme Airbus, paraissent menacés. Quel doit être notre destin dans un monde dominé par la grande finance apatride ?


JMV – Ne plus avoir de destin du tout puisque nous n’existerons plus en tant que peuple doué d’une conscience et d’un imaginaire collectif. Les champs de ruines industriels, mille ans de terroirs effacés par l’agrobusiness, la mémoire effacée des paysages et les jeunes cervelles lessivées par le système de formatage idéologique qui se nomme par antiphrase « Éducation nationale », la déculturation et la zombification universelle, seront notre destin. Celui d’un bétail humain producteur et consommateur et, le cas échéant, chair à canon destinée à l’abattoir dans des guerres perpétuelles opposant le Nord au Sud, l’Ouest à l’Est. Notre destin se situe quelque part entre la matrice des frères Wachowski et « 1984 ».
Je précise que cette façon de voir n’est pas outrancièrement pessimiste ; nous y sommes déjà et la meilleure preuve en est que nous n’en avons que peu ou pas conscience du tout ! Nous ne décidons plus de rien, nous le peuple réputé souverain, car ladite démocratie est depuis longtemps totalitaire à bas-bruit, tout est prohibé et les rares choses autorisées le sont très explicitement (et non le contraire comme l’avait bien noté Coluche). Nous sommes caporalisés, enfermés dans un monde de sens unique, de panneaux d’interdiction, suspects de naissance... N’êtes-vous pas d’accord ?


R&A - Plusieurs contributeurs au « Manifeste » se rattachent à la mouvance souverainiste. Si nous partageons avec eux la conscience aiguë du danger lié à une construction européenne supranationale, a contrario, le refus de l’Europe ne constitue-t-il pas un autre danger ? Celui d’un repli sur le bastion national menacé de n’être plus à terme qu’un ghetto hexagonal ? L’espace géopolitique européen n’est-il pas notre dernière chance ?


JMV – Cela ne se discute pas. Face aux « empires » émergents d’Asie et la surpuissance de la thalassocratie anglo-américaine, notre seule issue est dans la construction d’une Europe-puissance où chacun conservera ses atouts. À nous d’inventer un modèle qui saura associer les prérogatives de la souveraineté avec le jeu coordonné de l’ensemble. Il est clair que certains États auront une voix prépondérante ; la France, l’Allemagne, ou les deux réunis, si la convergence de vue et d’intérêt est atteinte. Pour tout orchestre, il faut un conducteur, le reste est bavardage. De toute façon, seuls, nous ne faisons pas le poids, surtout en traînant le fardeau des droits de l’homme et d’une dette pharamineuse… Quant aux dits souverainistes, permettez-moi de douter de la pureté de leurs intentions : n’ont-ils pas épousé la rhétorique mortelle du Choc des civilisations dont la traduction ici sera la guerre civile ? N’étant pas totalement des sots, j’imagine que leur conception de la souveraineté n’est pas du tout en rupture avec l’atlantisme ; la seule ligne de clivage politique ayant un sens - à présent que droite et gauche sont mortes ou quasiment - est entre indépendance ou satellisation. Les avez-vous entendu dénoncer l’Otan ? Non ? Bon alors !


R&A - Qu’est-ce que l’Europe ?


JMV – Vaste question. L’Europe des peuples préexiste à son concept. La réalité précède l’idée et le mot. L’Europe est une réalité née de l’histoire. Elle existe parce que tous autant que nous sommes, sortons d’une matrice ethno-culturelle commune. Il a les négateurs de l’Europe réelle, ceux qui effacent délibérément les origines et font la guerre à notre mémoire collective ; ceux qui voudraient exclusivement des Européens de papier selon ce qu’ils appellent des critères de convergence. À ce titre, n’importe qui peut se déclarer européen s’il remplit le cahier des charges établi par les eurocrates. Évidemment, il faut d’urgence revenir à la réalité, sortir du rêve éveillé et rebâtir un monde pour des hommes de chair et d’os. L’utopie européiste, meurtrière comme toutes les utopies, nous conduit droit au chaos économique et social. À nous de changer ce funeste destin. À nous de retrouver les chemins de la liberté.


R&A : Le « Manifeste » appelle à une refondation du projet européen comme préalable à renaissance des peuples. Comment vous situez vous idéologiquement par rapport à la ligne de notre revue ouvertement identitaire, grande européenne et révolutionnaire ?

JMV - Rien de ce qui est humain, et particulièrement français et européen, ne m’est étranger. La France est ma terre natale, l’espace culturel et linguistique qui a façonné ma personnalité et modelé ma façon de penser, d’être au monde. Nous faisons corps avec la terre nous vivons. Peut-être peut-on aller jusqu’à dire que nous sommes imprégnés ou possédés par l’esprit de la terre où nous vivons. Toujours est-il que, si aujourd’hui nous ne réagissons pas, nous sommes des condamnés à mort. Mort économique, culturelle, nous disparaissons en tant que peuple porteur d’une haute culture ; nous nous fondons dans un magma humain aux couleurs de la world culture, autrement dit le néant culturel.
Certains ont pu parler encore dans un passé récent de la mission spirituelle de la France, sans aller jusque-là, disons que nous avons un devoir de survie ; or nous ne survivons que dans et par nos enfants dans la mesure où ils nous ressemblent ; ceci suppose la préservation du terreau où ils poussent, c’est-à-dire le support existentiel, territoire matériel, géographique, qui est aussi espace spirituel et culturel. Nous avons également un devoir de fidélité à l’égard de nos aïeux, de nos ancêtres qui ont tant sacrifié, souffert et espéré pour bâtir cette France qui est nôtre d’héritage et de droit ; une entité physique réelle, charnelle, organique et pas seulement une idée pouvant être frappée d’obsolescence. Ne varietur. Cette conscience et cette volonté d’être nous-même, de transmettre ce que nous avons reçu à ceux qui viennent et qui sont nos fils, qui donc, par filiation sont porteurs et vecteurs des destinées anciennes, cela est notre droit et notre devoir.
Si revenir au réel est une attitude révolutionnaire et bien oui, je me déclare comme tel. Je milite pour la révolution du vivant contre les idéologies de mort qui vouent les hommes et les cultures au suicide collectif. Seul l’homme enraciné peut prétendre à l’universalité. Il faut être pleinement soi-même, inscrit dans une lignée cohérente, venant du passé pour aller vers l’avenir. La seule façon d’être humain est d’être pleinement soi-même, conscient et libre de ses choix. La société que nous devons bâtir devra permettre cette assomption de l’homme. Dans le cas contraire, elle est son pire ennemi.

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/01/20/7632909.html

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 19:14


Appel aux vivants





Roger Garaudy

Il a écrit une cinquantaine d'ouvrages,
dont :

  • Le communisme et la renaissance de la culture française (1945)
  • Les sources françaises du socialisme scientifique (1948)
  • Le manifieste du parti communiste: révolution dans l’histoire de la pensée socialiste (1952)
  • Théorie matérialiste de la connaissance (1953)
  • Mesaventures de l’anti- marxisme. Les malheurs de M. Ponty (1956)
  • Humanisme marxiste (1957)
  • Questions à Jean-Paul Sartre, précédées d’une lettre ouverte (1960)
  • Dieu est mort, PUF, Paris (1962)
  • Qu’est-ce que la morale marxiste? (1963)
  • Karl Marx, Seghers, Paris (1965)
  • Marxisme du XXe siècle, La Palatine, Paris-Genève, 1966
  • Le Problème chinois (1967)
  • Lénine, PUF, Paris (1968)
  • Pour un réalisme du XXe siècle. Etude sur Fernand Léger (1968)
  • Pour un modèle Français du Socialisme (1968)
  • Le Grand tournant du socialisme, Gallimard, Paris (1969)
  • Marxistes et chrétiens face à face, en collaboration avec Q. Lauer, Arthaud,Paris, 1969
  • Toute la vérité (1970)
  • Reconquête de l'espoir, Grasset, Paris (1971)
  • L’Alternative, Robert Laffont, Paris, 1972
  • Parole d'homme (1975)
  • Le projet espérance, Robert Laffont, Paris, 1976
  • Pour un dialogue des civilisations Denoël (1977)
  • Appel aux vivants, Éditions du Seuil, Paris (1979)
  • L’Affaire Israël (1980 environ)
  • Appel aux vivants (1980)
  • Promesse d'Islam (1981)
  • Pour l'avènement de la femme, Albin Michel, Paris (1981)
  • Biographie du XXe siècle, Tougui, Paris, 1985
  • Les Fossoyeurs. Un nouvel appel aux vivants, L'Archipel, Paris, 1992
  • Mon tour du siècle en solitaire, mémoires, Robert Laffont, Paris (1989)
  • Intégrismes (1990)
  • Les Orateurs de la Révolution française (1991)
  • À Contre - Nuit (1992)
  • Avons-nous besoin de Dieu ?, introduction de l'abbé Pierre, Desclée de Brouwer, Paris (1993)
  • Souviens-toi : brève histoire de l'Union soviétique, Le Temps des cerises, Pantin (1994)
  • Vers une guerre de religion ? Débat du siècle, Desclée de Brouwer, Paris (1995)
  • L'Islam et l'intégrisme, Le Temps des cerises, Pantin (1996)
  • Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, Librairie du savoir, Paris (1996)
  • Grandeur et décadences de l'Islam, Alphabeta & chama, Paris (1996)
  • Mes témoins, Editions A Contre-Nuit, Paris, 1997
  • Les Etats-Unis avant-garde de la décadence, Editions Vent du Large, Paris, 1997
  • Le Procès de la liberté, en collaboration avec J. Vergès, Vent du large, Paris, 1998
  • L’Avenir, mode d'emploi, Vent du large, Paris, 1998 http://abbc.net/garaudy/french/avenir/index.htm
  • L'Islam en Occident, Cordoue capitale de l'esprit, L'Harmattan, Paris (2000)
  • Le Terrorisme occidental, Al-Qalam, Luxembourg, (2004)


Biographie [modifier]

Protestant dans sa jeunesse, tandis que son père était athée et sa grand-mère maternelle fervente catholique, Roger Garaudy se revendique volontiers comme polémique et hérétique. Alors qu'il suit des études universitaires, il devient membre du Parti communiste français en 1933. Il est reçu cinquième à l'agrégation de philosophie en 1936. Mobilisé en 1939, il est prisonnier de 1940 à 1942 dans les camps vichystes d'Afrique du Nord (camp de Djelfa, Algérie). Devenu membre du Comité central du Parti (1945), il est élu député communiste du Tarn (1945-1951), puis de la Seine (1956-1958), et sénateur de Paris (1959-1962). C'est à l'époque de sa députation qu'il rencontre et se lie d'amitié avec l'abbé Pierre, également député au sortir de la guerre.

Directeur du Centre d'études marxistes, il en fut pendant des années le philosophe officiel du Parti, auteur notamment d'une thèse sur La Liberté à l'université de Moscou, sous Staline avant d'en être exclu en juin 1970, époque où il était en dissidence marxiste, proche des idées de Mai 68. Il devient alors catholique avant de se convertir en 1982 à l'islam.

Il est l'auteur d'une cinquantaine de livres, traitant particulièrement de l'histoire et des grandes figures du communisme et de la religion.

Titulaire d'un doctorat de philosophie avec une thèse sur la Théorie matérialiste de la connaissance (Sorbonne, 1953), il enseigna à l'université de Clermont-Ferrand, où il s'attira les foudres de Michel Foucault, qui le poursuivait de ses sarcasmes et le poussa à la démission, comme le raconte Didier Eribon dans la biographie de Foucault.

Roger Garaudy a créé sa propre fondation en Espagne à Cordoue : fondation Roger-Garaudy. Elle est abritée dans la Tour de la Calahorra. À l'intérieur, on découvre plusieurs personnages qui retracent l'histoire de l'Islam à Cordoue à la fin du Moyen Âge.

Alors qu'on prétend qu'il vit dans un pays arabe ou en Espagne, Roger Garaudy a déclaré vivre en banlieue parisienne lors de l'émission Second regard, diffusée le 28 janvier 2007 sur Radio-Canada, qui l'interrogeait sur l'amitié qui le liait à l'Abbé Pierre.

En 2002, il reçoit le prix Kadhafi des droits de l'Homme de la Libye.

Condamnation pour Les Mythes fondateurs de la politique israélienne [modifier]

Roger Garaudy est l’auteur d’un ouvrage intitulé Les mythes fondateurs de la politique israélienne, qui fut publié en 1995 par les éditions La Vieille Taupe qui ne le servit qu'à ses propres abonnés, puis réédité en 1996. Cet ouvrage, se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les Mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

Il soutient la thèse négationniste d'un complot sioniste, qui aurait inventé la Shoah pour justifier l'expansionnisme israélien, nie donc le génocide commis par les nazis contre les Juifs, et rejette les thèses que les historiens ont admis depuis des décennies. Il adopte ainsi les thèses fondamentales du négationnisme : Hitler n'aurait pas donné l'ordre de l'extermination ; le mot extermination serait une fausse traduction et désigne en fait l'expulsion des Juifs ; les juifs furent décimés par le typhus et les crématoires servaient à brûler les cadavres des victimes de la maladie ; il n'y aurait pas de témoins fiables ; les crimes des Alliés seraient pires que ceux des nazis ; les chambres à gaz n'existeraient pas ; des tortures auraient été infligées aux prisonniers nazis pour leur faire avouer le génocide ; théorie du complot juif, absence prétendue de réfutation des thèses du négationnisme, impossibilités matérielles liés au Zyklon B et au fonctionnement des crématoires. L'antisionisme radical de Roger Garaudy l'avait conduit, dès 1982, à placer sur le même plan sionisme et nazisme.

L'« affaire Garaudy » est d'abord révélée par Le Canard enchaîné en janvier 1996, suivi par quelques quotidiens nationaux, entraînant contre lui, le dépôt de plusieurs plaintes avec constitution de partie civile pour contestation de crime contre l'humanité, diffamation publique raciale et provocation à la haine raciale par des associations de résistants, de déportés et des organisations de défense des droits de l’homme. Puis, le scandale est médiatisé en avril 1996, lorsque Roger Garaudy et son avocat Jacques Vergès, annoncent le soutien de l'abbé Pierre, qui est exclu de la Licra et est contraint de s'éloigner de la vie médiatique. Converti à l’islam depuis le début des années 1980, Roger Garaudy avait aussi reçu pendant le procès le soutien d’intellectuels de pays arabes et musulmans.

suite à

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Garaudy

Mon opinion : Le négationnisme est intolérable.
La Shoah des Juifs est un fait historique indiscutable, et intolérable.
Reste que Garaudy a le droit d'exprimer ses opinions,  cela fait avancer le débat, tout débat étant légitime en tant que tel, et on n'a pas le droit de condamner, à cause de ce négationnisme non défendable, Garaudy tout  entier, car il a écrit une oeuvre immense, ses engagements humanistes, notamment pour le dialogue des civilisations, sont avérés et remarquables. Pour ma part, j'aime ces mots (titres de livres écrits par lui) :

  • Parole d'homme (1975)
  • Le projet espérance, Robert Laffont, Paris, 1976
  • Pour un dialogue des civilisations Denoël (1977)
  • Appel aux vivants, Éditions du Seuil, Paris (1979)
  • Pour l'avènement de la femme,
  • etc...

Un homme, une oeuvre, assurément à découvir, en formulant les réserves qui s'imposent.

Eva, humaniste pour le dialogue des civilisations et résistante à l'intolérable


Ses Mandats politiques [modifier]

Député du Tarn
  • 21/10/1945 - 10/06/1946 : Tarn - Communiste
  • 02/06/1946 - 27/11/1946 : Tarn - Communiste
  • 10/11/1946 - 17/04/1951 : Tarn - Communiste
Député de la Seine
  • 02/01/1956 - 08/12/1958 : Seine - Communiste
Sénateur de Paris
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Published by Eva R-sistons au choc de civilisations - dans Politique et religion
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  • : Eva pour la communion des civilisations
  • Eva pour la communion des civilisations
  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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