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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 18:39



Une si chaleureuse humanité


Luc Collès
, professeur à l'Université Catholique de Louvain, et qui me fait l'honneur et l'amitié de livrer sur ce blog des articles de haute tenue inédits en général sur la toile, m'a envoyé un commentaire au précédent message concernant le livre de Roger Garaudy "Parole d'homme". Ce commentaire, auquel je m'associe sans réserves, mérite la "une" du blog. Le voici:

Cet article, relatif au même ouvrage "Parole d'Homme", complète admirablement le mien, intitulé "Le bonheur selon Garaudy":
Je remercie mon presque homonyme pour son témoignage. Nous avons, sur ce blog, une véritable anthologie de la pensée de Garaudy au point de pouvoir nous faire une idée de sa personnalité complexe.

Voici ce que j'écrivais à l'auteur le 3 novembre 2003:
"Vos réflexions ont toujours trouvé en moi un écho très profond. Vous m’aidez à vivre et à penser et je vous en suis infiniment reconnaissant. Je continuerai à parler de vous autour de moi en combattant les préjugés ou les idées fausses qui circulent à votre sujet. Tôt ou tard, on se rendra compte de votre fidélité à vos engagements en faveur d’un monde plus juste, plus humain et ouvert à la transcendance."

A l'heure où nous savons Garaudy affaibli et malade, ayons pour lui une pensée amicale et remercions-le pour sa si chaleureuse humanité.

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/08/01/10094561.html

Le bonheur selon Garaudy.
Par Luc Collès

 

« Le règne de Faust  a pris fin en mai 1968 : l?homme croit de moins en moins que le bonheur s'identifie avec la puissance et la possession. Son projet de bonheur est de moins en moins lié à la promesse de Descartes d'une « science qui nous rend maîtres et possesseurs de la nature ».

     Ses rêves ou ses projets de bonheur sont de plus en plus liés à un art de vivre de nouveaux rapports avec la nature, avec les autres hommes, avec l'avenir et le transcendant.

      De nouveaux rapports avec la nature qui ne soient plus des rapports de conquérants mais d'amoureux. Rousseau retrouve, à travers Illich, de nouveaux disciples. Le paysage chinois de l'époque Song, où l'homme appartient à la nature et non la nature à l'homme, est plus près de notre sensibilité que les grandes constructions de l'humanisme de la Renaissance, avec ses condottieri, ses princes, ou ses banquiers, dont les portraits n'utilisent la nature que comme un décor lointain. Le masque africain, rendant visible l'invisible, nous est plus proche et fraternel que la reconstruction possessive du monde dans l'art classique, et la musique concrète nous aidant à nous unir ou à nous fondre avec l'univers ambiant exerce parfois plus d'attirance que les grandes harmonies en lesquelles s'exprimait la domination sans partage de l'esprit humain. Le bonheur, c'est cette participation au tout qui m'habite et fermente en moi. Le bonheur, c'est quand la nature entière est devenue mon corps.

        De nouveaux rapports avec les autres hommes qui ne soient ni l'individualisme de jungle ni le carcan totalitaire, mais des rapports de communauté et d'amour.  Ce besoin fraternel se traduit par la constitution de multiples communautés de base. Ce besoin d'amour s'exprime parfois de façon pervertie, lorsque Sade retrouve à son tour, à travers Freud, de piètres émules dans l'érotisme du cinéma et de la drogue. Il témoigne, en revanche, d'une aspiration nouvelle au bonheur dans l'amour de l?autre, lorsque l'autre n?est pas la limite de ma liberté, mais au contraire sa condition, lorsqu'il est non pas une réalité extérieure, mais cette partie de moi-même qui me manque et qu'il m'appelle à être. Le bonheur, c'est d'abord l'amour. La plénitude sexuelle entre un homme et une femme, lorsqu'elle est portée par tout le sens de leur vie, en est l'image la plus immédiate et la plus belle.

      De nouveaux rapports avec l'avenir et le transcendant, des rapports qui ne seraient plus ceux de la simple extrapolation quantitative, technologique, des moyens, à la manière de la « futurologie » positiviste, mais invention du futur. La transcendance n'est pas seulement dépassement et rupture, mais découverte de possibles nouveaux, que je cherche et crée par mon propre effort, en même temps que je l'accueille comme un don (certains diront une « grâce »). Les sagesses de l'Orient et de l'Afrique, du Tao, du Zen, du Yoga, de la danse liturgique, nous ont appris que le bonheur commençait avec la dépossession de soi, avec l'abandon de nos individualismes illusoires, de nos dualismes destructeurs, et avec la communion avec le tout. Un authentique dialogue des civilisations avec les non-Occidentaux est la condition première de notre dépassement des conceptions occidentales, faustiennes, du bonheur, des conceptions dualistes qui nous mutilent : ni le corps ni l'esprit ne peuvent être joyeux séparément.

      Le bonheur, c'est cette création, la participation à la création continuée d'un homme toujours plus un, d'un monde toujours plus humain. » (Roger Garaudy, Parole d'homme, Paris, Laffont, 1975)


LE BONHEUR SELON GARAUDY :
POUR UN DIALOGUE
DES CIVILISATIONS
 


« N'est condamnable que ce qui existe isolément: dans le tout, tout se résout et s'affirme. Il ne nie plus mais une telle croyance est la plus haute de toutes les croyances possibles ; je l'ai baptisé du nom de Dionysos. »
               NIETZSCHE, Le Crépuscule des idoles.

    A la fin du XVIe siècle déjà, Christopher Marlowe, dans sa Tragique histoire du docteur Faust, donnait le mot d'ordre de la civilisation occidentale : « Faust, par ton cerveau puissant, deviens un Dieu, le maître et le seigneur de tous les éléments. » C'était, avec un demi-siècle d'avance, la promesse de Descartes d'une « science qui nous rende maîtres et possesseurs de la nature ».

L?homme unidimensionnel

    Dans toute son oeuvre, Roger Garaudy dénonce les fondements d'une telle civilisation. Les Occidentaux considèrent que l'individu est le centre et « la mesure de toutes choses » (Protagoras) ; ils réduisent la réalité au concept (« Je pense, donc je suis ») et érigent en valeurs suprêmes  la science et les techniques comme moyens de manipuler les hommes et les choses. Ce modèle faustien s'est surtout développé depuis la Renaissance, laquelle n'est pas seulement un phénomène culturel, mais aussi la naissance conjointe du capitalisme et du colonialisme. C'est à cette époque que se crée l'homme unidimensionnel qui nie les autres manières de penser et de vivre le rapport de l'homme avec la nature, avec les autres hommes et avec le divin.

    Du XVIe siècle à la fin du XXe siècle, le développement du monde occidental a reposé sur trois primautés : celle de l'action et du travail (« C'est en agissant sans relâche que l'homme déploie toute sa grandeur », dit le Faust de Goethe), celle de la raison (l'esprit étant réduit à la seule intelligence) et celle de la croissance vue en termes quantitatifs (production de besoins artificiels et des moyens de les assouvir). Pour Roger Garaudy, un tel modèle ne pouvait conduire qu'à la crise que nous connaissons aujourd?hui.

    Des visions du monde holistiques

    « Le bonheur » est un des vingt thèmes que le philosophe aborde dans son essai Parole d'homme (Laffont, 1975). En exergue à la rubrique consacrée à ce sujet, il évoque Dionysos qui, dans la pensée de Nietzsche, est opposé au rationalisme et à la métaphysique socratique, lesquels n'ont cessé de déformer la réalité en en privilégiant certaines composantes. Garaudy affirme ensuite avec force une de ses convictions fondamentales : la création d'un avenir heureux exige que soient retrouvées les dimensions de l'homme développées dans les cultures non occidentales. Comprendre la vie, c'est d'abord la saisir dans son unité. Plus tard, il développera cette thèse dans Pour un dialogue des civilisations (Denoël, 1977) et dans Appel aux vivants (Seuil, 1979) en témoignant de l'expérience planétaire qui l'a conduit à cette certitude et en présentant un projet politique concret.

    Ainsi évoque-t-il la vision dialectique et non logico-mécanique de la pensée chinoise : l'action réciproque des principes du Yang et du Yin implique une conception complexe de l'action et de la réaction, à l'intérieur d'une totalité unique des phénomènes. Le bonheur ne peut être atteint par l'individu considéré séparément. Il ne peut résulter que d'une prise de conscience de l'appartenance au Tout.

    Les religions de la Chine et du Japon ont enseigné à l'homme cette fusion de tous les éléments avec le grand Tout. Le taoïsme exige l'insertion dans le principe universel qu'il saisit par une connaissance intuitive, par une contemplation au terme de laquelle se concrétise l'union de l'homme et de la nature. Le bouddhisme qui, de l'Inde, gagnera massivement l'ensemble de l'Asie, enseigne que l'homme ne mettra fin à ses souffrances qu'en renonçant au désir et au plaisir et en se fondant dans l'éternité comme une tasse d'eau versée dans la mer. L'école bouddhisteTch'an (Zen, en japonais) met l'accent sur la nécessité de libérer l'esprit afin qu'il puisse accueillir l'illumination.

    Une ouverture à la transcendance

    Pour les peintres chinois de l'époque Song (de 960 à 1278), la nature n'est pas une matière inerte dont on cherche à se rendre maître. L'univers forme un tout animé d'un même mouvement de vie, englobant aussi bien la rivière que les sommets des montagnes, l'arbre que les rochers, les nuages que l?oiseau, et l'homme n'est qu'un moment de ce cycle éternel. La peinture est un médium de l'expérience zen. Contrairement à nos tableaux de la Renaissance, l'artiste ne cherche pas à représenter un spectacle, mais à communiquer un état d'âme de la nature. Il saisit les lignes de force d'un paysage et en compose le yin et le yang, les contrastes et les tensions.

    L'art africain tente, lui aussi, de « rendre visible l'invisible » (l'expression est de Paul Klee). Au contraire de l'art grec, qui part de l'individuel pour en extraire les lignes essentielles, le créateur africain part de son expérience vécue du grand Tout pour donner une forme concrète à ses talismans. Un masque, par exemple, doit être avant tout considéré comme un condensateur d'énergie. La force qu'il contient et qu'il dégage a pour sources la nature, les ancêtres et les dieux. Les oeuvres africaines n'ont pas été créées pour la contemplation. Ce sont des objets de participation destinés à l'acomplissement de cérémonies rituelles. Quand les Africains dansent avec leurs masques, ils y puisent une énergie qu'ls irradient dans toute la communauté.

    L'art musulman appelle des remarques analogues à celles que Garaudy fait à propos des arts de la Chine, du Japon ou de l'Afrique:à partir du sens pour déchiffrer le signe.La conception islamique du monde n?incite pas à la représentation réaliste. Pour elle, toute image détourne le croyant de la prière pure, l'amène à perdre conscience de l'unité de Dieu. Ainsi, la mosquée est-elle décorée des versets du Coran. Le développement de la calligraphie s'explique d'ailleurs par le caractère même de l'Islam, religion centrée sur un texte sacré, parole de Dieu dont Mohamed n'est que le messager.

    L'amour véritable

    Pour les civilisations non occidentales, la clé du bonheur réside dans l'harmonie des rapports que l'homme noue avec le transcendant à travers la nature : « Le bonheur c'est cette participation au tout qui m'habite et fermente en moi. Le bonheur, c'est quand la nature entière est devenue mon corps. » Mais cette harmonie se retrouve aussi dans les liens que l'homme tisse avec ses semblables, liens « qui ne soient ni l'individualisme de jungle ni le carcan totalitaire, mais des rapports de communauté et d'amour ». Dans Parole d'homme, la rubrique que Garaudy consacre à l'amour complète donc ce qu'il nous dit du bonheur.

   
L'amour véritable doit lui aussi se concevoir comme un tout. L'intellectualisme occidental l'a défiguré en distinguant le sensible et l'intelligible. Dans l'amour platonique, l'autre n'est que la métaphore ou le signe d'autre chose, un instrument pour accéder à la sphère du Bien. Certes, le christianisme a complètement inversé cette perspective en montrant l?amour divin qui s'incarne, mais il va bien vite être perverti par le dualisme grec, en se méfiant du corps et de la sexualité. Et le rejet des tabous qui a marqué la génération de 1968 n'a fait que réduire l'homme à sa dimension zoologique?

    Par contre, dans les sagesses orientales, l'amour total ne sépare pas le corps et l'âme qui ne sont que les deux facettes de l'unité humaine. Il s'agit d'un langage  où, comme dans la danse, l'on s'exprime avec tout son être, et pas seulement par la bouche (des paroles), c'est-à-dire une partie seulement de son corps. L'union des sexes apparaît alors comme la célébration de la plus profonde relation humaine : celle de n'exister pleinement que dans le dialogue avec l'autre.

    Dans cet accueil de l'autre, notre centre de gravité se déplace : nous sommes conviés à sortir de nous-même, à dépasser nos propres forces, à donner cette chose en nous que nous ne connaissons pas. L'amour est le contraire de la jalousie, corollaire de la possession ; il permet à l'autre de s'épanouir selon sa propre loi. L'expérience amoureuse nous ouvre donc aussi à la transcendance : elle nous fait prendre conscience de nos limites et de notre pouvoir de les franchir. Nous devenons ainsi autre par la révélation de l'autre.

    Un dialogue à poursuivre et à amplifier

    Pour  Garaudy, le véritable dialogue des civilisations ne fait que commencer.

La rencontre avec les arts non occidentaux, de la fin du XIXe siècle à nos jours, a déjà conduit l'occidental à s'engager sur des voies nouvelles. C?est ce qui explique qu'il soit touché aujourd'hui par un paysage chinois de l'époque Song, par un masque africain ou encore par un morceau de musique concrète, à base de sons naturels. Dans ces trois cas, il participe à l'émotion de l'artiste qui vit à l'unisson de l'âme cosmique. Le domaine artistique est particulièrement emblématique d'une fécondation qui doit s'approfondir.

    Dans la rubrique « Bonheur » de Parole d'homme, le philosophe évoque encore deux domaines concrets où peut s'affirmer une conception holistique des rapports que l'homme noue avec ses semblables et avec le monde : la vie associative et la pédagogie.

    Dans Appel aux vivants, il soulignera le rôle politique des communautés de base, cellules vivantes constituées contre la double désintégration de l'individualisme et du totalitarisme. Quant aux références pédagogiques de Garaudy, elles sont datées : les théories rousseauistes d'Ivan Illich (Une société sans école, 1971) que préfigurait déjà la pédagogie libertaire de Neill (Libres Enfants de Summerhill, 1972, trad. De « A Radical Approach to Child Rearing » qui date de 1960) se situent dans la droite ligne de la révolution de 1968 et ont une portée limitée en ce sens qu'elles méconnaissent le poids de l'héritage familial et demeurent implicitement réservées à une élite sociale. Néanmoins, par leur caractère utopique, elles postulent une société plus humaine où l'éducation viserait l'épanouissement de l'individu dans sa globalité. Et en cela, elles gardent toute leur pertinence.

    Pour une pédagogie interculturelle

    Mais pour l'éducateur d?aujourd'hui, c'est toute la pensée de Garaudy elle-même qui a une visée didactique. C'est une pédagogie interculturelle que recommanderait le philosophe s'il avait à faire oeuvre de pédagogue.De ce point de vue, une fois encore, les ouvrages ultérieurs seront plus explicites : « c'est en saisissant, avec les convergences et les complémentarités possibles, les différences irréductibles, que nous parviendrons à reconnaître en l'autre sa spécificité, et, par là même, à enrichir et à approfondir notre propre culture, à nous convertir, à l'intérieur de notre propre conviction, à une foi rendue, par la confrontation, plus consciente de ce qui lui est proche, plus riche de dimensions parfois oubliées. » (Appel aux vivants, p.223)

    Ce que souhaite donc l'auteur, c'est que l'accent soit mis sur l'enrichissement que pourraient apporter à l'homme les valeurs dont sont porteuses les autres cultures que la sienne. Or, l'objectif de la pédagogie interculturelle consiste précisément à fournir aux élèves des outils d'analyse pour les aider à rendre moins étranges leurs comportements respectifs, à mieux prendre conscience de leur identité propre et à percevoir plus correctement l'originalité de la culture d'autrui tout en en mesurant mieux les particularités.

    Cette approche interculturelle est donc destinée à valoriser ce qui est propre à chacun en corrigeant ses « cribles » culturels. On ne voit le monde qu'à travers soi ; on n'appréhende la culture d'autrui qu'à travers la sienne propre : l'expérience quotidienne le montre, et la littérature, au moins depuis Les Lettres persanes de Montesquieu et L'Ingénu de Voltaire, le confirme. Il s'ensuit des risques de déformation : la mosquée sera prise pour une église, et l'église pour une mosquée. Attitude qui prépare à l'ethnocentrisme, source de racisme.

    Si, en effet, un élève ignore la culture de l'autre, il ignore encore davantage la sienne propre : celle-ci se confond dans son esprit à un ordre naturel. (« Séparés des autres nations par les lois du pays, ils ont conservé leurs anciennes coutumes avec d'autant plus d'attachement qu'ils ne croyaient pas qu'il fût possible d'en avoir d'autres », dit Montesquieu des Moscovites ; « La coutume est une seconde nature », explique Montaigne). En travaillant à partir du principe de la confrontation, on permettra à cet élève de découvrir l'autre et en même temps de se découvrir lui-même à travers l'autre.

    La pensée de Garaudy débouche donc sur une approche à la fois comparatiste et anthropologique. En didactique, une telle démarche ouvrira l'espace de la classe à de nouveaux rapports avec la nature, avec les autres hommes et avec le transcendant. Confronté, à travers les autres cultures, à une conception holistique du monde, l'élève occidental sera invité à prendre conscience de ses richesses, mais aussi de ses manques. Un tel dialogue, surtout s'il s?approfondit durant toute la vie, devrait lui conférer un sentiment de plénitude, c'est-à-dire LE BONHEUR.

    Luc Collès in L. Collès et al., Passions de lecture, Bruxelles, Didier Hatier, 1997


Professeur ordinaire
Université catholique de Louvain
Département d'Etudes romanes
1, place B. Pascal
B - 1348 Louvain-la-Neuve
Belgique
Tél. 00-32-(0)-10/47.48.63
Fax. 00-32-(0)-10/47.25.79
luc.colles@uclouvain.be
http://www.fltr.ucl.ac.be/FLTR/ROM/CEDILL/bienvenue/personnes/colles.htm
http://cedefles.fltr.ucl.ac.be

http://alainindependant.canalblog.com/archives/2007/11/16/6892084.html




Biographie de Roger Garaudy

Intellectuel protestant, puis communiste stalinien, puis marxiste dissident, puis catholique et enfin musulman, Roger Garaudy a écrit une cinquantaine d'ouvrages notamment 'Dieu est mort', 'Le Grand tournant du socialisme' et surtout 'Les Mythes fondateurs de la politique israélienne' qui fut à l'origine d'une grande polémique. Dans ce pamphlet qui se voulait révolutionnaire, l'auteur expose une thèse négationniste : il mettait en cause la réalité de la Shoah, évoquée comme une invention destinée à financer et à légitimer la création de l'État d'Israël. Il avait à l'époque eu le soutien de l'abbé Pierre. Il fut condamné le 17 février 1998 pour 'diffamation raciale' et 'contestation de crime contre l'humanité'.


http://www.evene.fr/celebre/biographie/roger-garaudy-16833.php

 bibliographie de Roger Garaudy
de Roger Garaudy
L'auteur a voulu construire une réflexion sur le gaspillage des ressources naturelles et l'escalade des techniques de destruction violente : remontant aux cinq grandes sagesses de l'histoire du monde, Garaudy se targue d'intuitions prophétiques [...]


de Michaël Prazan et Adrien Minard
[Biographie]

Roger Garaudy tient du caméléon, tant il a changé de couleur au cours de sa longue vie d'intellectuel engagé. Né à Marseille en 1913 dans une famille de petits employés (qu'il a repeint plus tard en famille ouvrière pour les besoins de sa [...]

Les célébrités liées à Roger Garaudy

 

Abbé Pierre

Abbé Pierre

Religieux et intellectuel français
Né à Lyon le 5 Août 1912
Décédé à Paris le 22 Janvier 2007

Cinquième né d'une famille aisée de huit enfants, Henri Grouès a quinze ans lorsqu'il ressent un appel indescriptible et entre en 1930 au couvent des capucins où il reçoit le nom de frère Philippe. Ordonné prêtre en 1938, il est vicaire à la cathédrale de Grenoble. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il crée des maquis en Chartreuse et dans le Vercors, et aide plusieurs personnes à passer [...]

 Plus sur "Abbé Pierre"

Dominique Desanti

Dominique Desanti

Romancière et historienne française

Fille d'un émigré russe ami de George Clemenceau, Dominique Desanti a très tôt été amenée à côtoyer le cercle de l'intelligentsia et de l'éminence dans la France d'avant et d'après guerre. Elle côtoie Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et s'engage dans la résistance dès les premières heures. Intellectuelle au sein d'une famille bourgeoise, elle devient journaliste puis historienne [...]

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 02:45


03-08-2008
Prof Yakov M RABKIN :

La campagne contre l'Iran: le lobby sioniste et l'opinion juive



Publié dans La Revue internationale et stratégique, Paris, été 2008, pp. 195-207.

 

 

La campagne contre l’Iran : le lobby sioniste et l’opinion juive

 

 

 

Yakov M. Rabkin, professeur d’histoire à l’Université de Montréal et auteur du livre Au nom de la Torah : une histoire de l’opposition juive au sionisme/

 

 

 Résumé :

 

Deux allégations formulées à l’endroit du président iranien Mahmoud Ahmadinejad intensifient les pressions que les États-Unis et Isra- l font peser sur l’Iran : il est accusé de nier la Shoah et de menacer de génocide la population israélienne. Souvent, on présente l’Iran comme une nouvelle Allemagne nazie et le président Ahmadinejad comme un nouvel Adolf Hitler. Cet article retrace les origines de ces accusations en mettant en lumière le rôle que joue, dans la formation du discours occidental sur l’Iran, l’amalgame que d’aucuns pratiquent entre les juifs, d’une part, et l’État d’Israël, d’autre part. En terminant, l’article met en garde contre les réactions épidermiques et fait ressortir la nécessité d’agir rationnellement, particulièrement lorsque les Occidentaux ont affaire à des dirigeants qu’ils jugent irrationnels.

 

 

Deux accusations dominent dans le discours occidental sur l’Iran depuis quelques années. On accuse le président Mahmoud Ahmadinejad de nier la Shoah et de vouloir rayer de la carte l’État d’Isra-l. Les médias répètent souvent ces accusations dans les émissions et les textes consacrés à l’Iran. Ce discours influe sur les décisions politiques, potentiellement graves, que prennent les gouvernants ou leurs représentants. Lorsque le représentant des États-Unis quitte une réunion plénière de l’Assemblée générale de l’ONU, à l’automne 2006, il donne principalement deux raisons pour justifier son refus d’écouter le discours du président iranien : M. Ahmadinejad nie la Shoah et veut rayer Isra-l de la carte. Un an plus tard, le président de l’Université de Columbia réitère les mêmes allégations dans le « discours de bienvenue », plutôt hostile, qu’il adresse au président iranien, invité à parler sur le campus. Ces allégations fournissent une justification morale aux pressions exercées sur l’Iran pour qu’il cesse ses activités nucléaires et elles offrent par conséquent à Isra-l et aux États-Unis un argument convaincant pour la préparation d’une attaque militaire contre l’Iran. C’est pourquoi les deux forfaits que l’on reproche au président iranien méritent un examen attentif.

Cet article se propose de retracer les origines de ces accusations, sans pour autant discuter de la personne du président iranien ni, encore moins, de ses intentions. Cet article ne traite donc pas de la politique étrangère de l’Iran, mais plutôt de quelques particularités du discours occidental sur l’Iran. Il s’intéresse aux propos de ceux qui présentent l’Iran comme la nouvelle Allemagne nazie et Mahmoud Ahmadinejad, son président, comme un nouvel Adolf Hitler. À preuve, la représentation que l’on donne couramment aujourd’hui de l’Iran, à savoir que le pays et son président représenteraient une grave menace pour le monde entier. Ces déclarations sont à l’origine des pressions exercées sur l’Iran pour que le pays mette fin à ses activités d’enrichissement de l’uranium, même s’il a signé le traité de non-prolifération (TNP) et que ses représentants ont affirmé à de nombreuses reprises qu’ils n’avaient pas l’intention de se doter d’armes nucléaires.

Les pressions auxquelles est soumis l’Iran se fondent largement sur les préoccupations affichées par le gouvernement américain concernant la sécurité d’Isra-l. Les deux accusations reflètent l’amalgame assez courant entre l’État d’Isra-l, d’une part, et les juifs, d’autre part, ainsi qu’entre l’antisémitisme et l’antisionisme. Cette confusion politiquement utile étouffe depuis longtemps le débat politique sur Isra-l et la Palestine dans les pays occidentaux. Ceux qui se livrent à des critiques contre Israël se voient souvent qualifiés d’antisémites, même s’ils sont juifs. On n’hésite pas à recourir aux insultes ad hominem: l’ancien président Jimmy Carter et le pasteur Desmond Tutu comptent parmi les cibles les plus illustres de ces accusations, qui commencent à avoir des effets sur les relations internationales à plus grande échelle.

 

 Négation de la Shoah

D’après la BBC, M. Ahmadinejad s’est exprimé de la manière suivante : « Si les pays européens insistent sur le fait qu’ils ont massacré des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale… pourquoi n’offriraient-ils pas au régime sioniste un territoire en Europe ? » Bien sûr, il s’agit à l’évidence d’une provocation, pourtant ni cette affirmation ni les nombreux autres propos du président iranien que l’on pourrait citer n’indiquent qu’il ait eu comme but de nier le génocide nazi. Il utilise plutôt le souvenir de la Shoah pour attirer l’attention sur le sort des Palestiniens et pour tester les limites de la liberté de parole que réclame l’Occident. Il met en relief le fait que l’on peut publier en Occident des caricatures de Mahomet, de Jésus ou de Moïse tandis que dans bien des pays européens il est interdit par la loi de s’interroger sur la réalité de la Shoah ou de s’en moquer. Il montre que la Shoah a été transformée en objet sacré.

Le concours de caricatures sur la Shoah organisé en Iran visait justement à souligner cette sensibilité particulière et, comme on aurait pu le prévoir, l’exposition a provoqué une réaction furibonde de la part d’Isra-l et de nombreux pays occidentaux. C’était précisément là l’effet escompté par le président iranien. Certaines caricatures étaient franchement antisémites et elles s’accompagnaient d’une iconographie imagée empruntée à l’arsenal antisémite européen, que des médias musulmans diffusent régulièrement. D’autres caricatures pouvaient être considérées comme révisionnistes, voire négationnistes. Peut-on pour autant en conclure que le président iranien même nie la Shoah?

Il proteste, certes, contre les conséquences de la formation de l’État sioniste sur les Palestiniens (musulmans, chrétiens, ainsi qu’un certain nombre de juifs non et anti-sionistes), qui ont dû payer le prix d’un crime commis par les Européens. Bien qu’il soit ouvertement antisioniste, M. Ahmadinejad précise souvent qu’il n’est pas antisémite. La présence de six rabbins barbus et vêtus de noir à la conférence intitulée « Bilan de la Shoah, une vision d’ensemble », qui s’est tenue à Téhéran en décembre 2006, a donné au président iranien l’occasion de dire encore une fois qu’il n’était point antisémite. Les rabbins antisionistes ont maintes fois répété que la Shoah était un fait historique indiscutable et que parmi eux plusieurs avaient perdu des parents durant la Shoah. L’un d’entre eux, le rabbin Y. D. Weiss, a ajouté qu’il n’était pas allé à Téhéran pour donner du crédit à la négation de la Shoah : il était venu expliquer la distinction à faire entre sionisme et judaïsme, entre la Shoah et les bénéfices qu’en retirent le mouvement sioniste et l’État d’Israël. Selon le rabbin, M. Ahmadinejad « n’est pas l’ennemi du peuple juif. Il ne l’a jamais été. C’est un homme très croyant. Il respecte le peuple juif et le protège en Iran, mais si les sionistes continuent à le décrire comme un ennemi, il a prévenu qu’il pourrait alors, que Dieu l’en garde, devenir un ennemi. »

Selon l’agence officielle de presse iranienne IRNA, M. Ahmadinejad a en outre déclaré que « les êtres humains prudents et justes ne blâmeraient pas les juifs pour les crimes commis dans les territoires occupés par le régime sioniste illégitime et par ses partisans ». En Iran, où ils vivent depuis des milliers d’années, les juifs continuent à pratiquer leur religion sans trop d’ingérence de la part des autorités gouvernementales. Or, si M. Ahmadinejad avait été antisémite, n’aurait-il pas commencé par harceler les juifs de son pays, avant de défier la superpuissance de la région, dotée de l’arme nucléaire ?

Cependant, notons-le, la conférence de Téhéran mise sur pied par M. Ahmadinejad n’avait pas comme objectif de contribuer à la recherche historique. Elle avait des visées politiques évidentes, puisqu’on a refusé d’accueillir plusieurs délégations de survivants du génocide nazi, qui avaient demandé à y participer, ainsi que des chercheurs qui désiraient y présenter leurs travaux. L’Iran a même refusé d’accorder un visa à Khaled Mahameed, Israélien palestinien qui a fondé le premier musée arabe de la Shoah. Parallèlement, parmi les invités se trouvaient des personnes qui, comme le Français Robert Faurisson, étaient accusées de négationnisme ou de vouloir revoir à la baisse le nombre des victimes du génocide nazi.

Si le président iranien utilise ouvertement la mémoire de la Shoah à des fins politiques, il n’est pas le seul à le faire ni le premier. Selon Moshé Zimmermann, professeur d’histoire allemande et intellectuel bien connu tant en Isra-l qu’en Allemagne, « la Shoah est un événement souvent utilisé. Si l’on était cynique, on pourrait dire que la Shoah est l’événement historique le plus utilisé pour manipuler l’opinion publique, particulièrement chez le peuple juif lui-même, à l’intérieur et hors d’Isra-l. Dans la vie politique israélienne, la Shoah est invoquée pour démontrer qu’un juif désarmé équivaut à un juif mort. » Plus récemment, le sous-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a eu recours à ce terme pour agiter contre les Palestiniens de Gaza la menace d’une destruction totale. Ce glissement dans l’usage du terme Shoah semble constituer un précédent discursif.

La négation de la Shoah paraît exceptionnellement grave. Quelqu’un qui nierait les pogroms de Kichinev de 1903, ou le massacre de centaines de milliers de juifs en Ukraine au XVIIe, ou encore l’expulsion des juifs d’Espagne au XVe siècle n’attirerait pas plus l’attention qu’un membre de la Flat Earth Society (organisation qui prétend que la Terre est plate). C’est non seulement l’ampleur de la tragédie, mais aussi l’usage qu’on en fait à des fins politiques, procédé décrié par Moshé Zimmermann et par beaucoup d’autres juifs, qui font de la Shoah un phénomène unique en son genre.

Un ancien ministre israélien de l’Éducation affirme que « la Shoah n’est pas seulement le fruit de la démence d’un État, qui a eu lieu une seule fois et qui est révolue, mais bien une idéologie qui n’est pas morte, et encore aujourd’hui le monde devrait s’excuser des crimes commis contre nous ». En plus de contribuer à légitimer le caractère sioniste d’Israël -- État du peuple juif plutôt qu’État appartenant à tous ses citoyens -- la Shoah a été un excellent moyen de bénéficier de l’aide fournie par les pays occidentaux. Un parlementaire israélien n’a-t-il pas déclaré, tout à fait ouvertement ?

Même les meilleurs amis d'Isra-l se sont abstenus de donner aux juifs européens une aide substantielle et ont tourné le dos aux cheminées des camps de la mort [...]. C'est pourquoi tout le monde libre, particulièrement de nos jours, doit démontrer sa repentance [...] en procurant à Isra-l une aide diplomatique, défensive et économique.

L’industrie de l’Holocauste, ouvrage de l’intellectuel américain Norman Finkelstein, renferme de nombreux documents sur la manière dont le génocide nazi a été exploité à des fins politiques. Le souvenir de la Shoah sert notamment à faire taire les critiques et à susciter la sympathie envers cet État qui se présente, depuis la Déclaration d’indépendance, comme l’héritier des six millions de victimes. Ce fut le cas en 1948, et tout particulièrement en 1967 lorsque le gouvernement d’Isra-l a sonné l’alarme en évoquant l’imminence d’un second génocide, même si les recherches historiques effectuées depuis lors montrent que les généraux israéliens n’avaient jamais douté de leur victoire. Ce recours au spectre de la Shoah a été utilisé sciemment pour justifier l’attaque préventive contre les États arabes voisins, en juin 1967.

Ces événements encouragent les juifs à embrasser l’idéologie sioniste, à soutenir l’État d’Isra-l considéré comme une réparation pour le sort tragique des victimes de la Shoah. En renforçant le lien idéologique entre la Shoah et l’État d’Israël, on affirme que la survie des juifs ne peut être assurée par les États libéraux, mais uniquement par l’État sioniste. Ce fut un symbole fort quand le premier astronaute israélien, descendant d’une famille de survivants du génocide nazi, emporta avec lui un souvenir de cette époque dans la navette spatiale américaine : un paysage lunaire dessiné par un adolescent dans le camp de concentration de Theresienstadt. Le message était celui de la renaissance du peuple juif, de la fierté d’appartenir à l’État d’Isra-l après l’horreur de la Shoah.

La mention de la Shoah permet également de souligner l’importance et la légitimité du recours aux armes. Alors qu’ils participaient à une foire aéronautique en Pologne, trois avions de chasse israéliens frappés de l'étoile de David et pilotés par des descendants de survivants de la Shoah ont survolé l'ancien camp d'extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau tandis que deux cents soldats israéliens les observaient à partir du sol. Commentant cette manifestation, un pilote israélien a exprimé ainsi sa confiance en la force armée: « C'est un triomphe pour nous. Il y a soixante ans, nous n'avions rien : pas de pays, pas d'armée, rien. Maintenant nous arrivons ici à bord de nos avions de chasse. »

C’est précisément ce lien entre l’État d’Isra-l et la Shoah, plutôt que le génocide perpétré par les nazis, que M. Ahmadinejad considère comme un « mythe ». Cet usage du terme « mythe » est assez courant ; son emploi par le président iranien ne représente pas plus une négation de la Shoah que l’ouvrage du respecté historien israélien Zeev Sternhell intitulé The Founding Myths of Zionism1 ne constitue « un déni du sionisme ».

 

 Appel à l’anéantissement des juifs d’Isra-l


Les médias occidentaux, dont Le Monde daté du 27 octobre 2005, annoncent que le président iranien a déclaré qu’« Israël doit être rayé de la carte ». Or, les experts s’entendent pour dire que le président iranien, lors de son discours, n’a prononcé ni le mot « rayer » ni le mot « carte ». Il a plutôt repris l’une des déclarations de l’ayatollah Khomeyni : « Esrâ’il bâyad az sahneyeh roozégâr mahv shavad », ce qui signifie « Isra-l doit disparaître de la page du temps ». Nous avons puisé cette phrase dans un site Web de l’opposition iranienne à l’étranger dont on ne peut pas soupçonner de vouloir embellir les paroles du président (2). Dans un premier temps, une traduction erronée, selon laquelle la phrase signifiait qu’Isra-l devait « être rayé de la carte », a circulé dans le monde entier. Toutefois, certains instigateurs israéliens de la campagne contre l’Iran ont par la suite cessé discrètement de l’utiliser. Ainsi, un rapport sur l’Iran publié en 2006 par le Jerusalem Center for Public Affairs (JCPA), groupe de réflexion (think tank) particulièrement actif dans la campagne contre l’Iran, a omis la traduction inflammatoire, tout en attribuant au président iranien « une intention génocidaire ». Cet adjectif revient de plus en plus fréquemment dans les publications sionistes récentes : le même rapport fait aussi référence à « la guerre génocidaire manquée menée contre Isra-l, en 1948, par plusieurs États arabes et par les Palestiniens ».

Pourtant, selon les propos du ministre des Affaires étrangères de l’Iran, M. Manouchehr Mouttaki (tels que les rapporte un autre site de l’opposition au régime actuel en Iran), son pays « ne projette de détruire aucune nation, ni aucun pays ». Il ajoute que « tout enfant allant à l’école sait qu’il est impossible de rayer un pays de la carte (3) ». L’agence de presse iranienne officielle IRNA indique que M. Ahmadinejad « a appelé à la nécessité de résoudre les problèmes mondiaux,  notamment le problème palestinien, au moyen du dialogue ». Sur les ondes du réseau ABC News, il appelle à résoudre la situation en Palestine en conformité avec la charte des Nations Unies et à laisser aux Palestiniens le droit de décider de leur avenir en proposant de tenir « un référendum basé sur le droit international, auquel participeraient tous les Palestiniens, musulmans et juifs ». Dans la même interview, Ahmadinejad réitère son affirmation selon laquelle « nous nous efforçons d’éviter tout conflit ou effusion de sang. Étant opposés aux conflits de toute nature, nous avons souvent répété que l’on peut résoudre les problèmes du monde par le recours au dialogue, à la logique et à l’amitié. Il n’y a nul besoin d’utiliser la force. »

Curieusement, alors que certaines positions de M. Ahmadinejad font la une des quotidiens, on accorde peu d’attention aux propos de l’ayatollah Khamenei, qui détient le véritable pouvoir en Iran et qui a déclaré que son pays appelait à la normalisation des relations avec Israël si celui-ci accepte la proposition dite des deux États formulés par la Ligue arabe en 2002, puis de nouveau en 2007.

Par ailleurs, la fameuse phrase prononcée par M. Ahmadinejad s’inscrit dans une série de comparaisons historiques. Selon l’Associated Press, le président iranien a déclaré également : « Le régime sioniste sera bientôt effacé, de la même façon que l’a été l’Union soviétique, et l’humanité sera libre. » En réalité, il s’attend à ce qu’Isra-l se désagrège pacifiquement, sous le poids de ses contradictions internes, comme cela a été le cas de l’URSS, dont le déclin a été pacifique. Comme la disparition de l’Union soviétique n’est pas attribuable à l’utilisation de l’arme nucléaire, le président iranien ne propose pas d’utiliser la force armée pour précipiter la fin de l’État d’Isra-l. De toute façon, cela ne serait guère sérieux, car on estime qu’Isra-l bénéficie d’une supériorité militaire incontestable dans la région. M. Ahmadinejad prévoit que, de même que le communisme a perdu sa légitimité et s’est évanoui, le mouvement sioniste disparaîtra un jour. Dans le même discours, il mentionne d’autres phénomènes historiques, comme la chute du régime du Shah, ou encore la disparition des pharaons en Égypte, marquant la fin de régimes qui apparaissaient alors comme invincibles et éternels. Si le communisme en URSS et le régime du Shah ont disparu sans que la Russie et l’Iran aient été rayés de la face de la Terre, argue Ahmadinejad, il en ira de même du mouvement sioniste : sa disparition n’est pas synonyme de la destruction de l’État d’Isra-l ou du peuple juif. Commentant le discours du président iranien, Jonathan Steel, journaliste au quotidien britannique The Guardian, est d’avis qu’il n’exprime rien de plus « qu’un vague souhait pour l’avenir (4) ». En fait, ce que souhaite le président iranien est un changement de régime en Israël, et non l’élimination physique de sa population. Dans ce domaine, le gouvernement de G.W. Bush a certes pris les devants en s’efforçant de remplacer les régimes politiques qui ne se pliaient pas à ses attentes, par exemple en menant une guerre en Irak, tout comme ses prédécesseurs l’avaient fait, ou tenté de le faire, à Cuba et au Chili.

Même quand les militants sionistes de la campagne contre l’Iran ont abandonné l’allégation basée sur la fausse traduction et décriée par l’ambassadeur iranien aux Nations Unies sur les ondes de CNN, presque tous les membres du Congrès des États-Unis (411 en tout) ont condamné le président iranien pour « avoir voulu inciter au massacre massif des juifs d’Isra-l ». Le démocrate Steve Rothman maintenait, à l’été 2007, que l’Iran avait menacé « de rayer Isra-l de la carte ». Shimon Peres, actuel président de l’État d’Isra-l et lauréat du prix Nobel pour la paix, avertissait que « l’Iran aussi pourrait être rayé de la carte ».

Ne pourrait-on rapprocher ce souhait des prières « pour l’anéantissement pacifique de l’État sioniste » prononcées régulièrement par les juifs antisionistes, groupe dont sont issus les rabbins qui ont donné l’accolade au président iranien, à la conférence de Téhéran ? En fait, on trouve fréquemment dans la liturgie juive le voeu de voir disparaître ceux qui ne reconnaissent pas Dieu ou qui commettent des actes malveillants. Par exemple, pendant les offices célébrés lors du Nouvel An juif (Rosh Hashanah) et de Kippour, on rencontre l’expression « ou’malkhout ha’reshaa koula ké’ashan tikhleh » (et le royaume du Mal périra comme la fumée). Une fois de plus, le sens littéral de cette citation pourrait renvoyer à des destructions et à des massacres, cependant son sens réel est que tous les actes malveillants, perpétrés à quelque endroit que ce soit, devraient disparaître définitivement. Bien entendu, on n’envisage de tuer personne, certainement pas des milliers d’innocents.

Mais si on voulait diaboliser les juifs, on pourrait prendre cette prière à la lettre. Certains Israéliens antireligieux ont même interprété cette prière traditionnelle comme un appel à la destruction de la majorité athée de la population juive d’Israël. La tradition juive abhorre les lectures littérales des textes sacrés ; elle se fie plutôt aux interprétations rabbiniques, même s’il arrive que celles-ci paraissent parfois forcées. Par exemple, depuis toujours les rabbins considèrent l’adage biblique « oeil pour oeil » (la loi du talion) comme l’obligation d’offrir un dédommagement; on n’incite pas la victime à se venger en crevant l’oeil de celui qui a crevé le sien. Ces fragments choisis de la liturgie juive constituent un exemple de la rhétorique religieuse qui se fonde souvent sur de puissantes métaphores.

Le président iranien, inspiré par sa religion, prédit la fin du régime sioniste, mais il n’annonce pas le massacre des habitants d’Isra-l. Même si l’Iran n’hésite pas à fournir des armes aux chiites combattant en Irak et au Liban, la dernière attaque de l’Iran contre un autre pays remonte à plus de trois siècles. En outre, le président iranien est loin d’avoir le dernier mot dans son pays il doit composer avec le complexe équilibre des pouvoirs de cet État mi-théocratique, mi-démocratique. Par ailleurs, ses excès rhétoriques ont été dénoncés par un certain nombre d’intellectuels iraniens. Les médias ont rapporté aussi que des groupes d’étudiants avaient protesté à Téhéran contre la tenue de la conférence sur la Shoah et brûlé en effigie le président iranien.

 

 

(à suivre)

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8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 02:40



(2e volet)


Prof Yakov M RABKIN : La campagne contre l'Iran: le lobby sioniste et l'opinion juive
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Publié dans La Revue internationale et stratégique, Paris, été 2008, pp. 195-207.

 

 

 

La campagne contre l’Iran : le lobby sioniste et l’opinion juive

 

 

 

Yakov M. Rabkin, professeur d’histoire à l’Université de Montréal et auteur du livre Au nom de la Torah : une histoire de l’opposition juive au sionisme/




Le lobby sioniste


Le lobby israélien a joué un rôle important dans la campagne de propagande contre l’Iran. Lors du congrès, qui s’est tenu au printemps 2006, l’AIPAC (American Isra-l Public Affairs Commitee) fait de l’Iran sa cible principale et présente sur écran géant un montage juxtaposant Adolf Hitler dénonçant les juifs et le président iranien menaçant de « rayer Israël de la carte ». Le spectacle se termine par un fondu sur la maxime énoncée après la Shoah « Never again ! » (Plus jamais ça !). Au fil des mois, ces images sont devenues courantes.

Le JCPA fait la promotion de la campagne contre l’Iran à partir d’Isra-l et des États-Unis. En décembre 2006, il organise une conférence de presse dans laquelle on propose d’inculper le président iranien pour avoir menacé de commettre un massacre. Deux avocats, l’Américain Alain Derschowitz et le Canadien Irwin Cotler, connus pour les liens qu’ils entretiennent avec la droite israélienne, sont présents et soutiennent l’inculpation. Plus tard, Cotler a renforcé l’accusation en recourant à l’association B’nai B’rith Canada; celle-ci a exigé que le Canada et d’autres gouvernements intentent une poursuite contre l’Iran pour avoir violé la convention des Nations Unies sur le génocide. L’initiative du JCPA est à l’origine de mises en accusation similaires aux États-Unis, en Australie et dans d’autres pays.

Mais c’est l’Isra-l Project, groupe appartenant au lobby israélien et ayant son siège au Hudson Institute à Washington, qui met au point la manoeuvre la plus impressionnante pour intensifier la campagne contre l’Iran. En mars 2007, le groupe a distribué un kit de presse sur l’Iran, à plus de 17 000 journalistes professionnels et à 40 000 militants pro-israéliens aux États-Unis. En outre, le bureau d’Isra-l Project à Jérusalem a distribué la trousse à plus de 400 journalistes étrangers accrédités en Israël. Ce dossier de presse réaffirme que le président iranien « nie la Shoah» et « veut rayer Israël de la carte ». Il ajoute aussi que les dirigeants politiques iraniens ont soutenu des attaques qui ont tué des milliers d’Américains. Comme bon nombre d’Américains croient que le séculariste Saddam Hussein était impliqué dans les attentats islamistes du 11 septembre 2001, ils n’auraient pas eu de difficulté à accepter cette nouvelle accusation.

L’Isra-l Project joue aussi sur la peur d’une attaque nucléaire : l’un des documents compris dans le kit de presse s’intitulait «The nuclear clock is ticking… and time is running out » (Les secondes s’écoulent sur l’horloge nucléaire… il ne reste plus beaucoup de temps). Les documents distribués par l’Isra-l Project constituent sans doute la tentative la plus efficace et l’effort le plus abouti pour présenter l’Iran comme une menace pour la sécurité des États-Unis. Le projet s’ajoute à d’autres activités menées par le lobby sioniste, par ailleurs plus visibles que son appui à l’attaque contre l’Irak, en 2003.

À automne 2007, la B’nai B’rith achète une page publicitaire dans le New York Times afin de « promouvoir l’action militaire contre l’Iran ». Norman Podhoretz, rédacteur vétéran de la revue Commentary et militant sioniste, fait d’Ahmadinejad « un révolutionnaire comme Hitler … qui veut établir un nouvel ordre mondial sous la tutelle de l’Iran ». Il ne voit aucune autre solution possible que le « recours effectif à la force ». Bernard Lewis, orientaliste chevronné, sioniste et conseiller du président Bush, prophétise, dans les pages du Wall Street Journal, la date exacte à laquelle Ahmadinejad provoquera « la fin du monde ».

L’alarmisme est un instrument souvent utilisé dans l’histoire du mouvement sioniste. Nathan Sharansky et Shlomo Avineri, en dépit de leurs différends politiques, appellent les juifs du monde entier à s’unir contre l’Iran. Ils répètent que « l’Iran veut rayer Isra-l de la carte ». Sharansky voit dans l’opposition à l’Iran l’occasion de « sauver le monde ». L’historien israélien Benny Morris, lui, craint qu’il y n’ait une autre Shoah et décrit un scénario apocalyptique dans le Jerusalem Post. L’hystérie est quasiment palpable. L’anxiété qui se fait jour à l’égard de l’Iran reflète la préoccupation concernant la sécurité profondément ancrée dans la mentalité israélienne et constamment exprimée. Aussi bien les critiques d’Isra-l convaincus que les sionistes les plus engagés mettent en évidence le paradoxe suivant : Isra-l, souvent présenté comme l’ultime refuge du peuple juif, est en réalité devenu pour lui l’un des lieux les plus dangereux.

Ce sentiment d’impasse n’est pas nouveau. Lorsque, en 1948, la première guerre éclate en Palestine, Hannah Arendt lance un avertissement:

Et même si les juifs étaient amenés à gagner la guerre […], ils vivraient encerclés par une population arabe qui leur est hostile, isolés à l’intérieur de frontières encore menaçantes, absorbés par la nécessité de se défendre. […] Et tout ceci serait le destin d’une nation qui – sans se soucier du nombre d’immigrants pouvant encore être absorbés et de l’endroit où se situeraient les frontières – resterait encore un très petit peuple largement en sous-effectifs si on le comparait à ses voisins hostiles.

Cette mise en garde montre que l’intellectuelle et politologue juive avait compris qu’il était périlleux et hasardeux d’établir un État contre la volonté des habitants de la région et des États environnants. Plusieurs penseurs juifs éminents, qu’ils soient athées ou religieux, craignaient que le sionisme selon Ben Gourion ne mette en danger tant la survie physique que la survie spirituelle des juifs. De nos jours, alors qu’aucun État arabe ne peut s’opposer à Isra-l sur le plan militaire, c’est sur l’Iran que se concentrent les peurs israéliennes. Juste à l’est de l’Iran, qui a encore un long chemin à parcourir avant d’acquérir l’arme nucléaire, se trouve le Pakistan, régime instable qui possède un arsenal nucléaire bien réel. Comme Arendt l’a prophétisé, les menaces à l’égard de l’existence d’Isra-l ne prendront jamais fin, si l’État pratique la politique de développement séparé et ne compte que sur la force dans ses rapports avec les Arabes.

 

 Dissensions parmi les Juifs


Il est facile d’associer la campagne anti-iranienne à Israël et aux juifs, et cela pose un danger pour les juifs, tout d’abord en Iran. Du même souffle, les sionistes poussent les juifs vivant en Iran à émigrer vers Israël « comme ils auraient dû le faire depuis longtemps ». Cette attitude complique la vie de la plus vieille communauté juive du monde musulman. On reconnaît là une constante du projet sioniste : la volonté de convaincre les juifs de quitter leurs pays respectifs pour les rassembler en Israël prend le pas sur le bien-être et la volonté des individus. En effet, les médias israéliens rapportent que 40 juifs iraniens sont arrivés en Isra-l en décembre 2007. Il s’agit d’un projet financé par l’International Fellowship of Christians and Jews, regroupant des sionistes et des évangéliques qui songent à accélérer le Second Avènement du Christ en rassemblant les juifs en Terre sainte. L'appui massif qu'offrent à l'État d'Israël des millions de partisans chrétiens du sionisme est motivé par cet espoir ouvertement exprimé : le retour des juifs à la Terre sainte servirait de prélude à leur adhésion au Christ ou, pour ceux qui s’y refuseraient, à leur élimination physique. Ce scénario messianique prévoit la destruction d'un grand nombre de juifs et la conversion au christianisme de ceux qui échapperaient à ce sort. Selon un observateur israélien, il s’agit d’«une pièce en cinq actes où les juifs disparaissent au quatrième». La collaboration des organismes sionistes juifs avec les mouvements évangéliques met en relief le fait que certains organismes nominalement juifs sont en train de perdre leurs liens avec le judaïsme au profit de l’engagement inconditionnel pour le sionisme.

La relation avec l’État d’Isra-l et avec le sionisme divise depuis longtemps la communauté juive selon un axe séparant tous les groupes: Ashkénazes et Séfarades, traditionalistes et non-traditionalistes, pratiquants et non-pratiquants. Dans chacune de ces catégories, on peut trouver des juifs pour qui la fierté nationale, le pouvoir politique et militaire sont devenus des valeurs positives : ils donnent leur soutien enthousiaste à l’État qui incarne pour eux une force vitale, le triomphe de la volonté collective et la garantie de la survie des juifs du monde entier. Mais chacune de ces catégories inclut aussi des juifs qui croient que la simple idée d’un État juif, et l’investissement moral et humain qu’il exige, va à l’encontre de tout ce que le judaïsme enseigne, particulièrement des valeurs centrales d’humilité, de compassion et de charité.

La question d’Isra-l et du sionisme pourrait diviser irrémédiablement les juifs, comme l’a fait l’avènement du christianisme, il y a deux mille ans. Le christianisme, incarnant une lecture grecque de la Torah, s’est finalement détaché du judaïsme. Le sionisme, un nationalisme foncièrement européen, incarne une lecture romantique de la Torah et de l’histoire du peuple juif. Il reste à voir si la scission entre ceux qui restent attachés à la tradition morale juive et les adeptes du nationalisme juif pourrait être colmatée. Bien que fatale pour les juifs et le judaïsme, cette fracture ne devrait pas menacer l’avenir de l’État d’Isra-l qui, de nos jours, compte beaucoup plus de chrétiens que de juifs parmi ces partisans inconditionnels.

Des organismes ayant un nom à consonance religieuse, tant juifs que chrétiens, participent à la campagne anti-iranienne. Bon nombre d’entre eux ont lancé une pétition en ligne accusant le président iranien d’inciter au génocide. Les synagogues sionistes organisent des événements où l’on fait de la propagande contre l’Iran et des rabbins mettent en garde les fidèles contre le président iranien, qui aurait des visées génocidaires.

La campagne contre l’Iran a mis en lumière une profonde scission entre les juifs qui soutiennent inconditionnellement Isra-l et ceux qui rejettent ou remettent en cause le sionisme et les actions entreprises par l’État d’Israël. Les rabbins antisionistes qui ont embrassé Ahmadinejad à Téhéran ne sont pas les seuls juifs à critiquer, voire dénoncer Isra-l. Le débat public sur la place que doit prendre Israël pour assurer la continuité juive est devenu ouvert et franc, non seulement en Israël mais partout dans le monde. Il coïncide avec les graves préoccupations que suscite l’avenir de l’État qui, à cause de la dépossession et du déplacement des Palestiniens qu’a provoqués sa fondation, condamne des générations de ses citoyens à mener une guerre continue.

Même si les juifs sont peu nombreux à se demander publiquement si cet État ethnocratique et chroniquement assiégé est « bon pour les juifs », des figures politiques aussi notoires que l’ancien président de l’Organisation sioniste mondiale Avraham Burg affirme que l’État sioniste met les juifs en danger, tant en Israël que dans la diaspora. Des théologiens juifs déplorent l’érosion des valeurs morales du judaïsme imputable au projet sioniste (5).

Cette préoccupation commence à se manifester dans la culture populaire. Ainsi, dans son film Munich, le cinéaste juif américain Steven Spielberg analyse avec une grande précision le coût moral du constant recours à la force. Dans une scène du film, l’un des membres du commando israélien qui traque les militants de la diaspora palestinienne ressent un tel dégoût qu’il en vient à démissionner. Pour expliquer son geste, il déclare: « Nous sommes juifs. Les juifs n’agissent pas violemment parce que leurs ennemis le font…nous devons être justes. C’est beau, c’est juif. » Alors que dans La liste de Schindler Spielberg explorait les menaces pesant sur la survie physique des juifs, dans Munich il expose les risques qu’ils encourent quant à leur survie spirituelle. Le lobby sioniste, aligné sur la droite nationaliste en Israël, a vivement attaqué le réalisateur juif et son film, qui pourtant(5) Marc Ellis, Reading the Torah out Loud, : a Journey of Lament and Hope, Fortress Press, 2007. n’était alors qu’à l’état de projet. Le lobby a également lancé des assauts contre des ouvrages récents - Prophets Outcast, Wrestling with Zion, Myths of Zionism, The Question of Zion, ainsi que contre des titres français comme Exil et souveraineté, La révolution sioniste est morte, Les démons de la Nakbah - qui portent sur le conflit fondamental entre le sionisme et les valeurs juives.

Même si les conflits d’opinion bien marqués constituent une constante de l’histoire juive, le lobby sioniste (s’exprimant cette fois par le truchement de l’American Jewish Committee) affirme que les juifs qui osent critiquer Israël mettent en danger son « droit à l’existence » et encouragent l’antisémitisme. En réaction à cette accusation, un nombre important de juifs – en Israël, au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis et ailleurs - ont ranimé le débat portant sur Israël et l’on trouve des reflets de cela même dans les publications conservatrices. Ainsi, en janvier 2007, The Economist publie une enquête sur la situation des juifs, ainsi qu’un éditorial appelant la diaspora juive à s’écarter de l’attitude « mon pays, qu’il ait tort ou raison » adoptée par de nombreuses organisations juives. Le même journal, parmi d’autres médias papier ou électroniques, a publié un reportage détaillé sur la visite des rabbins à la conférence de Téhéran en décembre 2006. L’opposition des rabbins au mouvement sioniste et à l’existence d’Isra-l en tant qu’État sioniste (ils refusent de l’appeler « État juif » ou « État hébreu ») a affaibli encore davantage l’image d’un peuple juif uni autour du drapeau israélien.

Bien des juifs et des Israéliens croient que le lobby pro-israélien qui agit contre ceux qui oeuvrent pour la réconciliation dans la région constitue une menace pour la sécurité d’Isra-l. Ils affirment aussi que le lobby est une source potentielle d’antisémitisme, car il est souvent perçu comme « juif », ce qui crée l’impression erronée que les juifs dictent aux Américains leur politique étrangère en l’orientant vers la droite. En réalité, plus des trois quarts des juifs américains – tout comme les trois quarts des musulmans américains – ont voté contre G. W. Bush à l’élection présidentielle de 2004. Les juifs américains sont plus opposés à la guerre en Irak que leurs concitoyens en général. Il serait également faux de conclure que « les juifs » attisent le feu contre l’Iran. En fait, plusieurs organisations oeuvrant pour la paix en Isra-l et dans diverses diasporas juives ont tenu des propos qui condamnent la campagne contre l’Iran.

Dans les milieux sionistes, les efforts visant à s’opposer à la campagne contre l’Iran sont souvent perçus comme des actes de trahison. On a pu le constater dans la manière dont les rabbins antisionistes ont été traités à leur retour de la conférence de Téhéran où ils avaient donné l’accolade au président iranien. Sans prendre la peine de vérifier les faits ni d’en parler avec les principaux intéressés, des rabbins influents en Isra-l et un peu partout ont appelé à leur excommunication. Des manifestations se sont tenues devant leurs maisons. Les enfants de l’un des rabbins ont été renvoyés d’une école juive. Un autre rabbin a été exclu du cimetière juif local: on a annulé l’achat qu’il y avait fait d’un terrain pour sa propre sépulture. Un groupe d’Israéliens a agressé physiquement l’un des six rabbins antisionistes, quelques semaines après la visite des religieux à Téhéran.

Les assaillants ont été félicités pour leur action, ce qui montre combien l’allégeance au sionisme a affaibli la tradition juive de compassion et de non-violence.

On ne peut imaginer quel autre acte aurait pu provoquer une telle indignation, certainement pas une transgression des commandements de la Torah. L’ampleur exceptionnelle de la réaction indique à coup sûr que les rabbins antisionistes ont touché un point sensible. Ils ont mis en cause une croyance devenue sacrée pour bien des juifs : l’idée qu’Israël constitue une réparation offerte à la suite de la Shoah et une garantie contre tout autre désastre.

Bien des critiques juifs jugent cette croyance peu lucide et dangereuse. L’historien du sionisme Boaz Efron nous rappelle la nature transitoire de toutes les organisations politiques :

L'État d'Isra-l, et tous les États du monde, apparaissent et disparaissent. L'État d'Isra-l aussi, bien évidemment, disparaîtra dans cent, trois cents, cinq cents ans. Mais je suppose que le peuple juif existera aussi longtemps que la religion juive existera, peut-être pour des milliers d'années encore. L'existence de cet État ne présente aucune importance pour celle du peuple juif... Les juifs dans le monde peuvent très bien vivre sans lui.

Cet avertissement force de nombreux juifs à faire face à la contradiction entre la religion juive à laquelle ils prétendent d’adhérer et l’idéologie sioniste dont ils sont imprégnés. La campagne menée contre l’Iran aiguise les divisions morales et politiques parmi les juifs, qui sont de plus en plus nombreux à la dénoncer. Ainsi, le journal juif socialiste The Forward (New York) affirme que l’Iran ne se compare en rien avec l’Allemagne nazie, mais que la rhétorique anti-iranienne fait écho à la campagne de propagande contre l’Irak qui a contribué au déclenchement d’une guerre meurtrière et désastreuse. L’ancien chef du Mossad Efraïm Halévy et l’expert en affaires militaires à l’Université hébraïque de Jérusalem Martin van Creveld s’entendent pour dire que l’Iran ne représente pas véritablement une menace pour la sécurité d’Isra-l.

 

  L’éloge de la précision


Les deux allégations empreintes d’émotion lancées contre le président iranien ont occupé une place importante dans les médias occidentaux. Par exemple, une rumeur lancée par le National Post de Toronto, au printemps 2006, selon laquelle le gouvernement iranien aurait fait passer une loi obligeant les juifs à porter un insigne de couleur jaune, a contribué à présenter M. Ahmadinejad comme un nouveau Hitler. Même si le journal s’est rétracté le lendemain, c’est la première nouvelle, source d’effroi si elle avait été vraie, qui reste dans la mémoire, plutôt que le rectificatif du journal, dont les propriétaires sont actifs au sein du lobby sioniste. Ce type de désinformation contribue à préparer l’opinion publique à un assaut militaire – effectué par les États-Unis ou par Isra-l – contre l’Iran. Une fois de plus, c’est le spectre d’une nouvelle Shoah qu’on invoque, même si Israël possède des centaines d’armes nucléaires, alors que l’Iran, contrairement à Isra-l, a signé le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), et que ses dirigeants ont déclaré ne pas avoir l’intention de se doter de l’arme nucléaire. Les services de renseignements américains sont arrivés à la conclusion que l’Iran ne vise pas à fabriquer des explosifs nucléaires. Or, les cercles pro-israéliens aux États-Unis insistent sur le durcissement des sanctions et ils poussent à appliquer d’autres pressions sur l’Iran, ce qui rappelle le prologue de la guerre contre l’Irak. Cet activisme, que déplorent beaucoup de juifs en Isra-l et ailleurs, contribue à la perception populaire selon laquelle l’État d’Isra-l constitue pour la paix mondiale un danger plus grave que l’Iran,.

Afin de maintenir la ferveur de la campagne contre l’Iran, il est essentiel de présenter le président iranien comme un négationniste acharné à rayer de la carte Isra-l par un acte de génocide. Certes, on peut dire que, comme tout politicien, M. Ahmadinejad n’a rien d’angélique, mais ses propos ont été déformés d’une manière particulièrement dangereuse. On en a fait un dictateur extrémiste aux pouvoirs illimités, susceptible d’agir de façon irrationnelle, un chef d’État « génocidaire ». Ce qui signifie qu’on doit l’arrêter à tout prix. Les ténors de la droite israélienne, comme Benjamin Netanyahu, appellent ouvertement à attaquer l’Iran et de nombreux politiciens américains leur font écho, même si les États-Unis ne sont pas menacés par une attaque iranienne. À l’instar des militants sionistes, le président Bush invoque le spectre de l’« holocauste nucléaire » que préparerait, selon lui, son homologue iranien. Malgré les avis contraires provenant des services de renseignements américains et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), aux États-Unis les instances officielles continuent de parler du « programme iranien d’armes nucléaires ».

Les accusations contre l’Iran reflètent la confusion sciemment entretenue entre l’État d’Isra-l et les juifs et cette confusion semble influer sur la politique étrangère des États-Unis. Dans ce dossier, on constate que la droite israélienne et ses alliés ailleurs dans le monde n’hésitent pas à manipuler la mémoire de la Shoah pour atteindre leurs objectifs politiques.

Les intellectuels aiment bien la précision, mais les politiciens en ont eux aussi grand besoin. Ils ne devraient pas interpréter l’opposition aux utilisations sionistes de la Shoah comme une tentative de nier cet événement, ni considérer que le souhait de voir s’effondrer l’État sioniste équivaut à une menace de massacrer des millions de juifs israéliens. Les décideurs politiques doivent éviter les réactions épidermiques et ne pas se laisser manipuler par des amalgames sans fondement. Il faut que les Occidentaux agissent prudemment et rationnellement, particulièrement lorsqu’ils ont affaire à des dirigeants qu’ils jugent irrationnels.

 

(1) En français, le livre s’intitule Aux origines d'Isra-l : entre nationalisme et socialisme.

(2) http://www.iran-emrooz.net/index.php?/news/more/4898

(3) http://www.iran-3.com/affiche.php?type=news&id=7910 

(4) http://www.juancole.com/2006/05/bill-scher-importance-of-cole-v.html

 

 

Traduit de l’anglais par Laure Alteirac ; révision de Louise Garneau et Yakov Rabkin ; traduction du farsi par Shahram Nahidi ; traduction de l’hébreu par Yakov Rabkin.


http://www.bloggen.be/yechouroun/
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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 17:52
http://candide-exocet.skynetblogs.be/


Les évangélistes américains : A fond pour le choc de civilisations !
Au lieu de prier pour la paix, ils poussent à la guerre et ils militent contre les Arabes !
Prosélytisme, propagande anti-musulmane, division ...
Les évangélistes, comme les néo-cons, sont des obstacles à la paix dans le monde !


La montée du fascisme chrétien et sa menace pour la démocratie US
http://raton-laveur-l-aigle.hautetfort.com/les_evangeliques_et_l_amerique_du_nord/



 
04-08-2008

La secte évangélique et le monde arabe.

Voici, depuis: http://www.mondialisation.ca/index.
des précisions sur leurs
 nuisances

Dans le monde arabe, l’action de la secte évangéliste se présente sous un triple aspect:

- La propagande anti-musulmane qui dispose de moyens considérables et vise à accuser les musulmans de tous les maux de la terre. C’est ainsi que les évangélistes sont les premiers à organiser, en liaison avec les néoconservateurs américains dont on connaît les engagements pro-israéliens, des campagnes visant à assimiler l’Islam au terrorisme, donc à « l’axe du mal ». L’un de leurs objectifs favoris est l’Arabie saoudite contre laquelle ils poursuivent une propagande inlassable tout en encourageant certaines confréries de façon à semer la division religieuse au sein du royaume.

- L’instrumentalisation des communautés chrétiennes arabes est en action au Liban, en Palestine, en Syrie, en Irak. Au Liban, chaque été des missionnaires évangélistes parcourent le pays, selon un itinéraire préparé en liaison avec l’ambassade des Etats-Unis. Des groupes de jeunes organisent des concerts, des festivals, des rencontres sur les plages avant d’en venir à des réunions plus précises visant à convaincre les jeunes chrétiens, notamment les maronites, d’adhérer à la secte évangéliste en leur faisant miroiter la prise en charge de leurs études, des visas pour les Etats-Unis et toutes sortes d’autres avantages. Ces activités s’accompagnent d’un fort prosélytisme anti-musulman qui n’est pas pour rien dans la montée en puissance du confessionnalisme que l’on peut déplorer au pays du Cèdre. Les évangélistes déploient les mêmes méthodes en Syrie, mais d’une manière beaucoup plus discrète en raison de la vigilance des pouvoirs publics. En Irak les missionnaires des sectes évangélistes sont arrivés dans les fourgons de l’armée américaine et ont désormais pignon sur rue. A coup de dollars, ils s’emploient à rallier les chrétiens d’Irak et les détourner de leur christianisme traditionnel, oriental et arabe, pour les conduire à créer des communautés séparatistes. Les arguments sont toujours les mêmes, il s’agit d’inviter les chrétiens arabes à quitter leur religion traditionnelle en échange d’un emploi, d’allocations pour leurs enfants, d’une promesse de visa.
Outre le Vatican, les Eglises traditionnelles irakiennes ne cessent de dénoncer le danger des évangélistes états-uniens dont certains ont déjà été exécutés par la Résistance.
Selon le curé du village chrétien de Ain-kawa, près de Mossoul, : «Lors de cérémonies religieuses, nous expliquons aux fidèles que ces missionnaires sont en réalité des agents américains qui cherchent à soudoyer les Irakiens avec leur argent. Des étrangers qui veulent anéantir notre histoire et créer des conflits confessionnels en Irak Nous répétons aux fidèles qu'il faut interdire à ces gens l'accès à leurs résidences et aux lieux de rassemblement de leurs enfants». Les Irakiens chrétiens affirment que ces évangélistes « ne risquent pas seulement de causer la dispersion des fidèles, mais de créer un climat de conflit confessionnel qui n'existait pas auparavant en Irak. Ces étrangers visent à perturber nos bonnes relations avec les musulmans et un climat d’entente millénaire ».
C’est exactement le même processus que l’on constate en Palestine occupée où des efforts considérables sont déployés par les évangélistes pour rallier des fidèles et les inciter ensuite à quitter le pays.

Enfin, l’effort de conversion des musulmans constitue l’aspect le plus spectaculaire de l’acticité des évangélistes. La stratégie américaine d’évangélisation ciblant les peuples musulmans s’appuie sur des acteurs organisés en réseau, mais aussi sur l’élaboration d’un message évangélique adapté au message coranique. Cette évangélisation vise en particulier certaines communautés musulmanes dont les origines ethniques pourraient être utilisées pour des projets sécessionnistes et anti-arabes : c’est le cas avec les minorités kurdes d’Irak et de Syrie, mais aussi avec les Kabyles et les Berbères au Maghreb.

Selon le quotidien algérien al Watan , l’évangélisation en Kabylie est « le résultat d’un prosélytisme organisé et financé par une stratégie d’évangélisation des peuples musulmans. En Algérie, les évangélistes investissent le terrain de l’humanitaire et choisissent leurs cibles parmi les personnes les plus démunies ; des personnes se convertissant aux christianisme contre une somme d’argent (2000 dinars, l’équivalent de 20 euros), des promesses de soins médicaux ou de visas pour l’étranger : les chancelleries européennes accordent plus facilement des visas d’entrée à l’espace Schengen à tout demandeur algérien qui se proclame comme chrétien « persécuté ». Plus de 74% des personnes allant à la messe le font essentiellement pour profiter des aides financières des missionnaires» . L’une des actions récentes de l’église protestante à Constantine a visé des lycéens, « elle leur a proposé un soutien scolaire gratuit. En plus des cours proposés, les élèves ont reçu des CD, des livres et d’autres documents de propagande évangéliste ; ce même scénario rôdé s’est répété à Tiaret et dans d’autres villes ». Selon nos informations, les « diplomates » de l’ambassade des Etats-Unis en Algérie multiplient les visites dans les territoires kabyles et favorisent le prosélytisme évangéliste.

Au Maroc, une multitude d’organisations évangélistes, surtout américaines, opère plus ou moins secrètement dans les régions déshéritées ainsi que dans les grandes villes. Une organisation comme Arab World Ministries, société missionnaire évangéliste internationale, a pour objet officiel « l'annonce de la bonne Nouvelle d'un Sauveur aux musulmans du monde arabe ».
Les agents clandestins de cette secte dont le nombre a plus que triplé depuis 2002, seraient plus de 800. Ils se présentent sous diverses couvertures : médecins, infirmiers, militants humanitaires, enseignants, ingénieurs ou encore entrepreneurs . En janvier 2005, à l’occasion de la visite au Maroc du télé-évangéliste Josh McDowell, représentant le mouvement Crusade for Christ International (7000 volontaires dans le monde), Le Journal-hebdo écrivait « Le Maroc assailli par les néo-protestants US ».

L’action des évangélistes états-uniens est relayées par de nombreuses radios et télévisions bénéficiant du soutien des Etats-Unis, notamment du congrès et de la Cia : Radio El Mahabba émettant en continu sur le canal son du satellite Eutelsat Hotbird 3, la chaîne CNA-Channel North Africa, Arabvision, Life-TV, Miracle Channel etc, sans compter la chaîne de propagande américaine en arabe Al Hurra. La propagande évangéliste est également insérée dans des projets de programmes de développement d'Internet, tel le programme de développement de l`usage d`Internet (GIPI, Global Internet Policy Initiative) engagé par le Département d’Etat américain, dans le cadre de l`Initiative de Partenariat du Moyen-Orient (MEPI), qui touche déjà l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, l'Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie, l'Irak, l'Arabie saoudite, Barheïn, le Koweït, Oman, le Qatar, les Emirats arabes unis, le Yémen et la Palestine.

Bien entendu, cette action de prétendue évangélisation encouragée, financée et protégée par le gouvernement de Washington, n’est animée d’aucun sentiment religieux sincère. Son but est de créer des foyers de discorde au sein des pays arabes afin de les déstabiliser et de les affaiblir. Elle a pour effet d’attiser artificiellement le choc des civilisations et s’inscrit dans le projet développé depuis le 11 septembre de diaboliser l’Islam. Elle s’inscrit tout simplement dans le cadre de la politique des Etats Unis visant à remodeler le Grand Moyen Orient et d’y étendre l’hégémonie américaine.


 Articles de Charles Saint-Prot publiés par Mondialisation.ca


Charles Saint-Prot : « Les services secrets et les néo-conservateurs instrumentalisent les Églises évangéliques »



« Il y a une importante activité de pénétration des Églises évangéliques dans le monde arabe afin de soutenir les politiques états-uniennes dans la région », a expliqué Charles Saint-Prot, lors de la conférence internationale Axis For Peace, organisée par le Réseau Voltaire, les 17 et 18 novembre 2005 à Bruxelles. Directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques et spécialiste du monde arabe, Charles Saint-Prot s’est inquiété de l’action de ces Églises en Irak qui poussent le pays à devenir exclusivement musulman. « Les Églises évangéliques se tournent vers les communautés chrétiennes du monde arabe, les convertissent et leur conseillent de s’exiler, notamment d’Irak. Ils fournissent des aides au départ à des populations qui, comme toutes les autres communautés d’Irak, souffrent de l’invasion et de l’insécurité qu’elle développe. L’objectif est de construire, à la place des sociétés polyreligieuses, un monde exclusivement musulman qu’il est plus facile de dénoncer dans le cadre de la rhétorique du "clash des civilisations". »

Revenant sur les liens entre les Églises évangéliques et les services de renseignement états-uniens, M. Saint-Prot a déclaré : « Dans l’appareil d’État états-unien, il y a une relation ambivalente avec les Églises évangéliques. D’un côté, on a des personnes comme George W. Bush qui sont sincèrement convaincues par les prêtres de ces Églises et qui ont foi en leurs préceptes. Mais de l’autre côté, les services secrets et les néo-conservateurs instrumentalisent les Églises évangéliques et les utilisent pour parvenir à leurs fins géostratégiques. »
« Les États-Unis ont un comportement et une approche semblables à celle d’une puissance européenne dans les années 30 », a continué M. Saint-Prot. Une approche totalitaire mise en œuvre par un cercle réduit de néoconservateurs et de fondamentalistes chrétiens qui viennent à constituer une sorte « d’État dans l’État ». Les pressions exercées sur la Syrie participent notamment d’une volonté globale de « mettre les Arabes à genoux pour les contraindre à négocier des accords de paix avec Israël ». Les États-Unis ont utilisé la même rhétorique que pour l’Irak en accusant la Syrie d’encourager le terrorisme, de chercher à se doter d’armes de destruction massive, puis d’être la porte d’entrée des combattants étrangers en Irak. Or comme le souligne M. Saint-Prot, « les combattants étrangers en Irak sont les soldats britanniques et états-uniens et leurs mercenaires ». La France, dans un revirement spectaculaire et inexpliqué de sa politique étrangère, s’est alliée aux États-Unis pour la circonstance.
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 18:50
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www.courrierinternational.fr

http://fr.images.search.yahoo.com/search/images?p=dialogue+avec+musulmans&y=Rechercher&fr=ush1-mail&ei=utf-8&js=1&x=wrt


Intégrismes,
fanatismes,
fondamentalismes,
communautarismes sectaires,
choc de civilisations,
guerres de religion,
antisémitisme :
Des abominations à dénoncer...

J'ai ouvert ce blog parce que la perspective, abondamment et complaisamment relayée par des médias aux ordres, d'un choc de civilisations, m'est insupportable. Apparemment, mon initiative est sans précédent dans la blogosphère.

On nous dresse les uns contre les autres ARTIFICIELLEMENT, pour le seul bénéfice des industriels de la mort et de la Haute Finance.

Les néo-cons, haineux et va-t-en guerre,  qui prolifèrent dans les plus hautes sphères depuis que Bush est au pouvoir, impriment une tournure nauséabonde aux événements, aux politiques. En particulier, ils poussent à la guerre. Guerres hégémoniques, d'expansion, de domination. C'est intolérable pour les peuples.


Or, le choc des civilisations, l'essor des intégrismes, représente un enjeu immense pour les relations internationales et la paix dans le monde. 

Nous devons absolument nous opposer à la politique diabolique des néocons néo-libéraux et va-t-en guerre. Ne serait-ce qu'en informant, sans cesse. Comme je l'ai déjà dit sur mon blog
http://r-sistons.over-blog.com, transformons-nous TOUS en journalistes, au travail, en famille, auprès de nos voisins ou de nos relations... on ne peut pas compter sur les Grands Médias. Eux sont aux mains des industriels de l'armement, pour notre malheur.

Les intégrismes, les fanatismes, les fondamentalismes, quels qu'ils soient, chrétien, juif ou musulman, sont des abominations qu'il faut dénoncer sans relâche.





L'antisémitisme, envers les Juifs comme envers les Musulmans, tous deux sémites, et ayant des origines communes, l'antisémitisme est une abomination. Parce que le racisme est une perversion des relations humaines. Nous sommes TOUS frères et soeurs en humanité, enfants du même Père céleste,  et citoyens du même monde.

Aujourd'hui, d'ailleurs, l'islamophobie supplante le traditionnel racisme anti-juif. Sans bruit, sans être dénoncé, et cela aussi est intolérable. Tous les racismes se valent, ils sont aussi abominables les uns que les autres.

L'anti-sémitisme est souvent instrumentalisé, utilisé à des fins politiques. Cela aussi est intolérable. La Shoah des Juifs ne doit pas être sacralisée, et prétexte à une fallacieuse chasse aux sorcières, où l'on confond trop facilement anti-sémitisme et dénonciation de la politique sioniste actuelle, hautement préjudiciable aux intérêts des peuples. 

Moi-même, en tant qu'humaniste,  je suis farouchement opposée à toute forme d'antisémitisme, de racisme. D'ailleurs,  je ne colle pas d'étiquettes aux personnes : Je les respecte toutes, par contre je dénonce avec force certaines politiques, notamment l'américano-sioniste actuelle, parce que préjudiciables aux peuples, de régression sociale, barbares, inhumaines, militaristes, accentuant les inégalités déjà scandaleuses. Et je ne tolèrerai jamais que l'on assimile cette dénonciation politique, à un quelconque racisme ou anti-sémitisme.

La liberté d'expression et d'opinion doit être scrupuleusement respectée, en démocratie. Elle n'est pas à géométrie variable. L'accusation fallacieuse d'anti-sémitisme peut tuer, briser des carrières, nuire à  des réputations. A tort. Je pense en particulier à un Préfet, à des journalistes, à des écrivains, à des hommes politiques, et même à l'Abbé Pierre, pourtant unaninement apprécié.
 A qui on a refusé la liberté d'opinion, tout en se taisant quand il s'agit de caricatures abjectes concernant le Prophète de l'Islam lui-même.


                                                                                            

 

 



 




















De la même façon, nous devons résister à la tentation de chercher l'affrontement avc des personnes différentes de nous. La paix est le bien le plus précieux, les guerres ne résolvent rien, elles ne font que multiplier les problèmes, ou les amplifier, sauf pour les professionnels de la guerre. Eux devraient être traduits pour crime contre l'humanité, au lieu de se voir accorder des noms de rues, ou accueilli comme des VIP.

 

Voilà les quelques précisions que je voulais vous livrer. A tous, qui que vous soyez, en toute fraternité.

Cordialement, Eva

 





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www.geneve.ch

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 17:02
Michel Warschawski en juillet 2005.
 
Michel Warschawski en juillet 2005.


Voici un de mes posts, sur mon blog
http://r-sistons.over-blog.com

Chers lecteurs, bonjour, 

Israéliens et Palestiniens, voilà deux mots presque antinomiques, aujourd'hui, hélas ! Et pourtant la femme de consensus que je suis a choisi de les réunir en un seul homme, Juif pleinement Juif car fils de Rabbin, et en même temps homme sincèrement soucieux de voir l'intérêt des Palestiniens pris en compte. Homme de gauche épris de paix, un Juste entre les Justes - je reprends intentionnellement ce mot si lourd de signification pour nos frères en humanité Juifs.

Vous le savez, femme de paix et de conciliation et donc de réconcilation, j'avais il y a quelques semaines écrit un " Jérusalem, phare du monde ? ". Et je voudrais vous dire mon immense chagrin de voir la terre sainte, si riche de symboles pour les trois religions monothéistes et pour la foi Bahia's qui les englobe toutes, de voir cette terre sacrée, donc, avilie, piétinée, meurtrie, saccagée, devenue l'antre du diable en quelque sorte, alors qu'elle aurait dû être par excellence le lieu de rencontre de tous les croyants pour ensemble, réfléter l'Amour du Père céleste pour tous ses enfants, quels qu'ils soient, et bâtir en communion les plans d'un monde meilleur pour tous les habitants.

Au lieu de cela, que voit-on ? Des croyants qui s'entre-déchirent, avec à la lisière des fanatiques prêts à mettre la planète à feu et à sang, intégristes d'Al Quaida, sionistes exacerbés, chrétiens illuminés.... et aujourd'hui, nous assistons à la résurgence d'une barbarie religieuse qu'on croyait naguère oubliée. Des fanatiques musulmans profèrent des menaces insensées ou s'apprêtent à commettre des attentats, tandis que les alliés objectifs néo-cons et néo-sionistes s'activent pour lancer la plus effrayante croisade contre ceux qu'il considèrent en bloc comme leurs ennemis, quitte à mettre la planète à feu et à sang - Bush n'envisage-t-il pas une 3e guerre mondiale ? - et à prendre en otages les civils innocents.

Je voudrais dire plusieurs choses : La première, les Palestiniens ne sont en aucune façon responsables de la Shoa; pourquoi paieraient-ils pour des actes qu'ils n'ont pas commis ? La seconde, des propositons de paix ont été lancées par la Communauté Internationale, mais aussi par le Groupe de Genève, et également par l'ensemble des Arabes. Si les Israéliens voulaient réellement la paix, il y a longtemps qu'elle serait en vigueur. La prochaine conférence, à ANNAPOLIS ? "Ce n'est pas une réunion de paix, mais un conseil de guerre", écrit Michel Warschawski, je vous renvoie à
http://lesogres.info/article.php3?id_article=3570

La troisième chose que j'aimerais vous dire, c'est que je suis pour un Etat bi-national, qui permettrait aux deux Etats ennemis de cohabiter paisiblement, de collaborer, d'apprendre à s'apprécier, de s'enrichir mutuellement, et de bâtir ensemble une ébauche d'union entre des croyants différents. Alors, la terre de Palestine ou d'Israël, d'Israël ou de Palestine, deviendrait le lieu où les croyants pourraient préfigurer ce que sera le Royaume de demain, et en attendant, offrir un lieu de pélerinage pour ceux qui sont en quête de spiritualité, dans une unité retrouvée, respectant les différences de chacun.

Chacun y trouverait son compte : Les Israéliens, qui bénéficieraient  de frontières sûres, et les Palestiniens, qui pourraient enfin vivre normalement. Les pélerins viendraient en masse, le commerce serait florissant, et le monde entier serait soulagé - et heureux. La paix est la meilleure des solutions.

Oui, comme Michel, j'appelle de mes voeux un Etat bi-national, il a ses raisons, j'ai les miennes - lisez les siennes.  Et lisez ensuite tout ce que j'ai ajouté pour alimenter le débat, des extraits des commentaires qui ont été échangés à l'issue du chapitre "Stratégie...", ou encore de mon article "Merci, chers lecteurs". Comme je n'oublie pas les militants, j'ai joint des informations à leur intention, pensez aussi à vous rendre sur le Forum pour la Paix, en lien sur mon blog, et à regarder les vidéos, celle du boléro de Ravel dansé, ou celle d'une très grande dame, appellée Danièle Mitterrand. Où l'on voit d'ailleurs qu'on la cantonne à des banalités - une femme comme elle est trop dangereuse pour le désordre établi.

Eclectique, j'ai mis des liens très variés, qui réflètent toutes les opinions, pour pouvoir les consulter, y réfléchir - et vous les proposer. Ainsi, des sites pour la paix cohabitent avec celui de l'Armée, pour comprendre les avis des uns et des autres. Personnellemnt, je suis pour la non-violence active. Mais je n'impose à personne mes opinions. Abonnez-vous à ce blog de la diversité, de l'ouverture, de la tolérance - et du combat militant, sans merci, contre le libéralisme et les communautarismes, et pour la paix et la Justice sociale. Merci de votre amitié, Eva

TAGS : Guerre, paix, Juifs, Jérusalem, Chrétiens, Evangéliques, Musulmans, intégristes, Al Quaïda, néo-cons, néo-sionistes, Bush, Armée, non-violence, conférence d'Annapolis, Danièle Mitterrand, Ravel, Palestine, Israël, Shoa, Bahia's, Arabes, Groupe de Genève...

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Objet: union syndicale solidaire
Date: Mon, 19 Nov 2007 10:19:23 +0100
 
Eva,
Bravo pour le texte de Uri Avnery !
je te joins un copié collé d'un article de wikipédia sur Michel Warschawski.
je te laisse découvrir cet homme estimable s'il en est.
et voilà de quoi te rendre cet homme sympathique !

 

Michel Warschawski en juillet 2005.
 
Michel Warschawski en juillet 2005.

Fils du grand-rabbin Max Warschawski, Michel Warschawski passe ses premières années à Strasbourg. Il décide à 16 ans de partir pour Jérusalem où il entreprend des études talmudiques. En 1967, il adhère au mouvement trotskiste antisioniste Matzpen aujourd'hui disparu. Il crée en 1984 le Centre d'information alternative (AIC), qui rassemble plusieurs mouvements pacifistes israéliens et organisations palestiniennes. En 1989, il est condamné à vingt mois de prison ferme pour « prestations de services à organisations illégales », pour avoir imprimé des tracts relatifs à l'organisation palestinienne Front populaire de libération de la Palestine de Georges Habache qualifiée de terroriste par Israël. Depuis lors, il continue son activité au sein de l'AIC. Il donne, entre 2003 et 2005, une série de conférences sur le conflit israélo-palestinien dans une vingtaine de grandes villes françaises et leurs banlieues (centres associatifs, écoles) avec Dominique Vidal du Monde diplomatique et Leïla Chahid, déléguée générale de la Palestine auprès de l'Union européenne. La présence de ces intervenants au sein d'établissements publics crée une polémique, notamment à travers des tribunes dans Le Figaro ou France-Israël et les réunions sont interdites dans les établissements scolaires.

Sur l'État bi-national [modifier]

L'idée d'État bi-national que Warschawski défend consiste à souhaiter que les peuples juif et arabe cohabitent et co-gouvernent un même État.
Michel Warschawski à qui l'on demande s'il est attaché à l'Etat d'
Israël, déclare, en 2005, qu'« il aime Israël comme on aime l'enfant d'un viol. On ne peut en vouloir à l'enfant des circonstances de sa conception. »

.


Reportage
Hébron, cité convoitée par les colons israéliens
LE MONDE | 20.11.07 | 14h46  •  Mis à jour le 20.11.07 | 14h46
HÉBRON (CISJORDANIE) ENVOYÉ SPÉCIAL
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Pour les colons, cela ne fait aucun doute : l'endroit est stratégique. Située sur une colline dominant une petite vallée, l'énorme bâtisse permet de contrôler l'accès au coeur historique d'Hébron. Le bâtiment de quatre étages, d'une superficie totale de 3 500 m2, est surtout une acquisition capitale dans la conquête du territoire palestinien par les colons pour établir un lien entre la colonie de Kyriat Arba et le caveau des Patriarches, lieu de culte important de cette cité antique tant pour les juifs que pour les musulmans.

 

 
C'est une nouvelle pièce d'un puzzle qui se met en place pour évincer la population palestinienne située entre les points d'implantation déjà établis dans la vieille ville (600 à 700 personnes) et les deux colonies de Kyriat Arba et de Givat HaAvo (8 000 habitants) à la périphérie. Le grand arc de cercle serait ainsi complété, permettant de reprendre en partie possession de ce que David Wilder, porte-parole de la communauté juive, appelle "la première ville juive ayant existé dans le monde".

C'est pourquoi, le 19 mars, un groupe de colons a investi cet immeuble, situé à proximité d'une mosquée et d'un cimetière musulman, au milieu d'un quartier palestinien. Depuis, pour ces habitants, c'est un enfer. Cernés par les colons, ils n'ont plus le droit d'utiliser la route et se déplacent à pied ou avec des carrioles, que les nouveaux barrages ne laissent pas toujours passer. La police et l'armée sont omniprésentes. Un poste de surveillance a été installé à proximité et sur le toit du bâtiment. En face, de l'autre côté du vallon, une tour de guet. Une dizaine de familles y sont installées, sous la haute protection des forces de sécurité. L'entrée y est interdite à la presse.

Les colons sont là pour rester et le font savoir à leurs voisins, jugés indésirables. Un rapport publié par B'Tselem indique que l'immeuble a été connecté au réseau électrique et que des travaux ont été entrepris pour l'installation de nouveaux colons. Il dénonce "les abus et les violences exercés par les colons et les forces de sécurité, et les interdictions croissantes placées à la liberté de mouvement des Palestiniens". B'Tselem énumère toutes les attaques qui se sont produites depuis sept mois : "Agressions physiques et verbales ; insultes ; malédictions ; jets de pierre, d'urine, d'oeufs, d'ordures, de bouteilles vides", sous l'oeil indifférent des forces de sécurité qui, elles aussi, sont accusées de mauvais traitements et d'humiliations.

"Les colons ne cessent de nous attaquer. Mon fils a été traîné dehors et battu, se lamente Bassam Jaabari. Ils m'interdisent d'apporter de la marchandise. Ils nous crachent dessus, nous lancent des poubelles. Ils ne nous considèrent pas comme des humains. Ils cherchent à nous faire partir à tout prix. Mon frère est en prison depuis le 5 août avec six autres personnes accusées d'avoir jeté des pierres. C'est devenu infernal". Bassam Jaabari tient une petite boutique en contrebas du bâtiment des colons qui a été baptisée "la maison de la paix". "C'est pour montrer que les Arabes et les Juifs peuvent vivre en paix", dit, sans rire, David Wilder. Il explique que les accusations de B'Tselem sont "une fabrication. Il n'y a aucune preuve, pas une image. Les Juifs veulent vivre à Hébron et lorsqu'il y a une propriété à acheter, il est normal de le faire".

 FAUX ACTES DE PROPRIÉTÉ

Contrairement à ce qu'affirme M. Wilder, les preuves de violences sont nombreuses. B'Tselem a fourni aux Palestiniens de petites caméras qui leur ont permis de filmer plusieurs agressions. Quant à acheter, les Palestiniens refusent de vendre, même sous la pression. Fayez Al-Rajabi, le propriétaire, raconte qu'il n'a jamais vendu ce bâtiment, dont il avait acheté le terrain, il y a treize ans, à un Jordanien. Il avait entrepris d'y édifier une construction dont les travaux ont été retardés à cause de l'Intifada. Pour ce garagiste, les documents de propriété des colons sont "des faux". "Ma maison m'a été volée", accuse-t-il. Il a même passé six mois en prison car l'Autorité palestinienne l'avait soupçonné d'avoir vendu à des colons. Ce qui est considéré comme un acte de collaboration. Dimanche 18 novembre, l'enquête gouvernementale demandée par la Haute Cour a conclu qu'effectivement, il n'avait pas vendu son bien et que, par conséquent, les occupants devaient en être délogés.

Il semble bien que les colons aient acheté au même Jordanien, un certain Ayoub Jaber, une propriété qu'il avait déjà vendue au garagiste. Le procureur de la Haute Cour avait estimé qu'il y avait de "sérieux doutes sur l'authenticité des documents présentés par les colons". Il y a quelques mois, le ministère de la défense avait ordonné l'expulsion des colons. Un appel a été interjeté. Pour les colons, l'important est de gagner du temps. Ils s'installent et créent sur le terrain une situation de fait. "Nous sommes chez nous et nous avons l'intention d'acheter tout ce qu'il est possible d'acheter, car Hébron, martèle M. Wilder, est un haut lieu du judaïsme."

Michel Bôle-Richard
Article paru dans l'édition du 21.11.07 - http://lesabonnes.lemonde.fr 


Confirmant en tous points l’éditorial de notre dernier n°,
Actualité juive titre dans son n° 1000
que c’est avant tout “en ami
d’Israël” que Nicolas Sarkozy s’est rendu aux Etats-Unis
.

D’ailleurs, le président de la République avait tenu à se faire
accompagner par celui du CRIF, le Dr Richard Praskier, élu une semaine
tout juste après lui, le 13 mai 2007. “Tout un symbole”, écrit Actu
Juive. En effet…



suite à http://www.rivarol.com/   


NOTE   EVA  :

Moi, je croyais que Sarkozy avait été aux E.U. avant tout en aml des EU, Sarkozy l'Américain qui, il y a peu encore, se sentait mal à l'aise en France et mieux aux EU (qu'ils le gardent là-bas, surtout !) ! 

Je savais que la première visite de Sarkozy aux EU, avant de voir Bush, avait été pour le Congrès Juif Américain, je savais aussi qu'il a passé, lors de son dernier voyage aux EU, plus de temps avec "ses amis d'Israël" qu'avec les Américains, ce qui en dit long sur la politique qu'il va mener (abandonner les Palestiniens à leur tragédie, occidentaliser le Liban pour mieux l'étouffer, et  massacrer les Iraniens, puis les Syriens, etc....) ...

Eva, indignée

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Pour alimenter le débat, voici la copie du commentaire que j'ai ajouté à la fin du précédent chapitre :

Les malentendus, hélas, peuvent dresser des murs entre les individus, de plus en plus en plus haut, moi qui suis une femme de paix, de communion, je vais essayer de les faire descendre...

Je vais être caricaturale : Chez les Juifs, il y a à la fois le meilleur et le pire, le pire, les Palestiniens sont les premiers à en subir les effets; les autres ne reconnaissent plus leur pays et sa mentalité... Le meilleur, c'est donc ce dernier,  Waerchavski, mais tant d'autres, comme ces (plus ou moins grands) révolutionnaires épris de justice que la nation juive a enfantés, de Marx à Roni Brauman, en passant par Mendes-France, homme de bien, ou même Théo Klein, une voix forte, indépendante, courageuse. Je persiste et je signe, tant pis si ça déplaît aux deux camps : il y a le meilleur et le pire.

Hanin, Massias, ou plus généralement les pseudo-intellectuels, ont ce que je dénonce surtout : UN ESPRIT COMMUNAUTARISTE, partisan, un esprit de clocher, de chapelle, c'est ce que je déteste le plus, ce ne sont plus des intellectuels, indépendants. Et moi je suis indépendante, je n'appartient à aucun groupe, clan, parti, église, je suis citoyenne du monde, croyante en Dieu - SEULEMENT DEFENSEUR DE CE QUI ME SEMBLE JUSTE, SAGE, BON. Et proche par vocation des plus souffrants, en 1940 juifs, aujourd'hui Palestiniens.  Eva


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  • : Eva pour la communion des civilisations
  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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