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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 05:23

Une journée de foot pour combattre
le racisme et la violence dans les stades

jeudi 21.05.2009, 04:47 - La Voix du Nord

 M. Torres, président de la LICRA Nord-Pas-de-Calais et M. Kusnierek, dirigeant du Dyna Lallaing. M. Torres, président de la LICRA Nord-Pas-de-Calais et M. Kusnierek, dirigeant du Dyna Lallaing.
| LALLAING |

Lallaing a été choisie par la LICRA pour participer à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la violence et les incivilités dans les stades de foot.

M. Kusnierek et M. Noiret, dirigeants du Dyna Lallaing, sont fiers de pouvoir, le 14 juin prochain, accueillir dans le stade Charles-Destatte une journée de football non stop en faveur de la Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme (LICRA).

Sous la houlette de M. Torres, président de la commission sport de la LICRA Nord - Pas-de-Calais, cette journée se veut avant tout être une fête où le sport sans violence sera roi. «  Lallaing, terre d'immigration et de football, est un lieu agréable pour mener ce type d'action. De plus, la municipalité et le Dyna Lallaing nous ont accueillis avec enthousiasme et dynamisme », se réjouit M. Torres.

La LICRA organise ces actions en partenariat avec des acteurs locaux pour informer le public, pour promouvoir la diversité, source de richesse, et pour repousser la discrimination. Ainsi, le sport reste un moyen de s'évader de son quotidien et de se dépenser physiquement, mais sans oublier les valeurs de la société. Le terrain de foot doit rester le lieu de la tolérance et du fair-play, le sport doit rester l'école de la citoyenneté.

Lors de cette journée du 14 juin, des personnalités du foot local seront présentes. Sont, par exemple, attendus quelques présidents de club régionaux et des élus du douaisis.

Pour passer une agréable journée et apprécier cette initiative de promotion de la citoyenneté et du respect d'autrui à travers le sport, venez nombreux au stade de football municipal le 14 juin. Les joueurs du Dyna Lallaing accueilleront les joueurs de Barbe d'Or de Roubaix ainsi que des membres du club de Mouvaux. •

> Tarif entrée : 1 E. Une buvette sera à votre disposition.


http://www.juif.org/go-news-98536.php
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 02:15



Littératures et modèles culturels, par Luc Collès

« Unifier, c’est nouer mieux les diversités particulières, non les effacer pour un ordre vain. » (Saint-Exupéry, Citadelle)

Une démarche interculturelle

Lors d’une récente recherche entreprise au sein de classes belgo-maghrébines du cycle supérieur de l’enseignement secondaire, nous avons tenté de montrer que les cours de français peuvent y être vécus comme un moment de confrontation et d’échange où Belges et enfants de migrants réagissent autour de textes issus des littératures françaises de France et de Belgique ainsi que du Maghreb et de l’immigration.
 
L’objectif poursuivi consistait à fournir aux uns comme aux autres des outils d’analyse pour les aider à rendre moins étranges leurs comportements respectifs, à mieux prendre conscience de leur identité propre et à mieux percevoir l’originalité de la culture d’autrui. Il s’agissait d’une approche interculturelle destinée à valoriser ce qui est propre à chacun en corrigeant ses « cribles culturels ».

Une telle méthodologie nous paraît éminemment formative car elle sensibilise l’élève à l’arbitraire de son système de références maternel. L’analyse des différences culturelles permet à chacun de porter un autre regard sur sa propre communauté.


On sait que, traditionnellement, les cours de français des dernières années du secondaire sont en partie consacrés à l’enseignement des littératures françaises de France et de Belgique.


D’une part, le professeur belge a le point de vue subjectif de celui qui parle de sa propre culture. S’agissant des valeurs qui sont véhiculées dans pareils textes, il est assez mal placé pour les expliquer à des étrangers puisqu’elles lui sont toujours apparues de manière implicite.


D’autre part, élèves belges et adolescents issus de l’immigration partagent avec le professeur un certain nombre de postulats et de croyances puisés dans un univers qui leur est commun et dont certaines dimensions proviennent à la fois de la rue et de l’école, ainsi que de la télévision et du cinéma.


Néanmoins, ce qu’on appelle aujourd’hui la « culture migrante » s’ancre également dans les traditions familiales importées par les parents. Et même si cette culture d’origine s’est transformée quelque peu au contact des autochtones, elle est bien souvent survalorisée. Décontextualisée, privée de ses racines, elle acquiert en effet une valeur  mythique à travers le discours des parents.


L’enfant de migrant dispose donc d’un savoir particulier et porte sur la culture francophone de Belgique, telle qu’elle se manifeste notamment dans les textes étudiés en classe, le regard interrogateur de celui qui n’adhère que partiellement à une série de comportements et d’habitudes de vie.


Le système culturel qu’il aborde lui apparaît d’autant plus aléatoire qu’il peut être dissonant par rapport à sa propre vision du monde, que celle-ci soit encore très proche de son univers d’origine ou en soit déjà éloignée. Cette distorsion peut entraîner des jugements de valeur grossiers et réducteurs.


Mais, par ailleurs, l’étranger jouit d’un point de vue privilégié dans la mesure où, étant en partie hors du jeu, il ne participe pas à la connivence entre les élèves belges et le professeur. Son questionnement explicite (ce qui suppose une bonne maîtrise de la langue française), s’il est accueilli favorablement, peut amener la classe à mettre au  jour certaines des règles du système.


Des cours traditionnels de littérature française donnés dans une classe culturellement mixte peuvent donc faire l’objet de véritables échanges interculturels. Néanmoins, dans ce cas, c’est la culture du pays d’accueil qui constitue le seul support à partir duquel les adolescents issus de l’immigration manifesteront (s’ils y sont aidés) leur questionnement.


Il nous a paru que pour éviter, de manière plus sûre encore, tout ethnocentrisme, et pour créer à l’école les conditions d’un échange égalitaire, un pas de plus devait être franchi. Il n’est pas facile pour des jeunes issus de l’immigration de faire valoir un point de vue différent de celui du professeur, d’autant que leur culture est celle d’une classe socioéconomique défavorisée.

Dès lors, si, dans les écoles qui nous préoccupent, l’approche interculturelle implique, de la part des enfants de migrants, l’acquisition de la langue française et la compréhension des comportements et valeurs des Belges francophones, elle suppose aussi que la société dite d’accueil soit sensibilisée aux valeurs et attitudes des étrangers.


Une approche anthropologique de la littérature
 

Ce sont des textes pour la plupart littéraires qui ont servi ici de médiateurs dans cette démarche interculturelle. Le texte littéraire, en effet, véhicule des images dont la reconnaissance, à travers un double mouvement d’identification et de différenciation, confère au lecteur une identité. Par ailleurs, ces images renvoyant à des mythes reconnus et acceptés par le groupe dont l’auteur fait partie et où son œuvre est d’abord reçue, ce processus d’identification a valeur sociale également.

Le texte littéraire constitue donc un excellent support d’analyse pour l’enseignant qui tente d’amener ses étudiants à saisir un « système de valeurs dynamiques formé d’éléments acquis, avec des postulats, des croyances et des règles qui permettent aux membres d’établir des rapports entre eux et avec le monde, de communiquer et de développer les capacités créatrices qui existent chez eux. » (définition de la culture selon l’Unesco) Il apparaît comme l’expression et la mise en forme esthétique de représentations partagées par   les membres d’une même communauté.


L’étude de ces représentations met en évidence l’état psychologique d’un groupe ainsi que les types de relations qui s’instaurent en son sein. En d’autrestermes, les œuvres littéraires peuvent constituer une voie d’accès à des codes culturels.


La notion de « modèles culturels » permet de mieux comprendre la structuration et le fonctionnement d’une culture :

« Un modèle culturel est un ensemble structuré de conduites qui s’imposent à l’intérieur d’un groupe social déterminé et qui sont dotées d’une certaine permanence. Il peut être explicite et faire l’objet de sanctions comme pour le code de la route qui représente le modèle de la conduite automobile ; il peut être aussi largement implicite comme la politesse qui constitue un modèle des relations sociales. » (G. Michaud et E. Marc, Vers une science des civilisations ?,Bruxelles, Hachette, éd. Complexe, 1981, p.110)

Les comportements sociaux correspondent à la mise en œuvre du code que constitue un modèle culturel. Après avoir repéré les multiples codes d’un ou de plusieurs secteurs sociaux fondamentaux (le vêtement, l’alimentation, les relations entre sexes, l’éducation des enfants, etc.), les sémiologues de la culture étudient comment ces codes s’organisent en système, le(s) modèle(s) culturel(s) que ceux-ci impliquent, ainsi que leurs significations.


Ils s’attachent de même à cerner les valeurs autour desquelles ces codes s’ordonnent (économiques, éthiques, juridiques, sociales), les attitudes et les conduites qui en découlent. Ces valeurs, transmises et inculquées de manière privilégiée par l’éducation, se réfèrent à des normes qui, en tant que système de références commun, constituent le fondement de toute collectivité.


Un travail de repérage semblable peut évidemment se faire sur des textes littéraires, dans la mesure où ceux-ci représentent des expressions langagières particulières de ces différents systèmes. Mais qu’on me comprenne bien : il ne s’agit pas de confondre littérature et culture anthropologique, même s’il y a des points communs entre la démarche du romancier et celle de l’ethnologue.


Ainsi, M. Abdallah-Pretceille (Dialogues et cultures n°32, FIPF, 1988, pp.75-81) montre que les œuvres littéraires comme les monographies d’ethnologues ont un caractère à la fois universel et singulier. Evoquant des rites collectifs, parlant du monde et des hommes, les unes et les autres expriment une perception singulière, marquée par le contexte d’énonciation. Dans les deux cas, tous les paramètres de la communication (et notamment les conditions sociohistoriques de production) interfèrent avec la nature et la forme du message.


Le texte littéraire peut donc être considéré comme un regard qui nous éclaire, fragmentairement, sur un modèle culturel. La multiplicité des regards (la juxtaposition de textes en rapport avec les mêmes thèmes) permet à la classe de cerner petit à petit les valeurs autour desquelles celui-ci s’ordonne. Des textes non littéraires émanant, entre autres, d’études de sociologues et d’anthropologues sont également pris en compte et traités, à titre complémentaire, comme d’autres regards sur les mêmes réalités.


Après avoir souligné la convergence de ces points de vue, en dépit de leurs variations individuelles, professeur et élèves ont l’occasion d’en mesurer la relativité en les confrontant à d’autres qui relèvent d’un autre univers culturel. En l’occurrence, il s’agissait, dans notre parcours, de comparer la manière dont Maghrébins (en tentant de cerner l’originalité de leur situation de migrants) et Occidentaux francophones (Français et Belges) appréhendent un certain nombre de traits culturels repérables dans les œuvres étudiées.


Parmi ceux-ci, les systèmes spatial et temporel ont particulièrement retenu notre attention car E.-T. Hall a souiligné qu’ils sont déterminants dans la caractérisation d’une culture (La Dimension cachée, Paris, Points-Seuil, 1978 ; Le Langage silencieux, Paris, Points-Seuil, 1984 ; La Danse de la vie, Paris, Seuil, 1984). On a donc cherché à déceler quelles perceptions différentes de l’espace et du temps affleurent dans les textes abordés, quelles conduites elles manifestent et à quelles valeurs elles répondent. Ces composantes socioculturelles ont ainsi fait entrer les élèves dans des visions du monde différentes où interviennent bien d’autres aspects connexes : rapport au corps, à la famille, au sacré…


Pour réaliser cet objectif, le professeur doit partir de l’expérience que chacun a de sa propre culture et telle qu’elle peut s’expliciter au contact d’œuvres qui relèvent de son aire culturelle. Il doit d’abord lui faire découvrir les affinités et ensuite les différences avec les manifestations de la culture de l’autre, avec lesquelles il entre en contact de manière privilégiée grâce aux textes littéraires.



Identités culturelles et littératures



La confrontation de textes issus des littératures de France et de Belgique francophone avec des textes maghrébins, du point de vue des schémas temporels et sociaux, manifeste la présence de deux grands foyers de culture : la France et la Belgique francophone d’une part, le Maghreb d’autre part.


En ce qui concerne la littérature maghrébine, il nous a paru préférable de travailler sur des textes d’expression française et non sur des traductions. C’est qu’ils posent, en effet, moins de problèmes dans le cadre de cours traditionnellement consacrés à la littérature française. De plus, ce qui importe surtout dans la perspective interculturelle ici tracée, c’est moins l’introduction de la langue d’origine que ce dont elle est porteuse symboliquement. Le français pratiqué par l’écrivain arabe a d’ailleurs une coloration spécifique.


Du reste, si l’on introduit en classe de tels textes, ce n’est pas nécessairement pour que les enfants de migrants se les approprient, mais pour les « valoriser » au même titre que ceux des littératures française et belge, l’objectif étant que chaque élève, qu’il soit belge ou d’ascendance maghrébine, puisse être légitimement fier de sa famille et de sa culture.


Mais, à côté des textes de littérature maghrébine, nous avons également proposé la lecture de textes issus de l’immigration. C’est que nous nous rallions en effet à l’avis de C. Lozares : « C’est leur histoitre récente que les enfants migrants doivent assumer (les dangers d’un interculturalisme se référant uniquement à une prétendue culture d’origine sont le folklorisme et le risque d’alimenter un certain idéalisme nationaliste). Mais le fait migrant, avec ses valeurs et ses misères, est la médiation pour les enfants migrants. » (Pédagogie interculturelle, Genève, 1984, p.117)


De ce point de vue, les romans écrits par les « beurs », c’est-à-dire les Maghrébins de la deuxième génération, offrent de nombreux témoignages originaux. Leur expression résulte de l’appartenance à deux cultues, à deux pays (cf. sur ce blog l’article Plaidoyer pour l’insertion de la littérature migrante à l’école).


Pour les parents, la culture d’origine constitue les fondements de leur mémoire et fournit  les clés de décryptage de leur univers actuel, y compris celui de leur exil. Le pays quitté reste ce Paradis perdu où l’on rêve toujours de revenir. Suite au regroupement familial, les échéances projetées ont dû être reculées, ce qui a creusé davantage encore le désir du retour, en lui donnant un caractère mythique.


L’adaptation au pays d’accueil s’avérant nécessaire pour des raisonssocioprofessionnelles, l’étranger a tenu cependant à ne pas perdre son intégrité psychologique et à se rassurer. D’où la préservation de rites qui s’inscrivent dans son espace intime, la maison et le quartier (A. Bastenier in D. Grootaers et al., Chronique sociale/Vie ouvrière ; Lyon/Bruxelles, 1984).

Le rapport initial des enfants à cette culture d’origine est évidemment tout autre. L’idée qu’ils se font de celle-ci à travers les discours des parents et ce qu’ils en vivent en famille se heurte aux représentations dévalorisées qu’en a la société d’accueil (notamment pour des raisons socioéconomiques). Coupée de ses racines « nationales », cette culture n’a plus comme fonction que de servir de refuge et de faire contrepoids aux images ambiantes négatives. Ainsi se perpétue le mythe.


A.Begag et A. Chaouite (Ecarts d’identité, Paris, Seuil, Point virgule, 1990, p.52)  soulignent les conséquences de cette référence à l’origine qui est propre au milieu familial : « Son effet pervers est d’enfermer l’autre dans une image factice de lui-même, de l’acculer à ne pouvoir se vivre comme créateur de sa propre identité à partirde ses propres choix et références. »


La pédagogie interculturelle se fixe donc comme tâche de donner à l’adolescent étranger la possibilité d’être lui-même, de trouver son identité sans adéquation totale avec la culture standard des Belges francophones ni ave la culture d’origine de ses parents migrants. Il s’agit même de l’amener à choisir entre des appartenances multiples, fragmentées, liées à des influences diverses, celles de son quartier et de la bande de jeunes dont in fait partie étant largement prépondérantes (cf. sur ce blog l’article Une Quête identitaire).


Cette fragmentation se retrouve dans les ouvrages d’immigrés de la seconde génération comme Zeïda de nulle part de Leïla Houari, le Gone du Chaâba d’Azouz Begag, Journal « Nationalité : immigrée de Sakinna Boukhedenna, Le Sourire de Brahim de Nacer Kettane et bien d’autres. (1)


En classe de français, il est intéressant et fécond – l’expérience nous l’a révélé – d’observer les références qui les règlent, à l’intersection entre l’héritage arabo-islamique, les traditions populaires du Maghreb et leur contestation éventuelle suite à la confrontation avec les modes de vie occidentaux.

                                   
Luc Collès – CRIPEDIS (UCL)


(1) M. Lebrun et L. Collès, La littérature migrante dans l’espace francophone : Belgique – France – Québec – Suisse, Cortil-Wodon, E.M.E., 2007 (« Proximités-didactique »)


Posté par Alaindependant à 12:46 -
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 03:29



On peut définir cet intellectuel méridional
comme un « pontife », un homme
qui bâtit des ponts.
Entre les cultures, les religions
et ses semblables
.

Il fut un des premiers à s'intéresser au phènomène religieux du point de vue du sociologue et, à ce titre, cet arabophone, diplômé de l'institut Bourguiba des langues (Tunis), s'interessât particulièrement à l'islam comme en témoigne ses nombreux ouvrages : La France et l'Islam, Islam : des questions qui fâchent, L'Islamisme radical.

A propos du radicalisme musulman, il soutenait que cette mouvance de l'islam procédait non d'un cheminement linéaire de la tradition islamique, mais bien d'une influence occidentale où le mimétisme aveugle joue le rôle de catalyseur.

Bruno Etienne illustrait aussi les arcanes de l'ésotérisme musulman, en témoigne un article paru dans la revue « Vers la Tradition" où il donne le plan « ésotérique de la Smalah d'Abd-el-Kader, plan qui relève d'une géographie sacrée.

Partisan d'un islam gallican, seul à même de le réformer, il plaidait pour l'abandon de l'ethnocentrisme et l'affirmation de l'universalité du message mohammedien.

Ce Franc-Maçon du Grand-Orient de France n'en était pas moins un anti-jacobin, adveraire du cesaro-papisme étatique. Si l'Etat doit être reconnu par tous, il appartient aussi à l'Etat de reconnaître les différences et les protéger : sectes, bouddhisme, islam mais aussi régionalisme ont droit à une déférence qui leur est trop souvent niée par l'Etat Central lequel devrait, à l'instar d'autres pays européens, subsidier les cultes, les encadrer et reconnaître leur dimension sociale.

Avec lui disparaît un humaniste, un de plus, nous n'en connaissons plus beaucoup, le désert culturel gagne chaque jour d'immenses espaces autrefois fertiles d'échanges et de discussions; la pensée unique progresse et, avec elle, la désolante ignorance.

http://fatahelbab.over-blog.com 



Il présidait l'observatoire des religions au sein de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, le professeur Bruno Etienne s'est éteint le 4 mars 2009.


Bruno Etienne: "La religion est devenue un supermarché et pourquoi pas ?"
Par pwallez le mardi 30 septembre 2008,

Atteint d'un cancer, dont le traitement l'a contraint à différer la sortie d'un nouveau livre, l'intellectuel aixois poursuit ses recherches sur le phénomène des religions
Dans la salle d'étude, aménagée dans le jardin d'une propriété d'Aix, les quintes de toux secouent sa grande carcasse, charpentée par une adolescence d'ascétisme et une longue pratique des arts martiaux à l'âge adulte. Le professeur Bruno Etienne est malade et il ne cache pas, sans s'étendre, qu'il s'agit d'un cancer.
La religion n'est pas devenue pour autant thérapie, besoin vital. En tous cas pas davantage qu'avant la découverte de la maladie. "J'ai toujours été à la fois un chercheur et un cherchant". Se situant à la fois en dehors et dedans. Il dissèque au scalpel de l'anthropologue, sociologue, politologue cet objet d'études "depuis 45 ans". Mais il rajoute une intensité qui le questionne lui-même. "Déjà à l'âge de 14 ans, j'avais un goût immodéré des livres sacrés que mon psy qualifierait de tordu. J'ai une collection de Talmud, de Bible, de Coran et je connais ces deux derniers textes par coeur".


Musulman et franc-maçon


C'est le mécanisme de la croyance qui le fascine. Des croyances plutôt. Son dernier livre (1) étudiait les doubles appartenances au travers du personnage de l'émir Abd el-kader. Comment peut-on adhérer à deux systèmes de croyances a priori aussi lointains que l'islam et la franc-maçonnerie ? Son prochain ouvrage (2) aborde également cet angle. "La société a changé, la religion est devenue un super market dans lequel chacun fait son marché, en mélangeant un peu de tout, avec des emprunts de croyances à diverses confessions, une forme de religion personnalisée. Les exemples pullulent. A mon époque, quand on était franc-maçon, on était laïque, socialiste. Mon pépé de la Roque d'Anthéron, qui était tailleur de pierre et franc- maçon, poursuivait le curé dans la rue en criant "croa, croa". Maintenant, il ne reste plus qu'une loge à Aix où l'on crie "à bas la calotte". O surprise, ma loge était dirigée par un musulman jusqu'à l'an passé et deux ateliers féminins de Marseille ont des beurettes comme vénérables. Qui aurait pu penser que l'on pouvait pratiquer à la fois la franc-maçonnerie et l'islam ? "

Les catholiques nombreux qui se payent des sessions de méditation bouddhiste s'inscrivent, selon le professeur Etienne, dans cette tendance. "Et pourquoi pas? Il n'y a qu'en France, ce pays de rationalité, où il est demandé de ne croire qu'en une seule chose". Ce qu'il décrit avec d'autres comme un besoin de spiritualité, il en trouve la preuve dans les 18 confessions qui sont pratiquées à Marseille. Ce goût de religion est "à l'image d'une société malade et qui cherche".

Inclassable

Déclarant aimer fouiller le "border line", les phénomènes à la marge, le professeur a souvent été jugé inclassable. Élève chez les cathos à la Seyne, puis influencé par son oncle avocat nîmois et prêcheur protestant, Bruno Etienne navigue, dans son auto portrait , entre les étiquettes de neo protestant, agnostique, et franc-maçon, ne renonçant pas d'ailleurs à jauger les uns et les autres à l'aune du sens critique.
Cela peut désorienter certains. "Un jour, il est devenu bouddhiste"s'exclame Mohamed Allili, recteur de la mosquée de la Porte d'Aix, à Marseille, personnage médiatique de l'islam français. Bruno Etienne a bâti une partie de sa notoriété de chercheur sur l'étude de l'islam, au point que l'on a pu croire que le cherchant trouvait sa voie dans le Coran. Dans les années 80, les deux jeunes chercheurs dont il était le mentor, Jocelyne Césari (qui enseigne désormais à Harvard) et Franck Frégosi (chercheur du CNRS), réalisaient sous sa direction une enquête sur la mosquée de la porte d'Aix, et soulevait des questions sur ce qu'il appelle "la laïcité ouverte, malgré ce que disent mes copains et mes frangins. On faisait rigoler tout le monde à l'époque, le sujet est plus que jamais d'actualité".

Un cousinage lointain avec Sarkozy

Inscrit sur la liste de Michel Pezet aux dernières élections municipales à Aix, il s'est retrouvé dans une curieuse situation de cousinage avec Nicolas Sarkozy. "Ministre de l'intérieur, il posait les bonnes questions sur le financement du culte musulman. Les baux emphythéotiques, en particulier celui de la Grande mosquée de Marseille, ne sont qu'un financement occulte. Il faut arrêter l'hypocrisie".
Les religions même bricolées sur le principe du "do-it-yourself" et de la personnalisation sont incontournables selon Bruno Etienne. "Elle apportent les balises et les interdits sans lesquels une société ne peut fonctionner. Moi, j'ai de la sympathie pour la connerie des hommes, leur acharnement à défendre leur peau. Si cela apaise leur souffrance, la peur de la mort, du cancer, pourquoi pas ? En quoi l'histoire de la Vierge est-elle moins ahurissante que celle de la Dianétique qui prétend guérir ? ".

La seule fois où Bruno Etienne évoquera le cancer. "Je recommence à travailler, le traîtement m'avait beaucoup fatigué. Mon livre sortira en début d'année....Inch'Allah"
(1) "Abd el-Kader et la franc-maçonnirie suivi de Soufisme et franc-maçonnerie" chez Dervy, 16 euros
(2) "L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise " chez Odile Jacob

Interview intégrale



- Un de vos étudiants raconte que vous vous êtes décrit, une fois, comme étant un mécréant...


Je suis un mécréant, mais comme on dit en provençal. Mon arrière grand-père de la Roque d'Anthéron était un franc-maçon, une autre partie de famille était protestante et résidait de l'autre côté du Rhône. Comme j'étais orphelin, mon grand père m'a mis dans un internat à La Seyne, j'ai bien connu le catholicime. Mon penchant, si j'avais un choix à faire, c'est plutôt le protestantisme. Mon oncle, avocat à Nîmes, prêcheur protestant, m'a marqué. Le protestantisme, c'est la liaison avec les études, on travaille énormément les textes et on est seul chez les protestants. Alors que chez les catholiques, on s'inscrit dans une structure hiérarchique qui nous dit ce qu'il faut penser. Je suis devenu chercheur parce que j'ai eu envie de comprendre. Dès 14 ans j'avais la passion des textes, je connais la Bible et le Coran par coeur. J'ai une collection de Bible, de Coran, de Talmud, mon psychiatre me dira peut-être que c'était tordu à 14 ans d'avoir un goût immodéré des livres.

Vous êtes de quel côté finalement, athée, agnostique ou croyant ?

Posé comme cela, je suis agnostique. Avec 45 ans d'expérience d'anthopologie liée à la religion, je suis devenu d'un relativisme culturel absolu. J'ai découvert jusqu'où les hommes étaient capables de croire, c'est incroyable. En quoi l'histoire de la Vierge Marie est-elle moins ahurissante que la Dianétique de l'Eglise de Scientologie, qui prétend vous guérir. L'humanité est prête à croire tout et n'importe quoi, la peur de la mort sans doute. La religion, c'est un objet d'étude, pour moi. Mais j'ai aussi une certaine sympathie pour la connerie des hommes, leur volonté de défendre leur peau, tout ce que l'humanité produit même de mauvais m'intéresse. Mon domaine est celui de la science politique, mais celle qui s'intéresse à la gouvernance, je m'en fous, ce qui me passionne, c'est le "border line", pourquoi ils vont au FN ou dans les sphères marginales. Il y a un défaut de spiritualité dans la société, aucune société ne peut fonctionner sans balise et sans interdit, c'est sans doute le réactionnaire qui parle. Le rituel est partout, les rituels laïques et sécularisés de la République ont remplacé les rituels religieux. Quand Mitterand monte au Panthéon avec les trois roses, c'est un rituel.


La politique justement, on vous a entendu dire des choses positives sur Sarkozy, on ne vous attendait pas, avec le passé militant qui est le vôtre, dans ce camp...

Quand Sarkozy a posé le problème du financement des lieux de culte musulman, il a posé un véritable question de société, je dois le reconnaître, il mettait le doigt sur une question pertinente. On a 300 000 juifs, 400 000 bouddhistes, et 2 millions de musulmans français, mais ces derniers ne sont pas placés sur un pied d'égalité, en raison de la situation sociale de la majorité. Le bail emphytéotique est un financement occulte et au culte, qui ne dit pas son nom, c'est la loi de 1901 qu'il faut réviser. Mais voilà dès que l'on énonce cela, il y a raidissement d'un certain nombre de gens, de mon âge d'ailleurs. Ils refusent de comprendre que c'est la société qui a changé, et que la laïcité doit changer avec elle.


Qu'entendez-vous par cela ?


Mon pépé quand il voyait un curé dans la rue, il courait après lui et faisait "croa, croa". C'est terminé, les curés n'ont plus de soutane et ils ne sont plus dans la rue. La première enquête que nous avons menée avec l'Observatoire du religieux était de Franck Frégosi et Jocelyne Césari, c'était en 1980, et elle portait sur la mosquée de la Porte d'Aix, du recteur Allili. On a fait rigoler tout le monde. On dit qu'il y a 60 synagogues à Marseille, mais on n'en parle pas comme on parle des moquées. Ce n'est pas anti sémite ce que je dis, la société a changé, c'est tout. La Soka Gakkai à Trets, nous l'avons étudiée avec Raphaël Liogier et l'Observatoire du religieux. Le mot secte en sociologie n'est pas péjoratif, je sais bien qu'il y a des sectes plus ou moins douteuses, mais ce que je conteste, ce sont ces rapports parlementaires, sans valeur juridique, qui prétendent définir ce que sont les bonnes et mauvaises religions. Mes copains y compris mes frangins me disent qu'il n'y a pas d'adjectif à laïcité, pour moi, il existe. Et je souhaite une laicité "ouverte". Prenons l'exemple de la grande mosquée de Marseille, je n'en suis pas un partisan à tout crin, je pense que les mosquées de proximité sont tout aussi utiles. Mais voilà pour des raisons stratégiques ou clientélistes, je ne sais, il a été décidé la construction d'une grande mosquée, tournée vers la Méditérranée. On va donner un bail emphytéotique et alors ? Par ce biais, le tissu associatif va être contrôlé, je préfére cela à des islamistes occupant des mosquées partout dans les quartiers. Je suis hostile aux discours sur les communautés. Si l'on en croit certains, la France est menacée par le communautarisme à l'américaine, c'est une stupidité. L'histoire n'est pas la même, en plus là bas 90% des personnes croient en Dieu, alors que le taux est de 23% en France.
La communauté n'existe pas. En sociologie, c'est un ensemble de personnes qui se réunissent et qui n'ont pas besoin d'intervention extérieure pour régler leurs problèmes internes. Or à Marseille, toutes les élections du culte musulman se sont terminées devant le tribunal, c'est là même chose pour les élections au consistoire israélite. Nous estimons qu'il existe au moins cinq groupes concurrentiels au sein de la dite communauté musulmane marseillaise


Comment pourra-t-on harmoniser les cultes ?


Cela se fera par l'Europe, nous nous adapterons ou sinon le juge européen va nous aligner sur le statut des cultes reconnus. Sarkozy, en fait, dans ses propositions est sur un modèle allemand. Dans lequel la collectivité passe un accord avec une association cultuelle ou culturelle qui rend des services à la collectivité. Je ne crois pas à la volonté des hommes politiques, le fait est qu'ils sont confrontés au principe de réalité et il y a un moment où ils doivent négocier. C'est ainsi que les choses fonctionnent.

La réalité actuelle est donc la multi-appartenance ?


Certains cathos font des sessions de méditation chez les bouddhistes. Je constate également que dans les loges il y a des musulmans et des catholiques qui continuent à pratiquer alors qu'à mon époque on était laïque et socialiste. La double appartenance est un fait, la société a généré un super market des biens religieux et tout le monde pioche. Pourquoi on ne pourrait pas avoir deux voies spirituelles, si cela vous fait du bien, psychologiquement ou pour le cancer ? C'est un aspect que j'aborde dans mon ouvrage, L'Eglise, l'Etat et l'Entreprise. Dans ce pays de rationalité, il faut appartenir à un seul truc. La réalité est que, à cause de mondialisation ou du phénomène market, on a plusieurs appartenances. Est-ce que les gens sont moins barjots qu'il y a 50 ans, je ne crois pas.

La franc maçonnerie dans tout cela ?


J'y suis rentré pour des raisons politiques, mon grand-père était communiste et mon parrain maçon. J'y suis resté parce que ce qui m'intéresse c'est d'avancer soi même. Pour moi la FM s'inscrit dans le champ religieux, au même titre que le bouddhisme. Les jeunes, ne vont plus rejoindre la Franc maçonnerie pour les mêmes raisons. Moi à l'époque, j'étais de gauche, tiersmondiste, maintenant les jeunes qui nous rejoignent le font pour d'autres raisons. Ils ne recherchent pas une annexe du PS, ils veulent de la spiritualité, une spiritialité laïque, hors des institutions ecclésiastiques. La grande suprise, c'est la présence de beurs et beurettes. Il y a au moins deux loges de la Grande loge féminine à Marseille qui sont dirigées par des musulmanes, et le vénérable de mon atelier était jusqu'en 2007 musulman. Il y a 40 ans, les rares musulmans qui adhéraient à la FM étaient athées, ce n'est plus le cas. La FM a été chrétienne, impériale, monarchique , c'est une institution humaine, elle a un inconvénient, les apparatchiks produisent un discours qui ne reflète pas toujours ce qui se passe dans les loges. Parce que ce qui se passe là, à l'intérieur des loges et des régions, ce sont des débats incroyables, d'une grande qualité. La Franc maçonnerie est confrontée à deux courants, l'un est porté sur l'extériorisation, la stratégie au sein de la société et l'autre qui dit aux frères, commencez à construire ce que vous êtes et vous serez meilleurs dans la société. Jusqu'à maintenant et depuis la IIIe République, la première tendance était majoritaire. Aujourd'hui, c'est l'autre qui est en train de le devenir. Il y a un changement qualitatif, globalement, au Grand orient de France, soit mille loges, 130 travaillent au rite REAA faisant référence au Grand Architecte, une centaine au RER qui est chrétien, une centaine au rite français rétabli ancien. Donc il y a au moins un tiers qui croient au Grand Architecte au Grand Orient. Sur le terrain, la composition des loges sur Aix est à peu près la composition socio professionnelle et politique de la société française. A l'exception de l'extrême droite, rare en FM, de l'extrême gauche inexistante à part quelques anciens trotskistes. Mais on ne commence plus en FM avant 35 ans, à mon époque c'était 2O. Il n'y a plus d'ouvriers, pas de paysans, à part quelques viticulteurs plutôt bourgeois. Pour moi, la Franc maçonnerie n'est pas LA solution au problème du monde moderne, mais peut faire partie de la solution. C'est une vieille idée d'un vieux pasteur, Wilfrid Monod, père des deux Monod, qui avait créé le Tiers ordre des veilleurs. Je crois en des groupes discrets, pas forcément secrets, mais qui travaillent à l'abri du prime time, de l'audimat, et qui sont des éveilleurs. Des gens qui posent des questions impertinentes, mais qui sont aussi des veilleurs, des gens capables de dire "oh société tu as la fièvre, si tu veux casser le thermomètre, c'est ton problème mais attention". Il me semble que dans le cadre d'une spiritualité laïque, dégagée des Eglises et des partis, la FM moderne qui a 250 ans, qui a survécu à tous les régimes est un lieu où cela peut se passer. Chacun à sa place doit être meilleur et le monde fonctionnera mieux. 


http://lavenircestmaintenant.skyrock.com/2344988121-In-memoriam-Bruno-Etienne.html


 
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 23:40



La "Bonté divine" de Roland Giraud et Christophe Lidon

Mis en scène par Christophe Lidon, Roland Giraud incarne, dans « Bonté divine ! » de Frédéric Lenoir et Louis-Michel Colla, un prêtre catholique se retrouvant enfermé avec un rabbin, un iman et un bonze. Nous les avons rencontrés pour parler de la pièce, bien sûr, mais également de ce lien entre comédien et metteur en scène.

Propos recueillis par Marie-Céline Nivière

 

Nous nous retrouvons au bar d’en face. Leur temps étant compté, ils vont être rapides, précis et généreux. J’interroge Roland Giraud sur les risques d’une pièce sur les religions. « Tout est possible si c’est une comédie dramatique. Dans cette pièce, on passe du rire à l’émotion et de l’émotion au rire. Comme disait Jouvet , “Au théâtre, c’est important d’avoir de l’émotion.” » Lidon rebondit sur la phrase du maître : « Le théâtre est l’endroit où l’émotion donne de l’intelligence. L’émotion, du rire, des larmes, c’est ce qui nous différencie de l’animal. Et au théâtre, cela passe par nous. C’est pour cela que j’ai accepté de faire cette pièce avec Roland, car c’est un fabuleux passeur. » Roland se tourne vers son metteur en scène : « Ah bon, je suis un passeur ! » Lidon soulève un sourcil : « C’est un texte important pour Roland, je me dois de ne pas le décevoir. Ensemble on raconte une histoire et par le travail, on fait passer l’amour qu’on met dedans. Face à une actualité qui fait réfléchir, le principe de la comédie humaine est de faire attention à ne pas choquer, pour ne pas bloquer les gens afin qu’ils entendent toujours ce qui est dit. » Roland poursuit : « J’avais envie depuis longtemps de jouer une pièce comme ça. “Bonté divine !” est un cadeau divin ! »

 
A travers les trois grandes religions monothéistes et le bouddhisme, les auteurs parlent de foi, de doute, mais essentiellement de l’homme. « Oui, ici, religion est dans le sens de relier, précise Roland Giraud. Les gens s’intéressent à la religion mais pas à l’église. Il y en a même qui ne savent pas qu’elles ont le même Dieu. » Lidon précise : « On va se divertir, apprendre (peut-être) et se souvenir, que l’on ait une éducation religieuse ou non. Justement, pour Roland Giraud qui est croyant et pratiquant, cela doit avoir un sens particulier de jouer ce texte.» « Cela me rend deux fois plus angoissé. Je voudrais que les gens soient intéressés. Je suis très heureux de faire un curé catho alors que je suis protestant ! »

 

Toucher au sacré est toujours délicat. Lidon sourit : « Sacré, voilà un terme que j’adore. On fait un métier où la notion de sacré est importante ! » Giraud éclate de rire : « C’est ça, on fait un sacré métier ! » « Ça, c’est sûr ! La présence du bonze est une autre vision du sacré. Est-ce une philosophie, une religion ? La volonté des auteurs est de laisser des portes de sortie. » « C’est comme pour le choix de la distribution, enchaîne Roland Giraud, il devait être investi d’une réalité, d’une humanité. A aucun moment, le spirituel de la pièce ne doit être abîmé par des mésententes internes. Mes camarades sont parfaits. Ce qui m’intéresse, ce sont les gens qui doutent, pas ceux qui ont des certitudes. » Lidon renchérit : « La confiance est ce qui permet de donner le meilleur de nous-mêmes, alors on peut bien travailler. C’est impressionnant de voir comment Roland fait en sorte que l’ambiance soit la plus agréable possible. Il est englobant. » Roland Giraud tape sur ma feuille : « C’est ça, englobant, notez-le ! » Lidon arrête sa main : « Il a implanté un esprit de troupe comme si je travaillais avec ma compagnie. » Roland, toujours taquin : « On est en bonne compagnie, c’est l’essentiel. »


Justement, comment s’accomplit ce travail entre l’acteur et le metteur en scène. Roland Giraud insiste sur sa nécessité. « Le metteur en scène est l’œil extérieur. Ce qui est primordial pour moi, c’est de savoir où je vais, ce que je fais, ce que je vais faire. » Lidon regarde avec tendresse son comédien et ajoute : « L’acteur qui répond à ta demande en disant “oui je vais le faire” et le fait encore mieux, ça m’a toujours scotché. » Roland Giraud est clair, pour lui, tout est une question de ressenti. « Je sais si le metteur en scène me fait confiance. J’ai de l’instinct comme un animal. J’ai un flair d’enfer ! »


Et entre le metteur en scène, les comédiens et l’auteur, comment s’opère la passation ? Lidon explique la différence entre un texte classique et un texte de création. Pour ce dernier, il utilise l’image de la haute couture. « La création, c’est du sur-mesure. J’interpelle l’auteur. On fait plusieurs essayages, des retouches, jusqu’à ce que le modèle tombe juste sur le comédien. Il faut que l’auteur comprenne que le comédien doit être à l’aise, car il est le vecteur de son écriture. » Roland Giraud éclate de rire, saute sur sa chaise : « Mince ! Je suis un acteur vecteur ! » Lidon réplique : « Mais oui, tu portes une parole ! » Goguenard et sérieux en même temps, Giraud continue :
« Après plus de quarante ans de métier, j’ai enfin compris ce que j’étais, “un porte-parole”, habillé par le metteur en scène.
Merci, je sais que je suis un acteur vecteur ! »


"Bonté divine" , au théâtre de la Gaîté Montparnasse , à partir du 21 janvier 2009.



http://spectacles.premiere.fr/pariscope/Theatre/Exclusivites-spectacle/Interviews/La-Bonte-divine-de-Roland-Giraud-et-Christophe-Lidon/(gid)/1515383 


BONTÉ DIVINE
GAÎTÉ MONTPARNASSE
du 21 janvier au 31 mai 2009

Places disponibles : Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 20H00 | Dimanche à 15H00.
Tarifs : 38,5-44,5 € tarif plein ou 32-44,5 € tarif adhérent

Roland Giraud est à l'affiche de cette comédie mettant en scène l'improbable huis clos entre un prêtre, un rabbin, un imam et un bonze bouddhiste. Déjà un franc succès !
 
On ne parle que de paix, de tolérance, cette pièce n'est pas pour ceux qui ont des convictions très arrêtées ! (R. Giraud)
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 03:01


L'interview de M.Gouasmi Yahia, Président du Centre Zahra France, réalisée par France Info et  France Culture, le samedi 17/01/09 lors de la manifestation de soutien pour GAZA, place de la République à Paris



http://www.dailymotion.com/search/centre%2Bzahra/video/x82ov9_interview-choc-israel-doit-disparai_news¨

A la place, un Etat où cohabitent en paix les trois religions



 

Eva :

Pour la Jérusalem céleste sur terre,

une ville symbole des trois religions,

une ville phare,

où les 3 Religions du Livre cohabiteraient en paix.

Ne vous laissez pas impressionner par les médiamensonges,
par la pensée unique,
pensez par vous-même.

Cette vidéo n'est pas une provocation,
mais fruit de la Sagesse.

Oui, nous sommes appelés à cohabiter,
à vivre tous en paix,
les Religions du Livre réconciliées,
sur cette terre sainte

qui doit cesser d'être ensanglantée
pour devenir un hâvre de paix
où les religions monothéistes cohabitent en paix

sans oublier la Foi Baha'i représentée aussi à Jérusalem,
dont le credo est :
"La terre n'est qu'un seul pays,
et nous en sommes tous les citoyens"

Oui, tous ensemble à célébrer le Créateur
sur la terre redevenue sainte et paisible,
pour la plus grande joie de Dieu
et de ses créatures humaines réconciliées

Eva





Unité et paix !
Unité et paix !


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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 04:13


LE MANDELA PALESTINIEN....


Ce que doit signifier la libération de Marouane Barghouti

 

10 avril 2008 - 17:53

Par Jacques Cheminade

La situation internationale actuelle devient de plus en plus grave. Le Proche-Orient est l’un des lieux où le risque d’un affrontement qui pourrait embraser le monde est le plus grand et le plus immédiat.

C’est pourquoi les autorités israéliennes doivent immédiatement libérer sans conditions Marouane Barghouti, le seul dirigeant palestinien incontesté, et entamer en même temps des négociations avec le gouvernement syrien afin de mobiliser la région et, en particulier, créer les conditions pour que toute nouvelle aventure soit évitée au Liban. Le ministre israélien des Infrastructures, Benjamin Ben Eliezer, et l’ancien président du Parti travailliste, Amir Peretz, l’ont compris et ont demandé la libération de Barghouti.

Le signe serait ainsi donné par le gouvernement israélien qu’il recherche réellement la paix. Les conditions de celle-ci sont reconnues par tous les responsables de bonne foi :

  • dialogue entre toutes les parties concernées. Le gouvernement israélien et le Hamas, en particulier, doivent négocier. On ne choisit pas qui l’on veut pour faire la paix, mais l’on définit en commun ce qui peut être acceptable pour tous, sans arrière-pensées ni calculs mesquins ;
  • reconnaissance d’un Etat palestinien viable par Israël et de conditions de sécurité incontestables et garanties en faveur de l’Etat d’Israël ;
  • évacuation par l’Etat d’Israël des « colonies » implantées en Cisjordanie, à l’exception d’un nombre extrêmement limité impliquant des contreparties territoriales, au sein des frontières de 1967 (ligne verte) ;
  • renoncement par Israël à toute mesure d’Etat policier et renoncement par les dirigeants palestiniens à tout acte terroriste ;
  • renoncement au principe systématique du retour des Palestiniens en Israël avec en contrepartie une aide massive des Israéliens à leur installation dans les territoires aujourd’hui occupés. En même temps, garantie pour la libre circulation des travailleurs palestiniens en Israël, sans blocages aux frontières ni discrimination sociale.
  • Retour du Golan à la Syrie contre la reconnaissance par cette dernière du droit à l’existence et à la sécurité de l’Etat d’Israël ;
  • reconnaissance par Israël de Jérusalem-est comme capitale de la Palestine et reconnaissance par les autorités palestiniennes de Jérusalem-ouest comme capitale d’Israël, la gestion des lieux saints se trouvant confiée aux autorités religieuses.

Ce sont là des conditions de fond, proches (ou compatibles avec elles) de celles définies par le « groupe de Genève » (Belin-Rabbo) en novembre 2003, par la déclaration du groupe des prisonniers palestiniens, y compris ceux du Hamas, et par les entretiens Ayalon-Nussebeih.


Cependant, ces conditions de fond ne sont pas suffisantes. Trois éléments supplémentaires sont nécessaires :

  1. Un plan de développement économique mutuel pour tout le Proche-Orient et, au-delà, pour toute l’Asie du Sud-Ouest doit être discuté, mis en place et garanti par les grandes puissances. La substance de cette paix sera de permettre aux deux parties de supporter les sacrifices consentis par l’assurance d’un futur meilleur. Avec le développement eurasiatique et panaméricain, cette mise en valeur de l’Asie du Sud-Ouest doit devenir la référence d’un nouvel ordre économique et monétaire international, d’un Nouveau Bretton Woods.


  2. Un dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions, non pas sur les dogmes, mais sur la mise en commun du meilleur de chacun, à travers la formation et l’éducation de citoyens participant à l’aventure du développement mutuel. C’est ainsi que la paix de Westphalie, fondée sur l’avantage d’autrui, aurait dû être maintenue et élargie par des projets d’intérêt mutuel dont l’Académie des sciences de Colbert devait être le centre moteur. C’est la guerre entre religions, aboutissant à la révocation de l’Edit de Nantes par Louis XIV, qui détruisit les fondements de ce projet.
  3. Une politique résolument opposée à tout compromis avec les politiques de l’Empire britannique, ou de ses épigones, qui reposent sur le pillage financier, en divisant pour régner (juifs contre arabes, chiites contre sunnites, ashkénazes contre séfarades...). Le combat contre ce que représente cet empire dépasse de loin l’espace de l’Asie du Sud-Ouest et implique principalement la nature du pouvoir aux États-Unis. C’est pourquoi un retour de ce pays aux politiques de Franklin Delano Roosevelt, en rupture avec celles de l’empire britannique, sera le signe fondamental que l’abandon d’une logique de guerre perpétuelle devient possible. Le plan de Lyndon LaRouche pour la paix par le développement mutuel en Asie du Sud-Ouest porte cette espérance.

Marouane Barghouti, qui soutient une politique de justice et de concorde, anime lui aussi cette espérance du fait de sa culture à la fois arabo-musulmane, hébraïque et européenne. C’est pourquoi sa libération ouvrira la porte à ce qui paraîtrait autrement impossible, un développement mutuel se substituant à un état de conflit, mais qu’attendent depuis trop longtemps tous les peuples de la région et du monde.

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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 08:49
Les anciens combattants de l'armée d'Afrique s'unissent
Maati Byat (en blanc, à droite), vit dans le foyer Adoma de Rassuen. Ancien combattant dans l'artillerie, il discute souvent de la guerre avec les autres résidents.

Photo S.D.
Les anciens combattants
de l'armée d'Afrique
s'unissent


Elève-toi les a aidés à créer leur association, constituée ce soir
Maati Byat (en blanc, à droite), vit dans le foyer Adoma de Rassuen. Ancien combattant dans l'artillerie, il discute souvent de la guerre avec les autres résidents.


C'est un projet que l'association Elève-toi (lire ci-dessous) avait en tête depuis deux ans et qui va se concrétiser ce soir, au cours d'un repas. L'association des anciens combattants de l'armée d'Afrique devrait en effet se constituer, définir son nom, son objet et élire son conseil d'administration. Frédéric Vigouroux, maire de Miramas et conseiller général, devrait en être le parrain d'honneur. "L'idée, c'est que les anciens combattants de l'armée d'Afrique puissent avoir une reconnaissance sur la ville, qu'ils participent en tant que tels aux cérémonies commémoratives", explique Salim Djerrari, membre de l'association Élève-toi. "D'un point de vue historique, reprend-il, on a séparé ces anciens combattants des associations de la République, or pendant un temps, l'armée française comptait des tirailleurs sénégalais, tunisiens, etc. comme l'a montré le film Indigènes." Trente anciens combattants de l'armée d'Afrique vivent à Istres, 25 à Miramas et 30 à Port-de-Bouc. "Ils sont pour la plupart dans des foyers Adoma, poursuit Salim Djerrari. Ils vivent dans des conditions de précarité extrême, ils sont séparés de leur famille, touchent une maigre pension. Ils attendent la mort..." Depuis plusieurs mois, l'association Élève-toi travaille avec ces anciens combattants sur la mémoire, en recueillant leurs témoignages. "Nous allons aussi les filmer et pourquoi pas écrire un livre avec eux", poursuit Salim Djerrari. Maati Byat, un Marocain de 85 ans, a combattu pendant quatre ans avec l'armée française, lors de la deuxième guerre mondiale. Résident du foyer Adoma de Rassuen, il se remémore souvent cette période avec d'autres anciens combattants. "J'étais dans l'artillerie,raconte-t-il, j'ai combattu en Allemagne, en Alsace, en Italie, en Corse même!" Maati sera présent ce soir au repas des anciens, et devrait intégrer l'association. "Cela permettra de raconter ce qui s'est passé."


Zoom sur l'association.

Élève-toi est une association du centre culturel musulman d'Istres. Grâce à ses partenariats avec Le Coluche, Scènes et cinés Ouest Provence, les résidences Adoma, des centres sociaux ainsi que le comité d'établissement d'ArcelorMittal, elle met en place, depuis octobre 2007, plusieurs projets, dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale. Son projet, centré sur la culture arabo-andalouse du 12e siècle, époque durant laquelle coexistaient les trois cultures monothéistes, se décline en différentes actions. Mardi soir, par exemple, l'association a emmené les anciens combattants de l'armée d'Afrique ainsi que des jeunes des quartiers à Miramas pour assister à A nos morts, fresque historique et chorégraphique retraçant l'histoire des tirailleurs pendant les deux guerres mondiales. Ce soir, la troupe Mémoire vive sera d'ailleurs présente pour discuter du spectacle avec les anciens combattants. Eleve-toi s'est par ailleurs associée au cinéma Le Coluche. Demain, Le Destin, un film engagé qui rend hommage au cinéaste égyptien Youcef Chahine sera projeté au Coluche. Un intervenant apportera à l'issue de la projection son éclairage sur le contexte historique ainsi que sur la personnalité et l'oeuvre d'Ibn Rushd alias Avéroes.
Le 13 décembre un dîner-conférence sera organisé sur le thème de la coexistence des trois cultures monothéistes durant Al andalus, l'Andalousie du XIIe siècle.
Trois intervenants issus de ces cultures évoqueront cette période de paix, de prospérité et de développement.

Par Stéphanie Durand ( sdurand@laprovence-presse.fr )
 
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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 20:46
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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:09

            TRANSMIS PAR LE  Comité Valmy

 


Fondation de "Résistance et Renouveau Gaulliste"  (RRG)

 

La ligne politique d’union du peuple de France qui est celle du Comité Valmy depuis plus de quinze ans, nous a conduit à soutenir la démarche actuelle de construction de l’Arc Républicain de Progrès qui commence à donner vie à cette stratégie. Celle-ci, entend déboucher à travers un processus nécessairement complexe, sur un rassemblement populaire qui vise à terme à devenir majoritaire, autour du peuple-nation, de la République, du progrès social et à travers une participation solidaire au combat anti-impérialiste et pour la paix, des peuples du monde. La fondation de "Résistance et Renouveau Gaulliste" que nous saluons ainsi que son adhésion à l’ARP, est un pas en avant significatif dans le développement pratique cette vision politique dont le succès du NON en mai 2005, souligne le caractère réaliste et crédible. Comité Valmy

 Communiqué :

 Lire la suite :   http://www.comite-valmy.org/spip.php?article94

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18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 18:01
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http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/10/18/10999717.html



Oui, des ponts entre nous tous,
tels que nous sommes,

pas des murs !

Une grande fraternité universelle !

Beau programme, non ?

Eva
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Présentation

  • : Eva pour la communion des civilisations
  • : Eva est une femme de paix, de consensus, s'opposant au "choc de civilisations", prônant la tolérance, le dialogue et même la communion de civilisations. Elle veut être un pont fraternel entre les différentes religions monothéistes. Elle dénonce les fondamentalismes, les intégrismes, les communautarismes sectaires et fanatiques, repliés sur eux, intolérants, va-t-en-guerre, dominateurs, inquisiteurs, haineux, racistes, eugénistes, impérialistes.
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